« Bonjour » ! Un mot ordinaire en apparence, mais fondamental dans la relation humaine. À travers le monde, les salutations prennent des formes diverses et codifiées : en Inde, le namaste accompagne un geste des mains dont la hauteur marque le degré de respect et signifie « je m’incline devant le divin en toi » ; au Japon, le o-jigi obéit à une étiquette précise de révérences ; chez les Maoris, le hongi unit les fronts et les nez pour échanger le souffle de vie ; en Mongolie, le zolgolt consiste à se tenir les bras et se toucher les joues en demandant « êtes-vous en paix ? » ; aux Philippines, le mano rend hommage aux aînés. Ces gestes, si variés, expriment tous respect, reconnaissance et lien. Ils rappellent combien un « bonjour » sincère peut porter des vœux de paix, d’attention et de bienveillance. Dans ses mots, son regard et sa présence, il contient déjà les clés d’une relation d’équité et de partage, bien loin d’une formule machinale.Lire la suiteUn bonjour ordinaire…
Source : Diffusé avec SUP’DE COM dans le cadre de la série de vidéos « Les Improbables Rencontres » / 2023
Petit royaume enclavé de l’Himalaya, le Bhoutan se reconnaît à son drapeau orné du dragon Druk, référence à son nom en dzongkha, Druk Yul, la « terre du dragon tonnerre ». Monarchie constitutionnelle, il a pour capitale Thimphou, perchée à 2 300 mètres d’altitude. Majoritairement bouddhiste vajrayāna, avec une importante minorité hindoue, le pays s’est rendu célèbre par une idée singulière : mesurer le bonheur. En 1972, une initiative royale donna naissance au Bonheur Intérieur Brut (BIB), conçu comme une alternative au PIB jugé trop réducteur. Ce nouvel indicateur repose sur quatre piliers : un développement durable et équitable, la préservation des cultures, la protection de l’environnement et une gouvernance responsable intégrant santé, éducation et bien-être. Selon le Centre d’études bhoutanaises, le bonheur reste une expérience individuelle, mais sa gestion collective y contribue fortement. Intégré à la Constitution en 2008, le BIB inspira ensuite l’Organisation des Nations unies, qui institua en 2012 la Journée mondiale du bonheur, célébrée chaque 20 mars.Lire la suiteUn Bonheur Intérieur Brut
Incroyable nüshu, une écriture singulière utilisée principalement par les femmes du comté de Jiangyong, dans le Hunan. Composé d’environ mille signes, proches des caractères chinois mais en forme de losange, ce système syllabique transcrivait le dialecte local. Réservé aux femmes, privées de l’écriture officielle, il leur offrait un espace de communication, de solidarité et d’expression. Aux traits fins et effilés, parfois qualifié d’« écriture de moustique », le nüshu se lisait de haut en bas et de droite à gauche. Il s’apprenait dans le cadre des travaux d’aiguille : en brodant, les femmes chantaient et copiaient des textes sur mouchoirs, vêtements ou éventails, jusqu’à composer leurs propres écrits. Cette écriture jouait un rôle social essentiel, notamment dans la coutume des « sœurs jurées », groupes de jeunes filles liées par une amitié durable. Elle intervenait aussi lors du mariage avec le « livret du troisième jour », où s’exprimaient conseils et chagrin de la séparation. L’origine du nüshu reste débattue, entre hypothèses anciennes et légendes poétiques.Lire la suiteNüshu, écriture des femmes…
Si QWERTY et AZERTY ont conquis le monde, qu’en est-il du clavier Dvorak ? Conçu dans les années 1930 par August Dvorak, professeur de psychologie à l’université de Washington à Seattle, il optimisait la saisie en anglais, mais peina à s’imposer face à la forte concurrence de QWERTY. Cette dernière fut inventée par Christopher Latham Sholes (1819-1890), imprimeur et éditeur de Pennsylvanie, qui déposa de nombreux brevets pour machines à écrire. Après un échec des premières machines alphabétiques, son clavier QWERTY, développé pour Remington en 1873, rencontra un énorme succès. QWERTY ? Selon la tradition, Sholes éloigna certaines lettres fréquemment successives pour éviter le blocage des tiges, ou plaça la ligne supérieure pour taper « typewriter » facilement, utile aux démonstrateurs ; d’autres chercheurs, en 2011, y voient une influence des télégraphistes travaillant en morse. D’autres dispositions ont vu le jour : AZERTY, QWERTZ, et même KALQ pour la frappe au pouce. Morale : la prochaine fois que vous tapez, interrogez-vous sur le clavier le plus approprié, ancien ou à inventer.Lire la suiteD’un clavier à l’autre
Et si l’on partait à la rencontre des hiéroglyphes égyptiens ? Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, alors âgé d’une trentaine d’années, provoque un véritable séisme intellectuel en présentant devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sa lettre exposant le principe des hiéroglyphes phonétiques. Il met ainsi un terme à une énigme vieille de plus d’un millénaire, car l’écriture égyptienne, apparue plus de 3000 ans avant notre ère, avait été interdite en 391 et progressivement oubliée. La clé du déchiffrement résidait dans une pierre découverte en 1799 à Rosette, portant un même décret gravé en grec, en hiéroglyphes et en démotique. De nombreux savants s’y étaient essayés, mais Champollion comprit l’essentiel : l’écriture égyptienne est à la fois figurative, symbolique et phonétique. Son Précis du système hiéroglyphique paraît en 1824, ouvrant définitivement l’accès à la civilisation des pharaons. Conservateur au Louvre, voyageur en Italie puis en Égypte, il meurt en 1832, laissant un héritage scientifique majeur.Lire la suiteJe tiens mon affaire
Séquoia, quelle belle sonorité pour un arbre aux dimensions hors norme : jusqu’à cent mètres de haut, trente mètres de circonférence et parfois deux mille ans d’âge. Mais qui imaginerait que ce nom prestigieux pourrait être lié à un homme cherokee du tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles ? Sequoyah, né vers 1770 dans le Tennessee et devenu orfèvre en Alabama, fut fasciné par l’écriture après avoir observé un atelier d’imprimerie, alors même que sa communauté se méfiait de ces « feuilles parlantes ». D’abord tenté par un signe pour chaque mot, il comprit l’impasse et inventa un syllabaire, un signe par syllabe, soit 86 caractères. Raillé, parfois découragé, il parvint pourtant à démontrer l’efficacité de son système grâce à des exercices publics impliquant sa fille. Convaincue, la Nation cherokee adopta officiellement ce syllabaire en 1825, favorisant une alphabétisation rapide et la parution d’un journal bilingue. Une tradition veut qu’un botaniste européen ait ensuite donné le nom de « séquoia » à l’arbre en hommage à cet inventeur, même si l’étymologie reste discutée.Lire la suiteEcrire en cherokee
Au cœur de l’Asie centrale, le Kirghizistan est un pays très montagneux, divisé en sept régions, dont la capitale est Bichkek ; l’islam sunnite y est majoritaire. Les Kirghizes seraient originaires du haut Ienisseï, d’où ils seraient descendus au IXe siècle. On y parle le kirghize, langue turcique transcrite en alphabet cyrillique, officielle aux côtés du russe. Le nom du pays serait lié au nombre quarante, kırk en kirghize, symbole présent sur le drapeau et au cœur de l’épopée de Manas, récit fondateur attribuant quarante compagnons au héros national. Cette épopée monumentale, plus longue que le Mahabharata, se divise en trois parties consacrées à Manas, à son fils Semetei puis à son petit-fils Seitek, et offre un vaste panorama de la culture, des coutumes et de l’histoire kirghizes. Située à l’époque de la domination mongole, elle raconte la lutte pour la liberté menée par Manas et ses fidèles. Transmise oralement par des conteurs appelés manaschi, elle a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ces conteurs, reconnaissables à leur chapeau blanc de feutre, l’ak-kalpak, ont préservé durant des siècles la force du récit, certains, comme Sagimbai Orozbakov, laissant des versions de référence.Lire la suiteL’épopée de Manas
Baba Yaga, figure majeure des contes slaves, n’a rien de la fée bienveillante : ogresse maigre et inquiétante, elle vit dans une isba perchée sur des pattes de poulet, entourée d’une clôture d’os et de crânes humains. Dans un récit célèbre, une fillette envoyée chez elle par sa marâtre, sœur de Baba Yaga, parvient à échapper à la mort grâce à sa ruse : elle amadoue animaux et objets, puis fuit en transformant une serviette en rivière et un peigne en forêt, avant de retrouver son père. Pourtant, Baba Yaga ne se réduit pas à ce rôle terrifiant : ailleurs, elle apparaît guérisseuse, hôtesse généreuse offrant le banya et des présents aux voyageurs méritants. Certains y voient l’écho d’un ancien monde matriarcal où elle régnait sur la forêt et les frontières entre vie et mort. Personnage ambigu et profond, elle incarne à la fois la peur, le savoir et l’initiation, rappelant que les contes recèlent souvent plusieurs vérités.Lire la suiteSur des pattes de poulet
Voici Gilgamesh, roi légendaire d’Uruk (auj. Warkāʾ, Irak), héros de la plus ancienne épopée conservée, gravée sur des tablettes cunéiformes au IIIᵉ millénaire av. J.-C. D’abord souverain puissant mais tyrannique, il est mis à l’épreuve par les dieux qui créent Enkidu, son égal destiné à le contenir. Initié à l’amour et à la civilisation, Enkidu affronte Gilgamesh ; leur combat se mue en amitié, ouvrant une série d’exploits communs, dont la victoire sur Humbaba. La gloire de Gilgamesh attire la déesse Ishtar, qu’il repousse, déclenchant sa colère et l’envoi du Taureau céleste, lui aussi vaincu. Les dieux frappent alors au cœur : Enkidu meurt, laissant Gilgamesh face à l’angoisse de la mort. Désespéré, il part en quête de l’immortalité et rencontre Ut-Napishtim, qui lui révèle le récit du Déluge et l’existence d’une plante de jouvence, aussitôt dérobée par un serpent. Contraint d’accepter sa condition mortelle, Gilgamesh rentre à Uruk, laissant pour ultime héritage ses murailles, symbole durable de sa légende et de la sagesse acquise.Lire la suiteL’épopée de Gilgamesh
L’avènement de l’imprimerie occidentale au XVe siècle ne se fit pas sans heurts. Bien que Gutenberg soit crédité de l’invention des caractères métalliques mobiles, sa vie fut marquée par les difficultés financières, procès et perte de son atelier après l’impression de la Bible à quarante-deux lignes. Les copistes, menacés dans leur activité, virent d’emblée dans la presse un outil suspect, voire diabolique. En France, François Ier alla jusqu’à interdire l’imprimerie en 1535, après l’Affaire des placards, avant de lever l’interdiction tout en instaurant une censure durable. Le monde islamique resta lui aussi longtemps réticent, comme en témoignent encore au XVIIIe siècle les protestations de calligraphes à Istanbul. Pourtant, l’imprimerie bouleversa durablement la diffusion du savoir : éditions fondatrices des textes antiques, grandes dynasties d’imprimeurs, normalisation des caractères, puis miniaturisation des ouvrages aux XVIIe et XVIIIe siècles, rendant livres et dictionnaires plus accessibles. Morale de l’histoire : les révolutions techniques qui transforment le savoir rencontrent toujours résistances et peurs, mais elles redessinent en profondeur nos manières de penser, de lire et de transmettre.Lire la suiteAlors vint l’imprimerie…
Que seraient les langues sans leur riche patrimoine d’adages, proverbes et dictons, ces formules toutes faites, souvent bien faites, dans lesquelles on puise pour commenter la vie ? La langue chinoise offre à cet égard les chéngyǔ, expressions condensées et imagées, employées au quotidien. Dire « dessiner un serpent et lui ajouter des pattes » signifie qu’on en fait trop ; « vider l’étang pour attraper tous les poissons » revient à sacrifier l’avenir pour un gain immédiat. Leur maîtrise devient précieuse en communication interculturelle : soit l’on passe à côté, soit l’on crée des ponts entre imaginaires. Mais traduire ces images est parfois acrobatique. Ainsi, « éteindre une charrette de fagots en feu avec un verre d’eau » évoque une action vaine et mal proportionnée, qu’un graphiste associa un jour à l’expression française « pisser dans un violon », au grand désarroi de ses interlocuteurs chinois. Autre exemple : « aller à cheval, regarder les fleurs » renvoie à un jugement hâtif fondé sur des apparences trompeuses, issu d’une histoire de mariage arrangé où chacun cachait ses défauts.Lire la suiteAller à cheval et regarder les fleurs
Louis-Lazare Zamenhof (1859–1917), né à Białystok dans la Pologne alors sous domination russe, fut l’initiateur d’un rêve universel : créer une langue capable de rapprocher les peuples et de pacifier leurs différends. Issu d’une ville multilingue mais marquée par les tensions culturelles, il devint ophtalmologue, tout en nourrissant un projet plus ambitieux. En 1887, il publie « Lingvo Internacia », sous le pseudonyme Doktoro Esperanto (« celui qui espère »), posant les bases d’une langue neutre et simple à apprendre. Le premier congrès universel d’espéranto se tient en 1905 à Boulogne-sur-Mer, réunissant près de 700 participants de 20 pays. Il y est acté que l’espéranto n’appartiendra à personne et ne servira aucune idéologie ni religion. Trois ans plus tard, l’Association universelle d’espéranto est fondée. Des scissions apparaissent, comme l’ido, mais l’espéranto demeure la langue construite la plus répandue, avec plusieurs millions de locuteurs dans le monde. La famille Zamenhof connut également des tragédies : leurs enfants, Adam, Zofia et Lidia, furent victimes des persécutions nazies pendant la Seconde Guerre mondiale.Lire la suiteDoktoro Esperanto…
Chez les Navajos, le hogan est la maison traditionnelle et le centre de la vie spirituelle, hozho l’idéal d’harmonie auquel chacun doit tendre, et le hataalii un « chanteur » guérisseur. Cette culture plurimillénaire s’étend aujourd’hui entre l’Arizona, le Nouveau-Mexique et l’Utah, et sa langue appartient à la famille athapascane. Durant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci connut un usage inattendu avec les « code talkers ». Les communications militaires étant cruciales, une idée audacieuse vit le jour en 1942 : utiliser le navajo comme code afin d’échapper au décryptage japonais. Sur l’initiative de Philip Johnston, une trentaine de jeunes Navajos furent formés au Camp Pendleton. La complexité grammaticale, les intonations et la richesse lexicale de la langue rendaient le code quasiment indéchiffrable. Des mots imagés remplaçaient les termes militaires : « œufs » pour bombes, « grenouille » pour véhicule amphibie, « baleine » pour navire de guerre. Quand aucun mot ne convenait, l’épellation se faisait par associations symboliques. Jusqu’à 421 Navajos servirent ainsi dans le Pacifique. Longtemps tenue secrète, leur contribution ne fut reconnue qu’à partir des années 1960.Lire la suiteNavajos, code talkers
Que faites-vous le 17 mars ? Fêtez-vous la Saint-Patrick ? Selon la tradition, Patrick serait né au IVe siècle en Écosse ou au Pays de Galles sous le nom de Maewyn Succat, à l’époque du retrait romain des îles britanniques. Fils d’un décurion, son enfance bascule lorsqu’il est capturé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande. Berger durant six ans, il se rapproche du christianisme avant de s’évader vers 411. Après des études religieuses, peut-être en Gaule, il est chargé en 432 d’évangéliser l’Irlande. Il utilise alors le trèfle à trois feuilles pour expliquer la Trinité, symbole devenu emblématique. Sacré évêque sous le nom de Patrick, il aurait aussi, selon la légende, chassé les serpents représentant le paganisme. Un pèlerinage commémore encore cet épisode au Croagh Patrick. Il meurt un 17 mars, probablement en 461. Aujourd’hui, cette date donne lieu à d’immenses célébrations où musique, bière et vert dominent. En Irlande, la Saint-Patrick est fériée depuis 1903 et fait désormais l’objet d’un festival de plusieurs jours.Lire la suiteSaint Patrick
Kesh, Kangha, Kara, Kirpan et Kachera : cinq mots commençant par la lettre « k » qui désignent les cinq attributs fondamentaux du Khalsa, un ordre exemplaire du sikhisme. Le kesh renvoie aux cheveux et à la barbe non coupés, le kangha est un peigne en bois symbole d’hygiène, le kara un bracelet de fer figurant l’unité, le kirpan un poignard recourbé porté sur soi, et le kachera un caleçon spécifique. Le terme Khalsa, d’origine persane via le pendjabi, signifie « pur » et désigne l’ordre fondé en 1699 par Guru Gobind Singh, dixième guru du sikhisme, successeur de Guru Nanak, fondateur de cette religion monothéiste. Le mot sikh signifie « disciple » ou « chercheur », et la foi sikhe, qui compte aujourd’hui plusieurs dizaines de millions d’adeptes, met l’accent sur l’égalité, la justice sociale et le service aux autres. Les temples sikhs sont ainsi à la fois des lieux de prière et de solidarité, offrant notamment des repas gratuits à tous. Après la mort de Guru Gobind Singh en 1708, l’autorité spirituelle fut confiée au livre sacré, le Guru Granth Sahib, compilé en 1604 et placé au centre de la pratique religieuse. Le Khalsa prit également une dimension militaire, ses membres adoptant le nom de Singh, « lion ».Lire la suiteLe Khalsa chez les Sikhs
Saint-Jacques de Compostelle, La Mecque ou Lumbini comptent parmi ces lieux de pèlerinage qui dessinent des routes autant spirituelles qu’intimes. Le hajj, pèlerinage à La Mecque, est l’un des cinq piliers de l’islam, tandis que Compostelle doit son nom au « champ de l’étoile » ayant révélé, selon la tradition, la tombe de l’apôtre Jacques. En Inde, un autre pèlerinage majeur trouve son origine dans une légende cosmique : l’alliance puis la rupture entre dieux Deva et démons Asura lors du barattage de la mer de lait, destiné à produire l’amrita, nectar d’immortalité. En fuyant avec la cruche sacrée, les démons laissèrent échapper quatre gouttes tombées sur terre, à Prayagraj, Hardwar, Ujjain et Nashik. C’est de ce mythe que naît la Kumbh Mela, la « fête de la cruche », célébrée tous les trois ans en alternance entre ces villes, chaque cycle de douze ans marquant une Purna Kumbh Mela, et tous les 144 ans une Maha Kumbh Mela. Cette dernière a rassemblé en 2013 plus de cent millions de pèlerins venus se baigner au confluent sacré du Gange, de la Yamuna et de la mythique Sarasvati.Lire la suiteLe plus grand pèlerinage du monde
Direction l’Afrique de l’Est ! Au nord de la Tanzanie s’élève le volcan Ol Doinyo Lengaï, la « montagne de Dieu » en langue maa, dont le cratère serait la demeure d’Enkai, dieu suprême des Masaï vivant autour de la Vallée du Grand Rift. Enkai, sous sa forme noire, apporte pluie, herbe et prospérité ; sous sa forme rouge, il incarne la colère, la sécheresse et la famine. Dieu pourvoyeur du bétail, il apparaît au cœur de nombreuses légendes : un récit primitif raconte qu’il vivait parmi les humains avec les troupeaux, puis remonta au ciel, faisant redescendre le bétail via un arbre sacré ou une corde reliant ciel et terre, parfois rompue par ignorance. Enkai divisa aussi un arbre en trois : les Masaï reçurent une canne pour garder les troupeaux, les Kikuyu une pelle pour l’agriculture, les Kamba arc et flèche pour la chasse. Le bétail est central dans la vie des Masaï, consommé en lait, thé, ou sang mélangé à des plantes lors de cérémonies, mariages ou soins. Les enfants reçoivent un nom provisoire, Embolet, jusqu’à la cérémonie Enkipukonoto Eaji qui leur donne leur nom véritable.Lire la suiteEnkai chez les Masaï
C’est fou ce qu’un petit signe peut changer les choses : l’arobase @ en est un parfait exemple. Tout commence avec l’Arpanet, ancêtre d’Internet, développé par la DARPA aux États-Unis au début des années 1960, reliant d’abord UCLA et l’Institut de recherche de Stanford, puis les universités de Californie à Santa Barbara et de l’Utah. Le 29 octobre 1969, le premier message envoyé fut « login »… dont les trois dernières lettres mirent une heure à arriver. En 1971, Ray Tomlinson, inventeur du courrier électronique, choisit @ comme séparateur dans les adresses, en raison de son usage rare, afin de créer un symbole unique. Mais d’où vient-il ? Ce logogramme résulte d’une ligature du « ad » latin, où le d s’enroule autour du a, dès le VIe siècle. Le terme « arobase » viendrait de « a rond bas » ; il fut aussi une unité de mesure espagnole, une référence florentine aux amphores et plus tard un signe sur les machines à écrire américaines pour indiquer le prix unitaire. Ray Tomlinson en fit le symbole universel de l’Internet. Surnoms : « queue de singe », « escargot », « petit chien », « strudel »…Lire la suiteHistoire de l’arobase
Emojis ! Vous êtes nombreux, nous sommes nombreux à avoir cédé à leur charme, malgré les soupirs du genre « les jeunes ne savent plus communiquer qu’avec ces machins ». D’accord, certains abusent, mais reconnaissons-le : c’est pratique, et même créatif – au point que j’ai fini par me construire un langage entier, mais c’est une autre histoire. Le mot emoji 絵文字 vient du japonais : e 絵 signifie « image » et moji 文字 « caractère », rien à voir à l’origine avec les émotions, même si la confusion est logique. On trouve de tout : kimono, sushi, croquette de poisson ou même tengu, créature au nez démesuré. Certains emojis sont très japonais, d’autres universels, comme les animaux… prenons la chèvre. Peu importe son nom – 山羊, معزة, Ziege ou коза – une chèvre reste une chèvre, et pour dire « tu me rends chèvre », le message passe. L’emoji a même envahi le hip-hop et le sport via l’acronyme GOAT : Greatest Of All Time. Popularisé dans les années 1990, il sacre les figures exceptionnelles. Enfin, clin d’œil japonais : les kaomojis 顔文字, centrés sur les visages. Et pour les amateurs de luxe, sachez qu’il existe même une chèvre emoji sertie de diamants.Lire la suiteLa chèvre et le hip-hop
Utopie ! Qui n’a pas ainsi qualifié une proposition jugée idéaliste, manquant de réalisme : « illusion », « mirage », « rêve », « chimère »… Le terme vient de l’anglais « utopia », introduit par Thomas More (1478–1535), chancelier d’Angleterre exécuté pour avoir déplu au roi Henri VIII, qui publia en 1516 son Utopia à Louvain, décrivant une île imaginaire en croissant, propriété privée abolie, pas de monnaie, chacun se servant selon ses besoins, cinquante-quatre villes partageant langue, coutumes et lois. Étymologiquement « nulle part », parfois « lieu heureux », ce concept inspira Platon et son Atlantide, Francis Bacon et sa Nouvelle Atlantide, Tommaso Campanella et sa Cité du Soleil, Rabelais et l’abbaye de Thélème, Voltaire et Candide, ainsi que des communautés du XVIIIe-XIXe siècle comme la Cité des utopies de Ledoux, l’Icarie d’Étienne Cabet ou le Phalanstère de Fourier. Morale : face aux dystopies, revisiter les utopies à taille humaine s’avère précieux. Pantopie, terme cher, pan- « tout » et topos « lieu », invite à accueillir la légitimité de tous les lieux et leur enrichissement mutuel.Lire la suiteD’une utopie à l’autre




















