Vous plairait-il de partir dans les vastes étendues aborigènes australiennes, à la rencontre du Rêve, le Dreaming, temps fondateur où le monde prit forme et sens ? C’est un univers peuplé de traces pétroglyphiques, de peintures en points, de récits du Serpent Arc-en-ciel façonnant paysages et gisements d’opale, d’histoires du lézard à la langue bleue Lungkata ou du Bunyip tapi dans les billabongs. Depuis plus de 40 000 ans, des centaines de langues y ont été parlées, majoritairement rattachées à la famille pama-nyungan. L’un des mythes raconte qu’à l’origine tout était froid : Bur Buk Boon alluma alors un grand feu pour réchauffer les siens, mais découvrit des termites dans un bois d’eucalyptus. Refusant de leur nuire, il souffla dans la branche, libérant un son immense ; les termites, illuminées par les flammes, s’élevèrent dans le ciel pour devenir les étoiles. Ce souffle puissant donna naissance au didgeridoo. Si ce nom n’est pas d’origine aborigène, l’instrument porte de multiples appellations selon les régions et s’accompagne souvent de chants, de danses, de boomerangs ou de bâtons de rythme.Lire la suiteLe didgeridoo et les termites
Source : Diffusé avec SUP’DE COM dans le cadre de la série de vidéos « Les Improbables Rencontres » / 2023
Guéréwol : des hommes chantant et dansant en rangs serrés, face à des femmes qui les observent et les jugent. Bienvenue chez les Peuls Wodaabe. Pour situer ce rituel, il faut d’abord évoquer les Peuls, vaste ensemble présent dans une quinzaine de pays d’Afrique de l’Ouest et de la zone sahélo-saharienne, du Sénégal au Tchad, majoritairement pasteurs et de tradition musulmane, aussi appelés Foulani, Fulɓe ou Fellata. Leur langue, le peul, ou fulfulde, se distingue notamment par l’existence d’un alphabet spécifique, l’ADLaM, créé en 1989 par deux frères encore enfants. Les Wodaabe, parfois appelés Bororo, terme péjoratif, forment une branche particulière dont le nom renverrait au respect strict des tabous. À la fin de la saison des pluies, avant la transhumance, ils se rassemblent lors de grandes rencontres, notamment à In-Gall au Niger, à l’occasion de la Cure Salée. Les jeunes hommes, richement maquillés, ornés de plumes, exécutent alors le Yaake, cœur du Guéréwol : chants et danses destinés à séduire, où l’on accentue le blanc des yeux et des dents, critères majeurs de beauté. Dot, courses de chameaux et festivités rythment plusieurs jours d’épreuves d’endurance sous le soleil.Lire la suiteLe Guéréwol
La « sape » évoque d’abord le vêtement, mais elle désigne surtout un mouvement culturel emblématique né des deux côtés du fleuve Congo, à Brazzaville et à Kinshasa : la SAPE, acronyme de « Société des Créateurs d’Ambiance et des Personnes Élégantes ». Bienvenue dans l’univers des sapeurs, reconnaissables à leurs tenues éclatantes et à l’usage assumé de marques prestigieuses. Leurs origines remonteraient à plus d’un siècle, dans le sillage de la présence coloniale française et des échanges entre Afrique et Europe. D’abord fondée sur des vêtements de seconde main, la sape s’est affirmée comme un véritable enjeu de mode, de dignité et de représentation sociale. Elle permet de résister symboliquement à la pauvreté, de retrouver fierté et confiance en soi. Avec le temps, le mouvement s’est structuré, rassemblant aujourd’hui des milliers d’adeptes issus de tous les milieux : chauffeurs de taxi, forestiers, cadres, maçons, informaticiens, femmes au foyer… Les femmes y occupent désormais leur place, sous le nom de « sapeuses ». Mais la sape ne se réduit pas aux marques : elle est un art du comportement, une élégance morale. Le sapeur se veut gentleman, guidé par des règles quasi spirituelles, faisant de la SAPE une véritable philosophie de vie, porteuse de paix, d’esthétique et de respect.Lire la suiteLes Sapeurs
Nous sommes à La Paz, en Bolivie, le 24 janvier, jour où débute une tradition singulière invitant à acheter des miniatures dites « de la Bonne Fortune ». Pour en comprendre le sens, il faut remonter bien avant les Incas, sur l’Altiplano, où vivait Iqiqu, homme humble et généreux dont la seule présence apportait bonheur, conseils avisés et harmonie. Sa bonté lui valut des pouvoirs sur les rivières, les roches et les montagnes, exercés avec justice. Mais Awqa, figure de violence et de destruction, envahit la région et s’acharna à effacer toute trace de cette bienveillance. Capturé alors qu’il aidait des paysans à s’organiser, Iqiqu se livra sans fuir. Awqa le fit démembrer et dispersa les fragments de son corps, croyant anéantir à jamais son influence. La légende dit pourtant qu’ils se réuniront un jour, annonçant le retour de la liberté. En mémoire de cette abondance perdue, un petit personnage, Ekeko, incarne depuis la prospérité. Chaque année, les alasitas, objets miniatures représentant maisons, commerces ou biens désirés, matérialisent les souhaits de l’année à venir, leur acquisition symbolisant l’espoir de leur réalisation.Lire la suiteAlasitas & Ekeko…
Muhammad Yunus, père du microcrédit et prix Nobel de la paix en 2006, est devenu une figure majeure de la lutte contre la pauvreté. Né le 28 juin 1940 à Chittagong, dans l’Inde britannique, il traverse trois contextes géopolitiques avant la naissance du Bangladesh. Troisième d’une famille aisée de quatorze enfants, il voyage jeune en Europe, au Japon et en Amérique du Nord, découvrant de fortes inégalités de niveaux de vie. Après des études d’économie à Dhaka, alors capitale du Pakistan oriental, il crée une entreprise, puis soutient un doctorat aux États-Unis. À l’indépendance du Bangladesh en 1971, il rentre enseigner à l’université de Chittagong et prend conscience de l’impasse dans laquelle se trouvent les plus pauvres, exclus du crédit bancaire faute de garanties. Il lance alors, avec ses étudiants, une expérimentation financée en partie sur ses fonds propres, donnant naissance à la Grameen Bank, « banque du village ». Le succès est rapide, notamment auprès des femmes, et l’institution obtient un statut officiel en 1983. Le microcrédit se diffuse ensuite dans le monde entier, suscitant débats et critiques, mais s’imposant comme un élément central de la réflexion contemporaine sur richesse et pauvreté.Lire la suiteMuhammad Yunus, père du micro-crédit
Il fallut peu de temps pour que l’empire aztèque s’effondre : à peine quelques années après l’arrivée d’étrangers sur leurs terres. Pour comprendre, il faut remonter deux siècles plus tôt, lorsque leurs ancêtres, originaires de la mythique Aztlan, entamèrent une migration guidée par Huitzilopochtli, dieu protecteur de la tribu. Les oracles annonçaient qu’ils devraient s’établir là où apparaîtrait un aigle perché sur un cactus, dévorant un serpent. Ce signe fut observé en 1325 sur une île marécageuse du lac Texcoco, où naquit Mexico-Tenochtitlán. D’abord dominés, les Aztèques s’imposèrent au XVe siècle, bâtissant canaux, ponts et pyramides. Sous Ahuitzotl, l’empire atteignit son apogée, marqué par de grands travaux et d’immenses sacrifices. Moins de vingt ans après sa mort, l’empire tomba en 1521, victime des divisions internes, de la supériorité militaire espagnole et de croyances funestes. La destruction des codex a effacé une grande part de leur mémoire, mais la langue nahuatl survit encore, nous léguant des mots comme tomate, cacao ou chocolat.Lire la suiteL’aigle, le cactus & le serpent…
Immanuel Nobel (1801‑1872) fut un personnage hors du commun : architecte pour le gouvernement égyptien, inventeur du contreplaqué industriel, fabricant de mines sous-marines et de bateaux à vapeur, il passa vingt ans en Russie avant de faire faillite et de revenir en Suède. Son fils Alfred (1833‑1896) poursuivit les activités explosives familiales, coûtant tragiquement la vie à son jeune frère et à plusieurs ouvriers, mais parvint à stabiliser la nitroglycérine en inventant la dynamite, multipliant les brevets et la fortune, tout en traînant une sombre réputation. Lorsqu’un journal annonça sa mort à tort en 1888, cette erreur semble l’avoir inspiré à laisser une trace moins sinistre : à sa mort réelle en 1896, son testament institua une fondation philanthropique créant le Prix Nobel, décerné dès 1901 pour la paix, aux côtés de prix de littérature, chimie, médecine ou physique, les mathématiques étant quant à elles honorées par la Médaille Fields et le Prix Abel. Parmi les lauréats de la paix figurent Henri Dunant, Martin Luther King, Mère Teresa, Rigoberta Menchu, Muhammad Yunus, Nadia Murad et Denis Mukwege. Marie Curie est la seule à avoir été récompensée dans deux catégories, un exemple inspirant pour les talents émergents.Lire la suiteIl s’appelait Nobel
L’État de la Cité du Vatican, enclavé dans Rome, naît le 11 février 1929 avec les accords du Latran et forme avec le Saint-Siège l’entité communément appelée Vatican, dirigée par le pape. Parmi ses édifices majeurs, la place Saint-Pierre donne accès à la basilique voulue par l’empereur Constantin Ier comme haut lieu de pèlerinage chrétien. Mais un élément singulier retient l’attention : des soldats en tenue chamarrée, armés de hallebardes, connus sous le nom de Gardes suisses. Leur présence s’explique par une tradition européenne ancienne, les cours faisant appel à des troupes suisses réputées pour leur loyauté. Les rois de France y eurent recours dès le XVe siècle. Dans ce contexte, le pape Jules II demanda en 1505 l’envoi de soldats suisses, et la Garde suisse pontificale fut officiellement fondée à Rome le 22 janvier 1506. Son fait d’armes le plus célèbre survint le 6 mai 1527, lorsque 147 gardes périrent en protégeant la fuite du pape Clément VII lors du sac de Rome. Cette date marque encore le serment annuel des recrues. Si la hallebarde relève aujourd’hui du cérémonial, la garde demeure opérationnelle. Présente depuis plus de cinq siècles, forte de 135 hommes triés sur le volet, elle reste un symbole vivant de fidélité et de continuité.Lire la suiteLes Gardes suisses…
En 632, le prophète Mohammed (570-632) meurt à La Mecque, posant la question de sa succession. Abou Bakr As-Siddiq (573-634), l’un de ses plus anciens compagnons et père d’Aïshah, s’impose : il devient le premier des quatre califes « bien guidés », le terme calife signifiant « successeur ». À sa mort, Omar ibn al-Khattâb (584-644) dirige la communauté musulmane, la Oumma, durant dix ans avant d’être assassiné. Othmân ibn Affân (574-656) lui succède ; sous son califat, le Coran est fixé dans sa forme canonique, mais il est tué à Médine, ouvrant une période de troubles. Ali ibn Abi Talib (600-661), cousin et gendre du Prophète, devient le quatrième calife. Les chiites le considèrent comme le successeur légitime, estimant que l’autorité doit rester dans la famille du Prophète ; son assassinat marque la rupture durable entre chiisme et sunnisme. Le chiisme, aujourd’hui 10 à 15 % des musulmans, est majoritaire notamment en Iran et en Irak ; le sunnisme, fondé sur la sunna et les hadiths, rassemble 85 à 90 % des fidèles et voit se succéder Omeyyades, Abbassides puis Ottomans. Une troisième voie, le kharidjisme, subsiste encore chez les Ibadites d’Oman.Lire la suiteLe temps des califes …
Que diriez-vous d’aller dans le Jutland, péninsule continentale du Danemark, pour nous arrêter au village de Jelling, où deux pierres runiques exceptionnelles, mises au jour en 1978, témoignent d’un moment fondateur de l’histoire nordique ? Leurs inscriptions utilisent les runes issues du futhark, alphabet tirant son nom de ses six premières lettres et comptant à l’origine vingt-quatre signes, parfois réduits ou étendus selon les époques. L’Edda poétique, recueil du XIIIᵉ siècle, raconte que Odin lui-même se sacrifia neuf jours et neuf nuits, transpercé par sa lance Gungnir, pour en percer le secret. Datées du Xe siècle, les pierres de Jelling honorent Gorm, Thyra et leur fils Harald Ier, roi du Danemark et de Norvège, et sont souvent vues comme l’acte de naissance du royaume et de sa conversion au christianisme. Harald portait le surnom de « dent bleue », peut-être à cause d’une dent abîmée, surnom devenu célèbre puisqu’il inspira le nom de la technologie Bluetooth, dont le logo assemble deux runes correspondant à ses initiales.Lire la suiteLe roi à la dent bleue
Nous voici dans les royaumes de Ndongo et de Matamba, en Angola. Le Ndongo apparaît au XIVe siècle, dirigé par le Ngola, titre à l’origine du nom du pays, avec pour capitale Kabasa, tandis que le Matamba voisin se forme au XVIe siècle. C’est dans ce contexte qu’émerge Njinga (1583-1663), fille du roi Kiluanji et sœur du redoutable Ngola Mbandi, arrivé au pouvoir par la violence. Diplomate habile, elle fut envoyée négocier avec les Portugais, alors engagés dans le commerce de l’or, de l’ivoire et des esclaves. Malgré un traité promettant restitution de territoires et libérations, les accords furent bafoués. À la mort mystérieuse de son frère, Njinga se proclama reine, se fit baptiser à Luanda sous le nom de Dona Ana de Souza, puis mena une politique mêlant ruse, alliances changeantes et guerre. Elle conquit le Matamba, résista aux Portugais, traita un temps avec les Hollandais et parvint en 1657 à préserver l’indépendance du Ndongo. Figure majeure de résistance, son nom, lié selon la tradition à un signe de naissance exceptionnel, reste symbole de fierté et de courage.Lire la suiteLa reine Njinga…
On les appelle souvent « Eskimos », un exonyme, alors qu’ils se nomment Inuits, « les humains ». Répartis autour du cercle polaire, ils ont façonné un monde riche de langues, de mythes et de savoirs, peuplé d’inuksuk, d’ulu, de chamanes angakkuq et de figures comme la déesse Sedna. C’est dans cet univers qu’est né Minik. En 1897, à huit ans, il est emmené à New York avec son père Qisuk et d’autres Inuits, ramenés par un explorateur pour être exposés au public. Rapidement frappés par la tuberculose, tous meurent sauf Minik. À la mort de son père en 1898, l’enfant demande un enterrement selon les rites inuits ; on lui offre un simulacre, tandis que le squelette de Qisuk rejoint les collections du muséum. Placé dans une famille américaine, Minik grandit avant de découvrir la vérité en 1906. Brisé, il retourne un temps dans l’Arctique, puis revient aux États-Unis où il meurt en 1918 de la grippe espagnole.Lire la suiteUn Inuit à New-York
Et si l’indépendance de la Suisse reposait sur l’histoire, certes légendaire, d’une simple pomme ? Le récit situe les faits en 1307, lorsque le bailli Hermann Gessler voulut imposer son autorité sur le canton d’Uri en exigeant l’allégeance à son chapeau dressé sur la place d’Altdorf. Guillaume Tell refusa. Pour châtiment, on l’obligea à tirer à l’arbalète une pomme posée sur la tête de son fils, épreuve qu’il réussit. Un second carreau dissimulé trahit toutefois son intention de tuer Gessler s’il avait blessé l’enfant. Arrêté, Tell fut conduit sur le lac des Quatre-Cantons, mais une tempête lui permit de s’échapper. Les récits divergent sur la mort de Gessler, mais la tradition, relayée par le Livre blanc de Sarnen, fit de cet acte le déclencheur de la révolte menant à l’indépendance suisse et au serment du Grütli entre Uri, Schwytz et Unterwald. En réalité, le pacte fondateur daterait de 1291. Le mythe fut largement popularisé par Schiller en 1804 puis par Rossini.Lire la suitePour une pomme
Diana Abgar Դիանա Աբգար (1859-1937) fut une femme exceptionnelle qui marqua l’histoire de la diplomatie. Née à Rangoon au Myanmar, alors province indienne de l’Empire britannique, elle grandit à Calcutta où elle acquit le persan, l’anglais, le hindi et l’arménien, avant d’étendre ses talents linguistiques au japonais et au chinois. Mariée à Mykayel, elle s’installe au Japon à l’ère Meiji. Après la faillite de leurs affaires et la mort de son mari en 1906, Diana élève seule ses trois enfants tout en s’engageant pour sa communauté. Elle dénonce les massacres arméniens de 1895-1896 et d’Adana en 1909, et durant la Première Guerre mondiale, met argent, compétences et réseaux au service des réfugiés, les aidant dans leurs visas, leur hébergement, l’école des enfants et leur traversée vers les États-Unis. Représentante consulaire de la République d’Arménie (1918-1920), elle devient l’une des premières femmes diplomates de l’histoire. Diana décède en 1937 au Japon, inhumée au cimetière des étrangers de Yokohama, laissant un exemple de courage, de solidarité et d’humanité.Lire la suiteDiana Abgar…
Janvier 1921 à Prague : la première d’une pièce de Karel Čapek raconte l’histoire des « robots universels de Rossum », des êtres organiques créés artificiellement, et interroge déjà le rapport de l’humanité à ses propres créations dans un futur situé en l’an 2000. Le mot « robot » y apparaît pour la première fois, dérivé du tchèque robota, « travail forcé », terme suggéré par son frère Josef. Un siècle plus tard, les robots humanoïdes ont quitté la fiction : en 2015, un film japonais intègre un androïde à son casting ; en 2017, Sophia devient le premier robot à obtenir une citoyenneté ; en 2019, Mindar est conçu à l’image de Kannon, déesse bouddhiste de la miséricorde, fruit d’une collaboration entre un temple ancien de Kyôto et un laboratoire de robotique d’Osaka. Face à la « vallée de l’étrange », qui rend troublantes les machines trop humaines, se pose la question de notre cohabitation future avec elles. Certains y répondent par la philosophie japonaise, où le sacré habite toute chose, y compris une machine. Reste alors l’essentiel : quel équilibre cherchons-nous entre humains et robots, et saurons-nous l’atteindre ?Lire la suiteLa Vallée de l’étrange
Dans la mythologie coréenne, Hwanin, maître du ciel, autorise son fils Hwanung à descendre sur Terre, où celui-ci fonde Shin-Si, la « cité divine », et enseigne aux humains les arts, la médecine et l’agriculture. Un ours et un tigre, désireux de devenir humains, sont alors mis à l’épreuve : se nourrir uniquement d’ail et d’armoise durant cent jours dans une grotte. Le tigre renonce, mais l’ours persévère et se transforme en femme, Ungnyeo, qui épouse Hwanung. De leur union naît Dangun, fondateur en 2333 av. J.-C. du royaume de Gojoseon, considéré comme l’origine de la Corée. Selon le Samguk yusa, compilé au XIIIᵉ siècle, Dangun établit sa capitale à Asadal, institua des lois, développa la sériciculture et rendit un culte régulier aux cieux. Le 3 octobre, fête de Gaecheonjeol, commémore cette fondation, tandis que le royaume de Gojoseon disparaît en 108 av. J.-C. En 1994, la Corée du Nord a inauguré près de Pyongyang un site présenté comme la tombe de Dangun. Une légende fondatrice où épreuve, transformation et naissance d’un peuple se confondent.Lire la suiteDangun, le fondateur
Un Brésil faisant la part belle à la langue portugaise… Cuba, le Venezuela ou le Chili lui préférant le castillan… derrière cette géographie linguistique se cache une ligne tracée il y a plus de cinq siècles. Le traité de Tordesillas, signé le 7 juin 1494, fixa une ligne imaginaire de partage à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap-Vert, séparant les zones d’influence des deux puissances ibériques : tout ce qui était découvert à l’est revenait au Portugal, tout ce qui était à l’ouest à la Couronne de Castille. Cette démarcation, voulue pour apaiser les rivalités nées des grandes explorations, permit au Portugal de revendiquer la côte orientale du continent sud-américain après que Pedro Álvares Cabral y eut débarqué en 1500, donnant naissance à ce qui deviendrait le Brésil, tandis que les Espagnols développaient leurs empires dans les Caraïbes et sur les vastes terrains à l’ouest de la ligne. D’autres puissances coloniales comme la France, l’Angleterre ou les Provinces-Unies rejetèrent progressivement cette division, ouvrant la course à la colonisation mondiale.Lire la suiteLe Traité de Tordesillas
Quelle taille faites-vous ? Selon l’époque ou la société, vous pourriez répondre en « pieds ». Mais qu’est-ce qu’un pied ? Le pied anglais mesure 30,48 cm, tandis que le « pied du roi », étalon attribué à Charlemagne, atteignait 32,4 cm. Divisé en douze pouces, il s’inscrivait dans un système foisonnant où la toise valait six pieds, la coudée vingt-quatre doigts ou six palmes, le doigt correspondant lui-même à six grains d’orge côte à côte. Autant dire que les variations étaient nombreuses et sources de confusion, d’autant plus que les unités changeaient selon les régions, pour les longueurs comme pour les surfaces ou les poids. À la fin du XVIIIe siècle, dans le contexte révolutionnaire français, les cahiers de doléances réclament une unification. En 1791, une nouvelle unité est définie : le mètre, égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. Entre 1792 et 1799, des mesures sont menées entre Dunkerque et Barcelone pour en fixer la valeur. De là naît le système métrique, adopté en France en 1837 puis internationalisé avec la Convention du Mètre de 1875. Morale de l’histoire : omniprésente dans nos vies quotidiennes, la mesure rappelle l’importance centrale de la métrologie, une aventure scientifique toujours en cours et célébrée chaque 20 mai.Lire la suiteA tous les hommes et à tous les temps
Que faites-vous le 14 février ? Tandis que certains lèvent les yeux au ciel, beaucoup célèbrent la Saint-Valentin en compagnie de l’âme sœur. Mais qui est donc ce Valentin ? Sous ce nom se cachent plusieurs saints, le plus célèbre étant un prêtre de Rome au IIIe siècle, qui célébrait des mariages chrétiens malgré l’interdiction de l’empereur Claude II, soucieux de garder ses soldats célibataires. Arrêté, confié au juge Astérius, Valentin aurait converti ce dernier en rendant la vue à sa fille aveugle, ce qui lui valut d’être décapité. D’autres rappellent qu’à Rome, mi-février, se tenaient les Lupercales, fêtes païennes de la fécondité. En 495, le pape Gélase Ier institua officiellement la Saint-Valentin le 14 février, éclipsant ces rites. Avec le temps naquit la tradition des messages amoureux. Aujourd’hui, la fête prend des formes variées : au Japon, les femmes offrent du chocolat aux hommes, qui rendent la pareille un mois plus tard.Lire la suiteSaint-Valentin…
Et si se moquer permettait de se réconcilier ? Bienvenue dans le monde de la parenté à plaisanterie. Un exemple marquant eut lieu le 10 juin 2000 à la cathédrale de Ouagadougou, lors des funérailles nationales du cardinal Paul Zoungrana : des membres du groupe san, parents à plaisanterie des Mossi, interrompirent la cérémonie en tentant d’empêcher l’inhumation, provoquant stupeur et négociations avant la reprise du rituel. Cette pratique, appelée rakiré au Burkina Faso, est largement répandue en Afrique de l’Ouest et centrale. Elle structure les relations sociales entre individus, clans ou ethnies et repose sur des pactes anciens favorisant la paix. Le principe consiste à se railler, voire s’insulter selon des codes établis, sans jamais nuire. Mariages, marchés, champs ou funérailles peuvent en être le théâtre. Inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, elle vise à désamorcer les tensions et à renforcer la cohésion sociale. Ses origines sont débattues, certains la reliant à la vallée du Nil, d’autres à l’époque de l’empire du Mali.Lire la suiteLa parenté à plaisanterie




















