Le Hüsn-i hat est une pratique séculaire qui consiste à tracer des lettres d’origine arabe de manière mesurée et proportionnelle tout en tenant compte de certaines valeurs esthétiques. Elle se pratique à l’aide d’outils traditionnels, tels qu’un type spécifique de papier glacé fabriqué à partir de substances organiques, un calame, des couteaux à calame, une dalle spéciale pour tailler les calames, un encrier, de l’encre de suie et un étui à calame. La plupart des calligraphes, ou hattats, fabriquent leurs propres outils et jouent un rôle important dans la perpétuation de la tradition du Hüsn-i hat (…) Le Hüsn-i hat peut être rédigé sur du papier ou du cuir, mais aussi sur des surfaces telles que la pierre, le marbre, le verre et le bois, entre autres. Le Hüsn-i Hat se décline dans de nombreux styles différents, mais cette pratique était utilisée à l’origine pour écrire le Coran, les hadiths (citations du prophète Mahomet) et des poèmes. Elle concernait aussi les correspondances officielles, comme les édits et mandats impériaux, et décorait les bâtiments religieux et publics… (…)Lire la suiteHüsn-i Hat, la calligraphie traditionnelle dans l’art islamique en Turquie
Repère : écriture
L’écriture. Une histoire inouïe fait d’inventivité, de progrès, d’audace… Une histoire au carrefour de bien des repères, religieux, comptables, marchands, politiques, artistiques, éducatifs. Un levier de savoir qui n’ôte rien au sublime pouvoir de l’oralité, mais le prolonge dans le temps et l’espace. Les écritures, une fascinante cartographie qui nous raconte l’univers au moyen de systèmes variés, de créateurs successifs, de techniques et d’emplois sans cesse renouvelés…
La tradition de la calligraphie a toujours été associée à l’histoire de l’écriture en Iran. Même lorsque ceux qui la pratiquaient n’avaient qu’un niveau d’alphabétisation réduit, calligraphie et écriture restaient étroitement liées. Cependant, avec l’avènement de l’imprimerie et l’émergence des programmes informatiques et des polices de caractères numériques, cet art a décliné petit à petit et l’importance de la lisibilité pure l’a emporté sur l’alliance entre lisibilité et esthétique. Il en a résulté un déclin de l’appréciation de la calligraphie parmi les jeunes générations. La sauvegarde de la tradition de la calligraphie iranienne est devenue un enjeu majeur dans les années 1980 et un programme national a été développé à cet effet par des organisations non gouvernementales en collaboration avec le gouvernement (…).Lire la suiteL’art traditionnel de la calligraphie en Iran
La calligraphie mongole est une technique d’écriture consistant à relier verticalement des traits continus pour former des mots. L’alphabet de l’écriture classique mongole compte quatre-vingt-dix lettres, formées à partir de six traits principaux respectivement nommés « tête », « dent », « tige », « estomac », « arc » et « queue ». Cette écriture méticuleuse est utilisée pour les lettres et les invitations officielles, la correspondance diplomatique et les lettres d’amour ; une forme abrégée est employée comme méthode de sténographie ; et on l’utilise sous forme « pliée » pour les emblèmes, les logos, les pièces de monnaie et les timbres. Les mentors sélectionnent traditionnellement les meilleurs élèves et les forment pendant cinq à huit ans pour en faire des calligraphes. Élèves et professeurs se lient pour la vie et continuent à améliorer mutuellement leur art et leur talent. L’intensification de la transition sociale, l’urbanisation et la mondialisation ont entraîné une baisse importante du nombre de jeunes calligraphes… (…)Lire la suiteLa calligraphie mongole
L’imprimerie chinoise à caractères mobiles en bois
[chin. 中国活字印刷木 Zhōngguó huózì yìnshuā mù]
Une des plus vieilles techniques d’imprimerie au monde, l’imprimerie à caractères mobiles en bois est conservée dans le comté de Rui’an, dans la province du Zhejiang, où elle est utilisée dans la compilation et à l’impression de la généalogie des clans. Les hommes apprennent à tracer et à graver les caractères chinois qui sont ensuite disposés sur une plaque d’impression et imprimés. Cela exige d’abondantes connaissances historiques et une maîtrise de la grammaire du vieux chinois. Puis les femmes entreprennent les travaux de découpage du papier et de reliure jusqu’à ce que les généalogies imprimées soient terminées. Les caractères mobiles peuvent être réutilisés à maintes reprises après le démontage de la plaque d’impression. Tout au long de l’année, les artisans transportent les jeux de caractères en bois et le matériel d’imprimerie jusque dans les salles des ancêtres au sein des communautés locales. Là, ils dressent et impriment à la main la généalogie du clan. Une cérémonie marque l’achèvement de la généalogie et les imprimeurs la déposent dans une boîte mise sous clef afin d’être préservée…(…)Lire la suiteL’imprimerie chinoise à caractères mobiles en bois
Présent à travers la Chine et dans différents groupes ethniques, le découpage de papier est un art populaire fondamental dans la vie quotidienne. Essentiellement féminin, cet art est transmis de mère en fille au cours d’un long apprentissage qui commence dès l’enfance, surtout dans les zones rurales. Il permet aux meilleurs artistes de gagner respect et admiration. Les techniques sont nombreuses : le papier peut être découpé ou gravé avec un burin, colorié ou non. Les technologies modernes sont de plus en plus utilisées. Les motifs, très divers et souvent improvisés par l’artiste, dépendent de la région (le sud de la Chine privilégie par exemple les motifs fins et délicats) et de l’usage du produit, qui peut être destiné à la décoration intérieure (fenêtres, lits, plafonds…), à des fêtes (mariages, anniversaires, cérémonies) ou encore à des prières (invoquer la pluie, conjurer le diable…). Étroitement lié à la vie sociale des Chinois de tous les groupes ethniques, le découpage du papier sert à exprimer les principes moraux, les philosophies et les idéaux esthétiques des praticiens. Aujourd’hui, il est un moyen toujours vivant d’expression des émotions et connaît un regain d’intérêt sans précédent.Lire la suiteLe découpage de papier chinois
La calligraphie arabe désigne la pratique artistique consistant à retranscrire l’écriture arabe manuscrite avec fluidité, afin d’exprimer harmonie, grâce et beauté. Cette pratique, qui peut être transmise tant par l’éducation formelle et informelle, utilise les vingt-huit lettres de l’alphabet arabe, rédigé en écriture cursive de droite à gauche. Conçue à l’origine pour rendre l’écriture claire et lisible, elle s’est progressivement transformée en un art arabe islamique utilisé dans les œuvres traditionnelles et modernes (…) Les techniques traditionnelles utilisent des matériaux naturels, tels que des tiges de roseau et de bambou pour le calame, un outil d’écriture. L’encre est fabriquée à partir d’ingrédients naturels tels que le miel, la suie et le safran. Le papier est fabriqué à la main et enduit d’amidon, de blanc d’œuf et d’alun. La calligraphie moderne utilise fréquemment des marqueurs et des peintures synthétiques et de la peinture en bombe spray est utilisée pour les calligraffiti peints sur les murs, les panneaux et les bâtiments…(…)Lire la suiteLa calligraphie arabe : connaissances, compétences et pratiques
La calligraphie chinoise a toujours été beaucoup plus qu’un simple outil de communication, intégrant une dimension artistique qui lui vaut d’être encore prisée à l’âge du stylo à bille et de l’ordinateur. De fait, la calligraphie n’est plus l’outil de base des intellectuels et des hauts responsables, mais est devenue le domaine exclusif d’artisans et d’amateurs enthousiastes. Qu’ils consignent des informations ou créent simplement de belles formes, les pinceaux du calligraphe servent à tracer cinq styles différents d’écriture : « sigillaire », « chancellerie », « cursif », « semi-cursif » et « régulier ». Cet art, qui peut apparaître sur n’importe quel support d’écriture (même les parois rocheuses d’une falaise), est plus spécialement fréquent sur les lettres, les manuscrits, les œuvres littéraires et les éventails. De nos jours, en plus de la formation traditionnelle maître-apprenti, la calligraphie est également enseignée à l’école. De nombreuses cérémonies destinées à marquer des célébrations nationales et des rites religieux incluent cette pratique et on a constaté que la calligraphie avait une grande influence sur l’art, l’architecture et le design contemporains… (…)Lire la suiteLa calligraphie chinoise
Depuis 1967, la Journée internationale de l’alphabétisation est célébrée chaque année à travers le monde pour rappeler au public l’importance de l’alphabétisation en tant que facteur de dignité et de droits humains et pour faire progresser l’agenda de l’alphabétisation pour une société plus instruite et durable. Malgré les progrès réalisés, les défis persistent, car au moins 773 millions d’adultes dans…Lire la suite8 septembre – Journée internationale de l’alphabétisation
La Journée de l’alphabet N’ko est célébrée le 13 mai de chaque année. Elle vise à promouvoir et à célébrer l’alphabet N’ko, un système d’écriture créé par Souleymane Kante dans les années 1940 pour transcrire les langues mandingues en Afrique de l’Ouest, telles que le bambara, le malinké et le soussou. L’alphabet N’ko est conçu pour refléter les sons spécifiques…Lire la suite14 avril – Journée de l’alphabet n’ko
Le jour des saints Cyrille et Méthode est célébré par l’Église orthodoxe orientale deux fois par an : le 11 et le 24 mai. Le jour le plus populaire pour la célébration est le 24 mai. Ces saints sont considérés comme les principaux missionnaires chrétiens parmi les peuples slaves. Ils ont influencé le développement culturel de tous les Slaves et…Lire la suite24 mai – Jour des saints Cyrille et Méthode
La célébration du Jour du Hangeul ( 한글날 ) a débuté en 1928, lorsque le terme « hangeul » est devenu largement accepté parmi la population. À cette époque, la célébration de cette fête était organisée selon le calendrier lunaire. En 1931, la date de la fête fut fixée au 29 octobre selon le calendrier grégorien, mais en 1934 elle…Lire la suite9 octobre – Le jour du Hangeul
Le 22 novembre, il y a 112 ans, d’éminents intellectuels albanais venus de tous les Balkans se sont réunis à Bitola pour unifier l’alphabet albanais. Cet acte constitue précisément la base de la codification de la langue littéraire albanaise et un jalon pour le développement de la culture et de la spiritualité albanaises, pilier de l’identification nationale (…) La langue…Lire la suite22 novembre – Journée de l’alphabet albanais
Le Penny Black est le premier timbre postal de l’histoire. Il a été émis le 1er mai 1840 au Royaume-Uni et son usage à commencé à partir du 6 mai à l’occasion d’une réforme du système postal qui faisait payer dorénavant l’expéditeur et plus le destinataire comme avant. Un postier n’ayant pas respecté les consignes sur la date de mise…Lire la suite6 mai – Penny Black
La Journée mondiale sans papier est officiellement fixée au 6 novembre. Cette campagne attire l’attention sur le problème du gaspillage de papier et vise à sensibiliser les entreprises à la situation et à les inciter à réduire leur consommation en imaginant un avenir sans papier.Lire la suite6 novembre – Journée mondiale sans papier
Où avons-nous donc vu ce signe ? Il figure sur le drapeau national de Mongolie et rappelle l’étendard flottant lors des célébrations comme le Naadam ! Il s’agit du soyombo, à la fois symbole et caractère d’écriture, où l’on reconnaît le feu, le soleil, la lune et le yin-yang central. Créé au XVIIᵉ siècle par Zanabazar, moine bouddhiste, il s’inscrit dans l’histoire complexe de l’écriture mongole. Aujourd’hui, la Mongolie utilise le cyrillique, le latin ou le mongol bitchig, première écriture mongole inspirée du sogdien et exclusivement verticale, élaborée du temps de Gengis Khan. Avant le soyombo, le phagspa, inventé par un lama tibétain à la demande de Kubilaï Khan, fut employé en Chine. Ainsi, des siècles d’inventivité écrite se déploient sur les steppes, témoignant de la richesse culturelle et graphique de la Mongolie et de ses systèmes d’écriture uniques.Lire la suiteEcrire en mongol…
Les marques de ponctuation sont ces petits signes qui rythment le texte et en précisent le sens : points, virgules, points d’exclamation ou d’interrogation, chacun avec sa propre histoire et ses variantes linguistiques. Ainsi, le point d’interrogation « ? » pourrait dériver du latin quaestio « qo », le point d’exclamation d’une « joie » latine. La créativité littéraire a aussi enrichi ces signes : Baudelaire ou Hervé Bazin proposaient des points d’amour, de conviction, d’autorité ou de doute. Selon les langues, les formes diffèrent : en chinois, le point est un petit cercle « 。 » et les points de suspension six points « …… » ; en espagnol, l’interrogation s’ouvre par « ¿ » et se ferme par « ? » ; en sanskrit, on emploie le daṇḍa « । » ou le double daṇḍa « ॥ ». L’arménien, langue indo-européenne à part entière, a sa ponctuation originale : le point final est « : », les deux-points « . », le point d’interrogation « ՞ » suit directement l’objet interrogé et le point d’exclamation « ՜ » fonctionne de même. Ces signes s’inscrivent dans l’histoire de l’écriture arménienne créée par le moine Mesrop Machtots en 405, essentielle à la préservation culturelle et identitaire de l’Arménie.Lire la suiteDes signes de ponctuation en arménien…
Siddham – Signifiant « accompli » ou « perfectionné ». C’est un ancien système d’écriture utilisé principalement pour transcrire des textes sanskrits et bouddhistes. Son utilisation remonte à l’Inde ancienne, apparaissant entre les VIe et VIIIe siècles. Siddham est souvent associé à la tradition du bouddhisme tantrique et a été utilisé dans des manuscrits, des inscriptions et des textes religieux. Cette écriture se caractérise…Lire la suiteSiddham
Incroyable nüshu, une écriture singulière utilisée principalement par les femmes du comté de Jiangyong, dans le Hunan. Composé d’environ mille signes, proches des caractères chinois mais en forme de losange, ce système syllabique transcrivait le dialecte local. Réservé aux femmes, privées de l’écriture officielle, il leur offrait un espace de communication, de solidarité et d’expression. Aux traits fins et effilés, parfois qualifié d’« écriture de moustique », le nüshu se lisait de haut en bas et de droite à gauche. Il s’apprenait dans le cadre des travaux d’aiguille : en brodant, les femmes chantaient et copiaient des textes sur mouchoirs, vêtements ou éventails, jusqu’à composer leurs propres écrits. Cette écriture jouait un rôle social essentiel, notamment dans la coutume des « sœurs jurées », groupes de jeunes filles liées par une amitié durable. Elle intervenait aussi lors du mariage avec le « livret du troisième jour », où s’exprimaient conseils et chagrin de la séparation. L’origine du nüshu reste débattue, entre hypothèses anciennes et légendes poétiques.Lire la suiteNüshu, écriture des femmes…
Si QWERTY et AZERTY ont conquis le monde, qu’en est-il du clavier Dvorak ? Conçu dans les années 1930 par August Dvorak, professeur de psychologie à l’université de Washington à Seattle, il optimisait la saisie en anglais, mais peina à s’imposer face à la forte concurrence de QWERTY. Cette dernière fut inventée par Christopher Latham Sholes (1819-1890), imprimeur et éditeur de Pennsylvanie, qui déposa de nombreux brevets pour machines à écrire. Après un échec des premières machines alphabétiques, son clavier QWERTY, développé pour Remington en 1873, rencontra un énorme succès. QWERTY ? Selon la tradition, Sholes éloigna certaines lettres fréquemment successives pour éviter le blocage des tiges, ou plaça la ligne supérieure pour taper « typewriter » facilement, utile aux démonstrateurs ; d’autres chercheurs, en 2011, y voient une influence des télégraphistes travaillant en morse. D’autres dispositions ont vu le jour : AZERTY, QWERTZ, et même KALQ pour la frappe au pouce. Morale : la prochaine fois que vous tapez, interrogez-vous sur le clavier le plus approprié, ancien ou à inventer.Lire la suiteD’un clavier à l’autre
Et si l’on partait à la rencontre des hiéroglyphes égyptiens ? Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, alors âgé d’une trentaine d’années, provoque un véritable séisme intellectuel en présentant devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sa lettre exposant le principe des hiéroglyphes phonétiques. Il met ainsi un terme à une énigme vieille de plus d’un millénaire, car l’écriture égyptienne, apparue plus de 3000 ans avant notre ère, avait été interdite en 391 et progressivement oubliée. La clé du déchiffrement résidait dans une pierre découverte en 1799 à Rosette, portant un même décret gravé en grec, en hiéroglyphes et en démotique. De nombreux savants s’y étaient essayés, mais Champollion comprit l’essentiel : l’écriture égyptienne est à la fois figurative, symbolique et phonétique. Son Précis du système hiéroglyphique paraît en 1824, ouvrant définitivement l’accès à la civilisation des pharaons. Conservateur au Louvre, voyageur en Italie puis en Égypte, il meurt en 1832, laissant un héritage scientifique majeur.Lire la suiteJe tiens mon affaire




















