Yasunari Kawabata 川端 康成 (1899 -1972) Né à Osaka Prix Nobel de littérature en 1968 Pour sa conférence Nobel, il a commencé par citer Dogen (1200-1253). « Au printemps, les fleurs de cerisier, en été le coucou. En automne, la lune, et en hiver la neige, claire, froide. » « Le Japon, le beau et moi-même » 美しい日本の私-その序説 »Lire la suiteKawabata Yasunari
Pantopique : Pays-Asie
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Le Bharata natyam est une danse classique indienne originaire du sud de l’Inde, principalement de l’État du Tamil Nadu. Elle se caractérise par des mouvements très précis des pieds, des positions codifiées du corps, des gestes symboliques des mains et des expressions faciales intenses. Cette danse associe rythme, musique, théâtre et spiritualité pour raconter des histoires issues de la mythologie…Lire la suiteBharata natyam
Carlotta Ikeda, née Sanaé Ikeda en 1941 au Japon et morte en 2014, fut l’une des grandes figures de la danse butō, cet art radical né dans le Japon d’après-guerre. Formée d’abord à la danse classique et au ballet, elle rencontre le butō dans les années 1960, à une période où ce mouvement chorégraphique cherche à rompre avec les esthétiques…Lire la suiteCarlotta Ikeda
Ai Weiwei est un artiste chinois né en 1957 à Pékin. Il est reconnu internationalement pour son travail multidisciplinaire englobant la sculpture, l’installation, la photographie, la vidéo et les médias sociaux. Ai Weiwei utilise souvent son art pour critiquer le gouvernement, la politique ou certains travers de la société contemporaine, ce qui lui a valu des démêlés avec les autorités…Lire la suiteAi Weiwei
Yayoi Kusama 草間 彌生 Née le 22 mars 1929 à Matsumoto Un phénomène du monde de l’art Une artiste des plus diversifiées Ayant abordé la sculpture et la peinture Le cinéma et la mode La poésie et l’installation. Quand elle était petite fille Elle eut l’hallucination d’un champ de fleurs Lesquelles se sont mises à lui parler Leurs têtes étaient…Lire la suiteYayoi Kusama
A Futami 二見町 Meoto Iwa 夫婦岩 , les ‘Rochers du couple marié’ Deux rochers reliés par un shimenawa* 標縄 Représentant l’union d’Izanagi イザナギ et Izanami イザナミ Créateurs du monde dans la mythologie japonaise. Un petit torii à son sommet Plusieurs fois par an Le shimenawa est remplacé. [* un shimenawa est une corde faite en paille de riz tressée que…Lire la suiteDeux rochers reliés par un shimenawa…
Partager ne signifie pas se démunir, mais créer du lien et s’enrichir de ce qui circule entre les êtres. Dans la vie quotidienne, certains œuvrent seuls par nécessité ou par choix, tandis que d’autres s’associent par contrainte ou par désir. Au Népal, la communauté Gurung illustre une autre voie avec le nogar, un principe simple de coopération : au lieu de travailler chacun isolément, une vingtaine de personnes se retrouvent chaque jour dans le champ de l’une d’elles, puis passent collectivement au suivant jusqu’à ce que chacun ait bénéficié de l’effort commun. Ce système renforce l’efficacité, mais surtout les liens sociaux, l’amitié et la solidarité, notamment chez les femmes et les plus jeunes. Le partage ne peut être décrété ni imposé, car il dépend des besoins, des valeurs et des dispositions de chacun. Mal conduit, il peut devenir contrainte ; vécu librement, il éclaire la relation à l’autre et au monde. Partager des activités, des ressources, des savoirs ou du temps, c’est alors donner chair à ce que « faire ensemble » peut réellement signifier. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « partage » ?Lire la suiteNogar, le sens du partage…
La bouteille circule sur un marché, et les marchés disent beaucoup de notre manière d’habiter le monde, car le commerce n’est pas qu’échange de biens, il est relation humaine. Des étals colorés d’Oaxaca aux marchés historiques d’Europe, des labyrinthes d’Asie aux bazars du Moyen-Orient, les marchés sont des lieux de transmission, de rencontres et de mémoire. On y échange des produits, mais aussi des gestes, des savoir-faire, des récits hérités de générations. Ils racontent la vie des cités autant que celle des marchands, mêlant les sens, le droit, la culture et l’économie. Le commerce y apparaît comme une mise en lien : entre producteurs et acheteurs, entre territoires lointains, entre passé et présent. Pourtant, cette dimension humaine peut se diluer lorsque l’échange se réduit à la seule logique du profit, oubliant la réciprocité, la confiance et la responsabilité. Les marchés rappellent que commercer, c’est reconnaître l’autre, négocier sans effacer la dignité, inscrire l’échange dans un tissu social vivant. Que disent-ils alors de l’épopée du commerce, sinon qu’elle oscille sans cesse entre humanité partagée et abstraction marchande ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « commerce » ?Lire la suiteSi tous les marchés du monde…
Une personne marchait lorsque par mégarde une bourse tomba de sa ceinture. Vint une seconde personne qui la trouva sur son chemin. Selon les codes d’honnêteté en usage, cette dernière s’empressa de rejoindre l’infortunée qui l’avait perdue et l’enjoignit de reprendre son bien. Ce à quoi l’autre, selon les mêmes codes, assura qu’elle n’en ferait rien car un bien perdu…Lire la suiteLe partage des trois ryōs …
Une bouteille en plastique semble peu coûteuse si l’on réduit le prix à l’acte d’achat, mais son coût global interroge notre rapport à l’argent. Initialement conçu pour faciliter l’échange, comment l’argent a-t-il fini par s’y substituer et par soutenir des systèmes qui lui sont asservis ? L’expérience du microcrédit apporte un éclairage précieux. Dans les années 1970, face à la famine au Bangladesh, Muhammad Yunus constata que l’accès impossible à des crédits abordables enfermait les plus pauvres dans un cercle de dépendance. En accordant de petits prêts, principalement à des femmes, sans usure ni pression, et en soutenant des projets réalistes, il démontra qu’un autre usage de l’argent était possible : un outil au service de l’autonomie plutôt que de la spéculation. À l’heure où cryptomonnaies, monnaies locales et initiatives solidaires questionnent la finalité de l’échange, tandis que les richesses se concentrent toujours davantage, se pose avec acuité la question du sens donné à l’argent. Peut-il redevenir un moyen au service du vivant, de la justice et du partage ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de l’argent ?Lire la suiteLe microcrédit, une idée de l’argent…
Muhammad Yunus, père du microcrédit et prix Nobel de la paix en 2006, est devenu une figure majeure de la lutte contre la pauvreté. Né le 28 juin 1940 à Chittagong, dans l’Inde britannique, il traverse trois contextes géopolitiques avant la naissance du Bangladesh. Troisième d’une famille aisée de quatorze enfants, il voyage jeune en Europe, au Japon et en Amérique du Nord, découvrant de fortes inégalités de niveaux de vie. Après des études d’économie à Dhaka, alors capitale du Pakistan oriental, il crée une entreprise, puis soutient un doctorat aux États-Unis. À l’indépendance du Bangladesh en 1971, il rentre enseigner à l’université de Chittagong et prend conscience de l’impasse dans laquelle se trouvent les plus pauvres, exclus du crédit bancaire faute de garanties. Il lance alors, avec ses étudiants, une expérimentation financée en partie sur ses fonds propres, donnant naissance à la Grameen Bank, « banque du village ». Le succès est rapide, notamment auprès des femmes, et l’institution obtient un statut officiel en 1983. Le microcrédit se diffuse ensuite dans le monde entier, suscitant débats et critiques, mais s’imposant comme un élément central de la réflexion contemporaine sur richesse et pauvreté.Lire la suiteMuhammad Yunus, père du micro-crédit
En 632, le prophète Mohammed (570-632) meurt à La Mecque, posant la question de sa succession. Abou Bakr As-Siddiq (573-634), l’un de ses plus anciens compagnons et père d’Aïshah, s’impose : il devient le premier des quatre califes « bien guidés », le terme calife signifiant « successeur ». À sa mort, Omar ibn al-Khattâb (584-644) dirige la communauté musulmane, la Oumma, durant dix ans avant d’être assassiné. Othmân ibn Affân (574-656) lui succède ; sous son califat, le Coran est fixé dans sa forme canonique, mais il est tué à Médine, ouvrant une période de troubles. Ali ibn Abi Talib (600-661), cousin et gendre du Prophète, devient le quatrième calife. Les chiites le considèrent comme le successeur légitime, estimant que l’autorité doit rester dans la famille du Prophète ; son assassinat marque la rupture durable entre chiisme et sunnisme. Le chiisme, aujourd’hui 10 à 15 % des musulmans, est majoritaire notamment en Iran et en Irak ; le sunnisme, fondé sur la sunna et les hadiths, rassemble 85 à 90 % des fidèles et voit se succéder Omeyyades, Abbassides puis Ottomans. Une troisième voie, le kharidjisme, subsiste encore chez les Ibadites d’Oman.Lire la suiteLe temps des califes …
Roman satirique de Sri Lal Sukla (1925-2011) , publié en 1968 – Le roman illustre les défaillances présentes dans la société indienne après l’indépendance. Il expose l’impuissance des intellectuels face à un réseau puissant et corrompu de criminels, d’hommes d’affaires, de policiers et de politiciens. Le roman est raconté du point de vue de Ranganath, étudiant en histoire, qui vient…Lire la suiteRaag Darbari
L’Inde, située en Asie du Sud, a pour capitale New Delhi. Fondée depuis l’Antiquité, l’Inde a une histoire complexe influencée par de grandes civilisations comme la vallée de l’Indus, l’Empire Maurya et la dynastie Gupta. Elle est une république parlementaire depuis son indépendance du Royaume-Uni le 15 août 1947. Le relief indien est diversifié, avec des plaines alluviales, des plateaux,…Lire la suiteInde
Un morphème est le plus petit élément porteur d’un sens ou d’une fonction grammaticale. Une langue agglutinante assemble ces morphèmes pour créer des mots complexes, comme le turc où baş (« tête ») et kent (« ville ») donnent başkent (« capitale »), ou anne (« mère ») qui devient anneanne (« grand-mère ») puis anneannelerimiz (« nos grand-mères »). Contrairement aux langues isolantes comme le chinois, où les mots sont invariables, ou aux langues fusionnelles, où une forme peut porter plusieurs sens, les langues agglutinantes offrent un véritable jeu de construction et d’apprentissage. Le turc, autrefois écrit en alphabet arabe, adopta l’alphabet latin en 1928 lors de la révolution des signes menée par Atatürk, avec des écoles pour généraliser la lecture et l’écriture.Lire la suiteLe turc – Une langue agglutinante…
Il existe un mot coréen qui exprime à merveille le soin apporté à l’autre dans l’échange et la relation : nunchi 눈치. Deux expressions opposées en attestent : nunchi eoptta 눈치 없다 désignant l’absence de nunchi et au contraire nunchi itda 눈치 있다 qui en fait usage avec promptitude et discernement. Ce concept que l’on pourrait littéral. traduire par «…Lire la suiteNunchi : le soin apporté à l’autre
Entre 5 000 et 7 000 langues sont parlées aujourd’hui dans le monde, mais la région du Pacifique se distingue de façon spectaculaire : malgré une population relativement faible, elle concentre une diversité linguistique exceptionnelle. On y compte plus de 200 langues aborigènes en Australie, environ 75 aux Îles Salomon, plus de 110 langues au Vanuatu pour moins de 300 000 habitants, et plus de 800 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un record mondial. Cette profusion s’explique souvent par la géographie : territoires montagneux, forêts denses, communautés longtemps isolées et autosuffisantes, favorisant l’émergence et le maintien de langues distinctes. Paradoxalement, le polyglottisme y est courant, beaucoup de personnes pratiquant plusieurs langues. Le pays a d’ailleurs retenu trois langues officielles pour faciliter la communication nationale. Cette situation linguistique s’inscrit dans une histoire humaine très ancienne : la région aurait été l’un des points les plus éloignés atteints par les premiers humains après leur sortie d’Afrique, il y a 60 000 à 50 000 ans, à l’époque où l’Australie et la Papouasie formaient un même continent. Les langues actuelles portent encore la trace de ces migrations, métissages et adaptations.Lire la suite800 langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Où avons-nous donc vu ce signe ? Il figure sur le drapeau national de Mongolie et rappelle l’étendard flottant lors des célébrations comme le Naadam ! Il s’agit du soyombo, à la fois symbole et caractère d’écriture, où l’on reconnaît le feu, le soleil, la lune et le yin-yang central. Créé au XVIIᵉ siècle par Zanabazar, moine bouddhiste, il s’inscrit dans l’histoire complexe de l’écriture mongole. Aujourd’hui, la Mongolie utilise le cyrillique, le latin ou le mongol bitchig, première écriture mongole inspirée du sogdien et exclusivement verticale, élaborée du temps de Gengis Khan. Avant le soyombo, le phagspa, inventé par un lama tibétain à la demande de Kubilaï Khan, fut employé en Chine. Ainsi, des siècles d’inventivité écrite se déploient sur les steppes, témoignant de la richesse culturelle et graphique de la Mongolie et de ses systèmes d’écriture uniques.Lire la suiteEcrire en mongol…
Aussi fascinante soit-elle, la culture khmère et ses prédécesseurs recèlent encore de nombreux mystères, et le futur pourrait nous en révéler d’autres. L’une des découvertes récentes est Sambor Prei Kuk, « le temple dans la forêt luxuriante », site datant du VIᵉ siècle, qui fut l’ancienne capitale du royaume de Chenla, prédécesseur de l’empire khmer. Des centaines de temples ressurgissent aujourd’hui, témoignant d’une organisation urbaine et religieuse remarquable qui culminera avec l’avènement de Jayavarman II et la fondation d’Angkor. Au cœur de cette épopée, la langue et l’écriture khmères jouèrent un rôle essentiel : datée de 611, la langue khmère, membre du groupe môn-khmère de la famille austroasiatique, s’est diffusée au Cambodge et dans les régions voisines, et son écriture, influencée par l’Inde, combine une grande complexité avec des voyelles surajoutées, donnant aux textes un aspect presque architectural. Le système numérique, original, mêle quant à lui base 5 et décimale, illustrant un système partiellement quinaire, partiellement décimal.Lire la suiteCompter en khmer…
L’onomatopée désigne des sons dont le signifiant est étroitement lié à la perception acoustique d’êtres animés ou d’objets, comme « coucou », « vlam » ou « boum », et dont la variété à l’échelle mondiale est étonnante : un canard fait « coin-coin » en français, « rap-rap » en danois ou « ga ga » en chinois. Bien qu’elles soient souvent associées à un langage enfantin, les onomatopées ont pu jouer un rôle dans les origines de nos langues, nos ancêtres ayant probablement utilisé des sons comparables pour communiquer. Chaque langue a évolué selon son propre chemin, et le japonais illustre particulièrement cette richesse, distinguant les giseigo, bruits du monde (パチパチ PachiPachi pour les applaudissements, チクタク ChikuTaku pour l’horloge, ポツポツ PotsuPotsu pour la pluie fine, ザーザー ZaaZaa pour la pluie forte) et les gitaigo, liés aux émotions (ドキドキ DokiDoki pour le cœur qui bat, ギリギリ GiriGiri pour la justesse). Au Japon, ces formes sont étudiées et compilées avec soin, comme en témoigne l’existence d’ouvrages recensant les 5000 onomatopées les plus courantes.Lire la suiteDes onomatopées en japonais…



















