Carlotta Ikeda, née Sanaé Ikeda en 1941 au Japon et morte en 2014, fut l’une des grandes figures de la danse butō, cet art radical né dans le Japon d’après-guerre. Formée d’abord à la danse classique et au ballet, elle rencontre le butō dans les années 1960, à une période où ce mouvement chorégraphique cherche à rompre avec les esthétiques occidentales comme avec les traditions japonaises codifiées. Le butō, littéralement « danse des ténèbres », explore les zones enfouies du corps, la lenteur, la métamorphose, la mémoire et la mort. Carlotta Ikeda s’impose rapidement par une présence scénique puissante, à la fois fragile et incandescente, faisant du corps un lieu de tension extrême et de poésie brute. Installée en France à partir des années 1970, elle devient l’une des principales passeuses du butō en Europe. En 1974, elle fonde la compagnie Ariadone, composée exclusivement de femmes, choix artistique et politique affirmé, visant à explorer l’expérience féminine hors des normes dominantes. À travers ses créations, Ikeda interroge la sexualité, la vieillesse, la violence, la beauté et l’altération du corps.
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1925-1950artdanseJaponlg japonais
