Le « Chevalier à la peau de panthère », ვეფხისტყაოსანი Vepkhist’q’aosani, chef-d’œuvre de Chota Roustaveli aux XIIᵉ-XIIIᵉ siècles, compte plus de 6000 vers et célèbre l’amour courtois tout en honorant la reine Tamar. Il est un vecteur majeur de la langue géorgienne, ქართული ენა kartuli ena, appartenant à la branche kartvélienne des langues caucasiennes. La tradition littéraire géorgienne favorisa au Moyen Âge traductions et préservation de savoirs grecs, persans, arabes ou syriaques, notamment dans les monastères orthodoxes. L’écriture mkhedruli მხედრული, utilisée aujourd’hui, succéda à l’asomtavruli du début du Vᵉ siècle et au nuskhuri du IXᵉ siècle, qui formaient le khutsuri pour les textes religieux. Le mkhedruli s’imposa au XIᵉ siècle et devint monocaméral, accompagnant l’épopée du Chevalier et structurant la continuité littéraire et culturelle de la Géorgie.Lire la suiteLe Chevalier à la peau de panthère…
Pantopique : Pays-Asie
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Les marques de ponctuation sont ces petits signes qui rythment le texte et en précisent le sens : points, virgules, points d’exclamation ou d’interrogation, chacun avec sa propre histoire et ses variantes linguistiques. Ainsi, le point d’interrogation « ? » pourrait dériver du latin quaestio « qo », le point d’exclamation d’une « joie » latine. La créativité littéraire a aussi enrichi ces signes : Baudelaire ou Hervé Bazin proposaient des points d’amour, de conviction, d’autorité ou de doute. Selon les langues, les formes diffèrent : en chinois, le point est un petit cercle « 。 » et les points de suspension six points « …… » ; en espagnol, l’interrogation s’ouvre par « ¿ » et se ferme par « ? » ; en sanskrit, on emploie le daṇḍa « । » ou le double daṇḍa « ॥ ». L’arménien, langue indo-européenne à part entière, a sa ponctuation originale : le point final est « : », les deux-points « . », le point d’interrogation « ՞ » suit directement l’objet interrogé et le point d’exclamation « ՜ » fonctionne de même. Ces signes s’inscrivent dans l’histoire de l’écriture arménienne créée par le moine Mesrop Machtots en 405, essentielle à la préservation culturelle et identitaire de l’Arménie.Lire la suiteDes signes de ponctuation en arménien…
Sayat-Nova (Սայաթ-Նովա), né vers 1712 et mort en 1795, est l’un des plus grands poètes et musiciens du Caucase et la figure emblématique des achoughs arméniens. Né à Tiflis, dans un milieu multiculturel, il évolua au carrefour des traditions arménienne, géorgienne et musulmane, ce qui marqua profondément son œuvre. Poète itinérant puis attaché à la cour du roi géorgien Héraclius II, il composa des chants mêlant poésie lyrique, amour mystique et réflexion morale, en arménien, géorgien, azéri et parfois en persan. Il s’accompagnait d’instruments traditionnels tels que le kamancha ou le saz, inscrivant son art dans la tradition orale. Après avoir quitté la cour, Sayat-Nova devint prêtre de l’Église apostolique arménienne. Il mourut en 1795 lors de la prise de Tiflis par les Perses, et demeure aujourd’hui une figure majeure du patrimoine arménien, dont l’héritage a été magnifié par le film La Couleur de la grenade de Sergueï Paradjanov.Lire la suiteSayat-Nova
Le Code Tang (唐律 Tánglǜ) est un code pénal établi en Chine dès les débuts de la dynastie Tang (618-907). Il fut remis à l’empereur Tang Gaozu (566-635) en 624, amélioré en 627 et 637, puis commenté en 653. Il sera la base de tous les systèmes pénaux jusqu’en… 1912. On y reconnaît tout à la fois un héritage légal…Lire la suiteCode Tang
Diana Abgar Դիանա Աբգար (1859-1937) fut une femme exceptionnelle qui marqua l’histoire de la diplomatie. Née à Rangoon au Myanmar, alors province indienne de l’Empire britannique, elle grandit à Calcutta où elle acquit le persan, l’anglais, le hindi et l’arménien, avant d’étendre ses talents linguistiques au japonais et au chinois. Mariée à Mykayel, elle s’installe au Japon à l’ère Meiji. Après la faillite de leurs affaires et la mort de son mari en 1906, Diana élève seule ses trois enfants tout en s’engageant pour sa communauté. Elle dénonce les massacres arméniens de 1895-1896 et d’Adana en 1909, et durant la Première Guerre mondiale, met argent, compétences et réseaux au service des réfugiés, les aidant dans leurs visas, leur hébergement, l’école des enfants et leur traversée vers les États-Unis. Représentante consulaire de la République d’Arménie (1918-1920), elle devient l’une des premières femmes diplomates de l’histoire. Diana décède en 1937 au Japon, inhumée au cimetière des étrangers de Yokohama, laissant un exemple de courage, de solidarité et d’humanité.Lire la suiteDiana Abgar…
Le drapeau sud-coréen s’appelle Taegeukgi 태극기 Calqué sur le symbole yin-yang Il a été conçu par Gojong 고종 (1852-1919) Dernier roi de Joseon et premier empereur Coréen Autour du symbole Taegeuk 태극 Vous pouvez voir quatre trigrammes… ☰ pour le printemps, l’est, l’humanité, la justice… ☲ pour l’automne, le sud, la justice, la fructification… ☵ pour l’hiver, le nord, l’intelligence,…Lire la suiteTaegeukgi
Empire Majapahit ꦏꦫꦠꦺꦴꦤ꧀ꦩꦗꦥꦲꦶꦠ꧀ (Javanais) Karaton Majapahitthe – Une thalassocratie basée sur l’île de Java (1293-1527) – C’est le dernier royaume indianisé important en Indonésie. L’Empire Majapahit était un puissant royaume hindou-bouddhiste qui a prospéré dans l’archipel indonésien du XIVe au XVIe siècle. Fondé au début du XIIIe siècle sur l’île de Java, l’Empire Majapahit s’est étendu pour inclure une grande…Lire la suiteEmpire Majapahit
En 395, Théodose Ier divise l’Empire romain : l’Occident décline tandis que l’Orient perdure sous le nom d’Empire byzantin, avec Constantinople, fondée en 330 par Constantin Ier, pour capitale. Sous Justinien Ier (v. 482-565), Byzance connaît un âge d’or marqué par une ambitieuse tentative de restauration romaine. Les siècles suivants sont rythmés par des menaces permanentes, comme l’installation d’un exarchat à Ravenne en 584 face aux Lombards. Avec la dynastie des Héraclides, l’Empire se transforme profondément, s’hellénisant dans sa culture et son administration. Les Xe-XIe siècles constituent un apogée sous la dynastie macédonienne, avant la rupture religieuse de 1054 entre Rome et Constantinople. Le déclin s’amorce sous les Comnènes face aux Turcs seldjoukides, puis s’aggrave avec la prise de Constantinople par les croisés en 1204. Réduit à quelques principautés, l’Empire survit jusqu’à sa chute finale en 1453 face à l’Empire ottoman. Pendant près de mille ans, Byzance a transmis l’héritage gréco-romain et la foi orthodoxe, marquant durablement l’histoire de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.Lire la suiteEmpire byzantin
Dynastie arabe musulmane qui a régné sur le califat islamique de 750 à 1258. Fondée par Abou al-Abbas al-Saffah, le premier calife abbasside, cette dynastie a succédé aux Omeyyades. Leur capitale, Bagdad, est devenue un centre florissant de la culture, de la science et de la philosophie pendant la période abbasside. Cependant, au fil du temps, le califat abbasside s’est…Lire la suiteAbbassides
En 2019, le Ladakh devient officiellement un territoire de l’Union indienne, séparé du Jammu-et-Cachemire. Cette décision administrative majeure suscite des réactions contrastées au sein de la population. Certains y voient une opportunité de développement économique et de meilleure gouvernance, tandis que d’autres craignent une marginalisation culturelle et démographique. Ce changement reflète l’importance stratégique du Ladakh dans le contexte géopolitique régional.…Lire la suiteTerritoire de l’Union (2019)
Le Ladakh ལ་དྭགས་ est une région montagneuse du nord de l’Inde, au cœur de l’Himalaya et du Karakoram, souvent appelée « Petit Tibet » pour sa culture et sa religion. Ancien royaume indépendant jusqu’au XIXᵉ siècle, il fut un carrefour des routes caravanières reliant l’Asie centrale, le Tibet et le sous-continent indien. Son territoire se compose de hauts plateaux arides, de vallées profondes et d’un climat désertique d’altitude aux conditions extrêmes. La population, majoritairement tibéto-birmane, inclut d’importantes communautés musulmanes chiites, surtout autour de Kargil. Le bouddhisme tibétain structure la vie spirituelle autour des gompas, tandis que l’islam marque fortement les traditions sociales. Cette culture repose sur un équilibre ancien entre sociétés humaines et environnement rude, visible dans l’architecture, l’agriculture et les fêtes. Zone stratégique sensible aux frontières de la Chine et du Pakistan, le Ladakh connaît des tensions militaires récurrentes. Devenu en 2019 territoire de l’Union, séparé du Jammu-et-Cachemire, il affronte aujourd’hui les défis du tourisme, du changement climatique et de la préservation de son identité culturelle.Lire la suiteLadakh
Nicolas Copernic (1473-1543) est un astronome polonais dont la théorie héliocentrique a révolutionné notre compréhension de l’univers. Dans son ouvrage De revolutionibus orbium coelestium, Copernic a affirmé que le Soleil, et non la Terre, est au centre du système solaire, contredisant le modèle géocentrique accepté depuis des millénaires. Bien que son œuvre ait été publiée à la fin de sa…Lire la suiteNicolaus Copernicus
Mathématicien et savant persan (780 – 850), souvent considéré comme le père de l’algèbre. Son nom a donné le terme « algorithme ». Il a travaillé à la cour de Bagdad sous le califat abbasside, contribuant de manière significative aux domaines des mathématiques, de l’astronomie et de la géographie. Al-Khwarizmi a écrit plusieurs ouvrages, dont « Al-Kitab al-Mukhtasar fi Hisab al-Jabr wal-Muqabala », qui…Lire la suiteAl-Khwarizmi
Janvier 1921 à Prague : la première d’une pièce de Karel Čapek raconte l’histoire des « robots universels de Rossum », des êtres organiques créés artificiellement, et interroge déjà le rapport de l’humanité à ses propres créations dans un futur situé en l’an 2000. Le mot « robot » y apparaît pour la première fois, dérivé du tchèque robota, « travail forcé », terme suggéré par son frère Josef. Un siècle plus tard, les robots humanoïdes ont quitté la fiction : en 2015, un film japonais intègre un androïde à son casting ; en 2017, Sophia devient le premier robot à obtenir une citoyenneté ; en 2019, Mindar est conçu à l’image de Kannon, déesse bouddhiste de la miséricorde, fruit d’une collaboration entre un temple ancien de Kyôto et un laboratoire de robotique d’Osaka. Face à la « vallée de l’étrange », qui rend troublantes les machines trop humaines, se pose la question de notre cohabitation future avec elles. Certains y répondent par la philosophie japonaise, où le sacré habite toute chose, y compris une machine. Reste alors l’essentiel : quel équilibre cherchons-nous entre humains et robots, et saurons-nous l’atteindre ?Lire la suiteLa Vallée de l’étrange
Il y a un siècle naissait, sur une scène de Prague, le mot « robot », forgé à partir de robota, le travail forcé, pour interroger la condition humaine face à ses propres créations. Depuis cette fiction fondatrice mettant en scène des êtres artificiels réclamant des droits, un long chemin a été parcouru : robots humanoïdes au cinéma, citoyenneté symbolique accordée à une machine, androïdes investissant même l’espace spirituel. Ces jalons témoignent moins d’une marche linéaire que d’une interrogation persistante sur le travail, sa valeur et sa place dans l’équilibre social. La robotisation, souvent redoutée, soulève des craintes sur l’emploi et les métiers, nourries par de nombreuses dystopies. Pourtant, elle pourrait aussi ouvrir d’autres récits, encore à écrire, fondés sur le partage des tâches, la redéfinition des activités humaines et une relation plus réfléchie entre humains et machines. Face à ces mutations, la question n’est peut-être pas ce que les robots feront à notre place, mais comment repenser le travail lui-même, ses finalités et ses équilibres. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du travail ?Lire la suiteLes robots au boulot…
Qu’entreprendre ? Et comment le faire au regard de tous les possibles, en réfléchissant aux raisons d’agir, aux moyens mobilisés, aux conséquences engendrées et à leurs effets sur les équilibres environnementaux, sociaux, culturels et éthiques ? Parce qu’elle constitue le cadre quotidien de millions d’individus, l’entreprise est un espace décisif de transformation et de progrès. Entreprendre peut alors consister à interroger l’équité des pratiques, à créer ou développer des structures dont l’impact dépasse la seule rentabilité, à remettre en cause une concurrence sans limites, à résister à la logique d’une maximisation des profits détachée du bien commun. Ce progrès peut passer par des actions simples – garantir un prix juste aux producteurs, préserver des savoir-faire, limiter la spéculation – mais aussi par des formes d’innovation frugale, à l’image du jugaad, concept indien qui valorise des solutions ingénieuses, sobres et adaptées à des ressources limitées. Faire « simple mais pas simpliste », inventer autrement, redonner sens à l’acte d’entreprendre : et si l’entreprise redevenait partout un lieu de reconquête des équilibres et d’invention collective ? Et si, pour commencer, nous questionLire la suiteJugaad, le choix frugal…
Dans la mythologie coréenne, Hwanin, maître du ciel, autorise son fils Hwanung à descendre sur Terre, où celui-ci fonde Shin-Si, la « cité divine », et enseigne aux humains les arts, la médecine et l’agriculture. Un ours et un tigre, désireux de devenir humains, sont alors mis à l’épreuve : se nourrir uniquement d’ail et d’armoise durant cent jours dans une grotte. Le tigre renonce, mais l’ours persévère et se transforme en femme, Ungnyeo, qui épouse Hwanung. De leur union naît Dangun, fondateur en 2333 av. J.-C. du royaume de Gojoseon, considéré comme l’origine de la Corée. Selon le Samguk yusa, compilé au XIIIᵉ siècle, Dangun établit sa capitale à Asadal, institua des lois, développa la sériciculture et rendit un culte régulier aux cieux. Le 3 octobre, fête de Gaecheonjeol, commémore cette fondation, tandis que le royaume de Gojoseon disparaît en 108 av. J.-C. En 1994, la Corée du Nord a inauguré près de Pyongyang un site présenté comme la tombe de Dangun. Une légende fondatrice où épreuve, transformation et naissance d’un peuple se confondent.Lire la suiteDangun, le fondateur
Dans certaines langues, compter ne se limite pas à associer un nombre à un objet ou un phénomène (« 15 crayons », « 2 idées ») : certaines nécessitent des classificateurs, mots insérés entre le chiffre et le nom, adaptés à la catégorie de l’objet ou du phénomène (« 15 – classificateur – crayons »). En chinois, ces liàngcí 量词 servent à dénombrer de manière précise et catégorisée, et leur maîtrise demande une certaine gymnastique mentale. Quelques exemples : 位 wèi pour les personnes de façon polie, 条 tiáo pour ce qui est long ou fin (routes, poissons…), 件 jiàn pour vêtements ou événements, 张 zhāng pour objets plats (table, papier, photo), 只 zhī pour certains animaux ou parties du corps, 本 běn pour livres ou magazines, 辆 liàng pour véhicules. En cas d’incertitude, 个 gè peut souvent remplacer un classificateur, bien que réservé aux êtres humains dans un registre moins formel. Ainsi, pour les exemples donnés : 3 oiseaux → 3只鸟 zhǐ niǎo, 4 manteaux → 4件外套 jiàn wàitào, 5 camions → 5辆卡车 liàng kǎchē, 6 tableaux → 6张桌子 zhāng zhuōzi, 8 personnes → 8个人/8位人 gèrén/wèi rén, 2 routes → 2条路 tiáo lù.Lire la suiteDes unités de mesure en chinois…
En Thaïlande, la salutation courante est สวัสดี sawattdii, à laquelle s’ajoutent les particules de politesse selon le genre : khrap pour les hommes, kha pour les femmes, de même pour « merci » : ขอบคุณครับ korp koon khrap et ขอบคุณค่ะ korp koon kha. Le thaï est une langue isolante où les mots sont invariables et tonale, comprenant cinq tons : bas, médian, haut, descendant et ascendant. Il existe un vocabulaire honorifique, rachasap, utilisé notamment avec la famille royale depuis le XIVᵉ siècle. La capitale, Bangkok, est en réalité Krung Thep Maha Nakhon, dont le nom complet décrit poétiquement « la ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, capitale imprenable du dieu Indra, ville heureuse aux neuf pierres précieuses et au Palais Royal céleste », nom réputé le plus long au monde. L’écriture thaïe a été élaborée au XIIIᵉ siècle par le roi Rama Kamhaeng.Lire la suiteLa politesse et les registres de langue en thaï…
Que faites-vous le 14 février ? Tandis que certains lèvent les yeux au ciel, beaucoup célèbrent la Saint-Valentin en compagnie de l’âme sœur. Mais qui est donc ce Valentin ? Sous ce nom se cachent plusieurs saints, le plus célèbre étant un prêtre de Rome au IIIe siècle, qui célébrait des mariages chrétiens malgré l’interdiction de l’empereur Claude II, soucieux de garder ses soldats célibataires. Arrêté, confié au juge Astérius, Valentin aurait converti ce dernier en rendant la vue à sa fille aveugle, ce qui lui valut d’être décapité. D’autres rappellent qu’à Rome, mi-février, se tenaient les Lupercales, fêtes païennes de la fécondité. En 495, le pape Gélase Ier institua officiellement la Saint-Valentin le 14 février, éclipsant ces rites. Avec le temps naquit la tradition des messages amoureux. Aujourd’hui, la fête prend des formes variées : au Japon, les femmes offrent du chocolat aux hommes, qui rendent la pareille un mois plus tard.Lire la suiteSaint-Valentin…



















