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Un bonjour ordinaire…

repère(s) :sentiment

« Bonjour » ! Un mot ordinaire en apparence, mais fondamental dans la relation humaine. À travers le monde, les salutations prennent des formes diverses et codifiées : en Inde, le namaste accompagne un geste des mains dont la hauteur marque le degré de respect et signifie « je m’incline devant le divin en toi » ; au Japon, le o-jigi obéit à une étiquette précise de révérences ; chez les Maoris, le hongi unit les fronts et les nez pour échanger le souffle de vie ; en Mongolie, le zolgolt consiste à se tenir les bras et se toucher les joues en demandant « êtes-vous en paix ? » ; aux Philippines, le mano rend hommage aux aînés. Ces gestes, si variés, expriment tous respect, reconnaissance et lien. Ils rappellent combien un « bonjour » sincère peut porter des vœux de paix, d’attention et de bienveillance. Dans ses mots, son regard et sa présence, il contient déjà les clés d’une relation d’équité et de partage, bien loin d’une formule machinale.Lire la suiteUn bonjour ordinaire…

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Un Bonheur Intérieur Brut

repère(s) :bonheur

Petit royaume enclavé de l’Himalaya, le Bhoutan se reconnaît à son drapeau orné du dragon Druk, référence à son nom en dzongkha, Druk Yul, la « terre du dragon tonnerre ». Monarchie constitutionnelle, il a pour capitale Thimphou, perchée à 2 300 mètres d’altitude. Majoritairement bouddhiste vajrayāna, avec une importante minorité hindoue, le pays s’est rendu célèbre par une idée singulière : mesurer le bonheur. En 1972, une initiative royale donna naissance au Bonheur Intérieur Brut (BIB), conçu comme une alternative au PIB jugé trop réducteur. Ce nouvel indicateur repose sur quatre piliers : un développement durable et équitable, la préservation des cultures, la protection de l’environnement et une gouvernance responsable intégrant santé, éducation et bien-être. Selon le Centre d’études bhoutanaises, le bonheur reste une expérience individuelle, mais sa gestion collective y contribue fortement. Intégré à la Constitution en 2008, le BIB inspira ensuite l’Organisation des Nations unies, qui institua en 2012 la Journée mondiale du bonheur, célébrée chaque 20 mars.Lire la suiteUn Bonheur Intérieur Brut

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Au bout du chemin ?…

repère(s) :bonheur

Songeons au bonheur : qu’est-ce qui donne sens à la vie, comment le définissons-nous, et dans quel océan de contradictions nous trouvons-nous balloté·es ? Au Bhoutan, en 1972, le roi Jigme Singye Wangchuck proposa un indice inédit, le « bonheur intérieur brut », རྒྱལ་ཡོངས་དགའ་སྐྱིད་དཔལ་འཛོམས་ / rgyal-yongs dga’a-skyid dpal-‘dzoms, visant à mesurer non pas le seul revenu mais le bien-être global. Revisité en 2011, il scrute 33 indicateurs couvrant la santé, l’éducation, la vitalité des communautés, la diversité écologique, l’économie, l’information, et bien d’autres secteurs, rappelant que le bonheur n’est pas au bout du chemin, mais le chemin lui-même. Cette démarche invite à questionner la course effrénée vers le plaisir matériel et à repenser nos sociétés autour de la solidarité, de la conscience commune et de critères durables, qu’il s’agisse de CO2, d’inégalités ou d’espérance de vie, afin de construire un monde où le bonheur ne se mesure pas seulement en possessions, mais dans la qualité de notre vie collective et individuelle.Lire la suiteAu bout du chemin ?…

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Siddham

repère(s) :écriture

Siddham – Signifiant « accompli » ou « perfectionné ». C’est un ancien système d’écriture utilisé principalement pour transcrire des textes sanskrits et bouddhistes. Son utilisation remonte à l’Inde ancienne, apparaissant entre les VIe et VIIIe siècles. Siddham est souvent associé à la tradition du bouddhisme tantrique et a été utilisé dans des manuscrits, des inscriptions et des textes religieux. Cette écriture se caractérise…Lire la suiteSiddham

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Nüshu, écriture des femmes…

repère(s) :écriture

Incroyable nüshu, une écriture singulière utilisée principalement par les femmes du comté de Jiangyong, dans le Hunan. Composé d’environ mille signes, proches des caractères chinois mais en forme de losange, ce système syllabique transcrivait le dialecte local. Réservé aux femmes, privées de l’écriture officielle, il leur offrait un espace de communication, de solidarité et d’expression. Aux traits fins et effilés, parfois qualifié d’« écriture de moustique », le nüshu se lisait de haut en bas et de droite à gauche. Il s’apprenait dans le cadre des travaux d’aiguille : en brodant, les femmes chantaient et copiaient des textes sur mouchoirs, vêtements ou éventails, jusqu’à composer leurs propres écrits. Cette écriture jouait un rôle social essentiel, notamment dans la coutume des « sœurs jurées », groupes de jeunes filles liées par une amitié durable. Elle intervenait aussi lors du mariage avec le « livret du troisième jour », où s’exprimaient conseils et chagrin de la séparation. L’origine du nüshu reste débattue, entre hypothèses anciennes et légendes poétiques.Lire la suiteNüshu, écriture des femmes…

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Créer l’alphabet coréen…

repère(s) :écriture

L’alphabet coréen, ou hangeul, est reconnu pour sa capacité à restituer fidèlement les sons du coréen, chaque lettre ayant été conçue en s’inspirant des positions de la langue, des lèvres et des dents. Il comprend 14 consonnes et 10 voyelles de base, complétées par 16 autres lettres comme « pp » ᄈ, « e » ㅔ ou « wa » ㅘ, appelées jamos. Consonnes et voyelles s’assemblent pour former des syllabes, par exemple 평 pyeong combine ㅍ « p », ㅕ « yeo » et ㅇ « ng », tandis que 화 hwa réunit ㅎ « h » et ㅘ « wa ». Créé en 1443 par le roi Sejong 세종대왕 pour faciliter l’éducation du peuple, le hangeul fut célébré par le Yongbieocheonga, « Le Chant des Dragons Volant dans le Ciel », dont le chapitre 2 affirme : « L’arbre dont la racine est profonde ne se balance pas au vent… L’eau dont la source est profonde ne tarit pas… » Malgré son ingéniosité, des lettrés formés au chinois s’opposèrent vivement à cette écriture jugée trop simple, la qualifiant « d’écriture d’une matinée » et doutant qu’elle puisse jamais supplanter la maîtrise du chinois, garante de sérieux et de prestige.Lire la suiteCréer l’alphabet coréen…

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Le cia-cia et l’idée coréenne…

repère(s) :écriture

L’île de Buton, en Indonésie, dans la province de Sulawesi du Sud-Est, abrite la ville de Bau-Bau avec son vaste palais à douze portes. Parmi les langues locales se trouve le cia-cia, austronésienne sans écriture propre, dont le nom signifie « non-non ». En 2009, la communauté adopta l’alphabet coréen, hangeul, pour transcrire le bahasa jjiajjia, étonnant choix à 15 heures de vol de Séoul. Ce n’était pas une première tentative : le cia-cia avait été écrit en gundhul, proche du jawi, avant l’usage de l’alphabet latin. La Constitution indonésienne rejeta cette initiative en 2012, imposant la transcription latine pour toutes les langues du pays. Cette expérience montre que l’écriture n’est jamais neutre et que les choix linguistiques reflètent autant des héritages que des possibles futurs inattendus.Lire la suiteLe cia-cia et l’idée coréenne…

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Cang Jie

repère(s) :écriture

Cang Jie 仓颉 – Figure légendaire de l’histoire chinoise, traditionnellement créditée de l’invention des caractères chinois ou de l’écriture chinoise vers le XXIIIe siècle av. J.-C. Selon la légende, Cang Jie aurait été inspiré par les empreintes laissées par les pattes d’oiseaux et d’animaux pour développer un système d’écriture plus expressif et complexe. Sa contribution aurait considérablement amélioré la communication…Lire la suiteCang Jie

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Alexandre de Rhodes

repère(s) :écriture

Prêtre jésuite français, missionnaire, linguiste et lexicographe (1591-1660). Il est surtout connu pour son travail missionnaire au Vietnam et pour son rôle dans le développement du système d’écriture romanisé du vietnamien, connu sous le nom de quốc ngữ. Son dictionnaire et sa grammaire vietnamienne, publiés en 1651, ont été des contributions majeures à l’étude de la langue vietnamienne. Rhodes a…Lire la suiteAlexandre de Rhodes

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Radicaux de Kangxi (214)

repère(s) :écriture

Les 214 radicaux Kangxi (康熙部首) constituent le système de classification traditionnel des caractères chinois fondé sur les bùshǒu (部首), littéralement « têtes de section », servant à organiser les entrées des dictionnaires. Établi dans le célèbre Dictionnaire Kangxi, publié en 1716 sous le règne de l’empereur Kangxi, ce système recense 214 éléments graphiques récurrents, traits simples, clés sémantiques ou composants…Lire la suiteRadicaux de Kangxi (214)

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Sur des pattes de poulet

repère(s) :récit

Baba Yaga, figure majeure des contes slaves, n’a rien de la fée bienveillante : ogresse maigre et inquiétante, elle vit dans une isba perchée sur des pattes de poulet, entourée d’une clôture d’os et de crânes humains. Dans un récit célèbre, une fillette envoyée chez elle par sa marâtre, sœur de Baba Yaga, parvient à échapper à la mort grâce à sa ruse : elle amadoue animaux et objets, puis fuit en transformant une serviette en rivière et un peigne en forêt, avant de retrouver son père. Pourtant, Baba Yaga ne se réduit pas à ce rôle terrifiant : ailleurs, elle apparaît guérisseuse, hôtesse généreuse offrant le banya et des présents aux voyageurs méritants. Certains y voient l’écho d’un ancien monde matriarcal où elle régnait sur la forêt et les frontières entre vie et mort. Personnage ambigu et profond, elle incarne à la fois la peur, le savoir et l’initiation, rappelant que les contes recèlent souvent plusieurs vérités.Lire la suiteSur des pattes de poulet

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L’épopée de Manas

repère(s) :récit

Au cœur de l’Asie centrale, le Kirghizistan est un pays très montagneux, divisé en sept régions, dont la capitale est Bichkek ; l’islam sunnite y est majoritaire. Les Kirghizes seraient originaires du haut Ienisseï, d’où ils seraient descendus au IXe siècle. On y parle le kirghize, langue turcique transcrite en alphabet cyrillique, officielle aux côtés du russe. Le nom du pays serait lié au nombre quarante, kırk en kirghize, symbole présent sur le drapeau et au cœur de l’épopée de Manas, récit fondateur attribuant quarante compagnons au héros national. Cette épopée monumentale, plus longue que le Mahabharata, se divise en trois parties consacrées à Manas, à son fils Semetei puis à son petit-fils Seitek, et offre un vaste panorama de la culture, des coutumes et de l’histoire kirghizes. Située à l’époque de la domination mongole, elle raconte la lutte pour la liberté menée par Manas et ses fidèles. Transmise oralement par des conteurs appelés manaschi, elle a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ces conteurs, reconnaissables à leur chapeau blanc de feutre, l’ak-kalpak, ont préservé durant des siècles la force du récit, certains, comme Sagimbai Orozbakov, laissant des versions de référence.Lire la suiteL’épopée de Manas

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Conter en langue kirghize…

repère(s) :

Entendons-nous la voix des conteurs et des conteuses ? Partout dans le monde, ils et elles empruntent les variations de la langue pour remonter le fil du temps, au plus proche des mythes, des légendes, des sagas ou des traditions familiales et claniques, offrant à leurs audiences un univers d’aventure, de rêve, d’imaginaire et d’histoire, souvent accompagné de musique. Parmi ces figures se trouvent les manaschi, nom tiré de l’épopée de Manas, Манас дастаны, grande saga kirghize inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette épopée en trois parties narre les exploits de Manas, fondateur du peuple kirghiz, de son fils Semetey confronté aux dissensions et trahisons, puis de son petit-fils Seytek face aux arcanes du pouvoir, totalisant quelque 500 000 vers retraçant l’histoire, la culture et l’environnement naturel du Kirghizstan. Le manaschi, de maître à apprenti, perpétue cette tradition lors de festivités ou de noces, entrant parfois en transe pour restituer l’atmosphère des mondes anciens. Parmi les plus prestigieux, Sagimbai Orozbakov (1868–1930) reste une référence pour sa version réputée complète de l’épopée.Lire la suiteConter en langue kirghize…

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Le conte des Heike

repère(s) :art

Heike Monogatari » 平家物語 Une épopée sur la lutte entre le clan Taira et le clan Minamoto pour le contrôle du Japon pendant la guerre de Genpei (1180-1185). Le son des cloches du Shōja de Gion fait écho à l’impermanence de toutes choses 祇園精舎の鐘の聲、 諸行無常の響き有り。Lire la suiteLe conte des Heike

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Ajouter les yeux aux dragons comme touche finale

repère(s) :langue

画龙点睛, huà lóng diǎn jīng (chengyu) On raconte que Zhang Sengyao, peintre légendaire de la dynastie des Liang du Sud (502-557), avait réalisé une œuvre admirable sur un mur. Il s’agissait de quatre magnifiques dragons qui paraissaient si réels, si présents… enfin, presque, car jusqu’ici il se refusait à peindre leurs yeux. La raison en était simple selon lui :…Lire la suiteAjouter les yeux aux dragons comme touche finale

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Alors vint l’imprimerie…

repère(s) :écriture

L’avènement de l’imprimerie occidentale au XVe siècle ne se fit pas sans heurts. Bien que Gutenberg soit crédité de l’invention des caractères métalliques mobiles, sa vie fut marquée par les difficultés financières, procès et perte de son atelier après l’impression de la Bible à quarante-deux lignes. Les copistes, menacés dans leur activité, virent d’emblée dans la presse un outil suspect, voire diabolique. En France, François Ier alla jusqu’à interdire l’imprimerie en 1535, après l’Affaire des placards, avant de lever l’interdiction tout en instaurant une censure durable. Le monde islamique resta lui aussi longtemps réticent, comme en témoignent encore au XVIIIe siècle les protestations de calligraphes à Istanbul. Pourtant, l’imprimerie bouleversa durablement la diffusion du savoir : éditions fondatrices des textes antiques, grandes dynasties d’imprimeurs, normalisation des caractères, puis miniaturisation des ouvrages aux XVIIe et XVIIIe siècles, rendant livres et dictionnaires plus accessibles. Morale de l’histoire : les révolutions techniques qui transforment le savoir rencontrent toujours résistances et peurs, mais elles redessinent en profondeur nos manières de penser, de lire et de transmettre.Lire la suiteAlors vint l’imprimerie…

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hindi (lg)

repère(s) :langue

La langue hindi, standardisation de la langue hindoustani, est une langue indo-aryenne principalement parlée en Inde et par les communautés indiennes à travers le monde. Elle est écrite en alphabet devanagari et tire une grande partie de son vocabulaire du sanskrit. L’hindi est l’une des langues officielles de l’Inde et est largement utilisé dans l’administration, l’éducation, les médias et le…Lire la suitehindi (lg)

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bhodjpouri (lg)

repère(s) :

Le bhojpouri (bhodjpouri) est une langue indo-aryenne originaire du nord de l’Inde, principalement des régions du Bihar et de l’Uttar Pradesh. Elle est parlée par des millions de personnes en Inde ainsi que par les communautés issues de la diaspora indienne dans plusieurs pays, dont Maurice, le Suriname et les Fidji. Le bhojpouri est une langue vivante qui s’est transmise…Lire la suitebhodjpouri (lg)

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Aller à cheval et regarder les fleurs

repère(s) :langue

Que seraient les langues sans leur riche patrimoine d’adages, proverbes et dictons, ces formules toutes faites, souvent bien faites, dans lesquelles on puise pour commenter la vie ? La langue chinoise offre à cet égard les chéngyǔ, expressions condensées et imagées, employées au quotidien. Dire « dessiner un serpent et lui ajouter des pattes » signifie qu’on en fait trop ; « vider l’étang pour attraper tous les poissons » revient à sacrifier l’avenir pour un gain immédiat. Leur maîtrise devient précieuse en communication interculturelle : soit l’on passe à côté, soit l’on crée des ponts entre imaginaires. Mais traduire ces images est parfois acrobatique. Ainsi, « éteindre une charrette de fagots en feu avec un verre d’eau » évoque une action vaine et mal proportionnée, qu’un graphiste associa un jour à l’expression française « pisser dans un violon », au grand désarroi de ses interlocuteurs chinois. Autre exemple : « aller à cheval, regarder les fleurs » renvoie à un jugement hâtif fondé sur des apparences trompeuses, issu d’une histoire de mariage arrangé où chacun cachait ses défauts.Lire la suiteAller à cheval et regarder les fleurs

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Le sanskrit – « parachevé »…

repère(s) :langue

Le sanskrit, dérivé de saṃskṛtam signifiant « parfait » ou « parachevé », était auparavant appelé vāc (« parole ») ou śabda (« langue »). Il appartient à la branche indo-iranienne des langues indo-européennes et n’est lié à aucun État particulier, mais fut conservé par les brahmanes. Les premiers textes sont le Ṛgveda, puis saṃhitā, brāhmaṇa et upaniṣad. Longtemps oral, il passa à l’écriture avec le brahmi au IIIᵉ siècle av. J.-C. Les prakrits, langues dérivées, donnèrent naissance au pālī, à l’ardhamāgadhī et aux langues modernes comme l’hindi ou le bengali. De nombreux mots universels viennent du sanskrit, comme « avatar » (avatāra), « poivre » (pippali), « mandarine », « nénuphar », « yoga » ou « ayurveda », témoignant de son influence mondiale.Lire la suiteLe sanskrit – « parachevé »…