Hespérides Ἑσπερίδες – Dans la mythologie grecque, traditionnellement trois mais selon des auteurs différents, peut-être quatre, sept voire même onze nymphes du soir et du soleil couchant. Elles résident près des montagnes de l’Atlas (Afrique du Nord) – Selon certaines légendes, le titan Atlas est leur père – On leur a attribué la tâche de prendre soin d’un jardin (ou…Lire la suiteHespérides
Pantopique : Pays-Europe
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
En 1859, le naturaliste français Henri Mouhot s’enfonce dans la jungle cambodgienne et découvre, au fil d’une végétation dense, d’imposantes ruines de pierre : l’ancienne cité d’Angkor. Salué comme son « redécouvreur », il n’en fut pourtant ni le premier ni le seul témoin, car le site n’avait jamais totalement disparu de la mémoire locale. Capitale de l’empire khmer du IXe au XVe siècle, Angkor connut cinq siècles d’essor avant sa chute en 1431 face au royaume d’Ayutthaya. Son architecture remarquable se distingue par les temples-montagnes, pyramides symbolisant le mont Meru, centre de l’univers dans l’hindouisme, tandis que le bouddhisme y laissa aussi son empreinte, notamment avec les visages souriants et compassionnels du Bayon. La puissance d’Angkor reposait enfin sur une maîtrise exceptionnelle de l’eau, grâce à d’immenses réservoirs et canaux exploitant la mousson. Si centrale pour l’identité khmère, Angkor Vat figure encore aujourd’hui sur le drapeau du Cambodge. Morale de l’histoire : en observant les grandes cités du passé, nous trouvons souvent des clés précieuses pour penser nos propres défis urbains.Lire la suiteAngkor et les temples-montagnes
Ella Maillart (1903-1997) – Aventurière, écrivaine et photographe suisse renommée. Connue pour ses voyages intrépides à travers l’Asie et d’autres régions du monde, elle a acquis une renommée particulière pour son périple en 1935-1936 en Asie centrale, qu’elle a documenté dans son livre « Oasis interdites ». Maillart était également une navigatrice accomplie et a participé à deux reprises à la Transat…Lire la suiteElla Maillart
Alexandra David-Néel (1868 – 1969) – Exploratrice, écrivaine, orientaliste et bouddhiste française. Elle est surtout connue pour ses voyages en Asie centrale et au Tibet, ainsi que pour être la première femme occidentale à avoir pénétré dans la cité interdite de Lhassa au Tibet en 1924. David-Néel a écrit de nombreux livres sur ses voyages, ses études bouddhistes et ses…Lire la suiteAlexandra David-Néel
Fernand de Magellan (1480-1521) – Explorateur portugais au service de l’Espagne. Il est célèbre pour avoir dirigé la première expédition maritime qui a accompli le tour du globe, bien qu’il n’ait pas survécu à l’ensemble du voyage. Parti en 1519 avec une flotte de cinq navires, Magellan a traversé le détroit qui porte aujourd’hui son nom, reliant l’océan Atlantique à…Lire la suiteFerdinand Magellan
La « Roue de bicyclette » est une œuvre d’art conceptuelle créée par l’artiste français Marcel Duchamp en 1913. Elle consiste en une roue de bicyclette montée sur un tabouret en bois. Duchamp a créé cette œuvre en tant que ready-made, un objet ordinaire choisi par l’artiste et présenté comme une œuvre d’art. Avec cette pièce, Duchamp remet en question les notions…Lire la suiteRoue de bicyclette
Depuis l’Antiquité, l’eau rythme la vie des sociétés, tantôt ressource vitale, tantôt menace, et c’est à elle que répond la cérémonie du Kuomboka, mot lozi signifiant « sortir de l’eau ». Chaque année, à l’extrême ouest de la Zambie, le peuple lozi quitte la plaine inondable de Barotse pour rejoindre Limulunga, sur des terres plus élevées, en remontant le fleuve Zambèze. À la fin de la saison des pluies, le roi, le litunga, fixe la date du départ, annoncée par les puissants tambours maoma. Les canoës sont préparés, les pagayeurs royaux – sélectionnés lors de tournois – se rassemblent, et le souverain embarque sur la majestueuse Nalikwanda, surmontée d’un éléphant, tandis que son épouse prend place sur la Nalwange. Au son des tambours et des salimbas, la procession fluviale s’élance pour près de six heures, portée par les valeurs ancestrales de toute une communauté. En cours de route, le roi revêt un uniforme d’amiral britannique, souvenir des accords conclus en 1902 avec Édouard VII. Six mois plus tard, le trajet inverse, le Kufuluhela, ramène la cour à Lealui, lorsque les eaux se retirent.Lire la suiteKuomboka
Les lieux se nomment selon l’histoire, les langues en contact et les cultures, chaque toponyme portant un pouvoir révélateur de choix, d’usages et d’étymologies. Ainsi, le « toit du monde » suscite débats et variations : le géographe britannique George Everest donna son nom au sommet qu’il mesura, alors que l’Inde honore Radhanath Sikdar, premier à l’avoir identifié précisément en 1852. La Chine le nomme Zhūmùlǎngmǎ Fēng ou Shèngmǔ Fēng, le Népal Sagarmāthā, « tête du ciel », et le Tibet Qomolangma ou Chomolungma, en tibétain ཇོ་མོ་གླིང་མ. Chaque désignation reflète l’histoire, la langue et la culture locales, tandis que l’écriture tibétaine elle-même fut mise au point par Thonmi Sambhota sous le roi Songtsen Gampo, inspirée des modèles indiens et adaptée pour transcrire avec élégance la langue tibétaine.Lire la suiteNommer une montagne…
Les Bouriates Буряад sont un peuple mongol, Le plus grand groupe indigène de Sibérie Également présent en Mongolie Le lac Baïkal est pour eux un lieu sacré Et une légende nous raconte comment il est apparu Il y a s’est produit un énorme tremblement de terre massif Une impressionnante fissure s’est ouverte dans le sol Et la lave commença à…Lire la suiteHalte au feu !
Le mot « continent », du latin continere signifiant « tenir ensemble », désigne les terres continues, mais leur nombre et leur délimitation restent discutés. Six continents sont souvent retenus, mais certains estiment que l’Amérique pourrait être scindée en deux, que l’Asie et l’Europe ne forment qu’un seul bloc, ou que l’Océanie n’est pas une continuité réelle, tandis que Zealandia, presque submergée, soulève de nouvelles questions. Cette réflexion s’inscrit dans la perspective de la Pangée, continent primitif révélé par Alfred Wegener, qui se serait fragmenté sur 250 millions d’années. Les noms eux-mêmes recèlent des histoires fascinantes : « Amérique » rend hommage à Amerigo Vespucci, parfois contesté par les peuples indigènes pour lesquels « Abya Yala » signifie « Terre dans sa pleine maturité » ; « Europe » évoque la fille d’Agenor et ses larges yeux ou le « couchant » grec ; « Asie » du Levant sémitique ; « Afrique » de la province romaine ou du mot sémitique pour « poussière » ; « Océanie » proposée par Malte-Brun en 1812 ; « Antarctique » dérivant du grec arktos, « ours », en référence à la constellation de la Petite Ourse.Lire la suiteIl était une fois les continents…
Sir Walter Raleigh, poète, courtisan et explorateur anglais, fut l’un de ces hommes saisis par le rêve d’Eldorado : après une expédition infructueuse en 1595 et un passage en prison, il repartit en 1617 à la recherche de la mythique Cité d’or, avant d’être arrêté à son retour pour avoir attaqué des possessions espagnoles et décapité à la Tour de Londres en 1618. Cette obsession s’inscrit dans une longue histoire nourrie de récits et de confusions, depuis Francisco de Orellana, explorant l’immense fleuve Amazone à la recherche d’or et de cannelle, jusqu’aux témoignages évoquant des guerrières rappelant les Amazones grecques. Mais où situer Eldorado : près de l’Amazone, de l’Orénoque, au Brésil, au Venezuela, au Guyana ou en Colombie ? Un récit chibcha, ou muisca, joua un rôle décisif : celui d’un roi, le zipa de Bacatá, qui se couvrait d’or et jetait offrandes et trésors dans le lac Guatavita lors de cérémonies fastueuses. Reprise par les Conquistadores, cette légende alimenta des tentatives hasardeuses d’assèchement du lac, au prix de lourdes pertes humaines. Ainsi, de siècle en siècle, la soif d’or transforma un rite symbolique en mirage obsédant, jusqu’à faire d’Eldorado un mythe persistant, révélateur des excès et des rêves de l’humanité.Lire la suiteL’Eldorado
Selon la légende, Midas, roi de Phrygie, reçut de Dionysos le don de transformer en or tout ce qu’il touchait, faveur qui se révéla une malédiction puisqu’il ne pouvait plus ni manger ni boire. Libéré après s’être baigné dans le fleuve Pactole, celui-ci aurait dès lors charié de l’or, enrichissant la Lydie et son roi Crésus au VIe siècle av. J.-C. Rendu vaniteux par sa fortune, Crésus interrogea le sage Solon sur le plus heureux des hommes ; celui-ci répondit que seul le temps permettait d’en juger. Offensé, Crésus le congédia. Les années confirmèrent pourtant l’avertissement : son fils Atys mourut à la chasse, puis la Lydie entra en guerre contre la Perse de Cyrus. Malgré des oracles jugés favorables, Sardes tomba et Crésus fut capturé. Sa fin demeure incertaine : exécuté selon certains, épargné selon d’autres après avoir invoqué le nom de Solon, devenant même conseiller de Cyrus. Crésus fut le dernier roi de la dynastie des Mermnades.Lire la suiteRiche comme Crésus
Vivre comporte intrinsèquement des risques, et nos façons de les affronter varient selon les contextes et protections dont nous disposons. Certaines populations, comme celles établies sur le permafrost, confrontent quotidiennement ce qui semblait immuable : ce sol gelé en permanence recouvrant 20 % de la surface terrestre, notamment en Alaska et en Sibérie, commence à fondre pour la première fois depuis plus de 10 000 ans. Cette fonte bouleverse tout : instabilité des infrastructures, émissions massives de méthane, libération de virus et bactéries anciens. À Iakoutsk, par exemple, des habitations reposant sur des poutres enfoncées six mètres dans le sol solide se trouvent menacées. Ironie de la langue russe, ce permafrost est appelé « givre éternel », alors qu’il devient vulnérable aux changements climatiques. Ainsi, la précaution et la préparation sont naturelles, mais la perception du risque peut être bouleversée par des forces inattendues, soulignant combien il est crucial de questionner notre définition même de ce qu’est un « risque » et comment y répondre face à l’inattendu.Lire la suiteEt si le permafrost… ?
Peut-on dire que ce fut jadis un paradis terrestre ? Oui. Peut-on dire que la chute fut brutale ? Hélas, oui. Le lieu où nous mènent aujourd’hui nos pas se nomme Nauru, minuscule pays du Pacifique, proche de l’équateur, aux origines de peuplement incertaines et structuré autour de douze tribus. Longtemps, cocotiers, bananiers et takamakas ont façonné son environnement. Puis vinrent les Européens et, en 1900, la découverte de vastes gisements de phosphate, engrais convoité, bouleversa le destin de l’île. Disputée au cours du XXe siècle, la ressource passa finalement sous contrôle australien. À l’indépendance, en 1968, le phosphate propulsa Nauru vers une richesse fulgurante : revenus records, société de consommation, investissements immobiliers, compagnie aérienne et aéroport international. Mais cette prospérité eut un coût : bouleversement alimentaire, maladies, obésité massive. Lorsque les cours chutèrent, que les réserves s’épuisèrent et que les placements échouèrent, la chute fut sévère. Comme le rappelait Hérodote, la félicité humaine ne dure jamais. Il reste à souhaiter aux générations futures de préserver un capital plus durable : la culture, l’esprit et les traditions.Lire la suiteLe tragique destin de Nauru…
Les Guanches, ancienne population des îles Canaries, ont disparu au 16e siècle mais ont légué une part de leur culture, notamment la langue sifflée silbo pratiquée aujourd’hui par les Gomeros, héritiers de cette tradition. Initialement berbère, le silbo moderne s’appuie sur l’espagnol, « silbo » signifiant « sifflement ». Des systèmes comparables existent ailleurs pour communiquer sur de longues distances : à Kuşköy en Turquie, la « langue des oiseaux » est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2017 ; dans le Béarn, le village d’Aas conserve un béarnais sifflé ; au Mexique, certaines communautés mazatèques utilisent aussi des formes sifflées. Selon Julien Meyer, toutes les langues peuvent être sifflées, même si c’est plus complexe pour les langues tonales comme le chinois, où la mélodie influence le sens et le langage sifflé devient plus stéréotypé.Lire la suiteSiffler aux Canaries…
Les vins de Bordeaux constituent un pilier identitaire, économique et culturel majeur pour la ville et sa région. Le vignoble bordelais, plus vaste vignoble d’AOC au monde avec environ 110 000 hectares, se répartit entre plusieurs zones emblématiques comme le Médoc, les Graves, l’Entre-deux-Mers, le Libournais et le Blayais-Bourgeais. Le climat océanique tempéré et la diversité des terroirs (graves, argiles, sables) permettent l’expression de cépages variés, dominés par le cabernet sauvignon, le merlot et le cabernet franc pour les rouges, et le sauvignon blanc et le sémillon pour les blancs. L’histoire du vin bordelais s’enracine dans l’Antiquité, mais connaît un essor décisif au Moyen Âge avec le commerce vers l’Angleterre, puis au XVIIᵉ siècle grâce aux négociants hollandais. Le classement de 1855 consacre la renommée internationale des Grands Crus. Bordeaux demeure aujourd’hui un centre majeur du négoce et de l’exportation, avec une filière employant des dizaines de milliers de personnes. Le vin imprègne aussi la culture locale, illustrée par la Cité du Vin et de grands événements. Confrontés aux défis climatiques et économiques, les vins de Bordeaux évoluent entre tradition et innovation.Lire la suiteVins de Bordeaux
Le XVIIe siècle Le XVIIe siècle constitue une période charnière pour le vignoble bordelais, dont les premiers succès commerciaux remontent au Moyen Âge, lorsque Aliénor d’Aquitaine apporta son duché à la couronne d’Angleterre en épousant Henri Plantagenêt. Dans ce contexte, la famille de Pontac innove en produisant sur la propriété de Haut-Brion un vin d’un style nouveau, issu de macérations…Lire la suitePetite histoire du vin [7]
Le XVIIIe siècle Le XVIIIe siècle correspond à l’âge d’or des grands vins européens, dont la renommée s’étend largement au-delà de leurs régions d’origine. S’imposent alors les vins de Tokaj, de Bordeaux, de Champagne, de Bourgogne, de Porto et de Toscane, ainsi que le célèbre Constantia sud-africain. Cette période est également marquée par des progrès techniques décisifs. L’usage maîtrisé du…Lire la suitePetite histoire du vin [8]
Entre 1500 et 500 av J.-C. L’expansion de la « culture du vin » se propage à toutes les civilisations allant de la Mésopotamie au bassin méditerranéen (Egypte, Grèce, Rome…). Partout où il s’implante, le vin dépasse le simple statut de boisson pour devenir un élément central de la vie sociale, politique et religieuse. Il est utilisé lors des rites,…Lire la suitePetite histoire du vin [2]
« Comedian » est une œuvre d’art conceptuelle créée par l’artiste italien Maurizio Cattelan en 2019. Cette œuvre consiste en une banane collée au mur à l’aide d’un ruban adhésif gris. L’œuvre a été présentée pour la première fois à l’Art Basel Miami Beach en décembre 2019 et a suscité un débat mondial sur la nature de l’art contemporain et la valeur artistique. Bien que simple en apparence, « Comedian » explore des thèmes complexes tels que la valeur de l’art, l’éphémérité et la critique de la société de consommation. L’œuvre remet en question les normes établies de l’art et défie les attentes des spectateurs en proposant un objet banal comme sujet d’admiration et de discussion. La nature éphémère de la banane et sa vulnérabilité au pourrissement ajoutent une couche supplémentaire de signification à l’œuvre, évoquant des idées sur la fragilité de la vie et la nature transitoire de la célébrité et du succès. « Comedian » a également été vendu à plusieurs reprises à des prix élevés, reflétant ainsi les paradoxes et les ironies du marché de l’art contemporain (…)Lire la suiteComedian

















