Curnonsky (1872-1956) était un critique gastronomique français renommé, souvent surnommé le « Prince des Gastronomes ». De son vrai nom était Maurice Edmond Sailland, il était célèbre pour sa passion et son expertise dans le domaine de la gastronomie. Curnonsky a contribué à populariser la cuisine française à travers ses écrits et ses critiques culinaires. Il était connu pour son style d’écriture…Lire la suiteCurnonsky
Pantopique : Pays-Europe
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Casimir Fidèle, ou Fidelle, né en Guinée vers 1748 et mort à Paris en 1796, est un esclave africain affranchi dont le parcours social est exceptionnel dans la France du XVIIIᵉ siècle. Capturé enfant, à l’âge de huit ans, il est déporté en décembre 1754 depuis Ouidah vers Saint-Domingue, puis amené en métropole par son propriétaire, capitaine de navire. Il est baptisé à Nantes, paroisse Saint-Nicolas, le 17 avril 1756. Son nom d’origine et son appartenance ethnique demeurent inconnus. Installé à Bordeaux, il est affranchi en 1777 et exerce le métier de cuisinier, notamment au service de Madame de Soissons, épouse Lamontaigne. Le 3 mai 1778, il épouse à la basilique Saint-Seurin Ursule Lachèze, veuve originaire de Brive-la-Gaillarde, élevant seule sa fille, dans le cadre d’un mariage mixte. Formé très jeune dans la corporation parisienne des maîtres pâtissiers-rôtisseurs, il prête serment le 18 juin 1779. Selon une note de Cagliostro en 1784, Casimir Fidèle tient alors l’hôtel de l’Empereur à Bordeaux, et investit avec succès dans l’immobilier.Lire la suiteCasimir Fidèle
Au XVe siècle, sur le « toit du monde », Gedun Drub devint le premier dalaï-lama de l’histoire tibétaine, au sein d’un bouddhisme tibétain de tradition vajrayāna apparu dès le VIIe siècle, notamment sous l’impulsion du roi Songtsen Gampo, fondateur de Lhassa, introducteur de l’écriture tibétaine et promoteur du bouddhisme. Avec le temps, certaines écoles instituèrent la figure du dalaï-lama comme chef spirituel et politique. À des milliers de kilomètres de là, une autre histoire prenait forme : celle de la pizza, née à Naples au XVIe siècle avec l’arrivée des tomates venues du Nouveau Monde, puis consacrée en 1889 par la Margherita. A priori, aucune chance que ces deux univers se croisent… sauf lors d’une émission de télévision australienne où l’animateur Karl Stefanovic tenta une parabole audacieuse : « Le dalaï-lama entre dans une pizzeria et dit “faites-m’en une avec tout” ». L’humour, fondé sur un jeu de mots spirituel, laissa le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso, perplexe avant un rire un peu gêné. Exilé depuis 1959 et installé en Inde, il incarne aujourd’hui encore une figure majeure du monde contemporain.Lire la suiteLe dalaï-lama & la pizza
Une légende māorie raconte l’amour contrarié de Mataora et de Niwareka, venue du monde souterrain : après l’avoir frappée, Mataora la suit pour se faire pardonner, y découvre ses peintures faciales effacées et reçoit finalement, en signe de réconciliation, l’enseignement du tatouage divin, le Tā Moko. Cette histoire introduit l’une des expressions majeures de la culture māorie, ancrée à Aotearoa, le « pays du long nuage blanc », dont les ancêtres seraient venus de la mythique Hawaiki. Le Tā Moko, tatouage facial et corporel régi par des codes stricts, transmet l’identité de son porteur – lignée, rang, exploits – et s’accomplit selon des rituels précis, parfois en sculptant la chair avant d’y déposer le pigment. Rite de passage fondamental, il concerne aussi les femmes, tatouées notamment au menton et aux lèvres. Sa valeur symbolique se prolonge dans les mokomokai, têtes tatouées conservées comme reliques ou trophées, devenues objets d’échanges lors de la « Guerre des mousquets » au début du XIXᵉ siècle. Leur rapatriement est aujourd’hui revendiqué par l’État néo-zélandais. Parmi les premiers Européens tatoués figure Barnet Burns, témoin d’une rencontre culturelle aussi troublante que durable.Lire la suiteLe moko maori
« L’Origine du monde » est une peinture controversée réalisée par le peintre français Gustave Courbet en 1866. Cette œuvre représente un gros plan détaillé du sexe féminin, avec une anatomie réaliste et sans concession. La composition audacieuse et provocante de Courbet défie les conventions artistiques et sociales de l’époque victorienne. Bien que la peinture ait été considérée comme scandaleuse à son…Lire la suiteL’Origine du monde
Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publie le Manifeste des 343, dans lequel 343 femmes déclarent publiquement avoir avorté alors que l’avortement est encore interdit et puni par la loi en France. Rédigé notamment par Simone de Beauvoir, le texte réunit des femmes d’origines diverses – artistes, intellectuelles et anonymes – parmi lesquelles Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Agnès Varda ou Françoise Sagan. En signant, elles s’exposent sciemment à des poursuites judiciaires et transforment un acte clandestin et individuel en revendication collective et politique. Le manifeste brise un silence imposé par la loi, la morale et la honte, et révèle une réalité massive : des centaines de milliers de femmes avortent chaque année dans des conditions souvent dangereuses. Il déplace le débat de la faute individuelle vers la responsabilité de l’État et de la société. Le choc médiatique et symbolique qu’il provoque contribue à légitimer la lutte féministe pour le droit à disposer de son corps et prépare les réformes majeures à venir, notamment la loi Veil de 1975.Lire la suiteLe Manifeste des 343
Peinture réalisée par Rembrandt en 1632. Elle représente une scène d’anatomie publique tenue par le docteur Nicolaes Tulp à Amsterdam. Au centre de la composition se trouve le corps d’un homme exécuté, avec Tulp démontrant une dissection du bras. La peinture est remarquable pour sa composition dynamique et son utilisation habile de la lumière et de l’ombre pour créer une…Lire la suiteLeçon d’anatomie du docteur Tulp
Esculape, également connu sous le nom d’Asclépios Ἀσκληπιός dans la mythologie grecque, est le dieu de la médecine et de la guérison. Fils d’Apollon, il est souvent représenté portant un bâton autour duquel un serpent s’enroule, symbolisant la sagesse médicale. Les temples dédiés à Esculape, appelés « Asclépiéions », étaient des lieux de culte où les malades venaient chercher la guérison. Les…Lire la suiteEsculape
Viktor Frankl (1905–1997) est un neurologue et psychiatre autrichien, fondateur de la logothérapie, une approche existentielle de la psychothérapie centrée sur la quête de sens. D’origine juive, il fut déporté dans plusieurs camps de concentration nazis, dont Auschwitz, Dachau et Theresienstadt, expérience qui marqua profondément sa pensée. Frankl observa que ceux qui parvenaient à donner un sens à leur souffrance…Lire la suiteViktor Frankl
André Vésale (1514–1564) – Anatomiste et médecin flamand de la Renaissance, considéré comme le fondateur de l’anatomie moderne. Il a révolutionné l’étude du corps humain en s’appuyant sur des dissections directes, contredisant souvent les enseignements anatomiques classiques de l’époque. Son œuvre majeure, « De humani corporis fabrica », publiée en 1543, a présenté des illustrations anatomiques détaillées et précises, marquant une avancée…Lire la suiteAndreas Vesalius
Blessé à l’âge de trois ans dans l’atelier de son père bourrelier, Louis Braille perd progressivement la vue. Soutenu par ses parents, il entre à l’Institution royale des jeunes aveugles, fondée par Valentin Haüy, où il révèle très tôt un esprit inventif et rigoureux. En 1821, la présentation de la sonographie de Charles Barbier de La Serre l’inspire tout en lui montrant ses limites ; il conçoit alors un système tactile simple et efficace pour transcrire lettres, chiffres et musique. En 1829, la publication de son Procédé pour écrire les paroles, la musique, le plain-chant à l’usage des aveugles marque la naissance du système braille, fondé sur des points saillants. Cette avancée majeure s’inscrit dans une longue quête d’accessibilité du savoir, illustrée aussi par Zain-Din al Amidi, à Bagdad, qui développa un procédé de lecture à base de noyaux de fruits. Malgré les résistances, Louis Braille persévéra jusqu’à sa mort prématurée à 43 ans. Aujourd’hui, son système, fondé sur six points (64 caractères), a été étendu à huit points grâce à Unicode, démontrant la fécondité durable d’une invention née de la ténacité et de l’imagination humaines.Lire la suiteL’œil et la main
Le Théâtre équestre Zingaro, fondé par Bartabas (né Bartabas Zingaro de son vrai nom) en 1984, est une compagnie de théâtre équestre basée en France. Connu pour ses performances uniques qui intègrent des chevaux dans des créations artistiques, le Zingaro présente des spectacles qui mêlent équitation, musique, danse et arts visuels. Les spectacles du Zingaro se déroulent souvent dans des…Lire la suiteThéâtre équestre Zingaro
Pégase est un cheval ailé issu de la mythologie grecque, né du sang de Méduse lorsque celle-ci fut décapitée par Persée. Il incarne une figure de liberté, de vitesse et d’élévation spirituelle. Dans les récits, il est apprivoisé par le héros Bellérophon grâce à l’aide d’Athéna. Pégase est associé aux Muses, déesses de l’inspiration artistique. Par un coup de sabot,…Lire la suitePégase
Incitatus est le cheval favori de l’empereur romain Caligula. Selon des sources antiques, notamment Suétone et Dion Cassius, Caligula l’aimait au point de lui offrir une écurie en marbre, un collier orné de pierres précieuses et des repas servis dans des plats en or. La légende veut qu’il ait voulu le nommer consul, geste interprété comme une insulte au Sénat…Lire la suiteCheval Incitatus
Le cheval de Troie est un stratagème mythique issu de la guerre de Troie, raconté dans les épopées grecques. Il s’agit d’une immense structure en bois, construite par les Grecs pour dissimuler des soldats à son intérieur. Offert comme un faux présent aux Troyens, il permit l’infiltration et la destruction de la ville. Ce récit fait du cheval un symbole…Lire la suitecheval de Troie
Le cheval de Przewalski est une espèce de cheval sauvage originaire des steppes de Mongolie, considérée comme le dernier véritable cheval n’ayant jamais été domestiqué. Il se distingue morphologiquement par sa petite taille, sa crinière dressée et sa robe isabelle. Longtemps menacé d’extinction, il a survécu grâce à des programmes de reproduction en captivité. Sa réintroduction progressive dans la nature…Lire la suitecheval de Przewalski
Stubbs vécut de 1997 à 2017 et fut durant vingt ans le maire du district historique de Talkeetna, en Alaska. Chaque après-midi, il faisait sa pause désaltérante dans un restaurant local, détail anodin sauf pour un point essentiel : Stubbs était un chat. Ce clin d’œil contemporain invite à retracer l’épopée quasi planétaire des félins. Leurs premières traces apparaissent au Proche-Orient, il y a environ 10 000 ans, lorsque l’agriculture favorisa leur rôle de protecteurs des grains. En Égypte, ils furent élevés au rang sacré, associés à la déesse Bastet et honorés par des funérailles raffinées. Grecs et Romains les adoptèrent pour leurs qualités utilitaires avant qu’ils ne se diffusent dans tout l’Empire. En Asie, leur présence ancienne est attestée en Chine comme au Japon impérial, tandis qu’en Inde ils accompagnent la déesse protectrice Shashthi. Partout, le chat a nourri mythes, croyances, proverbes et symboles, du porte-bonheur au compagnon suspect.Lire la suiteIl était une fois… les chats
Nos montagnes regorgent d’histoires et de symboles, à l’image du Triglav, montagne aux trois pics incarnant une ancienne divinité régnant sur le ciel, la terre et les enfers, si centrale que son ascension est considérée comme un rite d’identité nationale. Bienvenue en Slovénie, pays au carrefour des Alpes, de la plaine pannonienne et de l’Adriatique, où une autre passion façonne profondément la culture : l’apiculture. Véritable paradis des abeilles, le pays se distingue par la carniolienne, abeille mellifère réputée pour sa douceur et son efficacité. Avec environ cinq apiculteurs pour mille habitants et une densité remarquable de ruches, la Slovénie affiche un lien intime avec ces insectes essentiels. Les ruches elles-mêmes deviennent œuvres d’art, ornées de peintures naïves relatant scènes religieuses, locales ou historiques. Cette tradition doit beaucoup à Anton Janša, pionnier de l’apiculture moderne au XVIIIᵉ siècle, dont l’influence fut décisive bien au-delà des frontières. Ce rapport privilégié aux abeilles a conduit le pays à faire reconnaître une Journée mondiale de l’abeille, célébrée chaque 20 mai.Lire la suiteLa journée mondiale de l’abeille
Anton Janša (1734-1773) – Apiculteur et peintre slovène, considéré comme l’un des pionniers de l’apiculture moderne. Il a servi comme apiculteur impérial à la cour de Marie-Thérèse d’Autriche au XVIIIe siècle. Janša a développé des techniques novatrices d’élevage de reines et de gestion des colonies d’abeilles, laissant une influence durable sur la pratique apicole. En plus de ses contributions à…Lire la suiteAnton Janša
Il est possible qu’en Slovénie l’on dise qu’une personne est « aussi diligente qu’une abeille » (Priden kot čebela) ou que « le miel et le lait coulent » (Cedita se med in mleko), révélant l’importance symbolique et pratique des abeilles. Cette tradition apicole, vieille de plus de mille ans, culmine avec Anton Janša (1734-1773), pionnier de l’apiculture moderne, qui transforma savoir et pratiques : taille et forme des ruches adaptées à l’empilement, transmission des techniques, héritage artistique encore visible aujourd’hui. Pour honorer cette excellence, la Slovénie a choisi le 20 mai comme Journée mondiale des abeilles, rappelant que leur protection est essentielle non seulement pour elles mais pour nos ressources alimentaires et notre survie collective. Cette fragilité, manifeste dans la Vie et dans nos écosystèmes, nous invite à réfléchir à nos aveuglements et à envisager des mesures plus conscientes dans les domaines environnementaux, sociaux ou géopolitiques. Questionner la fragilité, c’est peut-être déjà commencer à transformer notre rapport au monde et à nos responsabilités.Lire la suitečebela, éloge de la fragilité…

















