Les Guanches, ancienne population des îles Canaries, ont disparu au 16e siècle mais ont légué une part de leur culture, notamment la langue sifflée silbo pratiquée aujourd’hui par les Gomeros, héritiers de cette tradition. Initialement berbère, le silbo moderne s’appuie sur l’espagnol, « silbo » signifiant « sifflement ». Des systèmes comparables existent ailleurs pour communiquer sur de longues distances : à Kuşköy en Turquie, la « langue des oiseaux » est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2017 ; dans le Béarn, le village d’Aas conserve un béarnais sifflé ; au Mexique, certaines communautés mazatèques utilisent aussi des formes sifflées. Selon Julien Meyer, toutes les langues peuvent être sifflées, même si c’est plus complexe pour les langues tonales comme le chinois, où la mélodie influence le sens et le langage sifflé devient plus stéréotypé.Lire la suiteSiffler aux Canaries…
Pantopique : 07-communication
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Il existe des manières singulières de produire des sons sans recourir aux poumons, utilisant différentes parties du conduit vocal, donnant naissance aux langues à clics. On y reconnaît par exemple le « bruit du baiser » bilabial, le « bruit d’agacement » dental (tss-tss) ou encore le claquement de langue, parfois combinés à la nasalisation, au voisement ou à la glottalisation. Le hadza, parlé en Tanzanie, comporte ainsi 65 consonnes, dont une douzaine de clics. Ces langues se répartissent principalement en trois familles anciennement regroupées comme khoisan : les langues tuu (Botswana, Afrique du Sud), khoe (Namibie, Kalahari) et juu-ǂhoan (Botswana, Namibie, Angola), tandis que certaines langues bantoues, comme le xhosa ou le zoulou, intègrent aussi des clics. Hélas, nombre d’entre elles sont menacées. C’est le cas du N|uu, sauvé grâce à l’engagement de Katrina Esau, dernière locutrice, qui transmit la langue à une nouvelle génération et publia avec sa petite-fille un livre de contes, assurant la survie de ses 114 sons distincts et 45 clics, preuve qu’implication individuelle et universitaire peuvent redonner vie à un patrimoine linguistique unique.Lire la suiteDes sons qui cliquent…
Selon le Shahnameh, Jamshid (en persan : جمشید, Jamshīd) est un shah légendaire appartenant à la dynastie des Pishdadiens de Perse. On lui attribue de nombreuses inventions dont la fondation de Nowruz. En Perse, le légendaire monarque Jamshid aurait introduit le vin par accident. Comme certains raisins avaient été conservés et fermentés, on pensait qu’ils étaient dangereux pour la vie…Lire la suiteJamshid et l’invention perse du vin
La bouteille plastique est avant tout un objet parmi les myriades produites par l’humanité, un objet qui interroge sa conception, ses usages et son cycle de vie, et qui renvoie en creux à la place qu’ont pu tenir d’autres objets dans l’équilibre du quotidien. Parmi eux, la kuksa, tasse traditionnelle des Sami, offre un contraste éclairant. Fabriquée lentement à partir d’un seul bloc de bois, souvent un broussin de bouleau, elle relève du duodji, artisanat où chaque objet est pensé pour durer et accompagner son propriétaire toute une vie. Façonnée autrefois au couteau, la kuksa devient un compagnon fidèle, accroché à l’équipement, prêt à contenir eau, café, soupe ou eau-de-vie selon les circonstances. Comme tant d’objets traditionnels, elle se distingue par sa sobriété, sa fonctionnalité et sa durabilité, loin de l’obsolescence programmée. À l’heure où prolifèrent des milliards d’objets éphémères et connectés, ne faudrait-il pas réinterroger la durée de vie, l’impact et le sens de ce que nous produisons ? Peut-on substituer à l’accumulation et au renouvellement incessant une intelligence de conception attentive aux usages, aux ressources et à l’environnement ? Et si tout commençait par une redéfinition de ce qu’est réellement un « objet » ? …Lire la suiteAccrochée à une lanière, la kuksa…
Faisons escale à la Grenade, surnommée « l’Île aux épices » ! Un titre qu’elle ne démérite pas ne serait-ce qu’en raison de la présence manifeste de la muscade, venue d’Indonésie, dont le pays est l’un des plus grands producteurs mondiaux. Au passage son exploitation mettra en lumière celle du macis, ou « fleur de muscade », obtenu à partir…Lire la suiteLa Grenade – « L’Île aux épices »…
Au XVe siècle, sur le « toit du monde », Gedun Drub devint le premier dalaï-lama de l’histoire tibétaine, au sein d’un bouddhisme tibétain de tradition vajrayāna apparu dès le VIIe siècle, notamment sous l’impulsion du roi Songtsen Gampo, fondateur de Lhassa, introducteur de l’écriture tibétaine et promoteur du bouddhisme. Avec le temps, certaines écoles instituèrent la figure du dalaï-lama comme chef spirituel et politique. À des milliers de kilomètres de là, une autre histoire prenait forme : celle de la pizza, née à Naples au XVIe siècle avec l’arrivée des tomates venues du Nouveau Monde, puis consacrée en 1889 par la Margherita. A priori, aucune chance que ces deux univers se croisent… sauf lors d’une émission de télévision australienne où l’animateur Karl Stefanovic tenta une parabole audacieuse : « Le dalaï-lama entre dans une pizzeria et dit “faites-m’en une avec tout” ». L’humour, fondé sur un jeu de mots spirituel, laissa le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso, perplexe avant un rire un peu gêné. Exilé depuis 1959 et installé en Inde, il incarne aujourd’hui encore une figure majeure du monde contemporain.Lire la suiteLe dalaï-lama & la pizza
Kami-no-Yu 神の湯 (« l’eau des dieux ») Avec des carreaux représentant des hérons, car ces oiseaux sont censés avoir trouvé les sources d’eau chaude originales. La patte blessée d’une aigrette est soignée et guérie dans ces eaux. Et Tama-no-Yu 魂の湯 (« eau des esprits ») Avec des carreaux de granit et de marbre Yushinden 又新殿 construit en 1899 pour la famille impériale. Lieu de…Lire la suiteDōgo Onsen
Ibn Sina ou Avicenne (vers 980 – juin 1037) – Érudit musulman persan, médecin et astronome – Il a grandement influencé la pensée médiévale et a été l’une des figures les plus éminentes de l’âge d’or de l’islam. Avicenne a contribué de manière significative à la médecine, notamment avec son encyclopédie médicale « Le Canon de la Médecine », qui était un…Lire la suiteIbn Sina
Esculape, également connu sous le nom d’Asclépios Ἀσκληπιός dans la mythologie grecque, est le dieu de la médecine et de la guérison. Fils d’Apollon, il est souvent représenté portant un bâton autour duquel un serpent s’enroule, symbolisant la sagesse médicale. Les temples dédiés à Esculape, appelés « Asclépiéions », étaient des lieux de culte où les malades venaient chercher la guérison. Les…Lire la suiteEsculape
Le genre, la sexualité et l’égalité entre individus se déclinent selon des réalités multiples, universelles et culturelles. Certaines personnes se sentent homme dans un corps d’homme, femme dans un corps de femme, tandis que d’autres vivent un décalage entre genre ressenti et sexe assigné à la naissance. Parmi les sociétés natives d’Amérique, le concept de nádleeh (ou nádleehi) chez les Navajo désigne « celui qui est transformé » et correspond aux êtres dits « aux deux-esprits », rôle respecté et intégré dans la communauté, allant de la transmission orale à la divination, loin des usages péjoratifs introduits par les colonisateurs. Aujourd’hui, les formulaires modernes proposent des dizaines d’identités possibles : androgyne, cisgenre, transgenre, intersexe ou deux-esprits, traduisant la complexité contemporaine du genre et la nécessité de dépasser les classifications rigides. Cette pluralité invite à réfléchir à l’acceptation mutuelle, à la reconnaissance de soi et des autres, et à l’enrichissement de l’humanité par le dialogue et le respect des identités diverses, en commençant par interroger ce que « genre » signifie réellement.Lire la suiteGenre et genres…
Chaque âge de la vie est porteur d’un potentiel d’épanouissement qui ne prend pleinement sens que dans la relation aux autres âges. Pourtant, nos sociétés ont tendance à enfermer les individus dans des catégories générationnelles simplificatrices, opposant expériences, valeurs et visions du monde, au risque de fragiliser le lien collectif. Sur les terres australiennes, l’héritage aborigène rappelle une autre manière de penser le temps et la transmission. À travers le Rêve, le Tjukurpa, la création n’appartient ni au passé ni au futur, mais s’inscrit dans une continuité vivante où ancêtres, vivants et générations à venir sont indissociablement liés. Cette vision invite à dépasser une lecture fragmentée des âges pour reconnaître une alliance fondée sur la complémentarité des savoirs, des mémoires et des capacités d’action. Lorsque la continuité est rompue, toutes les générations en subissent les effets, privées de repères communs. Face aux défis contemporains, le respect de chaque âge apparaît alors comme une condition essentielle du bien-être partagé, non par hiérarchie, mais par coopération. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de « l’âge » ?Lire la suiteTjukurpa, le Rêve transmis à travers les âges…
Blessé à l’âge de trois ans dans l’atelier de son père bourrelier, Louis Braille perd progressivement la vue. Soutenu par ses parents, il entre à l’Institution royale des jeunes aveugles, fondée par Valentin Haüy, où il révèle très tôt un esprit inventif et rigoureux. En 1821, la présentation de la sonographie de Charles Barbier de La Serre l’inspire tout en lui montrant ses limites ; il conçoit alors un système tactile simple et efficace pour transcrire lettres, chiffres et musique. En 1829, la publication de son Procédé pour écrire les paroles, la musique, le plain-chant à l’usage des aveugles marque la naissance du système braille, fondé sur des points saillants. Cette avancée majeure s’inscrit dans une longue quête d’accessibilité du savoir, illustrée aussi par Zain-Din al Amidi, à Bagdad, qui développa un procédé de lecture à base de noyaux de fruits. Malgré les résistances, Louis Braille persévéra jusqu’à sa mort prématurée à 43 ans. Aujourd’hui, son système, fondé sur six points (64 caractères), a été étendu à huit points grâce à Unicode, démontrant la fécondité durable d’une invention née de la ténacité et de l’imagination humaines.Lire la suiteL’œil et la main
La santé est unanimement reconnue comme prioritaire, mais c’est souvent sa rupture qui en révèle l’importance. Physique ou mentale, elle conditionne notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde : elle soutient nos projets et, lorsqu’elle vacille, met à nu la fragilité de ce que nous croyions stable. De nombreuses traditions ont insisté sur une approche globale de la santé, pensée comme équilibre, hygiène de vie et relation au monde plutôt que comme simple absence de maladie. Cette vision rappelle que notre manière d’habiter le quotidien, de travailler, de nous nourrir, de nous relier et de donner sens à l’existence influence profondément notre état de santé, autant que l’inverse. Trop souvent invisible lorsqu’elle est là, la santé devient évidente lorsqu’elle s’affaiblit, révélant combien elle est un socle commun à toutes les vies. Objet de savoirs, de pratiques, de débats et désormais d’innovations numériques, elle interroge sans cesse ses propres définitions. Être en bonne santé, est-ce fonctionner, s’adapter, s’épanouir, trouver un équilibre durable ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « santé » ?Lire la suiteUne auréole que seul voit le malade…
Philanthrope béninois (1953-). Il a fondé l’Association Saint Camille de Lellis en 1991, une organisation qui s’occupe de la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux en Afrique de l’Ouest. Il leur consacre sa vie luttant contre la stigmatisation associée à ces maladies en Afrique de l’Ouest. Son association gère des centres d’accueil dans plusieurs pays, offrant un…Lire la suiteGrégoire Ahongbonon
Il était une fois Asibikaashi, La femme araignée qui ramena le soleil au peuple Ojibwé Il y a fort longtemps, Un peuple assemblé en une seule nation Dut se disperser aux quatre coins de l’Amérique du Nord Asibikaashi promit de continuer de s’occuper des enfants Et pour ça elle demanda aux femmes de la tribu De tisser des toiles magiques…Lire la suiteAsibikaashi
Cage à crickets chinois – Gardés pour leur chant ou leurs combats – Cages en bois, bocaux en céramique et gourdes. Les cages à grillons chinoises, également connues sous le nom de « Nong Tang » en mandarin, sont des objets traditionnels en Chine. Ces cages sont conçues pour abriter des grillons, et l’élevage de grillons pour le chant est une pratique…Lire la suiteCage à grillons chinoise
Le scarabée d’or, au cœur de la nouvelle éponyme (The Gold-Bug, 1843), occupe une place singulière dans l’univers de Poe, où l’animal par-delà le signe de la malédiction, s’impose comme déclencheur de révélation. Associé à la richesse, au mystère et à l’ésotérisme, l’insecte agit comme un symbole ambigu, à la frontière entre le rationnel et le merveilleux. Son apparence étrange…Lire la suiteLe Scarabée d’or chez Poe…
Le temps n’est pas si loin où le cheval occupait une place centrale dans nombre d’aspects de nos vies. A tel point que son empreinte est encore bien présente dans la langue française. Ainsi l’on s’attelle à la tâche comme le cheval de trait s’attelait à la charrue ; quelque chose nous déstabilise et nous voilà désarçonnés à l’image du…Lire la suiteQuand le cheval galope encore dans la langue française
Les « chevaux-dragons » de la tradition chinoise sont des créatures mythiques associant les qualités du cheval et du dragon. Ils symbolisent l’union de la force terrestre et de la puissance céleste. Dans les récits anciens, ils apparaissent comme des messagers divins, portant des textes sacrés ou révélant l’ordre du monde. Le « Longma » (dragon-cheval) est l’une des figures…Lire la suitechevaux-dragons
Pégase est un cheval ailé issu de la mythologie grecque, né du sang de Méduse lorsque celle-ci fut décapitée par Persée. Il incarne une figure de liberté, de vitesse et d’élévation spirituelle. Dans les récits, il est apprivoisé par le héros Bellérophon grâce à l’aide d’Athéna. Pégase est associé aux Muses, déesses de l’inspiration artistique. Par un coup de sabot,…Lire la suitePégase


















