La question de l’énergie traverse nos vies et nos sociétés, tout autant que nos cultures et nos corps. Dès l’aube, le soleil nous invite à puiser en nous cette force vitale que l’on nomme énergie, et que certaines traditions comme le tàijí quán, le qìgōng ou le yoga ont explorée depuis des siècles à travers la respiration, le mouvement, la concentration et l’endurance. Les systèmes humains et naturels obéissent aux mêmes principes : chaque flux doit être équilibré, chaque effort mesuré. Pourtant, nos sociétés modernes ont trop souvent traité l’énergie comme un bien illimité, qu’il s’agisse des combustibles fossiles ou de la surconsommation numérique : archiver tout, connecter tout, envoyer des flux incessants, sans penser aux coûts réels, écologiques et humains. Les nouvelles sources « propres » sont une réponse nécessaire, mais insuffisante si nous ne repensons pas notre rapport même à l’énergie, à sa présence et à ses usages. Avant de chercher des solutions techniques, il faut d’abord interroger ce que nous entendons par « énergie » : force, mouvement, puissance, équilibre, vitalité, conscience de nos limites et de notre responsabilité collective.Lire la suiteÉnergie disponible, énergie utile…
Pantopique : 07-communication
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
La bouteille en plastique, dès sa naissance, est promise à la fin de son cycle de vie : parfois recyclée, souvent rejetée, elle rejoint trop fréquemment la masse des déchets. Cette logique interroge notre rapport au gaspillage, que certaines cultures ont longuement questionné. Au Japon, le terme mottainai exprime à la fois « quel gâchis » et une invitation morale à respecter les ressources. Hérité notamment de l’époque d’Edo, il s’applique aux objets du quotidien : jeter des sandales pour une lanière cassée, un vêtement devenu trop grand ou une tasse fissurée serait mottainai. Cette éthique se prolonge dans des pratiques comme le furoshiki, tissu réutilisable pour transporter ou emballer, ou le kintsugi, art de réparer les poteries en valorisant leurs fêlures plutôt qu’en les dissimulant. Autant de rappels qu’une autre relation aux objets, aux matières et à l’environnement est possible, fondée sur la sobriété, la gratitude et la réparation plutôt que sur l’abandon. Face à l’ampleur des déchets contemporains, cette sagesse invite à repenser nos usages et nos responsabilités. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « déchet » ?Lire la suiteMottainai : Quel gaspillage !
Vivre comporte intrinsèquement des risques, et nos façons de les affronter varient selon les contextes et protections dont nous disposons. Certaines populations, comme celles établies sur le permafrost, confrontent quotidiennement ce qui semblait immuable : ce sol gelé en permanence recouvrant 20 % de la surface terrestre, notamment en Alaska et en Sibérie, commence à fondre pour la première fois depuis plus de 10 000 ans. Cette fonte bouleverse tout : instabilité des infrastructures, émissions massives de méthane, libération de virus et bactéries anciens. À Iakoutsk, par exemple, des habitations reposant sur des poutres enfoncées six mètres dans le sol solide se trouvent menacées. Ironie de la langue russe, ce permafrost est appelé « givre éternel », alors qu’il devient vulnérable aux changements climatiques. Ainsi, la précaution et la préparation sont naturelles, mais la perception du risque peut être bouleversée par des forces inattendues, soulignant combien il est crucial de questionner notre définition même de ce qu’est un « risque » et comment y répondre face à l’inattendu.Lire la suiteEt si le permafrost… ?
Bien des gestes quotidiens reposent sur une idée parfois biaisée du confort et du bien-être, dont les effets sur notre épanouissement et sur l’environnement méritent d’être interrogés. Un détour par la Corée, en plein hiver, éclaire cette réflexion avec le ondol, système traditionnel de chauffage par le sol où la chaleur se diffuse doucement dans l’espace. Héritier de techniques très anciennes, fondées sur l’ingéniosité des conduits, de la pierre chauffée et de la circulation de l’air, il a façonné des modes de vie invitant à s’asseoir au sol, à ralentir, à habiter la chaleur plutôt qu’à la consommer. Ce modèle rappelle que le confort ne se réduit pas à la performance technique ou à l’abondance énergétique, mais s’inscrit dans un rapport mesuré aux ressources, aux usages et au corps. À l’heure où nos sociétés redéfinissent leurs besoins face aux limites écologiques, la question demeure : saurons-nous discerner ce qui relève d’un bien-être véritable, physique et psychique, et accepter d’en mesurer le coût, notamment environnemental ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du bien-être ?Lire la suiteLe ondol, ou le bien-être par le sol…
Les Guanches, ancienne population des îles Canaries, ont disparu au 16e siècle mais ont légué une part de leur culture, notamment la langue sifflée silbo pratiquée aujourd’hui par les Gomeros, héritiers de cette tradition. Initialement berbère, le silbo moderne s’appuie sur l’espagnol, « silbo » signifiant « sifflement ». Des systèmes comparables existent ailleurs pour communiquer sur de longues distances : à Kuşköy en Turquie, la « langue des oiseaux » est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2017 ; dans le Béarn, le village d’Aas conserve un béarnais sifflé ; au Mexique, certaines communautés mazatèques utilisent aussi des formes sifflées. Selon Julien Meyer, toutes les langues peuvent être sifflées, même si c’est plus complexe pour les langues tonales comme le chinois, où la mélodie influence le sens et le langage sifflé devient plus stéréotypé.Lire la suiteSiffler aux Canaries…
Il existe des manières singulières de produire des sons sans recourir aux poumons, utilisant différentes parties du conduit vocal, donnant naissance aux langues à clics. On y reconnaît par exemple le « bruit du baiser » bilabial, le « bruit d’agacement » dental (tss-tss) ou encore le claquement de langue, parfois combinés à la nasalisation, au voisement ou à la glottalisation. Le hadza, parlé en Tanzanie, comporte ainsi 65 consonnes, dont une douzaine de clics. Ces langues se répartissent principalement en trois familles anciennement regroupées comme khoisan : les langues tuu (Botswana, Afrique du Sud), khoe (Namibie, Kalahari) et juu-ǂhoan (Botswana, Namibie, Angola), tandis que certaines langues bantoues, comme le xhosa ou le zoulou, intègrent aussi des clics. Hélas, nombre d’entre elles sont menacées. C’est le cas du N|uu, sauvé grâce à l’engagement de Katrina Esau, dernière locutrice, qui transmit la langue à une nouvelle génération et publia avec sa petite-fille un livre de contes, assurant la survie de ses 114 sons distincts et 45 clics, preuve qu’implication individuelle et universitaire peuvent redonner vie à un patrimoine linguistique unique.Lire la suiteDes sons qui cliquent…
Selon le Shahnameh, Jamshid (en persan : جمشید, Jamshīd) est un shah légendaire appartenant à la dynastie des Pishdadiens de Perse. On lui attribue de nombreuses inventions dont la fondation de Nowruz. En Perse, le légendaire monarque Jamshid aurait introduit le vin par accident. Comme certains raisins avaient été conservés et fermentés, on pensait qu’ils étaient dangereux pour la vie…Lire la suiteJamshid et l’invention perse du vin
La bouteille plastique est avant tout un objet parmi les myriades produites par l’humanité, un objet qui interroge sa conception, ses usages et son cycle de vie, et qui renvoie en creux à la place qu’ont pu tenir d’autres objets dans l’équilibre du quotidien. Parmi eux, la kuksa, tasse traditionnelle des Sami, offre un contraste éclairant. Fabriquée lentement à partir d’un seul bloc de bois, souvent un broussin de bouleau, elle relève du duodji, artisanat où chaque objet est pensé pour durer et accompagner son propriétaire toute une vie. Façonnée autrefois au couteau, la kuksa devient un compagnon fidèle, accroché à l’équipement, prêt à contenir eau, café, soupe ou eau-de-vie selon les circonstances. Comme tant d’objets traditionnels, elle se distingue par sa sobriété, sa fonctionnalité et sa durabilité, loin de l’obsolescence programmée. À l’heure où prolifèrent des milliards d’objets éphémères et connectés, ne faudrait-il pas réinterroger la durée de vie, l’impact et le sens de ce que nous produisons ? Peut-on substituer à l’accumulation et au renouvellement incessant une intelligence de conception attentive aux usages, aux ressources et à l’environnement ? Et si tout commençait par une redéfinition de ce qu’est réellement un « objet » ? …Lire la suiteAccrochée à une lanière, la kuksa…
Faisons escale à la Grenade, surnommée « l’Île aux épices » ! Un titre qu’elle ne démérite pas ne serait-ce qu’en raison de la présence manifeste de la muscade, venue d’Indonésie, dont le pays est l’un des plus grands producteurs mondiaux. Au passage son exploitation mettra en lumière celle du macis, ou « fleur de muscade », obtenu à partir…Lire la suiteLa Grenade – « L’Île aux épices »…
Au XVe siècle, sur le « toit du monde », Gedun Drub devint le premier dalaï-lama de l’histoire tibétaine, au sein d’un bouddhisme tibétain de tradition vajrayāna apparu dès le VIIe siècle, notamment sous l’impulsion du roi Songtsen Gampo, fondateur de Lhassa, introducteur de l’écriture tibétaine et promoteur du bouddhisme. Avec le temps, certaines écoles instituèrent la figure du dalaï-lama comme chef spirituel et politique. À des milliers de kilomètres de là, une autre histoire prenait forme : celle de la pizza, née à Naples au XVIe siècle avec l’arrivée des tomates venues du Nouveau Monde, puis consacrée en 1889 par la Margherita. A priori, aucune chance que ces deux univers se croisent… sauf lors d’une émission de télévision australienne où l’animateur Karl Stefanovic tenta une parabole audacieuse : « Le dalaï-lama entre dans une pizzeria et dit “faites-m’en une avec tout” ». L’humour, fondé sur un jeu de mots spirituel, laissa le quatorzième dalaï-lama, Tenzin Gyatso, perplexe avant un rire un peu gêné. Exilé depuis 1959 et installé en Inde, il incarne aujourd’hui encore une figure majeure du monde contemporain.Lire la suiteLe dalaï-lama & la pizza
Kami-no-Yu 神の湯 (« l’eau des dieux ») Avec des carreaux représentant des hérons, car ces oiseaux sont censés avoir trouvé les sources d’eau chaude originales. La patte blessée d’une aigrette est soignée et guérie dans ces eaux. Et Tama-no-Yu 魂の湯 (« eau des esprits ») Avec des carreaux de granit et de marbre Yushinden 又新殿 construit en 1899 pour la famille impériale. Lieu de…Lire la suiteDōgo Onsen
Ibn Sina ou Avicenne (vers 980 – juin 1037) – Érudit musulman persan, médecin et astronome – Il a grandement influencé la pensée médiévale et a été l’une des figures les plus éminentes de l’âge d’or de l’islam. Avicenne a contribué de manière significative à la médecine, notamment avec son encyclopédie médicale « Le Canon de la Médecine », qui était un…Lire la suiteIbn Sina
Esculape, également connu sous le nom d’Asclépios Ἀσκληπιός dans la mythologie grecque, est le dieu de la médecine et de la guérison. Fils d’Apollon, il est souvent représenté portant un bâton autour duquel un serpent s’enroule, symbolisant la sagesse médicale. Les temples dédiés à Esculape, appelés « Asclépiéions », étaient des lieux de culte où les malades venaient chercher la guérison. Les…Lire la suiteEsculape
Le genre, la sexualité et l’égalité entre individus se déclinent selon des réalités multiples, universelles et culturelles. Certaines personnes se sentent homme dans un corps d’homme, femme dans un corps de femme, tandis que d’autres vivent un décalage entre genre ressenti et sexe assigné à la naissance. Parmi les sociétés natives d’Amérique, le concept de nádleeh (ou nádleehi) chez les Navajo désigne « celui qui est transformé » et correspond aux êtres dits « aux deux-esprits », rôle respecté et intégré dans la communauté, allant de la transmission orale à la divination, loin des usages péjoratifs introduits par les colonisateurs. Aujourd’hui, les formulaires modernes proposent des dizaines d’identités possibles : androgyne, cisgenre, transgenre, intersexe ou deux-esprits, traduisant la complexité contemporaine du genre et la nécessité de dépasser les classifications rigides. Cette pluralité invite à réfléchir à l’acceptation mutuelle, à la reconnaissance de soi et des autres, et à l’enrichissement de l’humanité par le dialogue et le respect des identités diverses, en commençant par interroger ce que « genre » signifie réellement.Lire la suiteGenre et genres…
Chaque âge de la vie est porteur d’un potentiel d’épanouissement qui ne prend pleinement sens que dans la relation aux autres âges. Pourtant, nos sociétés ont tendance à enfermer les individus dans des catégories générationnelles simplificatrices, opposant expériences, valeurs et visions du monde, au risque de fragiliser le lien collectif. Sur les terres australiennes, l’héritage aborigène rappelle une autre manière de penser le temps et la transmission. À travers le Rêve, le Tjukurpa, la création n’appartient ni au passé ni au futur, mais s’inscrit dans une continuité vivante où ancêtres, vivants et générations à venir sont indissociablement liés. Cette vision invite à dépasser une lecture fragmentée des âges pour reconnaître une alliance fondée sur la complémentarité des savoirs, des mémoires et des capacités d’action. Lorsque la continuité est rompue, toutes les générations en subissent les effets, privées de repères communs. Face aux défis contemporains, le respect de chaque âge apparaît alors comme une condition essentielle du bien-être partagé, non par hiérarchie, mais par coopération. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de « l’âge » ?Lire la suiteTjukurpa, le Rêve transmis à travers les âges…
Blessé à l’âge de trois ans dans l’atelier de son père bourrelier, Louis Braille perd progressivement la vue. Soutenu par ses parents, il entre à l’Institution royale des jeunes aveugles, fondée par Valentin Haüy, où il révèle très tôt un esprit inventif et rigoureux. En 1821, la présentation de la sonographie de Charles Barbier de La Serre l’inspire tout en lui montrant ses limites ; il conçoit alors un système tactile simple et efficace pour transcrire lettres, chiffres et musique. En 1829, la publication de son Procédé pour écrire les paroles, la musique, le plain-chant à l’usage des aveugles marque la naissance du système braille, fondé sur des points saillants. Cette avancée majeure s’inscrit dans une longue quête d’accessibilité du savoir, illustrée aussi par Zain-Din al Amidi, à Bagdad, qui développa un procédé de lecture à base de noyaux de fruits. Malgré les résistances, Louis Braille persévéra jusqu’à sa mort prématurée à 43 ans. Aujourd’hui, son système, fondé sur six points (64 caractères), a été étendu à huit points grâce à Unicode, démontrant la fécondité durable d’une invention née de la ténacité et de l’imagination humaines.Lire la suiteL’œil et la main
La santé est unanimement reconnue comme prioritaire, mais c’est souvent sa rupture qui en révèle l’importance. Physique ou mentale, elle conditionne notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde : elle soutient nos projets et, lorsqu’elle vacille, met à nu la fragilité de ce que nous croyions stable. De nombreuses traditions ont insisté sur une approche globale de la santé, pensée comme équilibre, hygiène de vie et relation au monde plutôt que comme simple absence de maladie. Cette vision rappelle que notre manière d’habiter le quotidien, de travailler, de nous nourrir, de nous relier et de donner sens à l’existence influence profondément notre état de santé, autant que l’inverse. Trop souvent invisible lorsqu’elle est là, la santé devient évidente lorsqu’elle s’affaiblit, révélant combien elle est un socle commun à toutes les vies. Objet de savoirs, de pratiques, de débats et désormais d’innovations numériques, elle interroge sans cesse ses propres définitions. Être en bonne santé, est-ce fonctionner, s’adapter, s’épanouir, trouver un équilibre durable ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « santé » ?Lire la suiteUne auréole que seul voit le malade…
Philanthrope béninois (1953-). Il a fondé l’Association Saint Camille de Lellis en 1991, une organisation qui s’occupe de la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux en Afrique de l’Ouest. Il leur consacre sa vie luttant contre la stigmatisation associée à ces maladies en Afrique de l’Ouest. Son association gère des centres d’accueil dans plusieurs pays, offrant un…Lire la suiteGrégoire Ahongbonon
Il était une fois Asibikaashi, La femme araignée qui ramena le soleil au peuple Ojibwé Il y a fort longtemps, Un peuple assemblé en une seule nation Dut se disperser aux quatre coins de l’Amérique du Nord Asibikaashi promit de continuer de s’occuper des enfants Et pour ça elle demanda aux femmes de la tribu De tisser des toiles magiques…Lire la suiteAsibikaashi
Cage à crickets chinois – Gardés pour leur chant ou leurs combats – Cages en bois, bocaux en céramique et gourdes. Les cages à grillons chinoises, également connues sous le nom de « Nong Tang » en mandarin, sont des objets traditionnels en Chine. Ces cages sont conçues pour abriter des grillons, et l’élevage de grillons pour le chant est une pratique…Lire la suiteCage à grillons chinoise




















