La Pierre de Rosette est une stèle inscrite datant de l’Égypte antique, découverte en 1799 à Rosette (Rashid), en Égypte, par les troupes françaises de Napoléon Bonaparte. Datant de 196 av. J.-C., la pierre comporte le même texte en trois écritures : égyptien hiéroglyphique, démotique et grec ancien. Cette découverte a été cruciale pour la compréhension des hiéroglyphes égyptiens, car…Lire la suitePierre de Rosette
Pantopique : 02-espace
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
La question de l’énergie traverse nos vies et nos sociétés, tout autant que nos cultures et nos corps. Dès l’aube, le soleil nous invite à puiser en nous cette force vitale que l’on nomme énergie, et que certaines traditions comme le tàijí quán, le qìgōng ou le yoga ont explorée depuis des siècles à travers la respiration, le mouvement, la concentration et l’endurance. Les systèmes humains et naturels obéissent aux mêmes principes : chaque flux doit être équilibré, chaque effort mesuré. Pourtant, nos sociétés modernes ont trop souvent traité l’énergie comme un bien illimité, qu’il s’agisse des combustibles fossiles ou de la surconsommation numérique : archiver tout, connecter tout, envoyer des flux incessants, sans penser aux coûts réels, écologiques et humains. Les nouvelles sources « propres » sont une réponse nécessaire, mais insuffisante si nous ne repensons pas notre rapport même à l’énergie, à sa présence et à ses usages. Avant de chercher des solutions techniques, il faut d’abord interroger ce que nous entendons par « énergie » : force, mouvement, puissance, équilibre, vitalité, conscience de nos limites et de notre responsabilité collective.Lire la suiteÉnergie disponible, énergie utile…
Dans un environnement désertique, l’irrigation est une question vitale. Les Ladakhis ont développé des systèmes complexes de canaux permettant de détourner l’eau issue de la fonte des neiges. Ces réseaux sont entretenus collectivement, selon des règles strictes de partage. La gestion de l’eau reflète une organisation sociale fondée sur la coopération et la solidarité. Chaque village dépend de la bonne…Lire la suiteIrrigation au Ladakh
Vivre comporte intrinsèquement des risques, et nos façons de les affronter varient selon les contextes et protections dont nous disposons. Certaines populations, comme celles établies sur le permafrost, confrontent quotidiennement ce qui semblait immuable : ce sol gelé en permanence recouvrant 20 % de la surface terrestre, notamment en Alaska et en Sibérie, commence à fondre pour la première fois depuis plus de 10 000 ans. Cette fonte bouleverse tout : instabilité des infrastructures, émissions massives de méthane, libération de virus et bactéries anciens. À Iakoutsk, par exemple, des habitations reposant sur des poutres enfoncées six mètres dans le sol solide se trouvent menacées. Ironie de la langue russe, ce permafrost est appelé « givre éternel », alors qu’il devient vulnérable aux changements climatiques. Ainsi, la précaution et la préparation sont naturelles, mais la perception du risque peut être bouleversée par des forces inattendues, soulignant combien il est crucial de questionner notre définition même de ce qu’est un « risque » et comment y répondre face à l’inattendu.Lire la suiteEt si le permafrost… ?
La bouteille en plastique, dès sa naissance, est promise à la fin de son cycle de vie : parfois recyclée, souvent rejetée, elle rejoint trop fréquemment la masse des déchets. Cette logique interroge notre rapport au gaspillage, que certaines cultures ont longuement questionné. Au Japon, le terme mottainai exprime à la fois « quel gâchis » et une invitation morale à respecter les ressources. Hérité notamment de l’époque d’Edo, il s’applique aux objets du quotidien : jeter des sandales pour une lanière cassée, un vêtement devenu trop grand ou une tasse fissurée serait mottainai. Cette éthique se prolonge dans des pratiques comme le furoshiki, tissu réutilisable pour transporter ou emballer, ou le kintsugi, art de réparer les poteries en valorisant leurs fêlures plutôt qu’en les dissimulant. Autant de rappels qu’une autre relation aux objets, aux matières et à l’environnement est possible, fondée sur la sobriété, la gratitude et la réparation plutôt que sur l’abandon. Face à l’ampleur des déchets contemporains, cette sagesse invite à repenser nos usages et nos responsabilités. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « déchet » ?Lire la suiteMottainai : Quel gaspillage !
Peut-on dire que ce fut jadis un paradis terrestre ? Oui. Peut-on dire que la chute fut brutale ? Hélas, oui. Le lieu où nous mènent aujourd’hui nos pas se nomme Nauru, minuscule pays du Pacifique, proche de l’équateur, aux origines de peuplement incertaines et structuré autour de douze tribus. Longtemps, cocotiers, bananiers et takamakas ont façonné son environnement. Puis vinrent les Européens et, en 1900, la découverte de vastes gisements de phosphate, engrais convoité, bouleversa le destin de l’île. Disputée au cours du XXe siècle, la ressource passa finalement sous contrôle australien. À l’indépendance, en 1968, le phosphate propulsa Nauru vers une richesse fulgurante : revenus records, société de consommation, investissements immobiliers, compagnie aérienne et aéroport international. Mais cette prospérité eut un coût : bouleversement alimentaire, maladies, obésité massive. Lorsque les cours chutèrent, que les réserves s’épuisèrent et que les placements échouèrent, la chute fut sévère. Comme le rappelait Hérodote, la félicité humaine ne dure jamais. Il reste à souhaiter aux générations futures de préserver un capital plus durable : la culture, l’esprit et les traditions.Lire la suiteLe tragique destin de Nauru…
Bien des gestes quotidiens reposent sur une idée parfois biaisée du confort et du bien-être, dont les effets sur notre épanouissement et sur l’environnement méritent d’être interrogés. Un détour par la Corée, en plein hiver, éclaire cette réflexion avec le ondol, système traditionnel de chauffage par le sol où la chaleur se diffuse doucement dans l’espace. Héritier de techniques très anciennes, fondées sur l’ingéniosité des conduits, de la pierre chauffée et de la circulation de l’air, il a façonné des modes de vie invitant à s’asseoir au sol, à ralentir, à habiter la chaleur plutôt qu’à la consommer. Ce modèle rappelle que le confort ne se réduit pas à la performance technique ou à l’abondance énergétique, mais s’inscrit dans un rapport mesuré aux ressources, aux usages et au corps. À l’heure où nos sociétés redéfinissent leurs besoins face aux limites écologiques, la question demeure : saurons-nous discerner ce qui relève d’un bien-être véritable, physique et psychique, et accepter d’en mesurer le coût, notamment environnemental ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du bien-être ?Lire la suiteLe ondol, ou le bien-être par le sol…
Il existe des manières singulières de produire des sons sans recourir aux poumons, utilisant différentes parties du conduit vocal, donnant naissance aux langues à clics. On y reconnaît par exemple le « bruit du baiser » bilabial, le « bruit d’agacement » dental (tss-tss) ou encore le claquement de langue, parfois combinés à la nasalisation, au voisement ou à la glottalisation. Le hadza, parlé en Tanzanie, comporte ainsi 65 consonnes, dont une douzaine de clics. Ces langues se répartissent principalement en trois familles anciennement regroupées comme khoisan : les langues tuu (Botswana, Afrique du Sud), khoe (Namibie, Kalahari) et juu-ǂhoan (Botswana, Namibie, Angola), tandis que certaines langues bantoues, comme le xhosa ou le zoulou, intègrent aussi des clics. Hélas, nombre d’entre elles sont menacées. C’est le cas du N|uu, sauvé grâce à l’engagement de Katrina Esau, dernière locutrice, qui transmit la langue à une nouvelle génération et publia avec sa petite-fille un livre de contes, assurant la survie de ses 114 sons distincts et 45 clics, preuve qu’implication individuelle et universitaire peuvent redonner vie à un patrimoine linguistique unique.Lire la suiteDes sons qui cliquent…
Les Guanches, ancienne population des îles Canaries, ont disparu au 16e siècle mais ont légué une part de leur culture, notamment la langue sifflée silbo pratiquée aujourd’hui par les Gomeros, héritiers de cette tradition. Initialement berbère, le silbo moderne s’appuie sur l’espagnol, « silbo » signifiant « sifflement ». Des systèmes comparables existent ailleurs pour communiquer sur de longues distances : à Kuşköy en Turquie, la « langue des oiseaux » est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2017 ; dans le Béarn, le village d’Aas conserve un béarnais sifflé ; au Mexique, certaines communautés mazatèques utilisent aussi des formes sifflées. Selon Julien Meyer, toutes les langues peuvent être sifflées, même si c’est plus complexe pour les langues tonales comme le chinois, où la mélodie influence le sens et le langage sifflé devient plus stéréotypé.Lire la suiteSiffler aux Canaries…
« Ballad of Sexual Dependency » est une série de photographies réalisée par l’artiste américaine Nan Goldin dans les années 1980. Cette série documentaire présente des instantanés de la vie quotidienne, des relations intimes, des moments de fête et des périodes de crise, capturant ainsi l’essence de la vie urbaine et underground à New York dans les années 1980. Les photographies sont…Lire la suiteBallad of Sexual Dependency
La Barrique d’amontillado d’Edgar Allan Poe (1846) explore vengeance, mort et psychologie dans un huis clos oppressant. Montresor attire son ennemi Fortunato dans les catacombes sous prétexte de lui faire goûter un amontillado rare. Le vin n’est pas décor mais moteur du récit : passion de Fortunato et vanité le rendent vulnérable. L’amontillado devient leurre et promesse de reconnaissance, exploitée cruellement. Les catacombes, à la fois cave et tombeau, symbolisent le lien entre valeur et mort. Le vin, symbole de savoir et de civilisation, se transforme en instrument de damnation, révélant hiérarchies sociales, ego et fragilité du connaisseur. Poe montre que la passion œnologique peut devenir une faille intime et que le rituel de la dégustation, associé au plaisir, peut conduire à l’anéantissement.Lire la suiteLa Barrique d’amontillado
Les vins de Bordeaux constituent un pilier identitaire, économique et culturel majeur pour la ville et sa région. Le vignoble bordelais, plus vaste vignoble d’AOC au monde avec environ 110 000 hectares, se répartit entre plusieurs zones emblématiques comme le Médoc, les Graves, l’Entre-deux-Mers, le Libournais et le Blayais-Bourgeais. Le climat océanique tempéré et la diversité des terroirs (graves, argiles, sables) permettent l’expression de cépages variés, dominés par le cabernet sauvignon, le merlot et le cabernet franc pour les rouges, et le sauvignon blanc et le sémillon pour les blancs. L’histoire du vin bordelais s’enracine dans l’Antiquité, mais connaît un essor décisif au Moyen Âge avec le commerce vers l’Angleterre, puis au XVIIᵉ siècle grâce aux négociants hollandais. Le classement de 1855 consacre la renommée internationale des Grands Crus. Bordeaux demeure aujourd’hui un centre majeur du négoce et de l’exportation, avec une filière employant des dizaines de milliers de personnes. Le vin imprègne aussi la culture locale, illustrée par la Cité du Vin et de grands événements. Confrontés aux défis climatiques et économiques, les vins de Bordeaux évoluent entre tradition et innovation.Lire la suiteVins de Bordeaux
Selon le Shahnameh, Jamshid (en persan : جمشید, Jamshīd) est un shah légendaire appartenant à la dynastie des Pishdadiens de Perse. On lui attribue de nombreuses inventions dont la fondation de Nowruz. En Perse, le légendaire monarque Jamshid aurait introduit le vin par accident. Comme certains raisins avaient été conservés et fermentés, on pensait qu’ils étaient dangereux pour la vie…Lire la suiteJamshid et l’invention perse du vin
Le XIXe siècle Au XIXe siècle, les vins français atteignent des niveaux de notoriété et de prix inédits. À l’occasion de l’Exposition universelle de 1855, Napoléon III commande un classement officiel des vins de Bordeaux, destiné à guider les acheteurs et à hiérarchiser les crus. Mais ce siècle est également marqué par la plus grave crise de l’histoire de la…Lire la suitePetite histoire du vin [9]
Le XVIIIe siècle Le XVIIIe siècle correspond à l’âge d’or des grands vins européens, dont la renommée s’étend largement au-delà de leurs régions d’origine. S’imposent alors les vins de Tokaj, de Bordeaux, de Champagne, de Bourgogne, de Porto et de Toscane, ainsi que le célèbre Constantia sud-africain. Cette période est également marquée par des progrès techniques décisifs. L’usage maîtrisé du…Lire la suitePetite histoire du vin [8]
Le XVIIe siècle Le XVIIe siècle constitue une période charnière pour le vignoble bordelais, dont les premiers succès commerciaux remontent au Moyen Âge, lorsque Aliénor d’Aquitaine apporta son duché à la couronne d’Angleterre en épousant Henri Plantagenêt. Dans ce contexte, la famille de Pontac innove en produisant sur la propriété de Haut-Brion un vin d’un style nouveau, issu de macérations…Lire la suitePetite histoire du vin [7]
1492 L’année 1492 marque la (re)découverte du continent américain par les Européens et constitue un bouleversement majeur dans l’histoire des échanges intercontinentaux. Cette rencontre, souvent tragique, entre conquistadors et populations autochtones se traduit par des violences extrêmes, des mises en esclavage et un effondrement démographique sans précédent. Parallèlement à la conquête militaire et économique, l’Europe chrétienne envoie outre-Atlantique des ordres…Lire la suitePetite histoire du vin [6]
En 632 après J.-C. La mort du prophète Mohammed marque le début de l’expansion de l’Islam hors de la péninsule arabique. Cette conquête s’accompagne de l’application progressive des prescriptions coraniques, parmi lesquelles figure l’interdiction de la consommation d’alcool pour les fidèles musulmans. Dans de nombreuses régions du Proche-Orient et du Moyen-Orient, cette interdiction entraîne un recul significatif de la production…Lire la suitePetite histoire du vin [4]
La deuxième moitié du XXe siècle L’après Seconde Guerre mondiale voit le développement rapide de la recherche œnologique en Europe, entraînant d’importants progrès techniques dans la maîtrise des fermentations, l’hygiène des chais et l’élevage des vins.Paradoxalement, cette période est difficile pour l’économie des vins français de qualité, confrontés à une demande faible entre 1945 et le début des années 1980.…Lire la suitePetite histoire du vin [10]
Entre 1500 et 500 av J.-C. L’expansion de la « culture du vin » se propage à toutes les civilisations allant de la Mésopotamie au bassin méditerranéen (Egypte, Grèce, Rome…). Partout où il s’implante, le vin dépasse le simple statut de boisson pour devenir un élément central de la vie sociale, politique et religieuse. Il est utilisé lors des rites,…Lire la suitePetite histoire du vin [2]












