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Les Sapeurs

repère(s) :objet

La « sape » évoque d’abord le vêtement, mais elle désigne surtout un mouvement culturel emblématique né des deux côtés du fleuve Congo, à Brazzaville et à Kinshasa : la SAPE, acronyme de « Société des Créateurs d’Ambiance et des Personnes Élégantes ». Bienvenue dans l’univers des sapeurs, reconnaissables à leurs tenues éclatantes et à l’usage assumé de marques prestigieuses. Leurs origines remonteraient à plus d’un siècle, dans le sillage de la présence coloniale française et des échanges entre Afrique et Europe. D’abord fondée sur des vêtements de seconde main, la sape s’est affirmée comme un véritable enjeu de mode, de dignité et de représentation sociale. Elle permet de résister symboliquement à la pauvreté, de retrouver fierté et confiance en soi. Avec le temps, le mouvement s’est structuré, rassemblant aujourd’hui des milliers d’adeptes issus de tous les milieux : chauffeurs de taxi, forestiers, cadres, maçons, informaticiens, femmes au foyer… Les femmes y occupent désormais leur place, sous le nom de « sapeuses ». Mais la sape ne se réduit pas aux marques : elle est un art du comportement, une élégance morale. Le sapeur se veut gentleman, guidé par des règles quasi spirituelles, faisant de la SAPE une véritable philosophie de vie, porteuse de paix, d’esthétique et de respect.Lire la suiteLes Sapeurs

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Si tous les marchés du monde…

repère(s) :commerce

La bouteille circule sur un marché, et les marchés disent beaucoup de notre manière d’habiter le monde, car le commerce n’est pas qu’échange de biens, il est relation humaine. Des étals colorés d’Oaxaca aux marchés historiques d’Europe, des labyrinthes d’Asie aux bazars du Moyen-Orient, les marchés sont des lieux de transmission, de rencontres et de mémoire. On y échange des produits, mais aussi des gestes, des savoir-faire, des récits hérités de générations. Ils racontent la vie des cités autant que celle des marchands, mêlant les sens, le droit, la culture et l’économie. Le commerce y apparaît comme une mise en lien : entre producteurs et acheteurs, entre territoires lointains, entre passé et présent. Pourtant, cette dimension humaine peut se diluer lorsque l’échange se réduit à la seule logique du profit, oubliant la réciprocité, la confiance et la responsabilité. Les marchés rappellent que commercer, c’est reconnaître l’autre, négocier sans effacer la dignité, inscrire l’échange dans un tissu social vivant. Que disent-ils alors de l’épopée du commerce, sinon qu’elle oscille sans cesse entre humanité partagée et abstraction marchande ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « commerce » ?Lire la suiteSi tous les marchés du monde…

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Il s’appelait Nobel

repère(s) :paix

Immanuel Nobel (1801‑1872) fut un personnage hors du commun : architecte pour le gouvernement égyptien, inventeur du contreplaqué industriel, fabricant de mines sous-marines et de bateaux à vapeur, il passa vingt ans en Russie avant de faire faillite et de revenir en Suède. Son fils Alfred (1833‑1896) poursuivit les activités explosives familiales, coûtant tragiquement la vie à son jeune frère et à plusieurs ouvriers, mais parvint à stabiliser la nitroglycérine en inventant la dynamite, multipliant les brevets et la fortune, tout en traînant une sombre réputation. Lorsqu’un journal annonça sa mort à tort en 1888, cette erreur semble l’avoir inspiré à laisser une trace moins sinistre : à sa mort réelle en 1896, son testament institua une fondation philanthropique créant le Prix Nobel, décerné dès 1901 pour la paix, aux côtés de prix de littérature, chimie, médecine ou physique, les mathématiques étant quant à elles honorées par la Médaille Fields et le Prix Abel. Parmi les lauréats de la paix figurent Henri Dunant, Martin Luther King, Mère Teresa, Rigoberta Menchu, Muhammad Yunus, Nadia Murad et Denis Mukwege. Marie Curie est la seule à avoir été récompensée dans deux catégories, un exemple inspirant pour les talents émergents.Lire la suiteIl s’appelait Nobel

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Maurice

repère(s) :pouvoir

Maurice, île de l’océan Indien, a pour capitale Port-Louis. Découverte au 10e siècle, elle a été colonisée par les Néerlandais, puis les Français avant de devenir britannique en 1810. Maurice a accédé à l’indépendance en 1968 et adopté un système de république parlementaire avec un président comme chef de l’État. Le relief de l’île est varié, allant de plages de…Lire la suiteMaurice

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800 langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée

repère(s) :langue

Entre 5 000 et 7 000 langues sont parlées aujourd’hui dans le monde, mais la région du Pacifique se distingue de façon spectaculaire : malgré une population relativement faible, elle concentre une diversité linguistique exceptionnelle. On y compte plus de 200 langues aborigènes en Australie, environ 75 aux Îles Salomon, plus de 110 langues au Vanuatu pour moins de 300 000 habitants, et plus de 800 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un record mondial. Cette profusion s’explique souvent par la géographie : territoires montagneux, forêts denses, communautés longtemps isolées et autosuffisantes, favorisant l’émergence et le maintien de langues distinctes. Paradoxalement, le polyglottisme y est courant, beaucoup de personnes pratiquant plusieurs langues. Le pays a d’ailleurs retenu trois langues officielles pour faciliter la communication nationale. Cette situation linguistique s’inscrit dans une histoire humaine très ancienne : la région aurait été l’un des points les plus éloignés atteints par les premiers humains après leur sortie d’Afrique, il y a 60 000 à 50 000 ans, à l’époque où l’Australie et la Papouasie formaient un même continent. Les langues actuelles portent encore la trace de ces migrations, métissages et adaptations.Lire la suite800 langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée

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Gabon

repère(s) :pouvoir

Le Gabon, pays d’Afrique centrale, a pour capitale Libreville et son histoire remonte à l’ère précoloniale avec la présence de divers peuples autochtones. Colonisé par la France au XIXe siècle, le Gabon a accédé à l’indépendance le 17 août 1960. Il est une république avec un système politique marqué par des périodes de stabilité et de changements politiques. Le relief…Lire la suiteGabon

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La reine Njinga…

repère(s) :pouvoir

Nous voici dans les royaumes de Ndongo et de Matamba, en Angola. Le Ndongo apparaît au XIVe siècle, dirigé par le Ngola, titre à l’origine du nom du pays, avec pour capitale Kabasa, tandis que le Matamba voisin se forme au XVIe siècle. C’est dans ce contexte qu’émerge Njinga (1583-1663), fille du roi Kiluanji et sœur du redoutable Ngola Mbandi, arrivé au pouvoir par la violence. Diplomate habile, elle fut envoyée négocier avec les Portugais, alors engagés dans le commerce de l’or, de l’ivoire et des esclaves. Malgré un traité promettant restitution de territoires et libérations, les accords furent bafoués. À la mort mystérieuse de son frère, Njinga se proclama reine, se fit baptiser à Luanda sous le nom de Dona Ana de Souza, puis mena une politique mêlant ruse, alliances changeantes et guerre. Elle conquit le Matamba, résista aux Portugais, traita un temps avec les Hollandais et parvint en 1657 à préserver l’indépendance du Ndongo. Figure majeure de résistance, son nom, lié selon la tradition à un signe de naissance exceptionnel, reste symbole de fierté et de courage.Lire la suiteLa reine Njinga…

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Shaka kaSenzangakhona

repère(s) :pouvoir

Shaka kaSenzangakhona, plus connu sous le nom de Shaka Zoulou, était un chef militaire et fondateur du Royaume zoulou au début du XIXe siècle. Né vers 1787, Shaka a transformé les Zoulous d’une petite tribu en une puissante nation. Il a introduit des réformes militaires innovantes, remplaçant les tactiques traditionnelles par des stratégies plus offensives et la formation d’une redoutable…Lire la suiteShaka kaSenzangakhona

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Responsabilité, se promettre…

repère(s) :pouvoir

Face aux troubles et aux espérances de notre temps, la question de la responsabilité s’impose comme un défi central. De nombreuses cultures ont inscrit cette exigence dans des rites de passage marquant l’entrée dans l’âge adulte : assumer ses actes, répondre de soi devant les autres, s’engager dans la continuité du collectif. Qu’il s’agisse de rituels religieux, par ex. juifs, ou de cérémonies initiatiques, par ex. masais, ces seuils symbolisent l’accès à une responsabilité élargie, qui dépasse l’individu pour l’inscrire dans une communauté humaine. L’étymologie même du terme responsabilité renvoie à l’idée de promesse et d’engagement, de capacité à répondre et à se lier. Or, aujourd’hui, cette notion semble fragmentée : certains se revendiquent responsables de tout, d’autres se sentent écrasés par des fautes qui ne sont pas les leurs, tandis que beaucoup peinent déjà à répondre de leur propre existence. Où se situe alors l’équilibre entre responsabilité individuelle et responsabilité collective, entre héritage, solidarité et engagement choisi ? Comment transformer la responsabilité en un acte quotidien vivant, assumé, partagé, plutôt qu’en un fardeau abstrait ou un slogan moral ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « responsabilité »Lire la suiteResponsabilité, se promettre…

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Le Traité de Tordesillas

repère(s) :couper

Un Brésil faisant la part belle à la langue portugaise… Cuba, le Venezuela ou le Chili lui préférant le castillan… derrière cette géographie linguistique se cache une ligne tracée il y a plus de cinq siècles. Le traité de Tordesillas, signé le 7 juin 1494, fixa une ligne imaginaire de partage à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap-Vert, séparant les zones d’influence des deux puissances ibériques : tout ce qui était découvert à l’est revenait au Portugal, tout ce qui était à l’ouest à la Couronne de Castille. Cette démarcation, voulue pour apaiser les rivalités nées des grandes explorations, permit au Portugal de revendiquer la côte orientale du continent sud-américain après que Pedro Álvares Cabral y eut débarqué en 1500, donnant naissance à ce qui deviendrait le Brésil, tandis que les Espagnols développaient leurs empires dans les Caraïbes et sur les vastes terrains à l’ouest de la ligne. D’autres puissances coloniales comme la France, l’Angleterre ou les Provinces-Unies rejetèrent progressivement cette division, ouvrant la course à la colonisation mondiale.Lire la suiteLe Traité de Tordesillas

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La parenté à plaisanterie

repère(s) :sentiment

Et si se moquer permettait de se réconcilier ? Bienvenue dans le monde de la parenté à plaisanterie. Un exemple marquant eut lieu le 10 juin 2000 à la cathédrale de Ouagadougou, lors des funérailles nationales du cardinal Paul Zoungrana : des membres du groupe san, parents à plaisanterie des Mossi, interrompirent la cérémonie en tentant d’empêcher l’inhumation, provoquant stupeur et négociations avant la reprise du rituel. Cette pratique, appelée rakiré au Burkina Faso, est largement répandue en Afrique de l’Ouest et centrale. Elle structure les relations sociales entre individus, clans ou ethnies et repose sur des pactes anciens favorisant la paix. Le principe consiste à se railler, voire s’insulter selon des codes établis, sans jamais nuire. Mariages, marchés, champs ou funérailles peuvent en être le théâtre. Inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, elle vise à désamorcer les tensions et à renforcer la cohésion sociale. Ses origines sont débattues, certains la reliant à la vallée du Nil, d’autres à l’époque de l’empire du Mali.Lire la suiteLa parenté à plaisanterie

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Téranga, ou le sens de l’hospitalité…

repère(s) :sentiment

Au-delà du football et de l’expression « Lions de la Teranga », la téranga désigne au Sénégal une manière d’être au monde fondée sur l’hospitalité et la reconnaissance de l’autre. Plus qu’un simple accueil, elle exprime l’idée que nul n’est totalement étranger et que la relation précède souvent l’identité. Elle s’incarne dans le plat partagé, toujours prêt à recevoir un convive imprévu, dans l’attention portée à l’hôte de passage comme à celui qui s’installe, dans une générosité quotidienne faite de gestes simples. Issue d’une longue histoire de circulations, de brassages et d’échanges, nourrie par des héritages sociaux, politiques et religieux, la téranga a contribué à façonner une identité collective où accueillir engage autant celui qui reçoit que celui qui arrive. Elle propose ainsi une lecture de l’étranger non comme une menace, mais comme une relation à construire, impliquant des droits et des devoirs mutuels. À l’heure où les flux migratoires s’intensifient et où les frontières se durcissent, la téranga invite à déplacer le regard : non pour nier les tensions, mais pour rappeler que toute frontière interroge notre capacité à reconnaître l’autre comme partie prenante d’un monde commun. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de « l’étranger » ?Lire la suiteTéranga, ou le sens de l’hospitalité…

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Un bonjour ordinaire…

repère(s) :sentiment

« Bonjour » ! Un mot ordinaire en apparence, mais fondamental dans la relation humaine. À travers le monde, les salutations prennent des formes diverses et codifiées : en Inde, le namaste accompagne un geste des mains dont la hauteur marque le degré de respect et signifie « je m’incline devant le divin en toi » ; au Japon, le o-jigi obéit à une étiquette précise de révérences ; chez les Maoris, le hongi unit les fronts et les nez pour échanger le souffle de vie ; en Mongolie, le zolgolt consiste à se tenir les bras et se toucher les joues en demandant « êtes-vous en paix ? » ; aux Philippines, le mano rend hommage aux aînés. Ces gestes, si variés, expriment tous respect, reconnaissance et lien. Ils rappellent combien un « bonjour » sincère peut porter des vœux de paix, d’attention et de bienveillance. Dans ses mots, son regard et sa présence, il contient déjà les clés d’une relation d’équité et de partage, bien loin d’une formule machinale.Lire la suiteUn bonjour ordinaire…

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Je tiens mon affaire

repère(s) :écriture

Et si l’on partait à la rencontre des hiéroglyphes égyptiens ? Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, alors âgé d’une trentaine d’années, provoque un véritable séisme intellectuel en présentant devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sa lettre exposant le principe des hiéroglyphes phonétiques. Il met ainsi un terme à une énigme vieille de plus d’un millénaire, car l’écriture égyptienne, apparue plus de 3000 ans avant notre ère, avait été interdite en 391 et progressivement oubliée. La clé du déchiffrement résidait dans une pierre découverte en 1799 à Rosette, portant un même décret gravé en grec, en hiéroglyphes et en démotique. De nombreux savants s’y étaient essayés, mais Champollion comprit l’essentiel : l’écriture égyptienne est à la fois figurative, symbolique et phonétique. Son Précis du système hiéroglyphique paraît en 1824, ouvrant définitivement l’accès à la civilisation des pharaons. Conservateur au Louvre, voyageur en Italie puis en Égypte, il meurt en 1832, laissant un héritage scientifique majeur.Lire la suiteJe tiens mon affaire

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Ecrire en cherokee

repère(s) :écriture

Séquoia, quelle belle sonorité pour un arbre aux dimensions hors norme : jusqu’à cent mètres de haut, trente mètres de circonférence et parfois deux mille ans d’âge. Mais qui imaginerait que ce nom prestigieux pourrait être lié à un homme cherokee du tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles ? Sequoyah, né vers 1770 dans le Tennessee et devenu orfèvre en Alabama, fut fasciné par l’écriture après avoir observé un atelier d’imprimerie, alors même que sa communauté se méfiait de ces « feuilles parlantes ». D’abord tenté par un signe pour chaque mot, il comprit l’impasse et inventa un syllabaire, un signe par syllabe, soit 86 caractères. Raillé, parfois découragé, il parvint pourtant à démontrer l’efficacité de son système grâce à des exercices publics impliquant sa fille. Convaincue, la Nation cherokee adopta officiellement ce syllabaire en 1825, favorisant une alphabétisation rapide et la parution d’un journal bilingue. Une tradition veut qu’un botaniste européen ait ensuite donné le nom de « séquoia » à l’arbre en hommage à cet inventeur, même si l’étymologie reste discutée.Lire la suiteEcrire en cherokee

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bhodjpouri (lg)

repère(s) :

Le bhojpouri (bhodjpouri) est une langue indo-aryenne originaire du nord de l’Inde, principalement des régions du Bihar et de l’Uttar Pradesh. Elle est parlée par des millions de personnes en Inde ainsi que par les communautés issues de la diaspora indienne dans plusieurs pays, dont Maurice, le Suriname et les Fidji. Le bhojpouri est une langue vivante qui s’est transmise…Lire la suitebhodjpouri (lg)

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Des proverbes en swahili…

repère(s) :langue

Nahodha wengi, chombo huenda mrama : « Trop de capitaines et le vaisseau va sombrer. » Akili nyingi huondoa maarifa : « Trop d’intelligence chasse la sagesse. » Mtaka yote hukosa yote : « Celui qui veut tout rate tout. » Ces proverbes swahilis nous rappellent combien les langues sont des instruments précieux pour formuler et comprendre le monde, condensant en quelques sons des pensées et des sagesses millénaires. Le swahili, langue bantoue parlée dans une large partie de l’Afrique subsaharienne, révèle cette richesse à travers sa littérature, comme le Diwani ya Mnyampala de Mathias Eugen Mnyampala (1917-1969) : « Chaque chose en ce monde, même si c’est le Sultan, même si tu as reçu une médaille, tu n’as pas encore atteint la fin. Cela peut tomber à terre, et perdre sa valeur. Ne te réjouis pas au début, jusqu’à ce que tu atteignes la fin ». Tradition poétique oblige, les meilleurs poètes, les malenga, étaient reconnus pour leur maîtrise exemplaire de la langue. Aujourd’hui, des expressions comme Hakuna matata, littéralement « il n’y a pas de problème », popularisées mondialement, montrent que le swahili continue d’inspirer un véritable Carpe diem, philosophie de vie et de sérénité.Lire la suiteDes proverbes en swahili…

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Le pari du sango…

repère(s) :langue

Le sango devient langue officielle de la République centrafricaine en 1991 aux côtés du français, reconnu en 1963. Certains le qualifient de créole, d’autres le rattachent aux langues adamawa-oubanguiennes de la famille nigéro-congolaise. Le sango parlé autour de Mobaye et le long de l’Oubangui diffère de celui qui, sous influence européenne et au contact d’autres langues africaines, devient progressivement langue nationale par créolisation. À base lexicale ngbandi, il était d’abord utilisé par les opérateurs fluviaux avant de s’étendre avec Bangui. Durant la période coloniale, il joua un rôle clé dans l’évangélisation. Aujourd’hui, il reste la langue véhiculaire dominante parmi une centaine de langues, avec un travail lexical en cours et une orthographe officielle depuis 1984 incluant la notation des tons du sängö.Lire la suiteLe pari du sango…

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Une série de phonèmes…

repère(s) :sens

Les langues sont des assemblages de sons, dont les plus petits identifiables sont les phonèmes, éléments sonores de base. Leur nombre varie considérablement : le français compterait 36 phonèmes, l’anglais 44, tandis que certaines langues comme le pirahã du Brésil n’en ont que 10 à 13 et le rotokas de Bougainville 11 à 12. Le tahitien, parlé en Polynésie française et classé parmi les langues austronésiennes, compte cinq voyelles et neuf consonnes, distinguant voyelles courtes et longues, comme pāto et pato signifiant « cueillir » et « éclater ». Cette économie phonémique contraste avec d’autres langues plus complexes. Une étude de Quentin Atkinson suggère que la diversité phonémique décroît avec la distance à l’Afrique, maximale sur ce continent, moindre en Asie et Europe, plus faible en Amérique et minimale en Océanie, thèse qui reste controversée.Lire la suiteUne série de phonèmes…

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A la rencontre du portunhol…

repère(s) :langue

Le traité de Tordesillas, signé en 1494 entre l’Espagne et le Portugal sous l’égide pontificale, fixa une ligne de partage du monde à 370 lieues à l’ouest du Cap-Vert. Lorsque le Brésil fut atteint en 1500, il se retrouva du côté portugais, tandis que le reste de l’Amérique demeurait majoritairement sous domination espagnole. De cette division naquirent deux grandes aires linguistiques qui, au fil du temps, entrèrent en contact dans des zones frontalières, par les échanges et les mobilités. De ces rencontres est issue une variété hybride mêlant espagnol et portugais : le portuñol ou portunhol. Cette forme s’appuie sur une intercompréhension déjà élevée entre les deux langues et se développe surtout dans des contextes bilingues informels, parfois avec une forte créativité lexicale. Elle a même trouvé des expressions littéraires et populaires, intégrant parfois d’autres langues amérindiennes. Si certains y voient un enrichissement vivant et inventif, d’autres s’inquiètent d’une dilution possible des langues de référence. Entre crainte et fascination, le portuñol illustre ainsi la manière dont l’histoire, la géographie et les contacts humains façonnent des formes linguistiques nouvelles, dynamiques et profondément révélatrices des sociétés qui les portent.Lire la suiteA la rencontre du portunhol…