« Aux frontières de la Grande Arménie (…) il y a une fontaine d’où sourd une liqueur semblable à l’huile (…) point n’est bonne à manger, mais bonne à brûler et à soigner hommes et animaux… » : cette description étonnamment précise d’un gisement de pétrole nous vient d’un prisonnier peu ordinaire, le marchand et explorateur vénitien Marco Polo (1254-1324). Elle est extraite de son célèbre Livre des Merveilles, témoignage foisonnant des prodiges du monde à la fin du XIIIᵉ siècle. Avant lui, son père et son oncle avaient déjà voyagé vers l’Orient et rencontré Kubilaï Khan, souverain de l’Empire mongol, qui leur demanda de revenir avec cent prêtres et de l’huile du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Mais la chrétienté était alors sans pape après la mort de Clément IV ; ils repartirent finalement avec le jeune Marco, âgé de dix-sept ans. Ils empruntèrent les routes de la soie jusqu’à la cour impériale. Séduit par l’intelligence du jeune Vénitien, Kubilaï Khan en fit l’un de ses émissaires. Durant près de dix-sept ans, Marco parcourut l’Asie, de Zhangye à Hangzhou, de la Birmanie à l’Inde, avant de rentrer à Venise en 1295. Engagé dans la guerre contre Gênes, il fut capturé et emprisonné, dictant ses récits à Rustichello de Pise & donnant naissance à un immense succès médiéval.Lire la suiteMarco Polo et le Livre des merveilles
Pantopique : Pays-Asie
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
« Nakasendô » 中山道 La route centrale de la montagne中 山 道. Également appelée Kisokaidō 木曾街道 L’une des cinq routes de la période Edo. reliant Edo à Kyoto. Magome-juku 馬籠宿 quarante-troisième des soixante-neuf stations Lieu de naissance de l’auteur Shimazaki Tōson島崎 藤村 »Lire la suiteNakasendô
« Le calme au bord du lac » « Souvenirs d’été » « Chanson des quatre saisons »… Les routes mélodiques メロディーロード à Gunma… A l’origine, une sorte d’heureux hasard Les marques laissées par un bulldozer dans une route. Créant un air inattendu quand on roule dessus. Puis de nombreuses créations ici et là. Hokkaido, Shizuoka, Ehime, Oita… Et Gunma où de nombreuses routes ont été…Lire la suiteRoutes de la mélodie
Samarcande est l’une des plus anciennes cités d’Asie centrale, située dans la vallée de Zeravchan, en Ouzbékistan. Célèbre pour son riche patrimoine historique et architectural, elle a été un important centre commercial et culturel sur la Route de la Soie. Samarkand abrite des monuments emblématiques tels que la Place du Régistan, ornée de majestueuses madrasas et de la mosquée Bibi-Khanym.…Lire la suiteSamarcande
En 2007 fut lancée une initiative mondiale visant à revisiter le concept des « Sept merveilles du monde », constatant que parmi les merveilles antiques, seule la pyramide de Khéops subsiste encore aujourd’hui. Les autres ont disparu au fil des siècles, victimes d’incendies, de pillages, de séismes ou du temps : la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, le temple d’Artémis à Éphèse, les énigmatiques jardins suspendus de Babylone, le mausolée d’Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie. Le vote planétaire de 2007 a ainsi consacré sept nouveaux sites emblématiques : le Colisée de Rome, le Taj Mahal, la Grande Muraille, Pétra, Chichén Itzá, le Machu Picchu et le Christ Rédempteur de Rio. Cette liste, forcément subjective, rappelle surtout l’extraordinaire richesse du patrimoine mondial et la difficulté de le réduire à quelques symboles.Lire la suiteLes sept merveilles…
Ginza 銀座 – Un quartier de Tokyo, quartier huppé situé au cœur de Tokyo, au Japon, renommé pour ses boutiques de luxe, ses grands magasins, ses restaurants élégants et sa vie nocturne animée. C’est l’un des districts les plus prestigieux de la capitale japonaise, où se côtoient des marques de mode de renom, des galeries d’art, des théâtres et des…Lire la suiteGinza
En 1859, le naturaliste français Henri Mouhot s’enfonce dans la jungle cambodgienne et découvre, au fil d’une végétation dense, d’imposantes ruines de pierre : l’ancienne cité d’Angkor. Salué comme son « redécouvreur », il n’en fut pourtant ni le premier ni le seul témoin, car le site n’avait jamais totalement disparu de la mémoire locale. Capitale de l’empire khmer du IXe au XVe siècle, Angkor connut cinq siècles d’essor avant sa chute en 1431 face au royaume d’Ayutthaya. Son architecture remarquable se distingue par les temples-montagnes, pyramides symbolisant le mont Meru, centre de l’univers dans l’hindouisme, tandis que le bouddhisme y laissa aussi son empreinte, notamment avec les visages souriants et compassionnels du Bayon. La puissance d’Angkor reposait enfin sur une maîtrise exceptionnelle de l’eau, grâce à d’immenses réservoirs et canaux exploitant la mousson. Si centrale pour l’identité khmère, Angkor Vat figure encore aujourd’hui sur le drapeau du Cambodge. Morale de l’histoire : en observant les grandes cités du passé, nous trouvons souvent des clés précieuses pour penser nos propres défis urbains.Lire la suiteAngkor et les temples-montagnes
Le Burj Khalifa est une imposante tour située à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Conçu par l’architecte Adrian Smith de Skidmore, Owings & Merrill, sa construction a débuté en 2004 et s’est achevée en 2010, avec une inauguration officielle le 4 janvier 2010. Avec une hauteur totale de 828 mètres, le Burj Khalifa est à sa création le plus haut…Lire la suiteBurj Khalifa
Leh (གླེ་) est la capitale historique et culturelle du Ladakh. Située sur une ancienne route commerciale transhimalayenne, la ville fut pendant des siècles un carrefour majeur entre le Tibet, l’Asie centrale et le Cachemire. Les caravanes y faisaient halte, échangeant laine, sel, épices et pierres précieuses. Dominant la ville, le palais royal de Leh rappelle la puissance passée des souverains…Lire la suiteLeh
Et si nous nous aventurions sur le plus grand monument du monde ? Cheminant à travers des paysages saisissants, franchissant montagnes, plaines et déserts, il est surnommé « le mur long de 10 000 li » 万里长城 (Wànlǐ Chángchéng). Un li valant environ 500 m, cela évoque 5 000 km, mais sa longueur réelle, en incluant toutes ses sections, serait trois à quatre fois supérieure : tel est le destin exceptionnel de la Grande Muraille de Chine. Ses premières constructions remontent aux périodes des Printemps et Automnes 春秋 puis des Royaumes combattants 战国, avant d’être unifiées par le Premier Empereur. Aujourd’hui, elle traverse neuf provinces et municipalités. Les vestiges visibles datent surtout de la dynastie Ming 明朝 (1368-1644), les Qing 清朝 s’en étant détournés après leur prise de pouvoir en 1644 à la passe de Shanhai 山海关. Qin Shihuang 秦始皇 (221-207 av. J.-C.), célèbre pour l’armée de terre cuite de Xi’an 西安, voulait protéger la frontière nord. De nombreuses légendes entourent sa construction, dont celle d’une épouse dont les larmes firent s’effondrer un pan du mur sous les Tang 唐朝 (…)Lire la suiteLe mur aux dix mille li…
L’Aksai Chin ཨག་སའི་ཆིན་ est un vaste plateau désertique de haute altitude situé à l’est du Ladakh. Peu hospitalier et presque inhabité, il a pourtant acquis une importance stratégique majeure au XXᵉ siècle. Historiquement, cette région était parcourue par des nomades et quelques caravanes reliant le Ladakh au Tibet. Son éloignement et son absence de population permanente expliquent en partie la…Lire la suiteAksai Chin
« Teru teru bôzu » « »Shine shine monk » ». Une petite poupée traditionnelle faite à la main Pour faire venir le beau temps ou arrêter la pluie Il y a un warabe uta Chanson pour enfants (1921) Une chanson traditionnelle japonaise Écrit par Kyoson Asahara Et composé par Shinpei Nakayama Shinpei Nakayama (1887 – 1952) Né à Nagano Nakano-city Teru-teru-bōzu, teru bōzu (Teru-teru-bōzu,…Lire la suiteTeru teru bôzu
Le mont Ararat est un volcan dormant situé à la frontière entre la Turquie et l’Arménie. Culminant à environ 5 137 mètres, il est la plus haute montagne de Turquie. Le mont Ararat occupe une place importante dans la tradition biblique, étant traditionnellement associé au lieu où l’arche de Noé aurait échoué après le déluge, selon la Bible. Le sommet…Lire la suiteArarat (Mont)
Les lieux se nomment selon l’histoire, les langues en contact et les cultures, chaque toponyme portant un pouvoir révélateur de choix, d’usages et d’étymologies. Ainsi, le « toit du monde » suscite débats et variations : le géographe britannique George Everest donna son nom au sommet qu’il mesura, alors que l’Inde honore Radhanath Sikdar, premier à l’avoir identifié précisément en 1852. La Chine le nomme Zhūmùlǎngmǎ Fēng ou Shèngmǔ Fēng, le Népal Sagarmāthā, « tête du ciel », et le Tibet Qomolangma ou Chomolungma, en tibétain ཇོ་མོ་གླིང་མ. Chaque désignation reflète l’histoire, la langue et la culture locales, tandis que l’écriture tibétaine elle-même fut mise au point par Thonmi Sambhota sous le roi Songtsen Gampo, inspirée des modèles indiens et adaptée pour transcrire avec élégance la langue tibétaine.Lire la suiteNommer une montagne…
Selon la légende, Midas, roi de Phrygie, reçut de Dionysos le don de transformer en or tout ce qu’il touchait, faveur qui se révéla une malédiction puisqu’il ne pouvait plus ni manger ni boire. Libéré après s’être baigné dans le fleuve Pactole, celui-ci aurait dès lors charié de l’or, enrichissant la Lydie et son roi Crésus au VIe siècle av. J.-C. Rendu vaniteux par sa fortune, Crésus interrogea le sage Solon sur le plus heureux des hommes ; celui-ci répondit que seul le temps permettait d’en juger. Offensé, Crésus le congédia. Les années confirmèrent pourtant l’avertissement : son fils Atys mourut à la chasse, puis la Lydie entra en guerre contre la Perse de Cyrus. Malgré des oracles jugés favorables, Sardes tomba et Crésus fut capturé. Sa fin demeure incertaine : exécuté selon certains, épargné selon d’autres après avoir invoqué le nom de Solon, devenant même conseiller de Cyrus. Crésus fut le dernier roi de la dynastie des Mermnades.Lire la suiteRiche comme Crésus
La question de l’énergie traverse nos vies et nos sociétés, tout autant que nos cultures et nos corps. Dès l’aube, le soleil nous invite à puiser en nous cette force vitale que l’on nomme énergie, et que certaines traditions comme le tàijí quán, le qìgōng ou le yoga ont explorée depuis des siècles à travers la respiration, le mouvement, la concentration et l’endurance. Les systèmes humains et naturels obéissent aux mêmes principes : chaque flux doit être équilibré, chaque effort mesuré. Pourtant, nos sociétés modernes ont trop souvent traité l’énergie comme un bien illimité, qu’il s’agisse des combustibles fossiles ou de la surconsommation numérique : archiver tout, connecter tout, envoyer des flux incessants, sans penser aux coûts réels, écologiques et humains. Les nouvelles sources « propres » sont une réponse nécessaire, mais insuffisante si nous ne repensons pas notre rapport même à l’énergie, à sa présence et à ses usages. Avant de chercher des solutions techniques, il faut d’abord interroger ce que nous entendons par « énergie » : force, mouvement, puissance, équilibre, vitalité, conscience de nos limites et de notre responsabilité collective.Lire la suiteÉnergie disponible, énergie utile…
La bouteille en plastique, dès sa naissance, est promise à la fin de son cycle de vie : parfois recyclée, souvent rejetée, elle rejoint trop fréquemment la masse des déchets. Cette logique interroge notre rapport au gaspillage, que certaines cultures ont longuement questionné. Au Japon, le terme mottainai exprime à la fois « quel gâchis » et une invitation morale à respecter les ressources. Hérité notamment de l’époque d’Edo, il s’applique aux objets du quotidien : jeter des sandales pour une lanière cassée, un vêtement devenu trop grand ou une tasse fissurée serait mottainai. Cette éthique se prolonge dans des pratiques comme le furoshiki, tissu réutilisable pour transporter ou emballer, ou le kintsugi, art de réparer les poteries en valorisant leurs fêlures plutôt qu’en les dissimulant. Autant de rappels qu’une autre relation aux objets, aux matières et à l’environnement est possible, fondée sur la sobriété, la gratitude et la réparation plutôt que sur l’abandon. Face à l’ampleur des déchets contemporains, cette sagesse invite à repenser nos usages et nos responsabilités. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « déchet » ?Lire la suiteMottainai : Quel gaspillage !
Bien des gestes quotidiens reposent sur une idée parfois biaisée du confort et du bien-être, dont les effets sur notre épanouissement et sur l’environnement méritent d’être interrogés. Un détour par la Corée, en plein hiver, éclaire cette réflexion avec le ondol, système traditionnel de chauffage par le sol où la chaleur se diffuse doucement dans l’espace. Héritier de techniques très anciennes, fondées sur l’ingéniosité des conduits, de la pierre chauffée et de la circulation de l’air, il a façonné des modes de vie invitant à s’asseoir au sol, à ralentir, à habiter la chaleur plutôt qu’à la consommer. Ce modèle rappelle que le confort ne se réduit pas à la performance technique ou à l’abondance énergétique, mais s’inscrit dans un rapport mesuré aux ressources, aux usages et au corps. À l’heure où nos sociétés redéfinissent leurs besoins face aux limites écologiques, la question demeure : saurons-nous discerner ce qui relève d’un bien-être véritable, physique et psychique, et accepter d’en mesurer le coût, notamment environnemental ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du bien-être ?Lire la suiteLe ondol, ou le bien-être par le sol…
Les Guanches, ancienne population des îles Canaries, ont disparu au 16e siècle mais ont légué une part de leur culture, notamment la langue sifflée silbo pratiquée aujourd’hui par les Gomeros, héritiers de cette tradition. Initialement berbère, le silbo moderne s’appuie sur l’espagnol, « silbo » signifiant « sifflement ». Des systèmes comparables existent ailleurs pour communiquer sur de longues distances : à Kuşköy en Turquie, la « langue des oiseaux » est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2017 ; dans le Béarn, le village d’Aas conserve un béarnais sifflé ; au Mexique, certaines communautés mazatèques utilisent aussi des formes sifflées. Selon Julien Meyer, toutes les langues peuvent être sifflées, même si c’est plus complexe pour les langues tonales comme le chinois, où la mélodie influence le sens et le langage sifflé devient plus stéréotypé.Lire la suiteSiffler aux Canaries…
Selon le Shahnameh, Jamshid (en persan : جمشید, Jamshīd) est un shah légendaire appartenant à la dynastie des Pishdadiens de Perse. On lui attribue de nombreuses inventions dont la fondation de Nowruz. En Perse, le légendaire monarque Jamshid aurait introduit le vin par accident. Comme certains raisins avaient été conservés et fermentés, on pensait qu’ils étaient dangereux pour la vie…Lire la suiteJamshid et l’invention perse du vin



















