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Responsabilité, se promettre…

repère(s) :pouvoir

Face aux troubles et aux espérances de notre temps, la question de la responsabilité s’impose comme un défi central. De nombreuses cultures ont inscrit cette exigence dans des rites de passage marquant l’entrée dans l’âge adulte : assumer ses actes, répondre de soi devant les autres, s’engager dans la continuité du collectif. Qu’il s’agisse de rituels religieux, par ex. juifs, ou de cérémonies initiatiques, par ex. masais, ces seuils symbolisent l’accès à une responsabilité élargie, qui dépasse l’individu pour l’inscrire dans une communauté humaine. L’étymologie même du terme responsabilité renvoie à l’idée de promesse et d’engagement, de capacité à répondre et à se lier. Or, aujourd’hui, cette notion semble fragmentée : certains se revendiquent responsables de tout, d’autres se sentent écrasés par des fautes qui ne sont pas les leurs, tandis que beaucoup peinent déjà à répondre de leur propre existence. Où se situe alors l’équilibre entre responsabilité individuelle et responsabilité collective, entre héritage, solidarité et engagement choisi ? Comment transformer la responsabilité en un acte quotidien vivant, assumé, partagé, plutôt qu’en un fardeau abstrait ou un slogan moral ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « responsabilité »Lire la suiteResponsabilité, se promettre…

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Organopónicos, au cœur de la cité…

repère(s) :métier

L’agriculture, au cœur des équilibres alimentaires, concentre nos contradictions collectives. On l’exalte pour son rôle vital, on la dénigre pour certaines dérives productivistes, tout en exigeant toujours plus, toujours moins cher, sans en assumer les conséquences. Comment en sommes-nous arrivés à oublier celles et ceux dont dépend notre subsistance ? Une éducation réelle à la terre, impliquant un temps long auprès des paysans, permettrait sans doute de renouer avec les lois du vivant et le respect qu’elles imposent. À travers des contextes très contraints, des réponses inventives ont pourtant émergé. À Cuba, la pénurie alimentaire liée à l’embargo et à l’effondrement du soutien soviétique a favorisé le développement des organopónicos : des systèmes de cultures urbaines surélevées, enrichies en matière organique, portées par des habitants devenus producteurs. Ces espaces, à la fois lieux de production, de lien social et d’expérimentation, ont contribué à la résilience alimentaire locale. Des innovations modestes, nées de la contrainte, rappellent que l’agriculture n’est pas qu’une technique mais un rapport fondamental à la terre et au collectif. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de l’agriculture ?Lire la suiteOrganopónicos, au cœur de la cité…

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La sortie [Ligne]

repère(s) :

Sortir du labyrinthe ou du puits de jugement commence rarement par une solution.
Cela commence par une prise de conscience, souvent à travers le langage.
Marshall Rosenberg, avec la communication non violente, nous rappelle que les mots que nous utilisons façonnent l’espace relationnel.
Ils révèlent où nous nous situons : blâme, certitude, généralisation, ou curiosité, question, possibilité.
Changer de langage ne nie pas la peur, mais ouvre un espace.
C’est souvent là que commence le passage au-dessus de la ligne.
Une question sincère vaut parfois mieux qu’une bonne réponse.

Le langage devient ici :
– le premier geste observable
– la porte de sortie du labyrinthe
– un acte de responsabilité relationnelle

Référence :
Marshall Rosenberg – Nonviolent Communication

– LANGAGE – Parole – Sens
– PSYCHOLOGIE – Conscience – Peur
– EDUCATION – Apprentissage – Question
– ETHIQUE – Responsabilité – Choix
– SOCIETE – Dialogue – CoopérationLire la suiteLa sortie [Ligne]

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Des unités de mesure en chinois…

repère(s) :nombre

Dans certaines langues, compter ne se limite pas à associer un nombre à un objet ou un phénomène (« 15 crayons », « 2 idées ») : certaines nécessitent des classificateurs, mots insérés entre le chiffre et le nom, adaptés à la catégorie de l’objet ou du phénomène (« 15 – classificateur – crayons »). En chinois, ces liàngcí 量词 servent à dénombrer de manière précise et catégorisée, et leur maîtrise demande une certaine gymnastique mentale. Quelques exemples : 位 wèi pour les personnes de façon polie, 条 tiáo pour ce qui est long ou fin (routes, poissons…), 件 jiàn pour vêtements ou événements, 张 zhāng pour objets plats (table, papier, photo), 只 zhī pour certains animaux ou parties du corps, 本 běn pour livres ou magazines, 辆 liàng pour véhicules. En cas d’incertitude, 个 gè peut souvent remplacer un classificateur, bien que réservé aux êtres humains dans un registre moins formel. Ainsi, pour les exemples donnés : 3 oiseaux → 3只鸟 zhǐ niǎo, 4 manteaux → 4件外套 jiàn wàitào, 5 camions → 5辆卡车 liàng kǎchē, 6 tableaux → 6张桌子 zhāng zhuōzi, 8 personnes → 8个人/8位人 gèrén/wèi rén, 2 routes → 2条路 tiáo lù.Lire la suiteDes unités de mesure en chinois…

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Lagom, c’est le mieux…

repère(s) :nombre

Face aux centaines de millions de tonnes de déchets plastiques dans les océans et aux chiffres vertigineux qui saturent notre perception, se pose la question du sens et de la juste mesure. En Suède, le principe du lagom invite à agir « ni trop ni trop peu », à rechercher une forme de justesse et de modération applicable à la vie quotidienne comme aux affaires. Difficile à traduire, il évoque l’idée de ce qui est suffisant, équilibré, adapté au contexte et aux autres. Au-delà de cette notion culturelle, c’est bien la mesure qui traverse l’existence humaine : celle qui permet de combler les manques, de contenir les excès et de préserver les équilibres. À l’heure où notre époque se complaît dans l’avalanche des grands nombres et leur lecture abstraite ou marchande, ne gagnerions-nous pas à revenir à une échelle plus humaine, attentive aux situations singulières, aux objets, aux personnes, à ce qu’ils représentent d’irréductible ? Peut-être est-ce en réapprenant à mesurer autrement que nous pourrons mieux respecter, partager et agir avec justice. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la mesure ?Lire la suiteLagom, c’est le mieux…

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La politesse et les registres de langue en thaï…

repère(s) :sentiment

En Thaïlande, la salutation courante est สวัสดี sawattdii, à laquelle s’ajoutent les particules de politesse selon le genre : khrap pour les hommes, kha pour les femmes, de même pour « merci » : ขอบคุณครับ korp koon khrap et ขอบคุณค่ะ korp koon kha. Le thaï est une langue isolante où les mots sont invariables et tonale, comprenant cinq tons : bas, médian, haut, descendant et ascendant. Il existe un vocabulaire honorifique, rachasap, utilisé notamment avec la famille royale depuis le XIVᵉ siècle. La capitale, Bangkok, est en réalité Krung Thep Maha Nakhon, dont le nom complet décrit poétiquement « la ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, capitale imprenable du dieu Indra, ville heureuse aux neuf pierres précieuses et au Palais Royal céleste », nom réputé le plus long au monde. L’écriture thaïe a été élaborée au XIIIᵉ siècle par le roi Rama Kamhaeng.Lire la suiteLa politesse et les registres de langue en thaï…

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Ho’oponopono, la réconciliation…

repère(s) :sentiment

Il n’est jamais simple de renoncer à ce que l’on croit nous être dû ou possible, pourtant c’est un apprentissage nécessaire, car comprendre la valeur profonde d’un tel renoncement éclaire autant notre bien-être que celui des autres. À quoi doit-on renoncer ? Le proverbe hawaïen « Kahuna Nui Hale Kealohalani Makua » invite à aimer tout ce que l’on voit, y compris soi-même, et cette perspective rejoint le ho’oponopono, pratique de pardon et de réconciliation qui consiste à « mettre les choses en ordre » avec les ancêtres, le groupe ou soi-même. En Polynésie, un comportement malveillant n’est jamais sans conséquence : il perturbe l’équilibre personnel et collectif, d’où l’importance de la pénitence et du dépassement de la faute par le repentir, le pardon, la gratitude et l’amour. Combien de situations humaines pourraient bénéficier de ce processus, permettant de dépasser la culpabilité et de puiser dans les sagesses anciennes une capacité de renoncement qui devrait guider notre monde contemporain saturé d’excès et d’erreurs ? Interrogeons alors notre conception du « renoncement » et la manière dont il peut devenir un principe actif de réconciliation et d’harmonie.Lire la suiteHo’oponopono, la réconciliation…

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Un Bonheur Intérieur Brut

repère(s) :bonheur

Petit royaume enclavé de l’Himalaya, le Bhoutan se reconnaît à son drapeau orné du dragon Druk, référence à son nom en dzongkha, Druk Yul, la « terre du dragon tonnerre ». Monarchie constitutionnelle, il a pour capitale Thimphou, perchée à 2 300 mètres d’altitude. Majoritairement bouddhiste vajrayāna, avec une importante minorité hindoue, le pays s’est rendu célèbre par une idée singulière : mesurer le bonheur. En 1972, une initiative royale donna naissance au Bonheur Intérieur Brut (BIB), conçu comme une alternative au PIB jugé trop réducteur. Ce nouvel indicateur repose sur quatre piliers : un développement durable et équitable, la préservation des cultures, la protection de l’environnement et une gouvernance responsable intégrant santé, éducation et bien-être. Selon le Centre d’études bhoutanaises, le bonheur reste une expérience individuelle, mais sa gestion collective y contribue fortement. Intégré à la Constitution en 2008, le BIB inspira ensuite l’Organisation des Nations unies, qui institua en 2012 la Journée mondiale du bonheur, célébrée chaque 20 mars.Lire la suiteUn Bonheur Intérieur Brut

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Au bout du chemin ?…

repère(s) :bonheur

Songeons au bonheur : qu’est-ce qui donne sens à la vie, comment le définissons-nous, et dans quel océan de contradictions nous trouvons-nous balloté·es ? Au Bhoutan, en 1972, le roi Jigme Singye Wangchuck proposa un indice inédit, le « bonheur intérieur brut », རྒྱལ་ཡོངས་དགའ་སྐྱིད་དཔལ་འཛོམས་ / rgyal-yongs dga’a-skyid dpal-‘dzoms, visant à mesurer non pas le seul revenu mais le bien-être global. Revisité en 2011, il scrute 33 indicateurs couvrant la santé, l’éducation, la vitalité des communautés, la diversité écologique, l’économie, l’information, et bien d’autres secteurs, rappelant que le bonheur n’est pas au bout du chemin, mais le chemin lui-même. Cette démarche invite à questionner la course effrénée vers le plaisir matériel et à repenser nos sociétés autour de la solidarité, de la conscience commune et de critères durables, qu’il s’agisse de CO2, d’inégalités ou d’espérance de vie, afin de construire un monde où le bonheur ne se mesure pas seulement en possessions, mais dans la qualité de notre vie collective et individuelle.Lire la suiteAu bout du chemin ?…

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Narcisse

repère(s) :apparence

Narcisse (Grec : Νάρκισσος Nárkissos) – Figure de la mythologie grecque célèbre pour son extraordinaire beauté et sa triste destinée. Fils du dieu-fleuve Céphise et de la nymphe Liriope, il est souvent décrit comme un jeune homme d’une beauté exceptionnelle. Un jour, il tombe amoureux de sa propre image reflétée dans l’eau d’une source. Captivé par sa propre apparence, il…Lire la suiteNarcisse

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D’un clavier à l’autre

repère(s) :écriture

Si QWERTY et AZERTY ont conquis le monde, qu’en est-il du clavier Dvorak ? Conçu dans les années 1930 par August Dvorak, professeur de psychologie à l’université de Washington à Seattle, il optimisait la saisie en anglais, mais peina à s’imposer face à la forte concurrence de QWERTY. Cette dernière fut inventée par Christopher Latham Sholes (1819-1890), imprimeur et éditeur de Pennsylvanie, qui déposa de nombreux brevets pour machines à écrire. Après un échec des premières machines alphabétiques, son clavier QWERTY, développé pour Remington en 1873, rencontra un énorme succès. QWERTY ? Selon la tradition, Sholes éloigna certaines lettres fréquemment successives pour éviter le blocage des tiges, ou plaça la ligne supérieure pour taper « typewriter » facilement, utile aux démonstrateurs ; d’autres chercheurs, en 2011, y voient une influence des télégraphistes travaillant en morse. D’autres dispositions ont vu le jour : AZERTY, QWERTZ, et même KALQ pour la frappe au pouce. Morale : la prochaine fois que vous tapez, interrogez-vous sur le clavier le plus approprié, ancien ou à inventer.Lire la suiteD’un clavier à l’autre

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Ecrire en cherokee

repère(s) :écriture

Séquoia, quelle belle sonorité pour un arbre aux dimensions hors norme : jusqu’à cent mètres de haut, trente mètres de circonférence et parfois deux mille ans d’âge. Mais qui imaginerait que ce nom prestigieux pourrait être lié à un homme cherokee du tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles ? Sequoyah, né vers 1770 dans le Tennessee et devenu orfèvre en Alabama, fut fasciné par l’écriture après avoir observé un atelier d’imprimerie, alors même que sa communauté se méfiait de ces « feuilles parlantes ». D’abord tenté par un signe pour chaque mot, il comprit l’impasse et inventa un syllabaire, un signe par syllabe, soit 86 caractères. Raillé, parfois découragé, il parvint pourtant à démontrer l’efficacité de son système grâce à des exercices publics impliquant sa fille. Convaincue, la Nation cherokee adopta officiellement ce syllabaire en 1825, favorisant une alphabétisation rapide et la parution d’un journal bilingue. Une tradition veut qu’un botaniste européen ait ensuite donné le nom de « séquoia » à l’arbre en hommage à cet inventeur, même si l’étymologie reste discutée.Lire la suiteEcrire en cherokee

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Rongorongo

repère(s) :écriture

Le rongorongo est un système d’écriture énigmatique découvert sur Rapa Nui. Les inscriptions de rongorongo sont gravées sur des tablettes en bois avec des symboles complexes et stylisés. La signification de ce système d’écriture reste largement indéchiffrée, et peu d’informations sont disponibles sur la façon dont il était utilisé. Les tablettes de rongorongo sont rares et précieuses, représentant un mystère…Lire la suiteRongorongo

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Apprendre l’alphasyllabaire inuktitut…

repère(s) :écriture

Quelques sons scandés comme une litanie – « i pi ti ki… u pu tu ku… a pa ta ka… » – nous projettent dans l’univers linguistique de l’inuktitut et de son alphasyllabaire. Les langues inuites, appartenant à la famille eskimo-aléoute, sont parlées de l’Alaska au Canada, où l’inuktitut adopte au XIXe siècle un syllabaire ingénieux. Son origine remonte aux années 1830, lorsqu’un missionnaire élabora un système fondé sur quelques signes de base dont l’orientation indique la voyelle, formant ainsi des syllabes simples et efficaces. D’abord transmis sur écorce de bouleau à la suie, ce procédé circula ensuite chez différents peuples autochtones avant d’être adapté au monde inuit. Facile à apprendre, parfaitement ajusté aux sons de la langue, il contribua largement à l’alphabétisation et à la transmission des savoirs. Aujourd’hui encore, les Inuits utilisent ce syllabaire, nommé qaniujaaqpait, parallèlement à l’alphabet latin, appelé qaliujaaqpait, témoignant d’une remarquable rencontre entre invention graphique, adaptation culturelle et vitalité linguistique.Lire la suiteApprendre l’alphasyllabaire inuktitut…

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Créer l’alphabet coréen…

repère(s) :écriture

L’alphabet coréen, ou hangeul, est reconnu pour sa capacité à restituer fidèlement les sons du coréen, chaque lettre ayant été conçue en s’inspirant des positions de la langue, des lèvres et des dents. Il comprend 14 consonnes et 10 voyelles de base, complétées par 16 autres lettres comme « pp » ᄈ, « e » ㅔ ou « wa » ㅘ, appelées jamos. Consonnes et voyelles s’assemblent pour former des syllabes, par exemple 평 pyeong combine ㅍ « p », ㅕ « yeo » et ㅇ « ng », tandis que 화 hwa réunit ㅎ « h » et ㅘ « wa ». Créé en 1443 par le roi Sejong 세종대왕 pour faciliter l’éducation du peuple, le hangeul fut célébré par le Yongbieocheonga, « Le Chant des Dragons Volant dans le Ciel », dont le chapitre 2 affirme : « L’arbre dont la racine est profonde ne se balance pas au vent… L’eau dont la source est profonde ne tarit pas… » Malgré son ingéniosité, des lettrés formés au chinois s’opposèrent vivement à cette écriture jugée trop simple, la qualifiant « d’écriture d’une matinée » et doutant qu’elle puisse jamais supplanter la maîtrise du chinois, garante de sérieux et de prestige.Lire la suiteCréer l’alphabet coréen…

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Le cia-cia et l’idée coréenne…

repère(s) :écriture

L’île de Buton, en Indonésie, dans la province de Sulawesi du Sud-Est, abrite la ville de Bau-Bau avec son vaste palais à douze portes. Parmi les langues locales se trouve le cia-cia, austronésienne sans écriture propre, dont le nom signifie « non-non ». En 2009, la communauté adopta l’alphabet coréen, hangeul, pour transcrire le bahasa jjiajjia, étonnant choix à 15 heures de vol de Séoul. Ce n’était pas une première tentative : le cia-cia avait été écrit en gundhul, proche du jawi, avant l’usage de l’alphabet latin. La Constitution indonésienne rejeta cette initiative en 2012, imposant la transcription latine pour toutes les langues du pays. Cette expérience montre que l’écriture n’est jamais neutre et que les choix linguistiques reflètent autant des héritages que des possibles futurs inattendus.Lire la suiteLe cia-cia et l’idée coréenne…

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Cang Jie

repère(s) :écriture

Cang Jie 仓颉 – Figure légendaire de l’histoire chinoise, traditionnellement créditée de l’invention des caractères chinois ou de l’écriture chinoise vers le XXIIIe siècle av. J.-C. Selon la légende, Cang Jie aurait été inspiré par les empreintes laissées par les pattes d’oiseaux et d’animaux pour développer un système d’écriture plus expressif et complexe. Sa contribution aurait considérablement amélioré la communication…Lire la suiteCang Jie

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Alexandre de Rhodes

repère(s) :écriture

Prêtre jésuite français, missionnaire, linguiste et lexicographe (1591-1660). Il est surtout connu pour son travail missionnaire au Vietnam et pour son rôle dans le développement du système d’écriture romanisé du vietnamien, connu sous le nom de quốc ngữ. Son dictionnaire et sa grammaire vietnamienne, publiés en 1651, ont été des contributions majeures à l’étude de la langue vietnamienne. Rhodes a…Lire la suiteAlexandre de Rhodes

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Radicaux de Kangxi (214)

repère(s) :écriture

Les 214 radicaux Kangxi (康熙部首) constituent le système de classification traditionnel des caractères chinois fondé sur les bùshǒu (部首), littéralement « têtes de section », servant à organiser les entrées des dictionnaires. Établi dans le célèbre Dictionnaire Kangxi, publié en 1716 sous le règne de l’empereur Kangxi, ce système recense 214 éléments graphiques récurrents, traits simples, clés sémantiques ou composants…Lire la suiteRadicaux de Kangxi (214)

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L’épopée de Manas

repère(s) :récit

Au cœur de l’Asie centrale, le Kirghizistan est un pays très montagneux, divisé en sept régions, dont la capitale est Bichkek ; l’islam sunnite y est majoritaire. Les Kirghizes seraient originaires du haut Ienisseï, d’où ils seraient descendus au IXe siècle. On y parle le kirghize, langue turcique transcrite en alphabet cyrillique, officielle aux côtés du russe. Le nom du pays serait lié au nombre quarante, kırk en kirghize, symbole présent sur le drapeau et au cœur de l’épopée de Manas, récit fondateur attribuant quarante compagnons au héros national. Cette épopée monumentale, plus longue que le Mahabharata, se divise en trois parties consacrées à Manas, à son fils Semetei puis à son petit-fils Seitek, et offre un vaste panorama de la culture, des coutumes et de l’histoire kirghizes. Située à l’époque de la domination mongole, elle raconte la lutte pour la liberté menée par Manas et ses fidèles. Transmise oralement par des conteurs appelés manaschi, elle a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ces conteurs, reconnaissables à leur chapeau blanc de feutre, l’ak-kalpak, ont préservé durant des siècles la force du récit, certains, comme Sagimbai Orozbakov, laissant des versions de référence.Lire la suiteL’épopée de Manas