Catégories
Articles

Les joies de la déclinaison…

repère(s) :langue

La déclinaison consiste à modifier la forme d’un mot pour exprimer sa fonction dans la phrase, touchant substantifs, adjectifs et pronoms, tandis que les verbes relèvent de la conjugaison. Elle se retrouve dans de nombreuses langues : allemand, latin, russe, tamoul, géorgien, basque, hongrois ou quechua, ce dernier illustrant des cas comme TAita (nominatif), taitaPA (génitif) ou taitaMANta (ablatif). Le nombre de cas varie : quatre en allemand, six en latin, sept en géorgien, quatorze en estonien, quinze en finnois et dix-huit en hongrois. Ces systèmes, complexes pour les non-natifs, sont maniables pour ceux qui les acquièrent tôt. En finnois, par exemple, le partitif domine sur l’accusatif et permet des distinctions subtiles : « metsässä » peut signifier « les forêts », « des forêts » ou « dans les bois ». Ainsi, la déclinaison reste un outil central pour comprendre et nuancer le sens des mots.Lire la suiteLes joies de la déclinaison…

Catégories
Articles

Zamenhof – Doktor Espéranto…

repère(s) :langue

Adam, Zofia et Lidia Zamenhof, nés à la fin du XIXe siècle dans la famille de Louis-Lazare Zamenhof, le créateur de l’espéranto, furent tragiquement assassinés pendant la Seconde Guerre mondiale. Leur père rêvait d’une langue capable de rapprocher les peuples, née dans une Pologne multilingue marquée par conflits et pogromes. Après des études de médecine, il publia en 1887 son premier ouvrage sous le pseudonyme de Doktor Esperanto, « celui qui espère », donnant naissance à une langue construite visant la compréhension universelle. L’espéranto ne fut pas unique : le volapük de Johann Martin Schleyer et plus tard le noxiro de Mizuta Sentarō illustrent d’autres tentatives. Malgré les oppositions, y compris celles idéologiques évoquées dans Mein Kampf, l’espéranto prit son essor, son premier congrès mondial se tenant à Boulogne-sur-Mer en 1905.Lire la suiteZamenhof – Doktor Espéranto…

Catégories
Articles

Le Pays où l’on parle basque…

repère(s) :langue

Euskal Herria, le « Pays Basque », comprend sept provinces traditionnelles, trois côté français et quatre côté espagnol. Malgré ses dialectes variés, il se définit par la langue basque, Euskara, et son néologisme politique Euskadi. Le basque demeure un isolat, sans lien avéré avec d’autres familles linguistiques, malgré tentatives de rattachement aux langues indo-européennes ou caucasiennes. Sa vitalité se mesure aussi à sa diaspora, en particulier en Amérique, parfois considérée comme une « huitième province ». La langue a généré des pidgins comme le basco-islandais ou le basco-algonquin, issus du contact avec Islandais et populations amérindiennes, illustrant la circulation et l’adaptation de l’Euskara. Cette richesse interroge le lien entre langue, espace et histoire, et témoigne de l’énigme vivante que représente le basque en Europe et dans le monde.Lire la suiteLe Pays où l’on parle basque…

Catégories
Articles

Une date : 21 février… en mémoire du combat du bangla…

repère(s) :langue

« Mon Bengale doré, je t’aime… » et « Tu es le souverain des âmes du peuple… » sont les débuts respectifs des hymnes nationaux du Bangladesh et de l’Inde, tous deux écrits par Rabindranath Tagore (1861-1941), prix Nobel de littérature et ardent défenseur du Bengale. La langue bengali (ou bangla) বাংলা, 6e langue mondiale, appartient aux langues indo-aryennes et s’écrit dans un alphasyllabaire homonyme proche du devanagari, apparu au XIe siècle, utilisé aussi pour le népalais ou le meitei. L’histoire du bangla est marquée par le 21 février 1952, lorsque des manifestants à Dhaka revendiquèrent l’usage de leur langue face à l’urdu imposé par le Pakistan occidental et furent sévèrement réprimés. Cette date fut choisie en 1999 par l’ONU comme Journée internationale de la langue maternelle. Merci à Tagore et aux poètes de rapprocher ces richesses de nos cœurs.Lire la suiteUne date : 21 février… en mémoire du combat du bangla…

Catégories
Articles

Découvrir le jedek…

repère(s) :langue

La pluralité des langues constitue un patrimoine universel vivant, dont la sauvegarde et l’animation témoignent de l’importance de leur diversité pour le dialogue et la défense de nos identités. En 2017, dans l’État de Kelantan en Malaisie péninsulaire, des linguistes suédois étudiant la langue jahai, parlée par les Semang, découvrent qu’une partie du village de 280 habitants parle en réalité le jedek, une langue distincte avec un vocabulaire absent de notions telles que « achat », « vol » ou « loi », révélant une société égalitaire et non compétitive. Cette découverte illustre combien l’aventure des langues, près de 5000 à 7000 encore menacées, continue de nous émerveiller et nous interpelle sur notre rôle dans leur préservation. La disparition de ces langues appauvrirait la culture universelle et la pensée humaine. Chaque individu peut devenir un antidote à ce déclin en établissant des liens avec cette richesse, en participant activement à sa compréhension et à sa transmission. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « langue » et du « langage » ?Lire la suiteDécouvrir le jedek…

Catégories
Articles

L’arabe et ses variations dialectales…

repère(s) :langue

L’arabe, langue sémitique la plus parlée, est officielle dans de nombreux pays et figure parmi les six langues de l’ONU, célébrée chaque 18 décembre depuis sa reconnaissance en 1973. Elle se caractérise par une diglossie : l’arabe classique ou fuṣḥa (فُصْحَى) et les variantes vernaculaires, réparties selon des critères géographiques en arabe maghrébin ou occidental et arabe oriental. On distingue cinq grands groupes : maghrébin, péninsulaire, levantin, mésopotamien et du Nil. Née dans la péninsule arabique et attestée dès le IIIᵉ siècle, elle s’est largement diffusée avec l’expansion de l’islam. À l’écrit, l’arabe littéral favorise l’accès à une littérature de près de quinze siècles (…)Lire la suiteL’arabe et ses variations dialectales…

Catégories
Articles

Le temps de la lingua franca…

repère(s) :langue

À l’origine, la « lingua franca » était un sabir utilisé dans les ports méditerranéens, mêlant français, espagnol, italien, arabe, maltais ou turc, facilitant les échanges entre locuteurs de langues différentes. Le terme désigne aujourd’hui toute langue auxiliaire, du latin au kiswahili, du sanskrit au français diplomatique. Mais c’est l’anglais qui incarne désormais cette fonction planétaire, diffusé par l’Empire britannique puis le modèle américain, la culture, le commerce et le numérique. De ce raz-de-marée naissent des créations hybrides : le konglish en Corée, le wasei-eigo au Japon, le singlish à Singapour, chacune illustrant la créativité des locuteurs confrontés à une langue mondiale tout en la modelant à leur usage.Lire la suiteLe temps de la lingua franca…

Catégories
Articles

Les Serments de Strasbourg & la naissance de la langue française / 14 février

repère(s) :langue

Les Serments de Strasbourg (Sacramenta Argentariæ) signent le 14 février 842 l’alliance entre deux des trois petits-fils de Charlemagne, et fils de Louis le Pieux, Charles le Chauve et Louis le Germanique, et ce contre leur frère aîné, Lothaire Ier. Louis le Germanique prononce son serment en langue romane pour être compris des soldats de Charles le Chauve lequel le…Lire la suiteLes Serments de Strasbourg & la naissance de la langue française / 14 février

Catégories
Articles

sanskrit (lg)

repère(s) :croirelangue

Le sanskrit est une langue ancienne de l’Inde, considérée comme l’une des plus anciennes langues indo-européennes connues. Elle a été utilisée pendant des siècles comme langue sacrée, littéraire et savante. Le sanskrit est la langue des textes religieux majeurs de l’hindouisme, tels que les Vedas, les Upanishads, les Puranas et les grandes épopées comme le Mahabharata et le Ramayana. Il…Lire la suitesanskrit (lg)

Catégories
Articles

Mahābhārata

repère(s) :récit

Mahābhārata महाभारतम् – Texte épique de l’Inde, en sanskrit, souvent considéré comme l’une des œuvres littéraires les plus importantes et les plus vastes au monde. Composé de plus de 250 000 versets, il est attribué au sage Vyāsa व्यास [en réalité à un collectif] et est traditionnellement daté entre le 8e et le 4e siècle avant J.-C. Il raconte la…Lire la suiteMahābhārata

Catégories
Articles

Navajos, code talkers

repère(s) :

Chez les Navajos, le hogan est la maison traditionnelle et le centre de la vie spirituelle, hozho l’idéal d’harmonie auquel chacun doit tendre, et le hataalii un « chanteur » guérisseur. Cette culture plurimillénaire s’étend aujourd’hui entre l’Arizona, le Nouveau-Mexique et l’Utah, et sa langue appartient à la famille athapascane. Durant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci connut un usage inattendu avec les « code talkers ». Les communications militaires étant cruciales, une idée audacieuse vit le jour en 1942 : utiliser le navajo comme code afin d’échapper au décryptage japonais. Sur l’initiative de Philip Johnston, une trentaine de jeunes Navajos furent formés au Camp Pendleton. La complexité grammaticale, les intonations et la richesse lexicale de la langue rendaient le code quasiment indéchiffrable. Des mots imagés remplaçaient les termes militaires : « œufs » pour bombes, « grenouille » pour véhicule amphibie, « baleine » pour navire de guerre. Quand aucun mot ne convenait, l’épellation se faisait par associations symboliques. Jusqu’à 421 Navajos servirent ainsi dans le Pacifique. Longtemps tenue secrète, leur contribution ne fut reconnue qu’à partir des années 1960.Lire la suiteNavajos, code talkers

Catégories
Articles

Rub El Hizb (symbole)

repère(s) :écriture

Symbole: Rub El Hizb (symbole musulman de l’alphabet arabe). Il est constitué de deux carrés identiques, l’un étant incliné à 45 degrés. Au centre du symbole se trouve un cercle. Utilisé en calligraphie arabe pour marquer une fin de chapitre, il renvoie à la récitation du Coran en un mois lequel est divisé en trente parties appelées juz’, chacune divisée…Lire la suiteRub El Hizb (symbole)

Catégories
Articles

Communiquer, mettre en commun…

repère(s) :communication

En pleine « opulence communicationnelle », le sens se noie souvent sous un flot incessant de contenus éphémères dont l’obsolescence est programmée, questionnant notre engagement à communiquer et à écouter. Dans la Sierra Nevada de Santa Marta, les Kogis, peuple relativement isolé, conçoivent la vie selon un équilibre sacré qu’il faut respecter, tenant à distance la plupart des techniques modernes. Leurs décisions sont collectives et respectueuses, parfois guidées par les sages Mamos, et leur poporo, calebasse de chaux et de feuilles de coca mâchées, sert à la fois de rituel initiatique et de moyen de transmission des pensées. Cette attention au temps et au sens dans la communication invite à réfléchir : quels moyens l’histoire humaine a-t-elle employés pour « mettre en commun » ? Aujourd’hui, dans un monde qualifié de communicant, quelle est la part réelle de cette mise en commun ? Entre information et communication, comment assurer pérennité intellectuelle, éthique et humaine ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « communication » ?Lire la suiteCommuniquer, mettre en commun…

Catégories
Articles

La calligraphie vietnamienne

repère(s) :écriture

La calligraphie vietnamienne, ou Thư pháp, est un art de l’écriture qui reflète l’histoire linguistique et culturelle singulière du Vietnam. Elle se caractérise par la coexistence et l’entrelacement de plusieurs systèmes graphiques, témoignant des influences chinoises, locales et occidentales. Traditionnellement, la calligraphie vietnamienne s’appuyait sur les caractères chinois (Hán tự) et sur le Chữ Nôm, système d’écriture sino-vietnamien permettant de…Lire la suiteLa calligraphie vietnamienne

Catégories
Articles

Grand sanctuaire d’Ise

repère(s) :croire

Grand sanctuaire d’Ise 伊勢神宮Ise Jingū Le principal sanctuaire du Japon dédié à Amaterasu 天照 Parmi de nombreux bâtiments Deux sanctuaires principaux Naikū 内宮 et Gekū 外宮 Maison du Miroir Sacré八咫鏡Yata no Kagami L’une des trois régales impériales du Japon. Offrandes alimentaires quotidiennes au kami du sanctuaire. Le matin et le soir Tous les 20 ans Les anciens sanctuaires sont démantelés…Lire la suiteGrand sanctuaire d’Ise

Catégories
Articles

Mahavira… fondateur du jaïnisme

repère(s) :croire

Mahāvīra महावीर est, au 6e siècle av. notre ère, le vingt-quatrième tirthankara (guide spirituel, « fabricant de gué ») considéré comme le fondateur du jaïnisme. Il est également connu sous le nom de Vardhamāna वर्धमान ce qui signifie « qui prospère, qui s’élève spirituellement ». À noter que vardhanī signifierait tout à la fois en sanskrit « balai, brosse »…Lire la suiteMahavira… fondateur du jaïnisme

Catégories
Articles

Chaman – Un mot toungouse…

repère(s) :croire

Il existe de nombreuses formes de chamanisme à travers le monde, en Amérique, en Afrique ou en Asie, partageant le principe d’un être médiateur entre humains et esprits, capable d’intercéder lors de décisions collectives, d’événements à fixer ou d’orientations à prendre. Le mot « chaman » provient des langues toungouses parlées en Sibérie, en Mongolie et en Mandchourie, langues longtemps rattachées à la super-famille altaïque, aujourd’hui controversée, et dont la plupart sont gravement menacées : l’orok, le negidal, le mandchou ou encore le solon voient leur transmission aux jeunes générations disparaître, tandis que les locuteurs evenki sont presque tous bilingues en russe et les jeunes solon en mandarin. Le mandchou, jadis langue dominante de la Chine sous la dynastie Qing, ne survit plus qu’auprès de quelques personnes très âgées. Que peut-on faire face à ce déclin ? Mieux les faire connaître, les défendre… ou méditer sur ce que les chemins et les esprits nous révèlent encore ?Lire la suiteChaman – Un mot toungouse…

Catégories
Articles

Xuanzang

repère(s) :aller

Xuánzàng 玄奘 (602-664) est un moine bouddhiste chinois célèbre pour son voyage en Inde pour recueillir des écritures bouddhistes et des enseignements. Son périple est relaté dans le Voyage en Occident. Xuánzàng est reconnu pour ses contributions significatives à la diffusion du bouddhisme en Chine et pour ses traductions précieuses de textes bouddhistes, qui ont eu une influence profonde sur…Lire la suiteXuanzang

Catégories
Articles

Le plus grand pèlerinage du monde

repère(s) :aller

Saint-Jacques de Compostelle, La Mecque ou Lumbini comptent parmi ces lieux de pèlerinage qui dessinent des routes autant spirituelles qu’intimes. Le hajj, pèlerinage à La Mecque, est l’un des cinq piliers de l’islam, tandis que Compostelle doit son nom au « champ de l’étoile » ayant révélé, selon la tradition, la tombe de l’apôtre Jacques. En Inde, un autre pèlerinage majeur trouve son origine dans une légende cosmique : l’alliance puis la rupture entre dieux Deva et démons Asura lors du barattage de la mer de lait, destiné à produire l’amrita, nectar d’immortalité. En fuyant avec la cruche sacrée, les démons laissèrent échapper quatre gouttes tombées sur terre, à Prayagraj, Hardwar, Ujjain et Nashik. C’est de ce mythe que naît la Kumbh Mela, la « fête de la cruche », célébrée tous les trois ans en alternance entre ces villes, chaque cycle de douze ans marquant une Purna Kumbh Mela, et tous les 144 ans une Maha Kumbh Mela. Cette dernière a rassemblé en 2013 plus de cent millions de pèlerins venus se baigner au confluent sacré du Gange, de la Yamuna et de la mythique Sarasvati.Lire la suiteLe plus grand pèlerinage du monde

Catégories
Articles

Kumbh Mela – Succession

repère(s) :aller

Kumbh (ou Kumbha) Mela कुम्भ मेला (kumbh mēlā) – Le plus important pèlerinage au monde célébré par les Hindous sur quatre sites en bordure de rivière, tous les 12 ans (un tous les trois ans). S’y succèdent : le Prayag Kumbh Mela (au confluent du Gange, de la Yamuna et de la rivière mythique Saraswati), le Haridwar Kumbh Mela (Gange),…Lire la suiteKumbh Mela – Succession