Janvier 1921 à Prague : la première d’une pièce de Karel Čapek raconte l’histoire des « robots universels de Rossum », des êtres organiques créés artificiellement, et interroge déjà le rapport de l’humanité à ses propres créations dans un futur situé en l’an 2000. Le mot « robot » y apparaît pour la première fois, dérivé du tchèque robota, « travail forcé », terme suggéré par son frère Josef. Un siècle plus tard, les robots humanoïdes ont quitté la fiction : en 2015, un film japonais intègre un androïde à son casting ; en 2017, Sophia devient le premier robot à obtenir une citoyenneté ; en 2019, Mindar est conçu à l’image de Kannon, déesse bouddhiste de la miséricorde, fruit d’une collaboration entre un temple ancien de Kyôto et un laboratoire de robotique d’Osaka. Face à la « vallée de l’étrange », qui rend troublantes les machines trop humaines, se pose la question de notre cohabitation future avec elles. Certains y répondent par la philosophie japonaise, où le sacré habite toute chose, y compris une machine. Reste alors l’essentiel : quel équilibre cherchons-nous entre humains et robots, et saurons-nous l’atteindre ?Lire la suiteLa Vallée de l’étrange
Pantopique : Asie
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Il y a un siècle naissait, sur une scène de Prague, le mot « robot », forgé à partir de robota, le travail forcé, pour interroger la condition humaine face à ses propres créations. Depuis cette fiction fondatrice mettant en scène des êtres artificiels réclamant des droits, un long chemin a été parcouru : robots humanoïdes au cinéma, citoyenneté symbolique accordée à une machine, androïdes investissant même l’espace spirituel. Ces jalons témoignent moins d’une marche linéaire que d’une interrogation persistante sur le travail, sa valeur et sa place dans l’équilibre social. La robotisation, souvent redoutée, soulève des craintes sur l’emploi et les métiers, nourries par de nombreuses dystopies. Pourtant, elle pourrait aussi ouvrir d’autres récits, encore à écrire, fondés sur le partage des tâches, la redéfinition des activités humaines et une relation plus réfléchie entre humains et machines. Face à ces mutations, la question n’est peut-être pas ce que les robots feront à notre place, mais comment repenser le travail lui-même, ses finalités et ses équilibres. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du travail ?Lire la suiteLes robots au boulot…
Qu’entreprendre ? Et comment le faire au regard de tous les possibles, en réfléchissant aux raisons d’agir, aux moyens mobilisés, aux conséquences engendrées et à leurs effets sur les équilibres environnementaux, sociaux, culturels et éthiques ? Parce qu’elle constitue le cadre quotidien de millions d’individus, l’entreprise est un espace décisif de transformation et de progrès. Entreprendre peut alors consister à interroger l’équité des pratiques, à créer ou développer des structures dont l’impact dépasse la seule rentabilité, à remettre en cause une concurrence sans limites, à résister à la logique d’une maximisation des profits détachée du bien commun. Ce progrès peut passer par des actions simples – garantir un prix juste aux producteurs, préserver des savoir-faire, limiter la spéculation – mais aussi par des formes d’innovation frugale, à l’image du jugaad, concept indien qui valorise des solutions ingénieuses, sobres et adaptées à des ressources limitées. Faire « simple mais pas simpliste », inventer autrement, redonner sens à l’acte d’entreprendre : et si l’entreprise redevenait partout un lieu de reconquête des équilibres et d’invention collective ? Et si, pour commencer, nous questionLire la suiteJugaad, le choix frugal…
Dans la mythologie coréenne, Hwanin, maître du ciel, autorise son fils Hwanung à descendre sur Terre, où celui-ci fonde Shin-Si, la « cité divine », et enseigne aux humains les arts, la médecine et l’agriculture. Un ours et un tigre, désireux de devenir humains, sont alors mis à l’épreuve : se nourrir uniquement d’ail et d’armoise durant cent jours dans une grotte. Le tigre renonce, mais l’ours persévère et se transforme en femme, Ungnyeo, qui épouse Hwanung. De leur union naît Dangun, fondateur en 2333 av. J.-C. du royaume de Gojoseon, considéré comme l’origine de la Corée. Selon le Samguk yusa, compilé au XIIIᵉ siècle, Dangun établit sa capitale à Asadal, institua des lois, développa la sériciculture et rendit un culte régulier aux cieux. Le 3 octobre, fête de Gaecheonjeol, commémore cette fondation, tandis que le royaume de Gojoseon disparaît en 108 av. J.-C. En 1994, la Corée du Nord a inauguré près de Pyongyang un site présenté comme la tombe de Dangun. Une légende fondatrice où épreuve, transformation et naissance d’un peuple se confondent.Lire la suiteDangun, le fondateur
Dans certaines langues, compter ne se limite pas à associer un nombre à un objet ou un phénomène (« 15 crayons », « 2 idées ») : certaines nécessitent des classificateurs, mots insérés entre le chiffre et le nom, adaptés à la catégorie de l’objet ou du phénomène (« 15 – classificateur – crayons »). En chinois, ces liàngcí 量词 servent à dénombrer de manière précise et catégorisée, et leur maîtrise demande une certaine gymnastique mentale. Quelques exemples : 位 wèi pour les personnes de façon polie, 条 tiáo pour ce qui est long ou fin (routes, poissons…), 件 jiàn pour vêtements ou événements, 张 zhāng pour objets plats (table, papier, photo), 只 zhī pour certains animaux ou parties du corps, 本 běn pour livres ou magazines, 辆 liàng pour véhicules. En cas d’incertitude, 个 gè peut souvent remplacer un classificateur, bien que réservé aux êtres humains dans un registre moins formel. Ainsi, pour les exemples donnés : 3 oiseaux → 3只鸟 zhǐ niǎo, 4 manteaux → 4件外套 jiàn wàitào, 5 camions → 5辆卡车 liàng kǎchē, 6 tableaux → 6张桌子 zhāng zhuōzi, 8 personnes → 8个人/8位人 gèrén/wèi rén, 2 routes → 2条路 tiáo lù.Lire la suiteDes unités de mesure en chinois…
En Thaïlande, la salutation courante est สวัสดี sawattdii, à laquelle s’ajoutent les particules de politesse selon le genre : khrap pour les hommes, kha pour les femmes, de même pour « merci » : ขอบคุณครับ korp koon khrap et ขอบคุณค่ะ korp koon kha. Le thaï est une langue isolante où les mots sont invariables et tonale, comprenant cinq tons : bas, médian, haut, descendant et ascendant. Il existe un vocabulaire honorifique, rachasap, utilisé notamment avec la famille royale depuis le XIVᵉ siècle. La capitale, Bangkok, est en réalité Krung Thep Maha Nakhon, dont le nom complet décrit poétiquement « la ville des anges, grande ville, résidence du Bouddha d’émeraude, capitale imprenable du dieu Indra, ville heureuse aux neuf pierres précieuses et au Palais Royal céleste », nom réputé le plus long au monde. L’écriture thaïe a été élaborée au XIIIᵉ siècle par le roi Rama Kamhaeng.Lire la suiteLa politesse et les registres de langue en thaï…
Que faites-vous le 14 février ? Tandis que certains lèvent les yeux au ciel, beaucoup célèbrent la Saint-Valentin en compagnie de l’âme sœur. Mais qui est donc ce Valentin ? Sous ce nom se cachent plusieurs saints, le plus célèbre étant un prêtre de Rome au IIIe siècle, qui célébrait des mariages chrétiens malgré l’interdiction de l’empereur Claude II, soucieux de garder ses soldats célibataires. Arrêté, confié au juge Astérius, Valentin aurait converti ce dernier en rendant la vue à sa fille aveugle, ce qui lui valut d’être décapité. D’autres rappellent qu’à Rome, mi-février, se tenaient les Lupercales, fêtes païennes de la fécondité. En 495, le pape Gélase Ier institua officiellement la Saint-Valentin le 14 février, éclipsant ces rites. Avec le temps naquit la tradition des messages amoureux. Aujourd’hui, la fête prend des formes variées : au Japon, les femmes offrent du chocolat aux hommes, qui rendent la pareille un mois plus tard.Lire la suiteSaint-Valentin…
« Bonjour » ! Un mot ordinaire en apparence, mais fondamental dans la relation humaine. À travers le monde, les salutations prennent des formes diverses et codifiées : en Inde, le namaste accompagne un geste des mains dont la hauteur marque le degré de respect et signifie « je m’incline devant le divin en toi » ; au Japon, le o-jigi obéit à une étiquette précise de révérences ; chez les Maoris, le hongi unit les fronts et les nez pour échanger le souffle de vie ; en Mongolie, le zolgolt consiste à se tenir les bras et se toucher les joues en demandant « êtes-vous en paix ? » ; aux Philippines, le mano rend hommage aux aînés. Ces gestes, si variés, expriment tous respect, reconnaissance et lien. Ils rappellent combien un « bonjour » sincère peut porter des vœux de paix, d’attention et de bienveillance. Dans ses mots, son regard et sa présence, il contient déjà les clés d’une relation d’équité et de partage, bien loin d’une formule machinale.Lire la suiteUn bonjour ordinaire…
Petit royaume enclavé de l’Himalaya, le Bhoutan se reconnaît à son drapeau orné du dragon Druk, référence à son nom en dzongkha, Druk Yul, la « terre du dragon tonnerre ». Monarchie constitutionnelle, il a pour capitale Thimphou, perchée à 2 300 mètres d’altitude. Majoritairement bouddhiste vajrayāna, avec une importante minorité hindoue, le pays s’est rendu célèbre par une idée singulière : mesurer le bonheur. En 1972, une initiative royale donna naissance au Bonheur Intérieur Brut (BIB), conçu comme une alternative au PIB jugé trop réducteur. Ce nouvel indicateur repose sur quatre piliers : un développement durable et équitable, la préservation des cultures, la protection de l’environnement et une gouvernance responsable intégrant santé, éducation et bien-être. Selon le Centre d’études bhoutanaises, le bonheur reste une expérience individuelle, mais sa gestion collective y contribue fortement. Intégré à la Constitution en 2008, le BIB inspira ensuite l’Organisation des Nations unies, qui institua en 2012 la Journée mondiale du bonheur, célébrée chaque 20 mars.Lire la suiteUn Bonheur Intérieur Brut
Songeons au bonheur : qu’est-ce qui donne sens à la vie, comment le définissons-nous, et dans quel océan de contradictions nous trouvons-nous balloté·es ? Au Bhoutan, en 1972, le roi Jigme Singye Wangchuck proposa un indice inédit, le « bonheur intérieur brut », རྒྱལ་ཡོངས་དགའ་སྐྱིད་དཔལ་འཛོམས་ / rgyal-yongs dga’a-skyid dpal-‘dzoms, visant à mesurer non pas le seul revenu mais le bien-être global. Revisité en 2011, il scrute 33 indicateurs couvrant la santé, l’éducation, la vitalité des communautés, la diversité écologique, l’économie, l’information, et bien d’autres secteurs, rappelant que le bonheur n’est pas au bout du chemin, mais le chemin lui-même. Cette démarche invite à questionner la course effrénée vers le plaisir matériel et à repenser nos sociétés autour de la solidarité, de la conscience commune et de critères durables, qu’il s’agisse de CO2, d’inégalités ou d’espérance de vie, afin de construire un monde où le bonheur ne se mesure pas seulement en possessions, mais dans la qualité de notre vie collective et individuelle.Lire la suiteAu bout du chemin ?…
Siddham – Signifiant « accompli » ou « perfectionné ». C’est un ancien système d’écriture utilisé principalement pour transcrire des textes sanskrits et bouddhistes. Son utilisation remonte à l’Inde ancienne, apparaissant entre les VIe et VIIIe siècles. Siddham est souvent associé à la tradition du bouddhisme tantrique et a été utilisé dans des manuscrits, des inscriptions et des textes religieux. Cette écriture se caractérise…Lire la suiteSiddham
Incroyable nüshu, une écriture singulière utilisée principalement par les femmes du comté de Jiangyong, dans le Hunan. Composé d’environ mille signes, proches des caractères chinois mais en forme de losange, ce système syllabique transcrivait le dialecte local. Réservé aux femmes, privées de l’écriture officielle, il leur offrait un espace de communication, de solidarité et d’expression. Aux traits fins et effilés, parfois qualifié d’« écriture de moustique », le nüshu se lisait de haut en bas et de droite à gauche. Il s’apprenait dans le cadre des travaux d’aiguille : en brodant, les femmes chantaient et copiaient des textes sur mouchoirs, vêtements ou éventails, jusqu’à composer leurs propres écrits. Cette écriture jouait un rôle social essentiel, notamment dans la coutume des « sœurs jurées », groupes de jeunes filles liées par une amitié durable. Elle intervenait aussi lors du mariage avec le « livret du troisième jour », où s’exprimaient conseils et chagrin de la séparation. L’origine du nüshu reste débattue, entre hypothèses anciennes et légendes poétiques.Lire la suiteNüshu, écriture des femmes…
L’alphabet coréen, ou hangeul, est reconnu pour sa capacité à restituer fidèlement les sons du coréen, chaque lettre ayant été conçue en s’inspirant des positions de la langue, des lèvres et des dents. Il comprend 14 consonnes et 10 voyelles de base, complétées par 16 autres lettres comme « pp » ᄈ, « e » ㅔ ou « wa » ㅘ, appelées jamos. Consonnes et voyelles s’assemblent pour former des syllabes, par exemple 평 pyeong combine ㅍ « p », ㅕ « yeo » et ㅇ « ng », tandis que 화 hwa réunit ㅎ « h » et ㅘ « wa ». Créé en 1443 par le roi Sejong 세종대왕 pour faciliter l’éducation du peuple, le hangeul fut célébré par le Yongbieocheonga, « Le Chant des Dragons Volant dans le Ciel », dont le chapitre 2 affirme : « L’arbre dont la racine est profonde ne se balance pas au vent… L’eau dont la source est profonde ne tarit pas… » Malgré son ingéniosité, des lettrés formés au chinois s’opposèrent vivement à cette écriture jugée trop simple, la qualifiant « d’écriture d’une matinée » et doutant qu’elle puisse jamais supplanter la maîtrise du chinois, garante de sérieux et de prestige.Lire la suiteCréer l’alphabet coréen…
L’île de Buton, en Indonésie, dans la province de Sulawesi du Sud-Est, abrite la ville de Bau-Bau avec son vaste palais à douze portes. Parmi les langues locales se trouve le cia-cia, austronésienne sans écriture propre, dont le nom signifie « non-non ». En 2009, la communauté adopta l’alphabet coréen, hangeul, pour transcrire le bahasa jjiajjia, étonnant choix à 15 heures de vol de Séoul. Ce n’était pas une première tentative : le cia-cia avait été écrit en gundhul, proche du jawi, avant l’usage de l’alphabet latin. La Constitution indonésienne rejeta cette initiative en 2012, imposant la transcription latine pour toutes les langues du pays. Cette expérience montre que l’écriture n’est jamais neutre et que les choix linguistiques reflètent autant des héritages que des possibles futurs inattendus.Lire la suiteLe cia-cia et l’idée coréenne…
Cang Jie 仓颉 – Figure légendaire de l’histoire chinoise, traditionnellement créditée de l’invention des caractères chinois ou de l’écriture chinoise vers le XXIIIe siècle av. J.-C. Selon la légende, Cang Jie aurait été inspiré par les empreintes laissées par les pattes d’oiseaux et d’animaux pour développer un système d’écriture plus expressif et complexe. Sa contribution aurait considérablement amélioré la communication…Lire la suiteCang Jie
Prêtre jésuite français, missionnaire, linguiste et lexicographe (1591-1660). Il est surtout connu pour son travail missionnaire au Vietnam et pour son rôle dans le développement du système d’écriture romanisé du vietnamien, connu sous le nom de quốc ngữ. Son dictionnaire et sa grammaire vietnamienne, publiés en 1651, ont été des contributions majeures à l’étude de la langue vietnamienne. Rhodes a…Lire la suiteAlexandre de Rhodes
Les 214 radicaux Kangxi (康熙部首) constituent le système de classification traditionnel des caractères chinois fondé sur les bùshǒu (部首), littéralement « têtes de section », servant à organiser les entrées des dictionnaires. Établi dans le célèbre Dictionnaire Kangxi, publié en 1716 sous le règne de l’empereur Kangxi, ce système recense 214 éléments graphiques récurrents, traits simples, clés sémantiques ou composants…Lire la suiteRadicaux de Kangxi (214)
Au cœur de l’Asie centrale, le Kirghizistan est un pays très montagneux, divisé en sept régions, dont la capitale est Bichkek ; l’islam sunnite y est majoritaire. Les Kirghizes seraient originaires du haut Ienisseï, d’où ils seraient descendus au IXe siècle. On y parle le kirghize, langue turcique transcrite en alphabet cyrillique, officielle aux côtés du russe. Le nom du pays serait lié au nombre quarante, kırk en kirghize, symbole présent sur le drapeau et au cœur de l’épopée de Manas, récit fondateur attribuant quarante compagnons au héros national. Cette épopée monumentale, plus longue que le Mahabharata, se divise en trois parties consacrées à Manas, à son fils Semetei puis à son petit-fils Seitek, et offre un vaste panorama de la culture, des coutumes et de l’histoire kirghizes. Située à l’époque de la domination mongole, elle raconte la lutte pour la liberté menée par Manas et ses fidèles. Transmise oralement par des conteurs appelés manaschi, elle a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ces conteurs, reconnaissables à leur chapeau blanc de feutre, l’ak-kalpak, ont préservé durant des siècles la force du récit, certains, comme Sagimbai Orozbakov, laissant des versions de référence.Lire la suiteL’épopée de Manas
Baba Yaga, figure majeure des contes slaves, n’a rien de la fée bienveillante : ogresse maigre et inquiétante, elle vit dans une isba perchée sur des pattes de poulet, entourée d’une clôture d’os et de crânes humains. Dans un récit célèbre, une fillette envoyée chez elle par sa marâtre, sœur de Baba Yaga, parvient à échapper à la mort grâce à sa ruse : elle amadoue animaux et objets, puis fuit en transformant une serviette en rivière et un peigne en forêt, avant de retrouver son père. Pourtant, Baba Yaga ne se réduit pas à ce rôle terrifiant : ailleurs, elle apparaît guérisseuse, hôtesse généreuse offrant le banya et des présents aux voyageurs méritants. Certains y voient l’écho d’un ancien monde matriarcal où elle régnait sur la forêt et les frontières entre vie et mort. Personnage ambigu et profond, elle incarne à la fois la peur, le savoir et l’initiation, rappelant que les contes recèlent souvent plusieurs vérités.Lire la suiteSur des pattes de poulet
Voici Gilgamesh, roi légendaire d’Uruk (auj. Warkāʾ, Irak), héros de la plus ancienne épopée conservée, gravée sur des tablettes cunéiformes au IIIᵉ millénaire av. J.-C. D’abord souverain puissant mais tyrannique, il est mis à l’épreuve par les dieux qui créent Enkidu, son égal destiné à le contenir. Initié à l’amour et à la civilisation, Enkidu affronte Gilgamesh ; leur combat se mue en amitié, ouvrant une série d’exploits communs, dont la victoire sur Humbaba. La gloire de Gilgamesh attire la déesse Ishtar, qu’il repousse, déclenchant sa colère et l’envoi du Taureau céleste, lui aussi vaincu. Les dieux frappent alors au cœur : Enkidu meurt, laissant Gilgamesh face à l’angoisse de la mort. Désespéré, il part en quête de l’immortalité et rencontre Ut-Napishtim, qui lui révèle le récit du Déluge et l’existence d’une plante de jouvence, aussitôt dérobée par un serpent. Contraint d’accepter sa condition mortelle, Gilgamesh rentre à Uruk, laissant pour ultime héritage ses murailles, symbole durable de sa légende et de la sagesse acquise.Lire la suiteL’épopée de Gilgamesh




















