Un morphème est le plus petit élément porteur d’un sens ou d’une fonction grammaticale. Une langue agglutinante assemble ces morphèmes pour créer des mots complexes, comme le turc où baş (« tête ») et kent (« ville ») donnent başkent (« capitale »), ou anne (« mère ») qui devient anneanne (« grand-mère ») puis anneannelerimiz (« nos grand-mères »). Contrairement aux langues isolantes comme le chinois, où les mots sont invariables, ou aux langues fusionnelles, où une forme peut porter plusieurs sens, les langues agglutinantes offrent un véritable jeu de construction et d’apprentissage. Le turc, autrefois écrit en alphabet arabe, adopta l’alphabet latin en 1928 lors de la révolution des signes menée par Atatürk, avec des écoles pour généraliser la lecture et l’écriture.Lire la suiteLe turc – Une langue agglutinante…
Pantopique : Asie
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Il existe un mot coréen qui exprime à merveille le soin apporté à l’autre dans l’échange et la relation : nunchi 눈치. Deux expressions opposées en attestent : nunchi eoptta 눈치 없다 désignant l’absence de nunchi et au contraire nunchi itda 눈치 있다 qui en fait usage avec promptitude et discernement. Ce concept que l’on pourrait littéral. traduire par «…Lire la suiteNunchi : le soin apporté à l’autre
Entre 5 000 et 7 000 langues sont parlées aujourd’hui dans le monde, mais la région du Pacifique se distingue de façon spectaculaire : malgré une population relativement faible, elle concentre une diversité linguistique exceptionnelle. On y compte plus de 200 langues aborigènes en Australie, environ 75 aux Îles Salomon, plus de 110 langues au Vanuatu pour moins de 300 000 habitants, et plus de 800 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un record mondial. Cette profusion s’explique souvent par la géographie : territoires montagneux, forêts denses, communautés longtemps isolées et autosuffisantes, favorisant l’émergence et le maintien de langues distinctes. Paradoxalement, le polyglottisme y est courant, beaucoup de personnes pratiquant plusieurs langues. Le pays a d’ailleurs retenu trois langues officielles pour faciliter la communication nationale. Cette situation linguistique s’inscrit dans une histoire humaine très ancienne : la région aurait été l’un des points les plus éloignés atteints par les premiers humains après leur sortie d’Afrique, il y a 60 000 à 50 000 ans, à l’époque où l’Australie et la Papouasie formaient un même continent. Les langues actuelles portent encore la trace de ces migrations, métissages et adaptations.Lire la suite800 langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Où avons-nous donc vu ce signe ? Il figure sur le drapeau national de Mongolie et rappelle l’étendard flottant lors des célébrations comme le Naadam ! Il s’agit du soyombo, à la fois symbole et caractère d’écriture, où l’on reconnaît le feu, le soleil, la lune et le yin-yang central. Créé au XVIIᵉ siècle par Zanabazar, moine bouddhiste, il s’inscrit dans l’histoire complexe de l’écriture mongole. Aujourd’hui, la Mongolie utilise le cyrillique, le latin ou le mongol bitchig, première écriture mongole inspirée du sogdien et exclusivement verticale, élaborée du temps de Gengis Khan. Avant le soyombo, le phagspa, inventé par un lama tibétain à la demande de Kubilaï Khan, fut employé en Chine. Ainsi, des siècles d’inventivité écrite se déploient sur les steppes, témoignant de la richesse culturelle et graphique de la Mongolie et de ses systèmes d’écriture uniques.Lire la suiteEcrire en mongol…
Aussi fascinante soit-elle, la culture khmère et ses prédécesseurs recèlent encore de nombreux mystères, et le futur pourrait nous en révéler d’autres. L’une des découvertes récentes est Sambor Prei Kuk, « le temple dans la forêt luxuriante », site datant du VIᵉ siècle, qui fut l’ancienne capitale du royaume de Chenla, prédécesseur de l’empire khmer. Des centaines de temples ressurgissent aujourd’hui, témoignant d’une organisation urbaine et religieuse remarquable qui culminera avec l’avènement de Jayavarman II et la fondation d’Angkor. Au cœur de cette épopée, la langue et l’écriture khmères jouèrent un rôle essentiel : datée de 611, la langue khmère, membre du groupe môn-khmère de la famille austroasiatique, s’est diffusée au Cambodge et dans les régions voisines, et son écriture, influencée par l’Inde, combine une grande complexité avec des voyelles surajoutées, donnant aux textes un aspect presque architectural. Le système numérique, original, mêle quant à lui base 5 et décimale, illustrant un système partiellement quinaire, partiellement décimal.Lire la suiteCompter en khmer…
L’onomatopée désigne des sons dont le signifiant est étroitement lié à la perception acoustique d’êtres animés ou d’objets, comme « coucou », « vlam » ou « boum », et dont la variété à l’échelle mondiale est étonnante : un canard fait « coin-coin » en français, « rap-rap » en danois ou « ga ga » en chinois. Bien qu’elles soient souvent associées à un langage enfantin, les onomatopées ont pu jouer un rôle dans les origines de nos langues, nos ancêtres ayant probablement utilisé des sons comparables pour communiquer. Chaque langue a évolué selon son propre chemin, et le japonais illustre particulièrement cette richesse, distinguant les giseigo, bruits du monde (パチパチ PachiPachi pour les applaudissements, チクタク ChikuTaku pour l’horloge, ポツポツ PotsuPotsu pour la pluie fine, ザーザー ZaaZaa pour la pluie forte) et les gitaigo, liés aux émotions (ドキドキ DokiDoki pour le cœur qui bat, ギリギリ GiriGiri pour la justesse). Au Japon, ces formes sont étudiées et compilées avec soin, comme en témoigne l’existence d’ouvrages recensant les 5000 onomatopées les plus courantes.Lire la suiteDes onomatopées en japonais…
Le « Chevalier à la peau de panthère », ვეფხისტყაოსანი Vepkhist’q’aosani, chef-d’œuvre de Chota Roustaveli aux XIIᵉ-XIIIᵉ siècles, compte plus de 6000 vers et célèbre l’amour courtois tout en honorant la reine Tamar. Il est un vecteur majeur de la langue géorgienne, ქართული ენა kartuli ena, appartenant à la branche kartvélienne des langues caucasiennes. La tradition littéraire géorgienne favorisa au Moyen Âge traductions et préservation de savoirs grecs, persans, arabes ou syriaques, notamment dans les monastères orthodoxes. L’écriture mkhedruli მხედრული, utilisée aujourd’hui, succéda à l’asomtavruli du début du Vᵉ siècle et au nuskhuri du IXᵉ siècle, qui formaient le khutsuri pour les textes religieux. Le mkhedruli s’imposa au XIᵉ siècle et devint monocaméral, accompagnant l’épopée du Chevalier et structurant la continuité littéraire et culturelle de la Géorgie.Lire la suiteLe Chevalier à la peau de panthère…
Les marques de ponctuation sont ces petits signes qui rythment le texte et en précisent le sens : points, virgules, points d’exclamation ou d’interrogation, chacun avec sa propre histoire et ses variantes linguistiques. Ainsi, le point d’interrogation « ? » pourrait dériver du latin quaestio « qo », le point d’exclamation d’une « joie » latine. La créativité littéraire a aussi enrichi ces signes : Baudelaire ou Hervé Bazin proposaient des points d’amour, de conviction, d’autorité ou de doute. Selon les langues, les formes diffèrent : en chinois, le point est un petit cercle « 。 » et les points de suspension six points « …… » ; en espagnol, l’interrogation s’ouvre par « ¿ » et se ferme par « ? » ; en sanskrit, on emploie le daṇḍa « । » ou le double daṇḍa « ॥ ». L’arménien, langue indo-européenne à part entière, a sa ponctuation originale : le point final est « : », les deux-points « . », le point d’interrogation « ՞ » suit directement l’objet interrogé et le point d’exclamation « ՜ » fonctionne de même. Ces signes s’inscrivent dans l’histoire de l’écriture arménienne créée par le moine Mesrop Machtots en 405, essentielle à la préservation culturelle et identitaire de l’Arménie.Lire la suiteDes signes de ponctuation en arménien…
Sayat-Nova (Սայաթ-Նովա), né vers 1712 et mort en 1795, est l’un des plus grands poètes et musiciens du Caucase et la figure emblématique des achoughs arméniens. Né à Tiflis, dans un milieu multiculturel, il évolua au carrefour des traditions arménienne, géorgienne et musulmane, ce qui marqua profondément son œuvre. Poète itinérant puis attaché à la cour du roi géorgien Héraclius II, il composa des chants mêlant poésie lyrique, amour mystique et réflexion morale, en arménien, géorgien, azéri et parfois en persan. Il s’accompagnait d’instruments traditionnels tels que le kamancha ou le saz, inscrivant son art dans la tradition orale. Après avoir quitté la cour, Sayat-Nova devint prêtre de l’Église apostolique arménienne. Il mourut en 1795 lors de la prise de Tiflis par les Perses, et demeure aujourd’hui une figure majeure du patrimoine arménien, dont l’héritage a été magnifié par le film La Couleur de la grenade de Sergueï Paradjanov.Lire la suiteSayat-Nova
Le Code Tang (唐律 Tánglǜ) est un code pénal établi en Chine dès les débuts de la dynastie Tang (618-907). Il fut remis à l’empereur Tang Gaozu (566-635) en 624, amélioré en 627 et 637, puis commenté en 653. Il sera la base de tous les systèmes pénaux jusqu’en… 1912. On y reconnaît tout à la fois un héritage légal…Lire la suiteCode Tang
Diana Abgar Դիանա Աբգար (1859-1937) fut une femme exceptionnelle qui marqua l’histoire de la diplomatie. Née à Rangoon au Myanmar, alors province indienne de l’Empire britannique, elle grandit à Calcutta où elle acquit le persan, l’anglais, le hindi et l’arménien, avant d’étendre ses talents linguistiques au japonais et au chinois. Mariée à Mykayel, elle s’installe au Japon à l’ère Meiji. Après la faillite de leurs affaires et la mort de son mari en 1906, Diana élève seule ses trois enfants tout en s’engageant pour sa communauté. Elle dénonce les massacres arméniens de 1895-1896 et d’Adana en 1909, et durant la Première Guerre mondiale, met argent, compétences et réseaux au service des réfugiés, les aidant dans leurs visas, leur hébergement, l’école des enfants et leur traversée vers les États-Unis. Représentante consulaire de la République d’Arménie (1918-1920), elle devient l’une des premières femmes diplomates de l’histoire. Diana décède en 1937 au Japon, inhumée au cimetière des étrangers de Yokohama, laissant un exemple de courage, de solidarité et d’humanité.Lire la suiteDiana Abgar…
Le drapeau sud-coréen s’appelle Taegeukgi 태극기 Calqué sur le symbole yin-yang Il a été conçu par Gojong 고종 (1852-1919) Dernier roi de Joseon et premier empereur Coréen Autour du symbole Taegeuk 태극 Vous pouvez voir quatre trigrammes… ☰ pour le printemps, l’est, l’humanité, la justice… ☲ pour l’automne, le sud, la justice, la fructification… ☵ pour l’hiver, le nord, l’intelligence,…Lire la suiteTaegeukgi
Empire Majapahit ꦏꦫꦠꦺꦴꦤ꧀ꦩꦗꦥꦲꦶꦠ꧀ (Javanais) Karaton Majapahitthe – Une thalassocratie basée sur l’île de Java (1293-1527) – C’est le dernier royaume indianisé important en Indonésie. L’Empire Majapahit était un puissant royaume hindou-bouddhiste qui a prospéré dans l’archipel indonésien du XIVe au XVIe siècle. Fondé au début du XIIIe siècle sur l’île de Java, l’Empire Majapahit s’est étendu pour inclure une grande…Lire la suiteEmpire Majapahit
En 395, Théodose Ier divise l’Empire romain : l’Occident décline tandis que l’Orient perdure sous le nom d’Empire byzantin, avec Constantinople, fondée en 330 par Constantin Ier, pour capitale. Sous Justinien Ier (v. 482-565), Byzance connaît un âge d’or marqué par une ambitieuse tentative de restauration romaine. Les siècles suivants sont rythmés par des menaces permanentes, comme l’installation d’un exarchat à Ravenne en 584 face aux Lombards. Avec la dynastie des Héraclides, l’Empire se transforme profondément, s’hellénisant dans sa culture et son administration. Les Xe-XIe siècles constituent un apogée sous la dynastie macédonienne, avant la rupture religieuse de 1054 entre Rome et Constantinople. Le déclin s’amorce sous les Comnènes face aux Turcs seldjoukides, puis s’aggrave avec la prise de Constantinople par les croisés en 1204. Réduit à quelques principautés, l’Empire survit jusqu’à sa chute finale en 1453 face à l’Empire ottoman. Pendant près de mille ans, Byzance a transmis l’héritage gréco-romain et la foi orthodoxe, marquant durablement l’histoire de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.Lire la suiteEmpire byzantin
Dynastie arabe musulmane qui a régné sur le califat islamique de 750 à 1258. Fondée par Abou al-Abbas al-Saffah, le premier calife abbasside, cette dynastie a succédé aux Omeyyades. Leur capitale, Bagdad, est devenue un centre florissant de la culture, de la science et de la philosophie pendant la période abbasside. Cependant, au fil du temps, le califat abbasside s’est…Lire la suiteAbbassides
Tête de roi en bronze, fragment magistral d’une statue monumentale, attribuée le plus souvent à Sargon d’Akkad, mais parfois à son petit-fils Naram-Sin. Découverte à Ninive, dans l’actuel Irak, elle date de l’époque akkadienne (vers le XXIIIᵉ siècle av. J.-C.). Coulée en bronze selon une technique d’une remarquable maîtrise, l’œuvre frappe par son naturalisme et sa puissance. Le visage, aux…Lire la suiteTête (dite) de Sargon d’Akkad
En 2019, le Ladakh devient officiellement un territoire de l’Union indienne, séparé du Jammu-et-Cachemire. Cette décision administrative majeure suscite des réactions contrastées au sein de la population. Certains y voient une opportunité de développement économique et de meilleure gouvernance, tandis que d’autres craignent une marginalisation culturelle et démographique. Ce changement reflète l’importance stratégique du Ladakh dans le contexte géopolitique régional.…Lire la suiteTerritoire de l’Union (2019)
Le Ladakh ལ་དྭགས་ est une région montagneuse du nord de l’Inde, au cœur de l’Himalaya et du Karakoram, souvent appelée « Petit Tibet » pour sa culture et sa religion. Ancien royaume indépendant jusqu’au XIXᵉ siècle, il fut un carrefour des routes caravanières reliant l’Asie centrale, le Tibet et le sous-continent indien. Son territoire se compose de hauts plateaux arides, de vallées profondes et d’un climat désertique d’altitude aux conditions extrêmes. La population, majoritairement tibéto-birmane, inclut d’importantes communautés musulmanes chiites, surtout autour de Kargil. Le bouddhisme tibétain structure la vie spirituelle autour des gompas, tandis que l’islam marque fortement les traditions sociales. Cette culture repose sur un équilibre ancien entre sociétés humaines et environnement rude, visible dans l’architecture, l’agriculture et les fêtes. Zone stratégique sensible aux frontières de la Chine et du Pakistan, le Ladakh connaît des tensions militaires récurrentes. Devenu en 2019 territoire de l’Union, séparé du Jammu-et-Cachemire, il affronte aujourd’hui les défis du tourisme, du changement climatique et de la préservation de son identité culturelle.Lire la suiteLadakh
Nicolas Copernic (1473-1543) est un astronome polonais dont la théorie héliocentrique a révolutionné notre compréhension de l’univers. Dans son ouvrage De revolutionibus orbium coelestium, Copernic a affirmé que le Soleil, et non la Terre, est au centre du système solaire, contredisant le modèle géocentrique accepté depuis des millénaires. Bien que son œuvre ait été publiée à la fin de sa…Lire la suiteNicolaus Copernicus
Mathématicien et savant persan (780 – 850), souvent considéré comme le père de l’algèbre. Son nom a donné le terme « algorithme ». Il a travaillé à la cour de Bagdad sous le califat abbasside, contribuant de manière significative aux domaines des mathématiques, de l’astronomie et de la géographie. Al-Khwarizmi a écrit plusieurs ouvrages, dont « Al-Kitab al-Mukhtasar fi Hisab al-Jabr wal-Muqabala », qui…Lire la suiteAl-Khwarizmi



















