La bouteille s’inscrit dans un cycle économique révélateur des équilibres et déséquilibres qui structurent notre monde, interrogeant à la fois la « maison commune » que nous partageons et les systèmes chargés d’en limiter les inégalités et les nuisances. Les discours foisonnent : économie créative, circulaire, frugale, verte ou sociale, suscitant autant d’adhésion que de dérision, signe d’une humanité prompte à s’opposer sans toujours clarifier les notions qu’elle emploie. Croissance, décroissance, consommation ou alternatives s’affrontent, tout comme les mots argent, travail, industrie ou épargne, sans que soit toujours posée la question centrale : au service de qui et de quoi se place l’économie ? Entre logiques libérales, sociales, capitalistiques ou collectivistes, les débats sont anciens mais prennent une acuité nouvelle face à des modèles prédatoires qui semblent nous emporter. Se souvenir que l’économie désigne l’administration de la maison invite à déplacer le regard : au-delà de la concurrence et de l’accumulation, penser la gestion des biens communs et l’unité humaine qu’elle rend indispensable. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de l’économie ?Lire la suiteLa maison commune…
Pantopique : 07-communication
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
C’est sous l’appellation « Non-violence » que l’artiste suédois Carl Fredrik Reuterswärd réagit à l’assassinat de John Lennon en 1980. Son œuvre va prendre forme d’un revolver au canon noué ainsi qu’en attestent ses appellations en anglais ‘The Knotted Gun’ ou suédois ‘Den knutna revolvern’. Il n’est pas très surprenant de trouver l’un de ses plus célèbres exemplaires au siège…Lire la suiteDen knutna revolvern…
Il fallut peu de temps pour que l’empire aztèque s’effondre : à peine quelques années après l’arrivée d’étrangers sur leurs terres. Pour comprendre, il faut remonter deux siècles plus tôt, lorsque leurs ancêtres, originaires de la mythique Aztlan, entamèrent une migration guidée par Huitzilopochtli, dieu protecteur de la tribu. Les oracles annonçaient qu’ils devraient s’établir là où apparaîtrait un aigle perché sur un cactus, dévorant un serpent. Ce signe fut observé en 1325 sur une île marécageuse du lac Texcoco, où naquit Mexico-Tenochtitlán. D’abord dominés, les Aztèques s’imposèrent au XVe siècle, bâtissant canaux, ponts et pyramides. Sous Ahuitzotl, l’empire atteignit son apogée, marqué par de grands travaux et d’immenses sacrifices. Moins de vingt ans après sa mort, l’empire tomba en 1521, victime des divisions internes, de la supériorité militaire espagnole et de croyances funestes. La destruction des codex a effacé une grande part de leur mémoire, mais la langue nahuatl survit encore, nous léguant des mots comme tomate, cacao ou chocolat.Lire la suiteL’aigle, le cactus & le serpent…
En 632, le prophète Mohammed (570-632) meurt à La Mecque, posant la question de sa succession. Abou Bakr As-Siddiq (573-634), l’un de ses plus anciens compagnons et père d’Aïshah, s’impose : il devient le premier des quatre califes « bien guidés », le terme calife signifiant « successeur ». À sa mort, Omar ibn al-Khattâb (584-644) dirige la communauté musulmane, la Oumma, durant dix ans avant d’être assassiné. Othmân ibn Affân (574-656) lui succède ; sous son califat, le Coran est fixé dans sa forme canonique, mais il est tué à Médine, ouvrant une période de troubles. Ali ibn Abi Talib (600-661), cousin et gendre du Prophète, devient le quatrième calife. Les chiites le considèrent comme le successeur légitime, estimant que l’autorité doit rester dans la famille du Prophète ; son assassinat marque la rupture durable entre chiisme et sunnisme. Le chiisme, aujourd’hui 10 à 15 % des musulmans, est majoritaire notamment en Iran et en Irak ; le sunnisme, fondé sur la sunna et les hadiths, rassemble 85 à 90 % des fidèles et voit se succéder Omeyyades, Abbassides puis Ottomans. Une troisième voie, le kharidjisme, subsiste encore chez les Ibadites d’Oman.Lire la suiteLe temps des califes …
Roman satirique de Sri Lal Sukla (1925-2011) , publié en 1968 – Le roman illustre les défaillances présentes dans la société indienne après l’indépendance. Il expose l’impuissance des intellectuels face à un réseau puissant et corrompu de criminels, d’hommes d’affaires, de policiers et de politiciens. Le roman est raconté du point de vue de Ranganath, étudiant en histoire, qui vient…Lire la suiteRaag Darbari
Althing (Alþingi) – considéré comme le plus ancien parlement du monde – Fondé en 930 à Þingvellir – il est désormais le parlement national d’Islande… L’Althing est le parlement national de l’Islande, considéré comme l’un des plus anciens au monde. Fondé en 930 lors de l’établissement de la République d’Islande, il se réunissait à Thingvellir, site historique et lieu de…Lire la suiteAlthing
L’Inde, située en Asie du Sud, a pour capitale New Delhi. Fondée depuis l’Antiquité, l’Inde a une histoire complexe influencée par de grandes civilisations comme la vallée de l’Indus, l’Empire Maurya et la dynastie Gupta. Elle est une république parlementaire depuis son indépendance du Royaume-Uni le 15 août 1947. Le relief indien est diversifié, avec des plaines alluviales, des plateaux,…Lire la suiteInde
Un morphème est le plus petit élément porteur d’un sens ou d’une fonction grammaticale. Une langue agglutinante assemble ces morphèmes pour créer des mots complexes, comme le turc où baş (« tête ») et kent (« ville ») donnent başkent (« capitale »), ou anne (« mère ») qui devient anneanne (« grand-mère ») puis anneannelerimiz (« nos grand-mères »). Contrairement aux langues isolantes comme le chinois, où les mots sont invariables, ou aux langues fusionnelles, où une forme peut porter plusieurs sens, les langues agglutinantes offrent un véritable jeu de construction et d’apprentissage. Le turc, autrefois écrit en alphabet arabe, adopta l’alphabet latin en 1928 lors de la révolution des signes menée par Atatürk, avec des écoles pour généraliser la lecture et l’écriture.Lire la suiteLe turc – Une langue agglutinante…
Entre 5 000 et 7 000 langues sont parlées aujourd’hui dans le monde, mais la région du Pacifique se distingue de façon spectaculaire : malgré une population relativement faible, elle concentre une diversité linguistique exceptionnelle. On y compte plus de 200 langues aborigènes en Australie, environ 75 aux Îles Salomon, plus de 110 langues au Vanuatu pour moins de 300 000 habitants, et plus de 800 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un record mondial. Cette profusion s’explique souvent par la géographie : territoires montagneux, forêts denses, communautés longtemps isolées et autosuffisantes, favorisant l’émergence et le maintien de langues distinctes. Paradoxalement, le polyglottisme y est courant, beaucoup de personnes pratiquant plusieurs langues. Le pays a d’ailleurs retenu trois langues officielles pour faciliter la communication nationale. Cette situation linguistique s’inscrit dans une histoire humaine très ancienne : la région aurait été l’un des points les plus éloignés atteints par les premiers humains après leur sortie d’Afrique, il y a 60 000 à 50 000 ans, à l’époque où l’Australie et la Papouasie formaient un même continent. Les langues actuelles portent encore la trace de ces migrations, métissages et adaptations.Lire la suite800 langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Il existe un mot coréen qui exprime à merveille le soin apporté à l’autre dans l’échange et la relation : nunchi 눈치. Deux expressions opposées en attestent : nunchi eoptta 눈치 없다 désignant l’absence de nunchi et au contraire nunchi itda 눈치 있다 qui en fait usage avec promptitude et discernement. Ce concept que l’on pourrait littéral. traduire par «…Lire la suiteNunchi : le soin apporté à l’autre
Où avons-nous donc vu ce signe ? Il figure sur le drapeau national de Mongolie et rappelle l’étendard flottant lors des célébrations comme le Naadam ! Il s’agit du soyombo, à la fois symbole et caractère d’écriture, où l’on reconnaît le feu, le soleil, la lune et le yin-yang central. Créé au XVIIᵉ siècle par Zanabazar, moine bouddhiste, il s’inscrit dans l’histoire complexe de l’écriture mongole. Aujourd’hui, la Mongolie utilise le cyrillique, le latin ou le mongol bitchig, première écriture mongole inspirée du sogdien et exclusivement verticale, élaborée du temps de Gengis Khan. Avant le soyombo, le phagspa, inventé par un lama tibétain à la demande de Kubilaï Khan, fut employé en Chine. Ainsi, des siècles d’inventivité écrite se déploient sur les steppes, témoignant de la richesse culturelle et graphique de la Mongolie et de ses systèmes d’écriture uniques.Lire la suiteEcrire en mongol…
Aussi fascinante soit-elle, la culture khmère et ses prédécesseurs recèlent encore de nombreux mystères, et le futur pourrait nous en révéler d’autres. L’une des découvertes récentes est Sambor Prei Kuk, « le temple dans la forêt luxuriante », site datant du VIᵉ siècle, qui fut l’ancienne capitale du royaume de Chenla, prédécesseur de l’empire khmer. Des centaines de temples ressurgissent aujourd’hui, témoignant d’une organisation urbaine et religieuse remarquable qui culminera avec l’avènement de Jayavarman II et la fondation d’Angkor. Au cœur de cette épopée, la langue et l’écriture khmères jouèrent un rôle essentiel : datée de 611, la langue khmère, membre du groupe môn-khmère de la famille austroasiatique, s’est diffusée au Cambodge et dans les régions voisines, et son écriture, influencée par l’Inde, combine une grande complexité avec des voyelles surajoutées, donnant aux textes un aspect presque architectural. Le système numérique, original, mêle quant à lui base 5 et décimale, illustrant un système partiellement quinaire, partiellement décimal.Lire la suiteCompter en khmer…
L’onomatopée désigne des sons dont le signifiant est étroitement lié à la perception acoustique d’êtres animés ou d’objets, comme « coucou », « vlam » ou « boum », et dont la variété à l’échelle mondiale est étonnante : un canard fait « coin-coin » en français, « rap-rap » en danois ou « ga ga » en chinois. Bien qu’elles soient souvent associées à un langage enfantin, les onomatopées ont pu jouer un rôle dans les origines de nos langues, nos ancêtres ayant probablement utilisé des sons comparables pour communiquer. Chaque langue a évolué selon son propre chemin, et le japonais illustre particulièrement cette richesse, distinguant les giseigo, bruits du monde (パチパチ PachiPachi pour les applaudissements, チクタク ChikuTaku pour l’horloge, ポツポツ PotsuPotsu pour la pluie fine, ザーザー ZaaZaa pour la pluie forte) et les gitaigo, liés aux émotions (ドキドキ DokiDoki pour le cœur qui bat, ギリギリ GiriGiri pour la justesse). Au Japon, ces formes sont étudiées et compilées avec soin, comme en témoigne l’existence d’ouvrages recensant les 5000 onomatopées les plus courantes.Lire la suiteDes onomatopées en japonais…
Elle s’appelait Black Maria et vivait il y a deux siècles parmi la communauté ngunawal des Southern Highlands en Nouvelle-Galles du Sud, Australie. Elle chantait des berceuses aux enfants, et l’une d’elles fut transcrite, préservant sa mémoire malgré les violences subies par les locuteurs de langues aborigènes interdits de les pratiquer. Inspirée par ces chants, M. Bell publia un ouvrage en ngunawal relatant la légende de Mununja le papillon, une jeune fille épargnée par le maléfique Gunga et protégée par Mununja. Son fils, M. Freeman et l’Institut australien des études aborigènes se sont ensuite attachés à enseigner le ngunawal, préservant un patrimoine vieux de dizaines de milliers d’années, parmi les centaines de langues pama-nyungan et non pama-nyungan. La berceuse Inanay, issue de la langue yorta yorta parlée près des rivières Goulburn et Murray, illustre la vitalité et la richesse de ces traditions orales et rappelle combien la transmission des langues est essentielle à la mémoire et à la culture.Lire la suiteElle s’appelait Black Maria…
Le « Chevalier à la peau de panthère », ვეფხისტყაოსანი Vepkhist’q’aosani, chef-d’œuvre de Chota Roustaveli aux XIIᵉ-XIIIᵉ siècles, compte plus de 6000 vers et célèbre l’amour courtois tout en honorant la reine Tamar. Il est un vecteur majeur de la langue géorgienne, ქართული ენა kartuli ena, appartenant à la branche kartvélienne des langues caucasiennes. La tradition littéraire géorgienne favorisa au Moyen Âge traductions et préservation de savoirs grecs, persans, arabes ou syriaques, notamment dans les monastères orthodoxes. L’écriture mkhedruli მხედრული, utilisée aujourd’hui, succéda à l’asomtavruli du début du Vᵉ siècle et au nuskhuri du IXᵉ siècle, qui formaient le khutsuri pour les textes religieux. Le mkhedruli s’imposa au XIᵉ siècle et devint monocaméral, accompagnant l’épopée du Chevalier et structurant la continuité littéraire et culturelle de la Géorgie.Lire la suiteLe Chevalier à la peau de panthère…
Les marques de ponctuation sont ces petits signes qui rythment le texte et en précisent le sens : points, virgules, points d’exclamation ou d’interrogation, chacun avec sa propre histoire et ses variantes linguistiques. Ainsi, le point d’interrogation « ? » pourrait dériver du latin quaestio « qo », le point d’exclamation d’une « joie » latine. La créativité littéraire a aussi enrichi ces signes : Baudelaire ou Hervé Bazin proposaient des points d’amour, de conviction, d’autorité ou de doute. Selon les langues, les formes diffèrent : en chinois, le point est un petit cercle « 。 » et les points de suspension six points « …… » ; en espagnol, l’interrogation s’ouvre par « ¿ » et se ferme par « ? » ; en sanskrit, on emploie le daṇḍa « । » ou le double daṇḍa « ॥ ». L’arménien, langue indo-européenne à part entière, a sa ponctuation originale : le point final est « : », les deux-points « . », le point d’interrogation « ՞ » suit directement l’objet interrogé et le point d’exclamation « ՜ » fonctionne de même. Ces signes s’inscrivent dans l’histoire de l’écriture arménienne créée par le moine Mesrop Machtots en 405, essentielle à la préservation culturelle et identitaire de l’Arménie.Lire la suiteDes signes de ponctuation en arménien…
Sayat-Nova (Սայաթ-Նովա), né vers 1712 et mort en 1795, est l’un des plus grands poètes et musiciens du Caucase et la figure emblématique des achoughs arméniens. Né à Tiflis, dans un milieu multiculturel, il évolua au carrefour des traditions arménienne, géorgienne et musulmane, ce qui marqua profondément son œuvre. Poète itinérant puis attaché à la cour du roi géorgien Héraclius II, il composa des chants mêlant poésie lyrique, amour mystique et réflexion morale, en arménien, géorgien, azéri et parfois en persan. Il s’accompagnait d’instruments traditionnels tels que le kamancha ou le saz, inscrivant son art dans la tradition orale. Après avoir quitté la cour, Sayat-Nova devint prêtre de l’Église apostolique arménienne. Il mourut en 1795 lors de la prise de Tiflis par les Perses, et demeure aujourd’hui une figure majeure du patrimoine arménien, dont l’héritage a été magnifié par le film La Couleur de la grenade de Sergueï Paradjanov.Lire la suiteSayat-Nova
Le Gabon, pays d’Afrique centrale, a pour capitale Libreville et son histoire remonte à l’ère précoloniale avec la présence de divers peuples autochtones. Colonisé par la France au XIXe siècle, le Gabon a accédé à l’indépendance le 17 août 1960. Il est une république avec un système politique marqué par des périodes de stabilité et de changements politiques. Le relief…Lire la suiteGabon
Que diriez-vous d’aller dans le Jutland, péninsule continentale du Danemark, pour nous arrêter au village de Jelling, où deux pierres runiques exceptionnelles, mises au jour en 1978, témoignent d’un moment fondateur de l’histoire nordique ? Leurs inscriptions utilisent les runes issues du futhark, alphabet tirant son nom de ses six premières lettres et comptant à l’origine vingt-quatre signes, parfois réduits ou étendus selon les époques. L’Edda poétique, recueil du XIIIᵉ siècle, raconte que Odin lui-même se sacrifia neuf jours et neuf nuits, transpercé par sa lance Gungnir, pour en percer le secret. Datées du Xe siècle, les pierres de Jelling honorent Gorm, Thyra et leur fils Harald Ier, roi du Danemark et de Norvège, et sont souvent vues comme l’acte de naissance du royaume et de sa conversion au christianisme. Harald portait le surnom de « dent bleue », peut-être à cause d’une dent abîmée, surnom devenu célèbre puisqu’il inspira le nom de la technologie Bluetooth, dont le logo assemble deux runes correspondant à ses initiales.Lire la suiteLe roi à la dent bleue
Taryag mitzvot – 613 commandements dans la tradition juive, mentionnés pour la première fois par le rabbin Simlai au IIIe siècle de notre ère, comprenant les « commandements positifs » (mitsvot aseh) et les « commandements négatifs » (mitzvot lo taaseh). Les mitzvot sont divisés en trois groupes : 1. Mishpatim = lois ayant une explication rationnelle 2. Eidot = lois qui peuvent être…Lire la suiteTaryag mitzvot



















