Nous voici dans les royaumes de Ndongo et de Matamba, en Angola. Le Ndongo apparaît au XIVe siècle, dirigé par le Ngola, titre à l’origine du nom du pays, avec pour capitale Kabasa, tandis que le Matamba voisin se forme au XVIe siècle. C’est dans ce contexte qu’émerge Njinga (1583-1663), fille du roi Kiluanji et sœur du redoutable Ngola Mbandi, arrivé au pouvoir par la violence. Diplomate habile, elle fut envoyée négocier avec les Portugais, alors engagés dans le commerce de l’or, de l’ivoire et des esclaves. Malgré un traité promettant restitution de territoires et libérations, les accords furent bafoués. À la mort mystérieuse de son frère, Njinga se proclama reine, se fit baptiser à Luanda sous le nom de Dona Ana de Souza, puis mena une politique mêlant ruse, alliances changeantes et guerre. Elle conquit le Matamba, résista aux Portugais, traita un temps avec les Hollandais et parvint en 1657 à préserver l’indépendance du Ndongo. Figure majeure de résistance, son nom, lié selon la tradition à un signe de naissance exceptionnel, reste symbole de fierté et de courage.Lire la suiteLa reine Njinga…
Pantopique : 07-communication
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
On les appelle souvent « Eskimos », un exonyme, alors qu’ils se nomment Inuits, « les humains ». Répartis autour du cercle polaire, ils ont façonné un monde riche de langues, de mythes et de savoirs, peuplé d’inuksuk, d’ulu, de chamanes angakkuq et de figures comme la déesse Sedna. C’est dans cet univers qu’est né Minik. En 1897, à huit ans, il est emmené à New York avec son père Qisuk et d’autres Inuits, ramenés par un explorateur pour être exposés au public. Rapidement frappés par la tuberculose, tous meurent sauf Minik. À la mort de son père en 1898, l’enfant demande un enterrement selon les rites inuits ; on lui offre un simulacre, tandis que le squelette de Qisuk rejoint les collections du muséum. Placé dans une famille américaine, Minik grandit avant de découvrir la vérité en 1906. Brisé, il retourne un temps dans l’Arctique, puis revient aux États-Unis où il meurt en 1918 de la grippe espagnole.Lire la suiteUn Inuit à New-York
Question de départ – Niveau 0 : Le juge sera-t-il un robot ? Niveau + 1 : En quoi les décisions de justice peuvent-elles s’automatiser ? Niveau + 2 : En quoi consiste une « décision de justice » ? Niveau + 3 : Quels sont les mécanismes qui concourent à une prise de décision ? Niveau + 4 :…Lire la suiteLe juge sera-t-il un robot ? [effet matr.ia.chka]
Et si l’indépendance de la Suisse reposait sur l’histoire, certes légendaire, d’une simple pomme ? Le récit situe les faits en 1307, lorsque le bailli Hermann Gessler voulut imposer son autorité sur le canton d’Uri en exigeant l’allégeance à son chapeau dressé sur la place d’Altdorf. Guillaume Tell refusa. Pour châtiment, on l’obligea à tirer à l’arbalète une pomme posée sur la tête de son fils, épreuve qu’il réussit. Un second carreau dissimulé trahit toutefois son intention de tuer Gessler s’il avait blessé l’enfant. Arrêté, Tell fut conduit sur le lac des Quatre-Cantons, mais une tempête lui permit de s’échapper. Les récits divergent sur la mort de Gessler, mais la tradition, relayée par le Livre blanc de Sarnen, fit de cet acte le déclencheur de la révolte menant à l’indépendance suisse et au serment du Grütli entre Uri, Schwytz et Unterwald. En réalité, le pacte fondateur daterait de 1291. Le mythe fut largement popularisé par Schiller en 1804 puis par Rossini.Lire la suitePour une pomme
Le monde contemporain appelle une gouvernance fondée sur la probité, le sens du service et la responsabilité partagée. Nous sommes façonnés par des formes de pouvoir parfois choisies, parfois subies, qui conditionnent nos vies collectives et individuelles. Interroger la gouvernance, ce n’est pas seulement comparer des modèles, mais questionner leur capacité à préserver la paix, la justice, les équilibres sociaux et environnementaux. Certaines cultures rappellent que gouverner consiste d’abord à délibérer, à rendre compte, à respecter la dignité des personnes et des ressources, et à inscrire les décisions dans le temps long. Gouverner, c’est apprendre à vivre ensemble, à gérer la maison commune sans confisquer le pouvoir ni rompre le lien entre dirigeants et citoyens. Face à la corruption, au népotisme ou à la partialité, la réponse ne peut être uniquement institutionnelle : elle engage aussi une éthique civique, une vigilance collective, une participation active de chacun. La gouvernance n’est pas l’affaire de quelques-uns mais un processus vivant, nourri par le dialogue, la transparence et la responsabilité partagée. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « gouvernance » ?Lire la suiteRunanga, la gouvernance heureuse…
Empire Majapahit ꦏꦫꦠꦺꦴꦤ꧀ꦩꦗꦥꦲꦶꦠ꧀ (Javanais) Karaton Majapahitthe – Une thalassocratie basée sur l’île de Java (1293-1527) – C’est le dernier royaume indianisé important en Indonésie. L’Empire Majapahit était un puissant royaume hindou-bouddhiste qui a prospéré dans l’archipel indonésien du XIVe au XVIe siècle. Fondé au début du XIIIe siècle sur l’île de Java, l’Empire Majapahit s’est étendu pour inclure une grande…Lire la suiteEmpire Majapahit
Le chinchasuyu est le quartier nord-ouest (suyu) de l’Empire Inca (Tawantin Suyu), qui faisait partie des « Quartiers supérieurs ». L’Équateur et la Colombie modernes étaient englobés dans sa plus grande étendue. Chinchay signifie « ocelot » en quechua et désigne le nord.Lire la suiteChinchasuyu
Ivan IV Vassilievitch, plus connu sous le nom d’Ivan le Terrible (1530-1584), fut le premier tsar de Russie, régnant de 1547 jusqu’à sa mort. Né à Kolomenskoïe, il accède au trône à seize ans après la disparition de son père, Vassili III. Les premières années de son règne sont marquées par une politique de réformes administratives, judiciaires et militaires visant à renforcer l’autorité centrale et à moderniser l’État. À partir des années 1560 toutefois, Ivan sombre progressivement dans la méfiance et la paranoïa, instaurant un régime de terreur contre ses opposants, en particulier les boyards, la haute noblesse russe. Cette période est dominée par l’opritchnina, système de répression violente culminant avec des événements tels que le massacre de Novgorod en 1570. Sur le plan territorial, Ivan le Terrible joue un rôle majeur dans l’expansion de l’État russe en annexant les khanats de Kazan et d’Astrakhan, ouvrant la voie à la conquête de la Volga et de la Sibérie. Son règne est également associé à de grandes réalisations symboliques, comme la construction de la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux sur la Place Rouge à Moscou. À sa mort en 1584, Ivan laisse un héritage profondément ambivalent.Lire la suiteIvan IV Vasilyevich
Dynastie arabe musulmane qui a régné sur le califat islamique de 750 à 1258. Fondée par Abou al-Abbas al-Saffah, le premier calife abbasside, cette dynastie a succédé aux Omeyyades. Leur capitale, Bagdad, est devenue un centre florissant de la culture, de la science et de la philosophie pendant la période abbasside. Cependant, au fil du temps, le califat abbasside s’est…Lire la suiteAbbassides
Le Nunavut – ᓄᓇᕗᑦ « notre terre » – est un territoire du Canada, créé le 1er avril 1999, séparé des Territoires du Nord-Ouest, et situé dans le nord du pays. Il est le territoire le plus récent et le plus vaste du Canada, couvrant une grande partie de l’Arctique canadien. Le Nunavut est principalement habité par des Inuits, qui…Lire la suiteNunavut
Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogoch, village de l’île d’Anglesey au Pays de Galles, détient le record européen du plus long toponyme. Traduit, il signifie « l’église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près du tourbillon rapide et l’église de saint Tysilio près de la grotte rouge ». Sa transcription phonétique est [ˌɬan.vair.puɬ.ˌɡwɪ̈n.ɡɪ̈ɬ.ɡo.ˌɡer.ə.ˌχwərn.ˌdrob.uɬ.ˌɬan.tɪ̈s.ˌil.jo.ˌ ɡo.ɡo.ˈɡoːχ]. Une bactérie découverte sur place reçut son nom : Myxococcus llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogo gochensis. Pour faciliter le tourisme chinois, le village adopta aussi le toponyme mandarin 健肺村 Jiàn Fèi Cūn, « village des poumons en bonne santé », tandis que les plus prudents peuvent dire « Llanfair PG ». Le gallois, ou Cymraeg, est une langue celtique brittonique écrite en alphabet gallois dérivé du latin.Lire la suiteUn mot gallois…
Mathématicien et savant persan (780 – 850), souvent considéré comme le père de l’algèbre. Son nom a donné le terme « algorithme ». Il a travaillé à la cour de Bagdad sous le califat abbasside, contribuant de manière significative aux domaines des mathématiques, de l’astronomie et de la géographie. Al-Khwarizmi a écrit plusieurs ouvrages, dont « Al-Kitab al-Mukhtasar fi Hisab al-Jabr wal-Muqabala », qui…Lire la suiteAl-Khwarizmi
Les trois lois de la robotique ou lois d’Asimov… (1942) 1. Un robot ne peut pas blesser un être humain ni, par son inaction, permettre à un être humain de se blesser. 2. Un robot doit obéir aux ordres donnés par des êtres humains, sauf si de tels ordres sont contraires à la Première Loi. 3. Un robot doit protéger…Lire la suiteLes lois d’Asimov
Qu’entreprendre ? Et comment le faire au regard de tous les possibles, en réfléchissant aux raisons d’agir, aux moyens mobilisés, aux conséquences engendrées et à leurs effets sur les équilibres environnementaux, sociaux, culturels et éthiques ? Parce qu’elle constitue le cadre quotidien de millions d’individus, l’entreprise est un espace décisif de transformation et de progrès. Entreprendre peut alors consister à interroger l’équité des pratiques, à créer ou développer des structures dont l’impact dépasse la seule rentabilité, à remettre en cause une concurrence sans limites, à résister à la logique d’une maximisation des profits détachée du bien commun. Ce progrès peut passer par des actions simples – garantir un prix juste aux producteurs, préserver des savoir-faire, limiter la spéculation – mais aussi par des formes d’innovation frugale, à l’image du jugaad, concept indien qui valorise des solutions ingénieuses, sobres et adaptées à des ressources limitées. Faire « simple mais pas simpliste », inventer autrement, redonner sens à l’acte d’entreprendre : et si l’entreprise redevenait partout un lieu de reconquête des équilibres et d’invention collective ? Et si, pour commencer, nous questionLire la suiteJugaad, le choix frugal…
Stephen Karpman a créé en 1968 le Triangle dramatique, un modèle des dynamiques relationnelles dysfonctionnelles impliquant trois rôles : Victime, Persécuteur et Sauveur. Ces positions, adoptées inconsciemment, ne sont pas fixes : la Victime se sent impuissante, le Persécuteur critique et contrôle, le Sauveur intervient sans y être sollicité, renforçant la dépendance. Dans ces interactions, les rôles changent, maintenant le conflit et bloquant la résolution. Le triangle montre comment ces jeux psychologiques évitent responsabilité et communication authentique. Prendre conscience de ces mécanismes permet de sortir du drame en adoptant des postures adultes fondées sur responsabilité, assertivité et coopération. Ce modèle est largement utilisé en psychologie, coaching et développement personnel pour améliorer relations et conscience de soi.Lire la suiteStephen Karpman
« ABCD » est une œuvre dadaïste emblématique créée par l’artiste autrichien Raoul Hausmann en 1923. Cette œuvre se présente sous la forme d’un photomontage, où Hausmann a assemblé des lettres de l’alphabet découpées à partir de diverses sources typographiques et les a disposées de manière non conventionnelle sur un fond de papier. Chaque lettre est accompagnée d’éléments visuels déconstruits et réarrangés,…Lire la suiteABCD – Raoul Hausmann
Eli Pariser (1980-), activiste américain et auteur, est surtout connu pour avoir popularisé le concept de bulle de filtres dans son livre The Filter Bubble: What the Internet is Hiding from You (2011). Cofondateur de l’organisation politique en ligne MoveOn.org et de la plateforme d’information Upworthy, il s’est engagé à transformer la manière dont les informations sont partagées et consommées…Lire la suiteEli Pariser
Face aux troubles et aux espérances de notre temps, la question de la responsabilité s’impose comme un défi central. De nombreuses cultures ont inscrit cette exigence dans des rites de passage marquant l’entrée dans l’âge adulte : assumer ses actes, répondre de soi devant les autres, s’engager dans la continuité du collectif. Qu’il s’agisse de rituels religieux, par ex. juifs, ou de cérémonies initiatiques, par ex. masais, ces seuils symbolisent l’accès à une responsabilité élargie, qui dépasse l’individu pour l’inscrire dans une communauté humaine. L’étymologie même du terme responsabilité renvoie à l’idée de promesse et d’engagement, de capacité à répondre et à se lier. Or, aujourd’hui, cette notion semble fragmentée : certains se revendiquent responsables de tout, d’autres se sentent écrasés par des fautes qui ne sont pas les leurs, tandis que beaucoup peinent déjà à répondre de leur propre existence. Où se situe alors l’équilibre entre responsabilité individuelle et responsabilité collective, entre héritage, solidarité et engagement choisi ? Comment transformer la responsabilité en un acte quotidien vivant, assumé, partagé, plutôt qu’en un fardeau abstrait ou un slogan moral ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « responsabilité »Lire la suiteResponsabilité, se promettre…
Les 15 Commitments of Conscious Leadership, élaborés par Jim Dethmer, Diana Chapman et Kaley Klemp, proposent un cadre pour développer un leadership conscient et responsable. La qualité du leadership dépend du niveau de conscience du leader, capable d’observer ses réactions, croyances et émotions sans s’y identifier. Les engagements opposent l’ego, lié à peur, contrôle et besoin d’avoir raison, au leadership conscient, fondé sur curiosité, ouverture, responsabilité et collaboration. Ils encouragent à choisir responsabilité plutôt que victimisation, curiosité plutôt que jugement, transparence plutôt que dissimulation, et à pratiquer communication authentique, gestion consciente des conflits et alignement corps-esprit-émotions. Ces principes favorisent des cultures de confiance, créativité, résilience et performance durable.Lire la suiteThe 15 Commitments of Conscious Leadership
L’agriculture, au cœur des équilibres alimentaires, concentre nos contradictions collectives. On l’exalte pour son rôle vital, on la dénigre pour certaines dérives productivistes, tout en exigeant toujours plus, toujours moins cher, sans en assumer les conséquences. Comment en sommes-nous arrivés à oublier celles et ceux dont dépend notre subsistance ? Une éducation réelle à la terre, impliquant un temps long auprès des paysans, permettrait sans doute de renouer avec les lois du vivant et le respect qu’elles imposent. À travers des contextes très contraints, des réponses inventives ont pourtant émergé. À Cuba, la pénurie alimentaire liée à l’embargo et à l’effondrement du soutien soviétique a favorisé le développement des organopónicos : des systèmes de cultures urbaines surélevées, enrichies en matière organique, portées par des habitants devenus producteurs. Ces espaces, à la fois lieux de production, de lien social et d’expérimentation, ont contribué à la résilience alimentaire locale. Des innovations modestes, nées de la contrainte, rappellent que l’agriculture n’est pas qu’une technique mais un rapport fondamental à la terre et au collectif. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de l’agriculture ?Lire la suiteOrganopónicos, au cœur de la cité…



















