L’Albanie, Shqipëria, « pays des aigles », reflète son identité jusque dans sa langue, le shqip, branche unique des langues indo-européennes, divisée en guègue au nord et tosque au sud, dont les premières traces remontent au XIIIᵉ siècle. Son écriture a emprunté au latin, au grec, à l’arabe et au cyrillique, mais aussi à des créations originales : l’alphabet d’Elbasan au XVIIIᵉ siècle, l’écriture de Todhri de 52 lettres, ou le Vithkuqi de Naum Veqilharxhi, conçu pour éviter toute affiliation religieuse et fédérer les communautés. Ioannis Vilaras inventa le Vellara, et un alphabet fut collecté à Gjirokastër par Johann Georg von Hahn. Ces systèmes témoignent d’inventivité et d’un fort désir d’identité. En 1908, la standardisation aboutit à un alphabet latin de 36 lettres, consolidant la langue nationale.Lire la suiteL’Albanie et ses systèmes d’écriture…
Pantopique : écriture
Comment l’humanité a-t-elle inventé et perfectionné l’écriture, passant des hiéroglyphes aux alphabets, des caractères chinois aux systèmes syllabiques, façonnant ainsi une diversité fascinante de langages écrits ? Comment l’écriture a-t-elle préservé les mythes, les légendes, les connaissances scientifiques et les histoires individuelles au fil des générations, créant un lien tangible avec le passé et un héritage pour l’avenir ? Comment les différentes cultures du monde ont-elles attribué des significations symboliques à l’écriture, créant des calligraphies et des styles artistiques uniques qui transcendent la simple communication textuelle ? Comment les supports de l’écriture ont-ils évolué, des tablettes d’argile aux parchemins, des manuscrits aux livres imprimés, reflétant les avancées technologiques et les transformations sociales ? Comment les systèmes d’écriture, en intégrant ou excluant des groupes de personnes, reflètent-ils des enjeux de pouvoir, de politique et de justice sociale ? Comment les langues écrites sont-elles préservées dans le contexte de la mondialisation, et comment la diversité linguistique est-elle célébrée à travers l’écriture ? Comment les récits écrits peuvent-ils être des instruments de changement social, documentant les luttes et les triomphes, sensibilisant aux enjeux mondiaux et inspirant des mouvements collectifs ? Que changent la transformation numérique et l’IA dans notre rapport à l’écriture ?…
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Les 214 radicaux Kangxi (康熙部首) constituent le système de classification traditionnel des caractères chinois fondé sur les bùshǒu (部首), littéralement « têtes de section », servant à organiser les entrées des dictionnaires. Établi dans le célèbre Dictionnaire Kangxi, publié en 1716 sous le règne de l’empereur Kangxi, ce système recense 214 éléments graphiques récurrents, traits simples, clés sémantiques ou composants…Lire la suiteRadicaux de Kangxi (214)
L’avènement de l’imprimerie occidentale au XVe siècle ne se fit pas sans heurts. Bien que Gutenberg soit crédité de l’invention des caractères métalliques mobiles, sa vie fut marquée par les difficultés financières, procès et perte de son atelier après l’impression de la Bible à quarante-deux lignes. Les copistes, menacés dans leur activité, virent d’emblée dans la presse un outil suspect, voire diabolique. En France, François Ier alla jusqu’à interdire l’imprimerie en 1535, après l’Affaire des placards, avant de lever l’interdiction tout en instaurant une censure durable. Le monde islamique resta lui aussi longtemps réticent, comme en témoignent encore au XVIIIe siècle les protestations de calligraphes à Istanbul. Pourtant, l’imprimerie bouleversa durablement la diffusion du savoir : éditions fondatrices des textes antiques, grandes dynasties d’imprimeurs, normalisation des caractères, puis miniaturisation des ouvrages aux XVIIe et XVIIIe siècles, rendant livres et dictionnaires plus accessibles. Morale de l’histoire : les révolutions techniques qui transforment le savoir rencontrent toujours résistances et peurs, mais elles redessinent en profondeur nos manières de penser, de lire et de transmettre.Lire la suiteAlors vint l’imprimerie…
Symbole: Rub El Hizb (symbole musulman de l’alphabet arabe). Il est constitué de deux carrés identiques, l’un étant incliné à 45 degrés. Au centre du symbole se trouve un cercle. Utilisé en calligraphie arabe pour marquer une fin de chapitre, il renvoie à la récitation du Coran en un mois lequel est divisé en trente parties appelées juz’, chacune divisée…Lire la suiteRub El Hizb (symbole)
La calligraphie vietnamienne, ou Thư pháp, est un art de l’écriture qui reflète l’histoire linguistique et culturelle singulière du Vietnam. Elle se caractérise par la coexistence et l’entrelacement de plusieurs systèmes graphiques, témoignant des influences chinoises, locales et occidentales. Traditionnellement, la calligraphie vietnamienne s’appuyait sur les caractères chinois (Hán tự) et sur le Chữ Nôm, système d’écriture sino-vietnamien permettant de…Lire la suiteLa calligraphie vietnamienne
Maaya Wakasugi est un calligraphe japonais formé dès l’enfance aux écritures traditionnelles, dont la pratique s’enracine dans une connaissance approfondie des caractères anciens et de la littérature chinoise. Installé en France, il développe une carrière internationale mêlant expositions, performances et collaborations artistiques. Son travail se distingue par une tension féconde entre tradition et contemporanéité, où la rigueur calligraphique rencontre une gestuelle libre, presque chorégraphique. La critique souligne la puissance expressive de son trait, la dimension corporelle de son geste et la profondeur spirituelle de son approche. Engagé dans l’éducation artistique, notamment à la Philomathique de Bordeaux, il anime des ateliers ouverts à différents publics. Au-delà de l’écriture, Maaya Wakasugi explore la calligraphie comme un langage vivant, capable de relier Orient et Occident, héritage et innovation, dans une recherche esthétique et sensible du mouvement, de l’équilibre et du sens.Lire la suiteMaaya Wakasugi
Abu ʿAli Muhammad Ibn ʿAli Ibn Muqla, plus connu sous le nom d’Ibn Muqla, est l’un des grands théoriciens de la calligraphie arabe classique. Né à Bagdad en 886 et mort en 940, il fut à la fois calligraphe, mathématicien et haut fonctionnaire du califat abbasside. Son apport fondamental réside dans la formalisation des proportions de l’écriture arabe. Il élabore…Lire la suiteIbn Muqla
Hassan Massoudy (1944-) est un calligraphe contemporain irakien reconnu pour avoir introduit une expressivité nouvelle dans la calligraphie arabe. Formé à Bagdad puis à Paris, il fusionne tradition classique et influences de l’art moderne occidental. Son travail se distingue par des compositions amples, colorées et gestuelles. Massoudy accorde une grande importance au sens des textes qu’il calligraphie, souvent poétiques ou…Lire la suiteHassan Massoudy
Wáng Xīzhī 王羲之 est considéré comme le plus grand calligraphe de l’histoire chinoise. Actif au IVᵉ siècle, il est célèbre pour la Préface au Pavillon des Orchidées (Lántíng Jí Xù), rédigée en 353 lors d’un rassemblement de lettrés. Ce texte, écrit dans un style semi-cursif, est admiré pour son équilibre parfait entre fluidité et structure. Wáng Xīzhī y exprime une…Lire la suiteWang Xizhi
Les Quatre Trésors du lettré désignent l’ensemble des outils fondamentaux de la calligraphie et de la peinture lettrée chinoises. Ils sont : le pinceau (笔 bǐ), l’encre (墨 mò), le papier (纸 zhǐ) et la pierre à encre (砚 yàn). Ces objets ne sont pas de simples instruments utilitaires, mais des éléments chargés de valeurs culturelles et symboliques. Leur qualité…Lire la suiteQuatre Trésors du lettré
Mǐ Fú est l’un des plus grands calligraphes chinois de la dynastie Song, actif au XIe siècle. Personnalité excentrique et érudit raffiné, il considérait la calligraphie comme l’expression directe du tempérament. Son style se distingue par une écriture fluide, énergique et parfois volontairement désordonnée. Il privilégiait l’élan du geste et la spontanéité plutôt que la stricte conformité aux modèles anciens.…Lire la suiteMi Fu
Nja Mahdaoui est un plasticien-calligraphe tunisien né en 1937, reconnu pour avoir profondément renouvelé le rapport entre calligraphie arabe et art contemporain. Formé à Tunis puis à Rome et à Paris, il s’éloigne très tôt de la calligraphie strictement lisible pour explorer la lettre comme forme plastique autonome. Ses œuvres ne cherchent pas à transmettre un texte, mais à évoquer…Lire la suiteNja Mahdaoui
Odin est une figure majeure de la mythologie nordique, vénéré comme le dieu suprême dans le panthéon des dieux scandinaves. Souverain d’Asgard, il est souvent associé à la sagesse, à la guerre, à la poésie et à la magie. Odin est le père de nombreux dieux, dont Thor, le dieu du tonnerre. Il est souvent représenté comme un vieil homme…Lire la suiteOdin
La quête d’un « monde meilleur » traverse l’histoire humaine, souvent désignée sous le nom d’utopie, entendue comme un lieu idéal qui n’existe pas encore, ou peut-être n’existera jamais. Pourtant, derrière l’imaginaire, l’utopie interroge nos critères du juste, du vivable et du désirable. Elle révèle autant nos espoirs que nos aveuglements, car nombre de mondes dits parfaits ont aussi porté leurs exclusions et leurs contraintes. À l’inverse, la dystopie met en scène l’échec de ces promesses lorsqu’elles deviennent domination, contrôle ou renoncement à l’humain. Entre ces deux pôles, une autre voie se dessine : celle d’un monde à penser non comme un modèle unique à imposer, mais comme une pluralité de lieux, de vies et de relations à faire coexister. Un monde meilleur ne commencerait alors ni par un plan global ni par une projection idéalisée, mais par une transformation du regard, du lien et du respect accordé à soi comme à l’autre. Imaginer l’avenir ne serait plus fuir le réel, mais l’habiter autrement, en reconnaissant que le centre du monde peut être partout, dès lors que l’humanité y est pleinement engagée. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de « l’utopie » ?Lire la suiteUne utopie en braille…
Qu’est-ce que l’écriture ? Comment est-elle apparue ? Que sont les systèmes d’écriture ? Comment se sont-ils développés dans toute leur diversité pictographique, idéographique, syllabique ou alphabétique ? Comment ont-ils fixé, transmis, organisé le langage ? Comment l’écriture a-t-elle transformé les modes de pensée, de mémoire, de savoir et de pouvoir, et structuré les cultures, les institutions et les formes…Lire la suiteÉduquer aux écritures
Qu’est-ce que la calligraphie ? Comment est-elle née et s’est-elle développée dans différentes civilisations, et quelles relations singulières entretient-elle avec l’écriture, la langue et le sacré ? Comment les traditions calligraphiques, chinoise, arabe, latine, hébraïque, japonaise ou autres, ont-elles exprimé des visions du monde, des rapports au temps, au corps et au sens ? Que nous apprennent l’histoire, l’esthétique et…Lire la suiteÉduquer à la calligraphie
Yang Huanyi, morte à 98 ans en 2004 dans le Hunan, fut la dernière à maîtriser le nüshu 女书, écriture exclusivement féminine. Composé des caractères « femme » et « livre », ce système de près de 700 signes syllabiques, partiellement inspirés du chinois, avait été créé par les femmes de l’ethnie Yao il y a plusieurs siècles pour prendre en main leur destin éducatif et communicationnel. Transmis de mère en fille, le nüshu servait notamment à rédiger les « messages du 3ᵉ jour » destinés aux jeunes mariées. Aujourd’hui, malgré son usage touristique et commercial, un renouveau voit de jeunes lettrées et lettrés s’attacher à prolonger la beauté de cette écriture unique, témoignage de courage, de créativité et de solidarité féminine au fil des générations.Lire la suiteLe nüshu – un défi, une histoire…
La Pierre de Rosette est une stèle inscrite datant de l’Égypte antique, découverte en 1799 à Rosette (Rashid), en Égypte, par les troupes françaises de Napoléon Bonaparte. Datant de 196 av. J.-C., la pierre comporte le même texte en trois écritures : égyptien hiéroglyphique, démotique et grec ancien. Cette découverte a été cruciale pour la compréhension des hiéroglyphes égyptiens, car…Lire la suitePierre de Rosette
Blessé à l’âge de trois ans dans l’atelier de son père bourrelier, Louis Braille perd progressivement la vue. Soutenu par ses parents, il entre à l’Institution royale des jeunes aveugles, fondée par Valentin Haüy, où il révèle très tôt un esprit inventif et rigoureux. En 1821, la présentation de la sonographie de Charles Barbier de La Serre l’inspire tout en lui montrant ses limites ; il conçoit alors un système tactile simple et efficace pour transcrire lettres, chiffres et musique. En 1829, la publication de son Procédé pour écrire les paroles, la musique, le plain-chant à l’usage des aveugles marque la naissance du système braille, fondé sur des points saillants. Cette avancée majeure s’inscrit dans une longue quête d’accessibilité du savoir, illustrée aussi par Zain-Din al Amidi, à Bagdad, qui développa un procédé de lecture à base de noyaux de fruits. Malgré les résistances, Louis Braille persévéra jusqu’à sa mort prématurée à 43 ans. Aujourd’hui, son système, fondé sur six points (64 caractères), a été étendu à huit points grâce à Unicode, démontrant la fécondité durable d’une invention née de la ténacité et de l’imagination humaines.Lire la suiteL’œil et la main
Le pinceau est l’outil emblématique de la calligraphie en Extrême-Orient, en particulier en Chine, au Japon et en Corée. Composé d’un manche (souvent en bambou ou en bois précieux) et d’une touffe de poils animaux, il permet une grande variété de traits, du plus fin au plus ample. Sa souplesse autorise des variations continues d’épaisseur, rendant visible le rythme du…Lire la suitepinceau [2]













