Catégories
Articles

Ladakh

repère(s) :pouvoir

Le Ladakh ལ་དྭགས་ est une région montagneuse du nord de l’Inde, au cœur de l’Himalaya et du Karakoram, souvent appelée « Petit Tibet » pour sa culture et sa religion. Ancien royaume indépendant jusqu’au XIXᵉ siècle, il fut un carrefour des routes caravanières reliant l’Asie centrale, le Tibet et le sous-continent indien. Son territoire se compose de hauts plateaux arides, de vallées profondes et d’un climat désertique d’altitude aux conditions extrêmes. La population, majoritairement tibéto-birmane, inclut d’importantes communautés musulmanes chiites, surtout autour de Kargil. Le bouddhisme tibétain structure la vie spirituelle autour des gompas, tandis que l’islam marque fortement les traditions sociales. Cette culture repose sur un équilibre ancien entre sociétés humaines et environnement rude, visible dans l’architecture, l’agriculture et les fêtes. Zone stratégique sensible aux frontières de la Chine et du Pakistan, le Ladakh connaît des tensions militaires récurrentes. Devenu en 2019 territoire de l’Union, séparé du Jammu-et-Cachemire, il affronte aujourd’hui les défis du tourisme, du changement climatique et de la préservation de son identité culturelle.Lire la suiteLadakh

Catégories
Articles

Jugaad, le choix frugal…

repère(s) :science

Qu’entreprendre ? Et comment le faire au regard de tous les possibles, en réfléchissant aux raisons d’agir, aux moyens mobilisés, aux conséquences engendrées et à leurs effets sur les équilibres environnementaux, sociaux, culturels et éthiques ? Parce qu’elle constitue le cadre quotidien de millions d’individus, l’entreprise est un espace décisif de transformation et de progrès. Entreprendre peut alors consister à interroger l’équité des pratiques, à créer ou développer des structures dont l’impact dépasse la seule rentabilité, à remettre en cause une concurrence sans limites, à résister à la logique d’une maximisation des profits détachée du bien commun. Ce progrès peut passer par des actions simples – garantir un prix juste aux producteurs, préserver des savoir-faire, limiter la spéculation – mais aussi par des formes d’innovation frugale, à l’image du jugaad, concept indien qui valorise des solutions ingénieuses, sobres et adaptées à des ressources limitées. Faire « simple mais pas simpliste », inventer autrement, redonner sens à l’acte d’entreprendre : et si l’entreprise redevenait partout un lieu de reconquête des équilibres et d’invention collective ? Et si, pour commencer, nous questionLire la suiteJugaad, le choix frugal…

Catégories
Articles

Un bonjour ordinaire…

repère(s) :sentiment

« Bonjour » ! Un mot ordinaire en apparence, mais fondamental dans la relation humaine. À travers le monde, les salutations prennent des formes diverses et codifiées : en Inde, le namaste accompagne un geste des mains dont la hauteur marque le degré de respect et signifie « je m’incline devant le divin en toi » ; au Japon, le o-jigi obéit à une étiquette précise de révérences ; chez les Maoris, le hongi unit les fronts et les nez pour échanger le souffle de vie ; en Mongolie, le zolgolt consiste à se tenir les bras et se toucher les joues en demandant « êtes-vous en paix ? » ; aux Philippines, le mano rend hommage aux aînés. Ces gestes, si variés, expriment tous respect, reconnaissance et lien. Ils rappellent combien un « bonjour » sincère peut porter des vœux de paix, d’attention et de bienveillance. Dans ses mots, son regard et sa présence, il contient déjà les clés d’une relation d’équité et de partage, bien loin d’une formule machinale.Lire la suiteUn bonjour ordinaire…

Catégories
Articles

Siddham

repère(s) :écriture

Siddham – Signifiant « accompli » ou « perfectionné ». C’est un ancien système d’écriture utilisé principalement pour transcrire des textes sanskrits et bouddhistes. Son utilisation remonte à l’Inde ancienne, apparaissant entre les VIe et VIIIe siècles. Siddham est souvent associé à la tradition du bouddhisme tantrique et a été utilisé dans des manuscrits, des inscriptions et des textes religieux. Cette écriture se caractérise…Lire la suiteSiddham

Catégories
Articles

Sur des pattes de poulet

repère(s) :récit

Baba Yaga, figure majeure des contes slaves, n’a rien de la fée bienveillante : ogresse maigre et inquiétante, elle vit dans une isba perchée sur des pattes de poulet, entourée d’une clôture d’os et de crânes humains. Dans un récit célèbre, une fillette envoyée chez elle par sa marâtre, sœur de Baba Yaga, parvient à échapper à la mort grâce à sa ruse : elle amadoue animaux et objets, puis fuit en transformant une serviette en rivière et un peigne en forêt, avant de retrouver son père. Pourtant, Baba Yaga ne se réduit pas à ce rôle terrifiant : ailleurs, elle apparaît guérisseuse, hôtesse généreuse offrant le banya et des présents aux voyageurs méritants. Certains y voient l’écho d’un ancien monde matriarcal où elle régnait sur la forêt et les frontières entre vie et mort. Personnage ambigu et profond, elle incarne à la fois la peur, le savoir et l’initiation, rappelant que les contes recèlent souvent plusieurs vérités.Lire la suiteSur des pattes de poulet

Catégories
Articles

hindi (lg)

repère(s) :langue

La langue hindi, standardisation de la langue hindoustani, est une langue indo-aryenne principalement parlée en Inde et par les communautés indiennes à travers le monde. Elle est écrite en alphabet devanagari et tire une grande partie de son vocabulaire du sanskrit. L’hindi est l’une des langues officielles de l’Inde et est largement utilisé dans l’administration, l’éducation, les médias et le…Lire la suitehindi (lg)

Catégories
Articles

bhodjpouri (lg)

repère(s) :

Le bhojpouri (bhodjpouri) est une langue indo-aryenne originaire du nord de l’Inde, principalement des régions du Bihar et de l’Uttar Pradesh. Elle est parlée par des millions de personnes en Inde ainsi que par les communautés issues de la diaspora indienne dans plusieurs pays, dont Maurice, le Suriname et les Fidji. Le bhojpouri est une langue vivante qui s’est transmise…Lire la suitebhodjpouri (lg)

Catégories
Articles

Le sanskrit – « parachevé »…

repère(s) :langue

Le sanskrit, dérivé de saṃskṛtam signifiant « parfait » ou « parachevé », était auparavant appelé vāc (« parole ») ou śabda (« langue »). Il appartient à la branche indo-iranienne des langues indo-européennes et n’est lié à aucun État particulier, mais fut conservé par les brahmanes. Les premiers textes sont le Ṛgveda, puis saṃhitā, brāhmaṇa et upaniṣad. Longtemps oral, il passa à l’écriture avec le brahmi au IIIᵉ siècle av. J.-C. Les prakrits, langues dérivées, donnèrent naissance au pālī, à l’ardhamāgadhī et aux langues modernes comme l’hindi ou le bengali. De nombreux mots universels viennent du sanskrit, comme « avatar » (avatāra), « poivre » (pippali), « mandarine », « nénuphar », « yoga » ou « ayurveda », témoignant de son influence mondiale.Lire la suiteLe sanskrit – « parachevé »…

Catégories
Articles

Une date : 21 février… en mémoire du combat du bangla…

repère(s) :langue

« Mon Bengale doré, je t’aime… » et « Tu es le souverain des âmes du peuple… » sont les débuts respectifs des hymnes nationaux du Bangladesh et de l’Inde, tous deux écrits par Rabindranath Tagore (1861-1941), prix Nobel de littérature et ardent défenseur du Bengale. La langue bengali (ou bangla) বাংলা, 6e langue mondiale, appartient aux langues indo-aryennes et s’écrit dans un alphasyllabaire homonyme proche du devanagari, apparu au XIe siècle, utilisé aussi pour le népalais ou le meitei. L’histoire du bangla est marquée par le 21 février 1952, lorsque des manifestants à Dhaka revendiquèrent l’usage de leur langue face à l’urdu imposé par le Pakistan occidental et furent sévèrement réprimés. Cette date fut choisie en 1999 par l’ONU comme Journée internationale de la langue maternelle. Merci à Tagore et aux poètes de rapprocher ces richesses de nos cœurs.Lire la suiteUne date : 21 février… en mémoire du combat du bangla…

Catégories
Articles

sanskrit (lg)

repère(s) :croirelangue

Le sanskrit est une langue ancienne de l’Inde, considérée comme l’une des plus anciennes langues indo-européennes connues. Elle a été utilisée pendant des siècles comme langue sacrée, littéraire et savante. Le sanskrit est la langue des textes religieux majeurs de l’hindouisme, tels que les Vedas, les Upanishads, les Puranas et les grandes épopées comme le Mahabharata et le Ramayana. Il…Lire la suitesanskrit (lg)

Catégories
Articles

Mahābhārata

repère(s) :récit

Mahābhārata महाभारतम् – Texte épique de l’Inde, en sanskrit, souvent considéré comme l’une des œuvres littéraires les plus importantes et les plus vastes au monde. Composé de plus de 250 000 versets, il est attribué au sage Vyāsa व्यास [en réalité à un collectif] et est traditionnellement daté entre le 8e et le 4e siècle avant J.-C. Il raconte la…Lire la suiteMahābhārata

Catégories
Articles

Le Khalsa chez les Sikhs

repère(s) :croire

Kesh, Kangha, Kara, Kirpan et Kachera : cinq mots commençant par la lettre « k » qui désignent les cinq attributs fondamentaux du Khalsa, un ordre exemplaire du sikhisme. Le kesh renvoie aux cheveux et à la barbe non coupés, le kangha est un peigne en bois symbole d’hygiène, le kara un bracelet de fer figurant l’unité, le kirpan un poignard recourbé porté sur soi, et le kachera un caleçon spécifique. Le terme Khalsa, d’origine persane via le pendjabi, signifie « pur » et désigne l’ordre fondé en 1699 par Guru Gobind Singh, dixième guru du sikhisme, successeur de Guru Nanak, fondateur de cette religion monothéiste. Le mot sikh signifie « disciple » ou « chercheur », et la foi sikhe, qui compte aujourd’hui plusieurs dizaines de millions d’adeptes, met l’accent sur l’égalité, la justice sociale et le service aux autres. Les temples sikhs sont ainsi à la fois des lieux de prière et de solidarité, offrant notamment des repas gratuits à tous. Après la mort de Guru Gobind Singh en 1708, l’autorité spirituelle fut confiée au livre sacré, le Guru Granth Sahib, compilé en 1604 et placé au centre de la pratique religieuse. Le Khalsa prit également une dimension militaire, ses membres adoptant le nom de Singh, « lion ».Lire la suiteLe Khalsa chez les Sikhs

Catégories
Articles

Mahavira… fondateur du jaïnisme

repère(s) :croire

Mahāvīra महावीर est, au 6e siècle av. notre ère, le vingt-quatrième tirthankara (guide spirituel, « fabricant de gué ») considéré comme le fondateur du jaïnisme. Il est également connu sous le nom de Vardhamāna वर्धमान ce qui signifie « qui prospère, qui s’élève spirituellement ». À noter que vardhanī signifierait tout à la fois en sanskrit « balai, brosse »…Lire la suiteMahavira… fondateur du jaïnisme

Catégories
Articles

Xuanzang

repère(s) :aller

Xuánzàng 玄奘 (602-664) est un moine bouddhiste chinois célèbre pour son voyage en Inde pour recueillir des écritures bouddhistes et des enseignements. Son périple est relaté dans le Voyage en Occident. Xuánzàng est reconnu pour ses contributions significatives à la diffusion du bouddhisme en Chine et pour ses traductions précieuses de textes bouddhistes, qui ont eu une influence profonde sur…Lire la suiteXuanzang

Catégories
Articles

Le plus grand pèlerinage du monde

repère(s) :aller

Saint-Jacques de Compostelle, La Mecque ou Lumbini comptent parmi ces lieux de pèlerinage qui dessinent des routes autant spirituelles qu’intimes. Le hajj, pèlerinage à La Mecque, est l’un des cinq piliers de l’islam, tandis que Compostelle doit son nom au « champ de l’étoile » ayant révélé, selon la tradition, la tombe de l’apôtre Jacques. En Inde, un autre pèlerinage majeur trouve son origine dans une légende cosmique : l’alliance puis la rupture entre dieux Deva et démons Asura lors du barattage de la mer de lait, destiné à produire l’amrita, nectar d’immortalité. En fuyant avec la cruche sacrée, les démons laissèrent échapper quatre gouttes tombées sur terre, à Prayagraj, Hardwar, Ujjain et Nashik. C’est de ce mythe que naît la Kumbh Mela, la « fête de la cruche », célébrée tous les trois ans en alternance entre ces villes, chaque cycle de douze ans marquant une Purna Kumbh Mela, et tous les 144 ans une Maha Kumbh Mela. Cette dernière a rassemblé en 2013 plus de cent millions de pèlerins venus se baigner au confluent sacré du Gange, de la Yamuna et de la mythique Sarasvati.Lire la suiteLe plus grand pèlerinage du monde

Catégories
Articles

Kumbh Mela – Succession

repère(s) :aller

Kumbh (ou Kumbha) Mela कुम्भ मेला (kumbh mēlā) – Le plus important pèlerinage au monde célébré par les Hindous sur quatre sites en bordure de rivière, tous les 12 ans (un tous les trois ans). S’y succèdent : le Prayag Kumbh Mela (au confluent du Gange, de la Yamuna et de la rivière mythique Saraswati), le Haridwar Kumbh Mela (Gange),…Lire la suiteKumbh Mela – Succession

Catégories
Articles

On les nomme Roms

repère(s) :humain

Leur nom est un véritable casse-tête. Par commodité, on parle souvent de « Roms », terme signifiant « homme » en romani, langue indo-aryenne, mais d’autres appellations coexistent : « Tsiganes », peut-être issu du grec atsinganos, « Gitans » ou « Gypsies », liés à une supposée « Petite Égypte », « Kalés » dans l’aire ibérique, « Sinti » ou « Manouches » en régions germanophones, ce dernier renvoyant au sanskrit manushya, « être humain ». Le mot « bohémien » serait lié à des lettres de protection médiévales, tandis que « romanichel » est aujourd’hui péjoratif. En France, « Gens du voyage » désigne une catégorie administrative plus large. Ces termes recouvrent près de 15 millions de personnes aux situations très diverses. L’hypothèse la plus admise situe leur origine dans le nord-ouest de l’Inde, d’où des migrations commencées il y a plus de mille ans les auraient conduits vers l’Europe.Lire la suiteOn les nomme Roms

Catégories
Articles

La capitale des jumeaux

repère(s) :famille

Kondinji, village du Kerala dans le sud de l’Inde, entre mousson, rizières et cocotiers, se distingue par une concentration exceptionnelle de jumeaux, bien supérieure à la moyenne nationale, au point d’être considérée comme l’une des capitales mondiales de la gémellité. D’autres lieux revendiquent ce titre, comme Cândido Godói au Brésil ou Igbo-Ora au Nigeria, au nord de Lagos, où un panneau proclame fièrement cette singularité. Les hypothèses abondent : certains ont évoqué des expériences menées après-guerre par Josef Mengele, thèse largement contestée, d’autres privilégient des facteurs environnementaux ou hormonaux. À Igbo-Ora, la culture yoruba offre une lecture symbolique : longtemps perçus comme néfastes, les jumeaux sont devenus objets de vénération à travers le culte des Ibeji, avec rituels, statuettes sacrées et célébrations annuelles destinées à attirer paix et prospérité. Les explications oscillent entre consommation d’igname sauvage riche en substances hormonales et transmission génétique locale. Quelles qu’en soient les causes, ces communautés ont fait de la gémellité une richesse culturelle et sociale, rappelant combien la diversité humaine nourrit mythes, sciences et fêtes collectives.Lire la suiteLa capitale des jumeaux

Catégories
Articles

Maki Kaji et le sudoku…

repère(s) :

Maki Kaji (1951-2021) découvre le principe de ce qu’il allait renommer « sudoku » dans un magazine américain au début des années 1980, suite à la création du « Number Place » par Howard Garns (1905-1989). Renvoyant à une histoire plus ancienne, il fait écho à l’illustre carré dit SATOR, carré magique dont on trouve un exemple à Pompéi, composé des cinq mots suivants ayant donné lieu à diverses interprétations : sator : « laboureur » (ou « créateur »); arepo (controv.); Tenet « [il/elle] tient »; opera : « œuvre »; rotas : « roues, cycle ». Si les exemples de carrés magiques sont nombreux, de la Chine à l’Inde ou au monde arabe, le passage aux arrangements numériques sans répétition sur une même ligne ou colonne serait du fait de Léonard Euler (1707 – 1783). Le terme de sūdoku renvoie quant à lui plus complètement à « Sūji wa dokushin ni kagiru » 数字は独身に限る, soit « chiffre limité à un seul », ce qui est bien son cas puisqu’il s’agit de résoudre une énigme à neuf chiffres, chacun d’eux ne figurant qu’une seule fois sur une ligne ou une colonne d’un carré à 9 x 9 cases.Lire la suiteMaki Kaji et le sudoku…

Catégories
Articles

La civilisation de la vallée de l’Indus

repère(s) :culture

Ancienne civilisation florissante qui a prospéré dans la vallée de l’Indus, dans le sous-continent indien, entre environ 3300 av. J.-C. et 1300 av. J.-C. Cette civilisation a émergé autour des rivières Indus et Sarasvati, couvrant une vaste région qui inclut une partie de l’actuel Pakistan, de l’Inde et de l’Afghanistan. Les principales villes de cette civilisation incluent Harappa et Mohenjo-daro,…Lire la suiteLa civilisation de la vallée de l’Indus