La langue des signes est une langue visuelle et gestuelle utilisée principalement par les communautés sourdes pour communiquer. Dotée de sa propre grammaire, de sa syntaxe et de sa capacité d’expression abstraite et poétique, elle mobilise les mains, le corps, l’espace, le regard et les expressions du visage. Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas une langue des signes universelle, mais leur répartition ne suit pas strictement les frontières nationales. Certaines langues sont partagées par plusieurs pays, tandis qu’un même pays peut en compter plusieurs. La LSF (langue des signes française) a par exemple influencé l’ASL (American Sign Language), utilisée aux États-Unis, mais aussi au Canada anglophone. La BSL (britannique), la DGS (allemande), la LIS (italienne) ou la JSL (japonaise) sont distinctes entre elles. Historiquement, ces langues se sont développées autour des écoles de personnes sourdes et de communautés locales. Longtemps interdites ou dévalorisées, elles sont aujourd’hui reconnues et transmises par des métiers spécifiques : enseignants, interprètes, médiateurs. La langue des signes constitue ainsi un monde linguistique, culturel et social à part entière, fondé sur la visibilité, l’attention et la relation directe à l’autre.
[ IA ]Les langues des signes se trouvent aujourd’hui affectées par le développement de l’intelligence artificielle, qui ambitionne de les reconnaître, les traduire et les synthétiser. Dispositifs de reconnaissance gestuelle, avatars signants et systèmes de traduction automatique promettent de faciliter la communication entre personnes sourdes et entendantes, tout en rendant visibles des langues longtemps marginalisées. Quels effets constater et en attendre ? Penser les langues des signes à l’ère de l’IA peut-il aider à articuler accessibilité technologique et respect des cultures sourdes, tout en reconnaissant le caractère vivant, situé et politique de ces langues ?
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