Aller, c’est bien davantage que se déplacer d’un point à un autre. C’est engager le corps dans l’espace et le temps, accepter l’idée d’un mouvement qui rompt l’immobilité et ouvre une possibilité. Aller suppose une direction, choisie ou imposée, claire ou incertaine, mais toujours inscrite dans une intention, même diffuse. Historiquement, aller a signifié migrer, conquérir, fuir, explorer, pèleriner, commercer ; chaque époque a chargé ce verbe d’imaginaires spécifiques, du pas du marcheur antique aux flux rapides de la modernité. Aller engage des moyens, la marche, l’animal, la roue, la machine, qui transforment notre rapport à la distance et au monde. Sur le plan culturel, aller est souvent un rite : aller à l’école, aller au travail, aller à la guerre, aller vers l’autre. Il structure les récits, les mythes et les trajectoires individuelles. Sensiblement, aller implique fatigue, désir, impatience ou crainte ; le corps ressent le sol, l’effort, la vitesse, l’attente. Aller, c’est aussi accepter de quitter, de laisser derrière soi, parfois sans certitude de retour. Philosophiquement, aller renvoie à l’idée de devenir : ne pas être figé, mais se transformer par le mouvement. Aller, enfin, peut être intérieur, symbolique ou imaginaire ; on va vers une idée, un souvenir, un espoir. Ainsi, aller est un acte fondamental, à la fois banal et profondément humain, qui relie le déplacement matériel à l’expérience intime du temps et du sens.
C’est partir un peu loin.
Par : C.A. Duhamel & C. BalazSource : Gros dico des tout-petits - 1993 – Lattès [17000 enfants de maternelle interrogés sur 3000 mots]
[ radicaux chinois ]Radicaux chinois ( 144 / 214) : 行 xíng aller [Nombre de traits : 6 ] – Exemples : 衍、衎、衒
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[ radicaux chinois ]Radicaux chinois ( 34 / 214) : 夂 zhǐ aller [Nombre de traits : 3 ] – Exemples : 各、冬、夆、愛
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[ IA ]Mobilités autonomes, gestion algorithmique du trafic, logistique prédictive et navigation assistée transforment le mouvement en une suite de décisions calculées, orientées vers la rapidité, la sécurité ou l’efficacité énergétique. Ce glissement modifie la relation au territoire et à l’espace parcouru. Si ces systèmes promettent une réduction des accidents, des congestions et de l’empreinte environnementale, ils risquent aussi d’uniformiser les manières de se déplacer et de réduire l’expérience du mouvement à une simple variable technique. Le corps, progressivement déchargé de l’orientation et de l’effort, voit son rapport au temps, à l’attention et à la décision se transformer. Comment lire en ces évolutions les logiques qui organisent les mobilités, comprendre leurs effets sur les territoires et les usages, et préserver une capacité à habiter les trajets plutôt qu’à les subir comme des flux automatisés ? Le mouvement ne relève pas seulement de la circulation efficace des corps et des biens, mais d’une manière d’être au monde que la technique ne saurait entièrement absorber.
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