Nous sommes nombreux à nous plaindre des bruits que nous subissons au quotidien, spécialement en ville : bruits des voisins, de la circulation automobile, de travaux, du métro, etc. Que ce soit au domicile, en souterrain ou à la surface, nous sommes en permanence enveloppés – parfois agressés – de sons dont nous nous accommodons plus ou moins, puisqu’il nous est très difficile dans la vie ordinaire de véritablement fermer nos oreilles. Ainsi, au moins depuis la première révolution industrielle, dans les villes et plus particulièrement dans les métropoles, on constate une multiplication des sources sonores. Elle irait de pair avec un abaissement du seuil de la tolérance auditive, repérable par de nombreux indicateurs quantitatifs et qualitatifs, tels que les sondages réguliers sur ces questions, la mise à l’agenda politique de la lutte contre les nuisances sonores dans les métropoles, l’introduction récente (2003) dans le Code pénal français d’un « délit d’agression sonore », etc. Cependant, il n’apparaît pas particulièrement souhaitable d’en arriver à une ville silencieuse, ou du moins débarrassée de ses scories sonores et où ne resteraient que de « bons sons » comme les chants d’oiseaux… (…)Lire la suiteUne gêne sonore nécessaire
Pantopique : sens
Indissociables de l’expérience humaine, les cinq sens structurent notre rapport au monde et conditionnent toute forme de connaissance incarnée. Voir, entendre, toucher, sentir, goûter : ces modalités de perception, longtemps envisagées comme évidentes, renvoient en réalité à des mécanismes complexes, à la croisée du biologique, du cognitif et du culturel. Loin de se limiter à des fonctions physiologiques, les sens participent à la construction du sens, de la mémoire, de l’émotion et du lien social. Comment les sociétés humaines ont-elles pensé, hiérarchisé ou opposé les sens ? Pourquoi la vue a-t-elle souvent été associée à la raison et à la vérité, tandis que l’odorat ou le goût furent relégués à des registres jugés plus instinctifs ? Dans quelles mesures les cadres culturels, les environnements techniques et les modes de vie contemporains transforment-ils nos paysages sensoriels ? Saturation visuelle, omniprésence sonore, standardisation des saveurs : quelles conséquences ces évolutions ont-elles sur l’attention, la santé et la relation au vivant ? Les cinq sens mobilisent ainsi des savoirs multiples : médicaux et neuroscientifiques, bien sûr, mais aussi philosophiques, esthétiques, anthropologiques et artistiques. Des théories antiques aux recherches contemporaines sur la perception, des pratiques culinaires aux arts visuels et sonores, ils constituent un terrain privilégié pour penser l’expérience humaine dans sa dimension la plus incarnée. Enfin, la manière même de nommer et de décrire les sens varie selon les langues et les cultures. Certaines en reconnaissent davantage, d’autres les articulent différemment, intégrant l’équilibre, la proprioception ou la perception interne. Explorer les cinq sens, c’est ainsi interroger les mots, les récits et les représentations par lesquels les sociétés donnent forme à leur manière d’être au monde.
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
L’Un prend dans les mains de L’Autre un court morceau d’une tige creuse d’un bois sec et léger, dont l’une des extrémités est naturellement obturée par un nœud du végétal.
L’Un (perplexe) :
– Est-ce qu’on peut vraiment faire de la musique avec ce petit tube long de… combien… dix ?… quinze centimètres ?
L’Autre (affirmative) :
– À peu près oui. Et oui encore : on peut faire de la musique avec.
L’Un (étonné, tournant le tronçon en tous sens) :
– Mais il n’y a pas de bec, pas de trous à boucher avec les doigts. Ce n’est pas une flûte.
L’Autre (posée, affirmative) :
– Si, c’est une flûte. Une sorte de flûte, disons…
L’Un (intrigué) :
– Mais alors elle ne produit qu’une seule note ?
(…)Lire la suiteUne seule note
Cette croyance a commencé en parlant des hommes portant des chapeaux verts (ça existe ?), puis s’est répandue aux vêtements verts en général (comme un costume vert, un manteau vert, des chaussures vertes, etc…). Mais pourquoi ? On retrouve plusieurs explications dans la culture chinoise : Durant la Dynastie Tang (618-907), les travailleurs dans les bordels devaient porter des vêtements…Lire la suiteUn chapeau vert en Chine ? Mauvaise idée…
Ma première incursion professionnelle dans le monde muséal s’est faite au musée Hèbre de Rochefort. J’y assurais une médiation culturelle de l’exposition sur le peintre orientaliste Eugène Fromentin. Ce jour-là, je reçois un groupe d’enfants et leur propose pour débuter de faire le tour de l’exposition, de bien regarder les tableaux puis de communiquer au groupe un détail qui leur…Lire la suiteTrouvez le zèbre
Quand on entreprend un projet, il faut qu’on commence par s’écouter soi-même. C’est essentiel de savoir ce qu’on a instinctivement en tête avant de se référer à quoi que ce soit. Il s’agit de l’inspiration initiale, qui reflète ce qu’on rêve d’obtenir. C’est une conception libre et personnelle. À partir de là, passons au premier essai. Ne vous laissez pas…Lire la suitesoi
Depuis que j’ai des amis sourds, j’ai découvert que sourd n’était pas qu’un adjectif définissant une particularité/singularité physique. Sourd est une identité en soi, voire une revendication, et s’écrit souvent avec une majuscule. Les Sourds considèrent souvent qu’ils font partie d’une communauté. (On peut d’ailleurs faire de nombreux parallèles entre les Sourds et d’autres communautés minoritaires telles que celle des…Lire la suiteSourds – Patricia Grange
Nous percevons quelque chose dans les objets, dont nous ne savons pas ce que c’est, qui produit en nous une sensation déterminée, nommée sensation de couleur.Lire la suiteSensation de couleur
Sebastião Salgado est né le 8 Février 1944 à Aimorés, dans l’État de Minas Gerais, au Brésil. Il vit à Paris. Ayant étudié les sciences économiques, Salgado a commencé sa carrière comme photographe professionnel en 1973 à Paris, en collaboration avec les agences photo Sygma, Gamma et Magnum Photos jusqu’en 1994, quand lui et Lélia Wanick Salgado fondent Amazonas images,…Lire la suiteSebastião Salgado
Les Navajos considèrent la maladie comme la manifestation d’un déséquilibre entre macrocosme et microcosme. Soigner consiste donc à rétablir l’harmonie. Pour ce faire, l’homme-médecine réalise une peinture à base de sable de différentes couleurs et indiquant les quatre points cardinaux. Inspirée des mythes navajos, l’œuvre est conçue en fonction de la pathologie du patient. Les couleurs comme les motifs obéissent…Lire la suitePeintures de guérison Navajos
Comme les ondes sonores, les ondes ultrasonores sont des ondes mécaniques qui se matérialisent par la mise en vibration des molécules constituant la matière. Si la fréquence des ondes du champ des sons audibles est comprise entre 20 Hz pour la fréquence la plus grave et 20 000 Hz pour la plus aiguë, celle des ultrasons est supérieure, comprises entre…Lire la suiteonde ultrasonore
Souvent… non… en fait, tous les jours de toute l’année, je déambule sur les chemins forestiers qui ouvrent leurs modestes perspectives juste derrière la maison que j’occupe, ici, en Pays de Born. Cheminant, l’un de mes très grands délices, lorsque j’ai la chance, et l’intelligence, de n’être pas préoccupé, c’est de laisser tout ce qui m’entoure entrer en moi : écouter, sentir, voir, s’arrêter aux détails.
Parmi ces détails, il en est un dont j’ai particulièrement plaisir à observer l’évolution au fil des jours printaniers : la renaissance des fougères.
Les vieilles, celles de la saison passée, sont brunes, cassées, effondrées, abattues pour la plupart.
Et c’est au milieu de cette désolation nécessaire que commencent à pointer les fines tiges vertes au sommet desquelles s’enroule en spirale compacte une petite crosse. Je suis fasciné par le très lent déploiement, minute après minute, heure après heure, jour après jour, semaine après semaine, du splendide, complexe, vaste, et fractal feuillage replié dans ce chlorophyllien origami. Et je suis convaincu que, pour lent et ténu qu’il soit, un tel processus ne peut que produire un ou des sons : crépitements, arrachements, décollements, crissements, froissements…
(…)Lire la suiteNommer l’inouï
À la fin des années 1990, Judy Singer, une sociologue, qui fait elle-même partie du spectre autistique, a trouvé un mot pour décrire des conditions comme le TCED, l’autisme et la dyslexie, ce mot était neurodiversité. Son espoir et son objectif étaient de faire en sorte que le discours sur les modes de pensée et d’apprentissage ne soit plus axé…Lire la suiteNeurodiversité – Origines du mot
Après quelques essais de désodorisation peu probants, la RATP décide d’approfondir scientifiquement les connaissances dans le domaine des odeurs en 1993. Le métro parisien devient alors « un terrain d’expérimentation sur les nuisances olfactives » (RATP, 2001). Les stations de métro et de RER ont des odeurs récurrentes dont les origines sont diverses : absence de toilette, manque d’aération, freinage des trains (usure des patins de freinage en bois), huiles des escaliers mécaniques, entassement humain, réaction de la roche aux stations Châtelet-Les Halles, gare du Nord et Auber ainsi qu’à Madeleine. Ces stations ont en effet été creusées dans le gypse et la réduction de cette roche par l’humidité et le gaz carbonique rejetés par les voyageurs produit du sulfure d’hydrogène reconnu communément comme « l’odeur d’œuf pourri ». La station métro-RER Châtelet-Les Halles est retenue pour les premières études commencées fin 1994. (…) (RATP, 2001).Lire la suiteLes odeurs du RER à Paris
Musique et danse fonctionnent ensemble. J’ai donc fait un peu de chant. On apprend à chanter de la musique karnatique, style du sud de l’Inde. Quand on pratique une danse du répertoire, on remplace par des paroles rythmiques : Takita taka dhimi… Ta tai tai tat, dhit dhit tai … Ces paroles reproduisent les sons des pieds…Lire la suiteLes sons des pieds…
Le son joue un rôle essentiel et complexe dans notre expérience sensible des espaces urbains. À date, les villes considèrent les sons en ville comme du bruit, une nuisance isolée à pallier au moyen de différentes stratégies techniques. Cette approche de lutte contre le bruit permet de rendre les environnements sonores urbains moins désagréables, mais cela sans envisager les possibilités…Lire la suiteLe son – un rôle essentiel dans les espaces urbains
Le son serait celui du galop de cheval ou des battements du cœur. «Txalaparta, c’est l’écho d’un silence, silence rendu explicite : la solitude de la vallée soudain percée par le galop du cheval (zaldi) solitaire…Lire la suiteLe bruit d’un cheval au galop
Depuis toute petite, je suis fascinée par cette danse des mains qui produit du sens. Cette voix du corps (mains, expressions du visage, mouvements du corps tout entier), cette chorégraphie de mots silencieux. J’ai la chance d’avoir rencontré des sourds qui sont devenus mes amis et qui me font découvrir leur langue et leur culture, d’une richesse inattendue. Parler avec…Lire la suiteLangue des signes – Patricia Grange
C’est en mars 1936 que le portrait de cette femme, identifiée plus tard comme étant Florence Thompson, femme de “peapicker” (ramasseur de petits pois) et mère de 7 enfants, est photographiée par la photographe américaine Dorothea Lange. Celle-ci est commissionnée par l’agence fédérale Resettlement Administration (RA), connue par la suite sous le nom de Farm Security Administration (FSA). (…) Dorothea…Lire la suiteLa Mère Migrante
L’odorat, le mystérieux aide-mémoire, venait de faire revivre en lui tout un monde.Lire la suiteL’odorat : un mystérieux aide-mémoire
Habituellement, l’odeur de propre évoque des souvenirs de linge fraîchement lavé. Mais bien avant la lessive que nous connaissons aujourd’hui, les draps et les vêtements étaient nettoyés avec du savon de ménage. Il apparaît au XIIe siècle dans les savonneries de Marseille et de Toulon, dans le sud de la France. Sa fabrication sera réglementée et protégée par l’édit de…Lire la suiteL’odeur de la propreté









