La bouteille circule sur un marché, et les marchés disent beaucoup de notre manière d’habiter le monde, car le commerce n’est pas qu’échange de biens, il est relation humaine. Des étals colorés d’Oaxaca aux marchés historiques d’Europe, des labyrinthes d’Asie aux bazars du Moyen-Orient, les marchés sont des lieux de transmission, de rencontres et de mémoire. On y échange des produits, mais aussi des gestes, des savoir-faire, des récits hérités de générations. Ils racontent la vie des cités autant que celle des marchands, mêlant les sens, le droit, la culture et l’économie. Le commerce y apparaît comme une mise en lien : entre producteurs et acheteurs, entre territoires lointains, entre passé et présent. Pourtant, cette dimension humaine peut se diluer lorsque l’échange se réduit à la seule logique du profit, oubliant la réciprocité, la confiance et la responsabilité. Les marchés rappellent que commercer, c’est reconnaître l’autre, négocier sans effacer la dignité, inscrire l’échange dans un tissu social vivant. Que disent-ils alors de l’épopée du commerce, sinon qu’elle oscille sans cesse entre humanité partagée et abstraction marchande ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « commerce » ?Lire la suiteSi tous les marchés du monde…
Pantopique : Royaume-Uni
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
L’Orange Day, également dénommé « Twelfth », est une fête nord-irlandaise protestante célébrée le 12 juillet par l’Ordre d’Orange créé en 1795 et occasionnant en particulier des marches. Elle commémore la victoire de Guillaume III d’Orange-Nassau (1650 – 1702) à de la bataille de la Boyne, en juillet 1690. Celui-ci avait renversé lors de la ‘Glorieuse Révolution’ en 1688-1689 Jacques…Lire la suiteOrange Day
Le Slavery Abolition Act, adopté le 28 août 1833 par le Parlement du Royaume-Uni, constitue une étape majeure de l’histoire abolitionniste. Il abolit l’esclavage dans la majeure partie de l’Empire britannique, près de trente ans après l’interdiction de la traite transatlantique en 1807. Promulguée sous le gouvernement de Charles Grey, cette loi est l’aboutissement de longues luttes menées par des mouvements abolitionnistes et des figures engagées, parmi lesquelles William Wilberforce, Thomas Clarkson et des militants afro-descendants comme Olaudah Equiano. Elle conduit à la libération d’environ 800 000 personnes réduites en esclavage dans les colonies britanniques, notamment dans les Caraïbes, en Afrique du Sud, à l’île Maurice et au Canada. Toutefois, l’abolition est progressive : un système d’« apprentissage » impose aux anciens esclaves de rester partiellement dépendants de leurs maîtres pendant plusieurs années, jusqu’à son abolition en 1838. La loi prévoit en outre une indemnisation massive des propriétaires d’esclaves, à hauteur de 20 millions de livres sterling, sans compensation pour les personnes libérées. Malgré ses limites, cette loi marque une avancée décisive dans l’histoire mondiale de l’abolition de l’esclavage.Lire la suiteSlavery Abolition Act
Amendement Labouchere – Section 11 de la loi d’amendement du droit pénal de 1885 qui a fait de la « grossière indécence » une infraction pénale au Royaume-Uni, principalement lorsque la sodomie réelle ne pouvait être prouvée. La loi sur les délits sexuels de 1967, a partiellement décriminalisé le comportement homosexuel masculin. Texte : « Toute personne de sexe masculin qui, en public…Lire la suiteAmendement Labouchere
Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogoch, village de l’île d’Anglesey au Pays de Galles, détient le record européen du plus long toponyme. Traduit, il signifie « l’église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près du tourbillon rapide et l’église de saint Tysilio près de la grotte rouge ». Sa transcription phonétique est [ˌɬan.vair.puɬ.ˌɡwɪ̈n.ɡɪ̈ɬ.ɡo.ˌɡer.ə.ˌχwərn.ˌdrob.uɬ.ˌɬan.tɪ̈s.ˌil.jo.ˌ ɡo.ɡo.ˈɡoːχ]. Une bactérie découverte sur place reçut son nom : Myxococcus llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogo gochensis. Pour faciliter le tourisme chinois, le village adopta aussi le toponyme mandarin 健肺村 Jiàn Fèi Cūn, « village des poumons en bonne santé », tandis que les plus prudents peuvent dire « Llanfair PG ». Le gallois, ou Cymraeg, est une langue celtique brittonique écrite en alphabet gallois dérivé du latin.Lire la suiteUn mot gallois…
« A Line Made by Walking » est une œuvre emblématique de l’artiste britannique Richard Long, créée en 1967. Pour cette performance artistique, Long a marché à plusieurs reprises le long d’un chemin dans un champ de gazon, créant ainsi une ligne sinueuse dans l’herbe. La ligne résultante, bien que subtile, est devenue une intervention sculpturale dans le paysage naturel. Cette œuvre…Lire la suiteA Line Made by Walking
Quelle taille faites-vous ? Selon l’époque ou la société, vous pourriez répondre en « pieds ». Mais qu’est-ce qu’un pied ? Le pied anglais mesure 30,48 cm, tandis que le « pied du roi », étalon attribué à Charlemagne, atteignait 32,4 cm. Divisé en douze pouces, il s’inscrivait dans un système foisonnant où la toise valait six pieds, la coudée vingt-quatre doigts ou six palmes, le doigt correspondant lui-même à six grains d’orge côte à côte. Autant dire que les variations étaient nombreuses et sources de confusion, d’autant plus que les unités changeaient selon les régions, pour les longueurs comme pour les surfaces ou les poids. À la fin du XVIIIe siècle, dans le contexte révolutionnaire français, les cahiers de doléances réclament une unification. En 1791, une nouvelle unité est définie : le mètre, égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. Entre 1792 et 1799, des mesures sont menées entre Dunkerque et Barcelone pour en fixer la valeur. De là naît le système métrique, adopté en France en 1837 puis internationalisé avec la Convention du Mètre de 1875. Morale de l’histoire : omniprésente dans nos vies quotidiennes, la mesure rappelle l’importance centrale de la métrologie, une aventure scientifique toujours en cours et célébrée chaque 20 mai.Lire la suiteA tous les hommes et à tous les temps
Célèbre œuvre d’art réalisée par l’artiste de street art britannique Banksy. Créée en 2002, elle représente une petite fille tendant la main vers un ballon rouge en forme de cœur, avec le message « There is always hope » (Il y a toujours de l’espoir) écrit en dessous. L’œuvre est devenue emblématique de l’esthétique de Banksy et de son engagement social et…Lire la suiteGirl with Balloon
Un pidgin est une langue véhiculaire simplifiée, née du contact entre populations ne partageant pas la même langue, souvent à partir d’une langue dominante (anglais, français, espagnol…). Le terme viendrait de business. Lorsqu’un pidgin se stabilise, s’enrichit et devient langue maternelle d’une communauté, on parle alors de créole. Il existe des créoles fondés sur des langues européennes, mais aussi sur l’arabe, le malais ou le chinois. Parmi les plus connus figurent le tok pisin (Papouasie-Nouvelle-Guinée), le bichelamar (Vanuatu), le pijin des Salomon ; le créole haïtien est celui qui compte le plus de locuteurs. On appelle sabir un pidgin extrêmement réduit. Le créole mauricien, parlé à l’Île Maurice, dérive d’un proto-créole bourbonnais issu de la période esclavagiste, puis s’est transformé au contact de populations africaines, malgaches, indiennes, chinoises et européennes. Le passage de la domination française à britannique a également marqué son évolution. Particularité singulière : l’usage symbolique des nombres, comme 4 pour la mort (influence chinoise) ou 31 pour « être bien habillé » (écho français). Langue vivante et inventive, le créole mauricien témoigne de l’histoire mêlée des peuples et invite, naturellement, à être appris.Lire la suiteMo anvi aprann inpe creole
Que faites-vous le 17 mars ? Fêtez-vous la Saint-Patrick ? Selon la tradition, Patrick serait né au IVe siècle en Écosse ou au Pays de Galles sous le nom de Maewyn Succat, à l’époque du retrait romain des îles britanniques. Fils d’un décurion, son enfance bascule lorsqu’il est capturé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande. Berger durant six ans, il se rapproche du christianisme avant de s’évader vers 411. Après des études religieuses, peut-être en Gaule, il est chargé en 432 d’évangéliser l’Irlande. Il utilise alors le trèfle à trois feuilles pour expliquer la Trinité, symbole devenu emblématique. Sacré évêque sous le nom de Patrick, il aurait aussi, selon la légende, chassé les serpents représentant le paganisme. Un pèlerinage commémore encore cet épisode au Croagh Patrick. Il meurt un 17 mars, probablement en 461. Aujourd’hui, cette date donne lieu à d’immenses célébrations où musique, bière et vert dominent. En Irlande, la Saint-Patrick est fériée depuis 1903 et fait désormais l’objet d’un festival de plusieurs jours.Lire la suiteSaint Patrick
« 1984 » est un roman dystopique écrit par George Orwell et publié en 1949. L’histoire se déroule dans un monde totalitaire dirigé par un régime oppressif connu sous le nom de « Parti ». Le protagoniste, Winston Smith, travaille pour le Parti en réécrivant l’histoire pour correspondre aux mensonges propagandistes du régime. Il commence à remettre en question la vérité officielle et à…Lire la suite1984
Geoffrey Hinton, né en 1947 à Wimbledon, Royaume-Uni, est l’un des pères fondateurs de l’apprentissage profond. Psychologue de formation et informaticien, il a marqué les années 1980 avec ses travaux sur les réseaux neuronaux artificiels, notamment en co-développant l’algorithme de rétropropagation. Après des années de scepticisme autour de ces techniques, il a connu une reconnaissance mondiale à partir des années…Lire la suiteGeoffrey Hinton
Le droit de vote a une riche histoire, surtout lorsqu’on le lit au prisme féminin. La Nouvelle-Zélande l’instaure en 1893, suivie de l’Australie en 1903, bien que les femmes aborigènes n’y soient incluses qu’en 1962. La Finlande en 1906 voit les premières femmes élues à l’Eduskunta, puis les États-Unis suivent, avec Washington en 1910, la Californie en 1911, l’Arizona, l’Arkansas, l’Alaska… Parmi celles qui ont mené ce combat, Emmeline Pankhurst, née Goulden en 1858 au Royaume-Uni, joue un rôle majeur. Initiée très tôt aux idées politiques, mariée à Richard Pankhurst, elle fonde en 1903 l’Union sociale et politique des femmes (WSPU). Face aux blocages, elle et ses filles se radicalisent, participant à des manifestations bruyantes et à des actions spectaculaires : bris de fenêtres, sabotage, incendies, ce qui leur vaut le surnom de « suffragettes ». Emmeline est emprisonnée à plusieurs reprises et milite pendant la Première Guerre mondiale pour soutenir l’effort national, ce qui favorise la reconnaissance de leur combat : en 1918, les femmes de plus de 30 ans obtiennent le droit de vote au Royaume-Uni. Elle meurt en 1928, un mois avant que le droit soit étendu aux femmes de plus de 21 ans.Lire la suiteEmmeline Pankhurst, suffragette
Le Ladakh à l’époque coloniale… Sous la suzeraineté britannique, le Ladakh demeure une région périphérique, enclavée et difficile d’accès, en raison de son relief montagneux et de ses conditions climatiques extrêmes. Les autorités coloniales britanniques s’y intéressent principalement pour des raisons stratégiques, liées à sa position aux confins de l’Asie centrale et à la proximité des frontières chinoises, dans le…Lire la suitePetite Histoire du Ladakh [6]
Depuis l’Antiquité, l’eau rythme la vie des sociétés, tantôt ressource vitale, tantôt menace, et c’est à elle que répond la cérémonie du Kuomboka, mot lozi signifiant « sortir de l’eau ». Chaque année, à l’extrême ouest de la Zambie, le peuple lozi quitte la plaine inondable de Barotse pour rejoindre Limulunga, sur des terres plus élevées, en remontant le fleuve Zambèze. À la fin de la saison des pluies, le roi, le litunga, fixe la date du départ, annoncée par les puissants tambours maoma. Les canoës sont préparés, les pagayeurs royaux – sélectionnés lors de tournois – se rassemblent, et le souverain embarque sur la majestueuse Nalikwanda, surmontée d’un éléphant, tandis que son épouse prend place sur la Nalwange. Au son des tambours et des salimbas, la procession fluviale s’élance pour près de six heures, portée par les valeurs ancestrales de toute une communauté. En cours de route, le roi revêt un uniforme d’amiral britannique, souvenir des accords conclus en 1902 avec Édouard VII. Six mois plus tard, le trajet inverse, le Kufuluhela, ramène la cour à Lealui, lorsque les eaux se retirent.Lire la suiteKuomboka
Les lieux se nomment selon l’histoire, les langues en contact et les cultures, chaque toponyme portant un pouvoir révélateur de choix, d’usages et d’étymologies. Ainsi, le « toit du monde » suscite débats et variations : le géographe britannique George Everest donna son nom au sommet qu’il mesura, alors que l’Inde honore Radhanath Sikdar, premier à l’avoir identifié précisément en 1852. La Chine le nomme Zhūmùlǎngmǎ Fēng ou Shèngmǔ Fēng, le Népal Sagarmāthā, « tête du ciel », et le Tibet Qomolangma ou Chomolungma, en tibétain ཇོ་མོ་གླིང་མ. Chaque désignation reflète l’histoire, la langue et la culture locales, tandis que l’écriture tibétaine elle-même fut mise au point par Thonmi Sambhota sous le roi Songtsen Gampo, inspirée des modèles indiens et adaptée pour transcrire avec élégance la langue tibétaine.Lire la suiteNommer une montagne…
Sir Walter Raleigh, poète, courtisan et explorateur anglais, fut l’un de ces hommes saisis par le rêve d’Eldorado : après une expédition infructueuse en 1595 et un passage en prison, il repartit en 1617 à la recherche de la mythique Cité d’or, avant d’être arrêté à son retour pour avoir attaqué des possessions espagnoles et décapité à la Tour de Londres en 1618. Cette obsession s’inscrit dans une longue histoire nourrie de récits et de confusions, depuis Francisco de Orellana, explorant l’immense fleuve Amazone à la recherche d’or et de cannelle, jusqu’aux témoignages évoquant des guerrières rappelant les Amazones grecques. Mais où situer Eldorado : près de l’Amazone, de l’Orénoque, au Brésil, au Venezuela, au Guyana ou en Colombie ? Un récit chibcha, ou muisca, joua un rôle décisif : celui d’un roi, le zipa de Bacatá, qui se couvrait d’or et jetait offrandes et trésors dans le lac Guatavita lors de cérémonies fastueuses. Reprise par les Conquistadores, cette légende alimenta des tentatives hasardeuses d’assèchement du lac, au prix de lourdes pertes humaines. Ainsi, de siècle en siècle, la soif d’or transforma un rite symbolique en mirage obsédant, jusqu’à faire d’Eldorado un mythe persistant, révélateur des excès et des rêves de l’humanité.Lire la suiteL’Eldorado
Une légende māorie raconte l’amour contrarié de Mataora et de Niwareka, venue du monde souterrain : après l’avoir frappée, Mataora la suit pour se faire pardonner, y découvre ses peintures faciales effacées et reçoit finalement, en signe de réconciliation, l’enseignement du tatouage divin, le Tā Moko. Cette histoire introduit l’une des expressions majeures de la culture māorie, ancrée à Aotearoa, le « pays du long nuage blanc », dont les ancêtres seraient venus de la mythique Hawaiki. Le Tā Moko, tatouage facial et corporel régi par des codes stricts, transmet l’identité de son porteur – lignée, rang, exploits – et s’accomplit selon des rituels précis, parfois en sculptant la chair avant d’y déposer le pigment. Rite de passage fondamental, il concerne aussi les femmes, tatouées notamment au menton et aux lèvres. Sa valeur symbolique se prolonge dans les mokomokai, têtes tatouées conservées comme reliques ou trophées, devenues objets d’échanges lors de la « Guerre des mousquets » au début du XIXᵉ siècle. Leur rapatriement est aujourd’hui revendiqué par l’État néo-zélandais. Parmi les premiers Européens tatoués figure Barnet Burns, témoin d’une rencontre culturelle aussi troublante que durable.Lire la suiteLe moko maori
Tenue traditionnelle écossaise qui se compose d’une jupe plissée portée par les hommes. Il est souvent confectionné à partir de tartan. Attaché à la taille et descendant jusqu’aux genoux, IL est complété par des accessoires tels que la sporran (une pochette), des bas, des chaussures spéciales appelées ghillies, et parfois une veste assortie. Le kilt est un symbole emblématique de…Lire la suitekilt
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Le terme spleen désigne à l’origine un état de mélancolie profonde et persistante. Issu de l’anglais spleen, signifiant « rate », il renvoie à une conception médicale antique selon laquelle cet organe produisait la bile noire, responsable de la mélancolie. À partir du XVIIIᵉ siècle, le mot est employé en Angleterre puis en France pour décrire un ennui vague, une…Lire la suitespleen
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