Entre 5 000 et 7 000 langues sont parlées aujourd’hui dans le monde, mais la région du Pacifique se distingue de façon spectaculaire : malgré une population relativement faible, elle concentre une diversité linguistique exceptionnelle. On y compte plus de 200 langues aborigènes en Australie, environ 75 aux Îles Salomon, plus de 110 langues au Vanuatu pour moins de 300 000 habitants, et plus de 800 en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un record mondial. Cette profusion s’explique souvent par la géographie : territoires montagneux, forêts denses, communautés longtemps isolées et autosuffisantes, favorisant l’émergence et le maintien de langues distinctes. Paradoxalement, le polyglottisme y est courant, beaucoup de personnes pratiquant plusieurs langues. Le pays a d’ailleurs retenu trois langues officielles pour faciliter la communication nationale. Cette situation linguistique s’inscrit dans une histoire humaine très ancienne : la région aurait été l’un des points les plus éloignés atteints par les premiers humains après leur sortie d’Afrique, il y a 60 000 à 50 000 ans, à l’époque où l’Australie et la Papouasie formaient un même continent. Les langues actuelles portent encore la trace de ces migrations, métissages et adaptations.Lire la suite800 langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Pantopique : Pacifique
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Chez les Navajos, le hogan est la maison traditionnelle et le centre de la vie spirituelle, hozho l’idéal d’harmonie auquel chacun doit tendre, et le hataalii un « chanteur » guérisseur. Cette culture plurimillénaire s’étend aujourd’hui entre l’Arizona, le Nouveau-Mexique et l’Utah, et sa langue appartient à la famille athapascane. Durant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci connut un usage inattendu avec les « code talkers ». Les communications militaires étant cruciales, une idée audacieuse vit le jour en 1942 : utiliser le navajo comme code afin d’échapper au décryptage japonais. Sur l’initiative de Philip Johnston, une trentaine de jeunes Navajos furent formés au Camp Pendleton. La complexité grammaticale, les intonations et la richesse lexicale de la langue rendaient le code quasiment indéchiffrable. Des mots imagés remplaçaient les termes militaires : « œufs » pour bombes, « grenouille » pour véhicule amphibie, « baleine » pour navire de guerre. Quand aucun mot ne convenait, l’épellation se faisait par associations symboliques. Jusqu’à 421 Navajos servirent ainsi dans le Pacifique. Longtemps tenue secrète, leur contribution ne fut reconnue qu’à partir des années 1960.Lire la suiteNavajos, code talkers
Pendant la Seconde guerre mondiale, les communications codées furent cruciales, et c’est dans le Pacifique que les Navajos jouèrent un rôle unique. Appartenant aux langues athapascanes de la famille na-dené, leur langue fut utilisée par 421 « code talkers » pour créer un code impossible à déchiffrer pour les Japonais. Proposé par Philip Johnston en 1942, le projet exploitait la complexité grammaticale et phonétique du navajo. Deux techniques étaient employées : utiliser des mots entiers pour désigner des objets militaires, comme A-YE-SHI (« œufs ») pour « bombes » ou LO-TSO (« baleine ») pour « navire de guerre », ou épeler lettre par lettre avec des mots codés, par exemple A comme « Ant » → WOL-LA-CHEE. Cette innovation linguistique permit de sécuriser les communications et eut un impact stratégique majeur dans le théâtre du Pacifique.Lire la suiteLes « Code talkers » navajos…
« Polynésie », « Mélanésie » et « Micronésie » sont des termes forgés au XIXe siècle et toujours employés. Quant à l’origine des peuples polynésiens, plusieurs hypothèses existent, la principale les reliant aux cultures de Lapita, connues pour leurs poteries décorées et attestées il y a environ 3500 ans, de la Nouvelle-Guinée aux Samoa. Le triangle polynésien relie Hawaï, la Nouvelle-Zélande et Rapa Nui. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’aventure du Kon-Tiki menée en 1947 par Thor Heyerdahl, convaincu que la Polynésie aurait aussi pu être peuplée depuis les côtes américaines. Pour le prouver, il construit avec cinq compagnons un radeau de balsa inspiré des Incas et traverse le Pacifique malgré le scepticisme général. Entre avaries, poissons volants, rencontres marines et nuits d’angoisse, l’expédition atteint après trois mois et près de 8000 km un récif des Tuamotu, démontrant la faisabilité du voyage. Le nom Kon-Tiki unirait Kon, dieu inca, et Tiki, ancêtre divin polynésien.Lire la suiteL’aventure du Kon-Tiki
Peut-on dire que ce fut jadis un paradis terrestre ? Oui. Peut-on dire que la chute fut brutale ? Hélas, oui. Le lieu où nous mènent aujourd’hui nos pas se nomme Nauru, minuscule pays du Pacifique, proche de l’équateur, aux origines de peuplement incertaines et structuré autour de douze tribus. Longtemps, cocotiers, bananiers et takamakas ont façonné son environnement. Puis vinrent les Européens et, en 1900, la découverte de vastes gisements de phosphate, engrais convoité, bouleversa le destin de l’île. Disputée au cours du XXe siècle, la ressource passa finalement sous contrôle australien. À l’indépendance, en 1968, le phosphate propulsa Nauru vers une richesse fulgurante : revenus records, société de consommation, investissements immobiliers, compagnie aérienne et aéroport international. Mais cette prospérité eut un coût : bouleversement alimentaire, maladies, obésité massive. Lorsque les cours chutèrent, que les réserves s’épuisèrent et que les placements échouèrent, la chute fut sévère. Comme le rappelait Hérodote, la félicité humaine ne dure jamais. Il reste à souhaiter aux générations futures de préserver un capital plus durable : la culture, l’esprit et les traditions.Lire la suiteLe tragique destin de Nauru…
Figures emblématiques et sacrées, les tikis sont souvent des sculptures ou des gravures anthropomorphes, représentant des ancêtres mythiques ou des divinités. Ils sont omniprésents dans les cultures polynésiennes, en Nouvelle-Zélande (chez les Māori), à Hawaï, sur l’île de Pâques (où ils sont appelés « moai »)… Les tikis sont souvent associés à des pouvoirs protecteurs, censés éloigner les mauvais esprits et apporter…Lire la suitetiki
Vous pouvez compléter, modifier, améliorer cette indéfinition ou en proposer une autre au regard de vos savoirs, langages, pratiques, histoire… qu’elle soit formulée sur un mode scientifique, culturel, poétique… contact@21dialogues21.org
Une région de 4,9 Mkm2 du sud-ouest de l’océan Pacifique est constituée de croûte continentale. La région présente une bathymétrie élevée par rapport à la croûte océanique environnante, des roches diverses et riches en silice, et une structure crustale relativement épaisse et à faible vitesse. Son isolement de l’Australie et sa grande superficie plaident en faveur de sa définition en…Lire la suiteZealandia – Un continent submergé…
Quelqu’un qui m’a marqué, c’est le Général De Gaulle. Tout d’abord dans le Pacifique lors d’une tournée sur les essais nucléaires français. Puis une seconde fois, à l’époque de l’entrée des troupes soviétiques à Prague en 1968. J’étais alors rédacteur en chef adjoint à Nancy, et lors d’un reportage on s’est fait doubler par les gendarmes à moto… On s’est…Lire la suiteGénéral De Gaulle – Jean Suhas
Sur son destrier, un homme barbu, affublé d’une armure rutilante, pénètre dans Cuzco en ce 15 novembre 1533. Sur la place principale, cet Espagnol, Francisco Pizarro (1475-1541), déclare aux habitants que l’Empire inca appartient désormais à la Couronne d’Espagne. Le conquistador, arrivé seulement un an plus tôt sur le territoire, jubile. Sa prise de pouvoir ne fut qu’une formalité. Pour…Lire la suiteExistence d’un « grand peuple d’un pays montagneux »…





