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L’aigle, le cactus & le serpent…

repère(s) :paix

Il fallut peu de temps pour que l’empire aztèque s’effondre : à peine quelques années après l’arrivée d’étrangers sur leurs terres. Pour comprendre, il faut remonter deux siècles plus tôt, lorsque leurs ancêtres, originaires de la mythique Aztlan, entamèrent une migration guidée par Huitzilopochtli, dieu protecteur de la tribu. Les oracles annonçaient qu’ils devraient s’établir là où apparaîtrait un aigle perché sur un cactus, dévorant un serpent. Ce signe fut observé en 1325 sur une île marécageuse du lac Texcoco, où naquit Mexico-Tenochtitlán. D’abord dominés, les Aztèques s’imposèrent au XVe siècle, bâtissant canaux, ponts et pyramides. Sous Ahuitzotl, l’empire atteignit son apogée, marqué par de grands travaux et d’immenses sacrifices. Moins de vingt ans après sa mort, l’empire tomba en 1521, victime des divisions internes, de la supériorité militaire espagnole et de croyances funestes. La destruction des codex a effacé une grande part de leur mémoire, mais la langue nahuatl survit encore, nous léguant des mots comme tomate, cacao ou chocolat.Lire la suiteL’aigle, le cactus & le serpent…

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Controverse de Valladolid

repère(s) :justice

La controverse de Valladolid (1550–1551) est un débat organisé en Espagne à la demande de l’empereur Charles Quint, pour trancher la question morale et théologique du traitement des Indiens d’Amérique. Elle oppose deux figures majeures : Juan Ginés de Sepúlveda, humaniste et théologien, et Bartolomé de Las Casas, dominicain et évêque. Sepúlveda soutient que les Indiens sont inférieurs par nature,…Lire la suiteControverse de Valladolid

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Coup d’État au Chili [1973]

repère(s) :pouvoir

Le coup d’État au Chili désigne la prise de pouvoir militaire du 11 septembre 1973 qui renversa le président Salvador Allende, démocratiquement élu en 1970 à la tête d’un gouvernement d’unité populaire socialiste. Mené par les forces armées chiliennes sous la direction du général Augusto Pinochet, le putsch mit fin par la violence à une expérience politique visant à transformer…Lire la suiteCoup d’État au Chili [1973]

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Un Inuit à New-York

repère(s) :justice

On les appelle souvent « Eskimos », un exonyme, alors qu’ils se nomment Inuits, « les humains ». Répartis autour du cercle polaire, ils ont façonné un monde riche de langues, de mythes et de savoirs, peuplé d’inuksuk, d’ulu, de chamanes angakkuq et de figures comme la déesse Sedna. C’est dans cet univers qu’est né Minik. En 1897, à huit ans, il est emmené à New York avec son père Qisuk et d’autres Inuits, ramenés par un explorateur pour être exposés au public. Rapidement frappés par la tuberculose, tous meurent sauf Minik. À la mort de son père en 1898, l’enfant demande un enterrement selon les rites inuits ; on lui offre un simulacre, tandis que le squelette de Qisuk rejoint les collections du muséum. Placé dans une famille américaine, Minik grandit avant de découvrir la vérité en 1906. Brisé, il retourne un temps dans l’Arctique, puis revient aux États-Unis où il meurt en 1918 de la grippe espagnole.Lire la suiteUn Inuit à New-York

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Chinchasuyu

repère(s) :pouvoir

Le chinchasuyu est le quartier nord-ouest (suyu) de l’Empire Inca (Tawantin Suyu), qui faisait partie des « Quartiers supérieurs ». L’Équateur et la Colombie modernes étaient englobés dans sa plus grande étendue. Chinchay signifie « ocelot » en quechua et désigne le nord.Lire la suiteChinchasuyu

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Nunavut

repère(s) :pouvoir

Le Nunavut – ᓄᓇᕗᑦ « notre terre » – est un territoire du Canada, créé le 1er avril 1999, séparé des Territoires du Nord-Ouest, et situé dans le nord du pays. Il est le territoire le plus récent et le plus vaste du Canada, couvrant une grande partie de l’Arctique canadien. Le Nunavut est principalement habité par des Inuits, qui…Lire la suiteNunavut

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Stephen Karpman

repère(s) :penser

Stephen Karpman a créé en 1968 le Triangle dramatique, un modèle des dynamiques relationnelles dysfonctionnelles impliquant trois rôles : Victime, Persécuteur et Sauveur. Ces positions, adoptées inconsciemment, ne sont pas fixes : la Victime se sent impuissante, le Persécuteur critique et contrôle, le Sauveur intervient sans y être sollicité, renforçant la dépendance. Dans ces interactions, les rôles changent, maintenant le conflit et bloquant la résolution. Le triangle montre comment ces jeux psychologiques évitent responsabilité et communication authentique. Prendre conscience de ces mécanismes permet de sortir du drame en adoptant des postures adultes fondées sur responsabilité, assertivité et coopération. Ce modèle est largement utilisé en psychologie, coaching et développement personnel pour améliorer relations et conscience de soi.Lire la suiteStephen Karpman

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Eli Pariser

Eli Pariser (1980-), activiste américain et auteur, est surtout connu pour avoir popularisé le concept de bulle de filtres dans son livre The Filter Bubble: What the Internet is Hiding from You (2011). Cofondateur de l’organisation politique en ligne MoveOn.org et de la plateforme d’information Upworthy, il s’est engagé à transformer la manière dont les informations sont partagées et consommées…Lire la suiteEli Pariser

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Organopónicos, au cœur de la cité…

repère(s) :métier

L’agriculture, au cœur des équilibres alimentaires, concentre nos contradictions collectives. On l’exalte pour son rôle vital, on la dénigre pour certaines dérives productivistes, tout en exigeant toujours plus, toujours moins cher, sans en assumer les conséquences. Comment en sommes-nous arrivés à oublier celles et ceux dont dépend notre subsistance ? Une éducation réelle à la terre, impliquant un temps long auprès des paysans, permettrait sans doute de renouer avec les lois du vivant et le respect qu’elles imposent. À travers des contextes très contraints, des réponses inventives ont pourtant émergé. À Cuba, la pénurie alimentaire liée à l’embargo et à l’effondrement du soutien soviétique a favorisé le développement des organopónicos : des systèmes de cultures urbaines surélevées, enrichies en matière organique, portées par des habitants devenus producteurs. Ces espaces, à la fois lieux de production, de lien social et d’expérimentation, ont contribué à la résilience alimentaire locale. Des innovations modestes, nées de la contrainte, rappellent que l’agriculture n’est pas qu’une technique mais un rapport fondamental à la terre et au collectif. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de l’agriculture ?Lire la suiteOrganopónicos, au cœur de la cité…

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Le Traité de Tordesillas

repère(s) :couper

Un Brésil faisant la part belle à la langue portugaise… Cuba, le Venezuela ou le Chili lui préférant le castillan… derrière cette géographie linguistique se cache une ligne tracée il y a plus de cinq siècles. Le traité de Tordesillas, signé le 7 juin 1494, fixa une ligne imaginaire de partage à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap-Vert, séparant les zones d’influence des deux puissances ibériques : tout ce qui était découvert à l’est revenait au Portugal, tout ce qui était à l’ouest à la Couronne de Castille. Cette démarcation, voulue pour apaiser les rivalités nées des grandes explorations, permit au Portugal de revendiquer la côte orientale du continent sud-américain après que Pedro Álvares Cabral y eut débarqué en 1500, donnant naissance à ce qui deviendrait le Brésil, tandis que les Espagnols développaient leurs empires dans les Caraïbes et sur les vastes terrains à l’ouest de la ligne. D’autres puissances coloniales comme la France, l’Angleterre ou les Provinces-Unies rejetèrent progressivement cette division, ouvrant la course à la colonisation mondiale.Lire la suiteLe Traité de Tordesillas

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D’un clavier à l’autre

repère(s) :écriture

Si QWERTY et AZERTY ont conquis le monde, qu’en est-il du clavier Dvorak ? Conçu dans les années 1930 par August Dvorak, professeur de psychologie à l’université de Washington à Seattle, il optimisait la saisie en anglais, mais peina à s’imposer face à la forte concurrence de QWERTY. Cette dernière fut inventée par Christopher Latham Sholes (1819-1890), imprimeur et éditeur de Pennsylvanie, qui déposa de nombreux brevets pour machines à écrire. Après un échec des premières machines alphabétiques, son clavier QWERTY, développé pour Remington en 1873, rencontra un énorme succès. QWERTY ? Selon la tradition, Sholes éloigna certaines lettres fréquemment successives pour éviter le blocage des tiges, ou plaça la ligne supérieure pour taper « typewriter » facilement, utile aux démonstrateurs ; d’autres chercheurs, en 2011, y voient une influence des télégraphistes travaillant en morse. D’autres dispositions ont vu le jour : AZERTY, QWERTZ, et même KALQ pour la frappe au pouce. Morale : la prochaine fois que vous tapez, interrogez-vous sur le clavier le plus approprié, ancien ou à inventer.Lire la suiteD’un clavier à l’autre

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Ecrire en cherokee

repère(s) :écriture

Séquoia, quelle belle sonorité pour un arbre aux dimensions hors norme : jusqu’à cent mètres de haut, trente mètres de circonférence et parfois deux mille ans d’âge. Mais qui imaginerait que ce nom prestigieux pourrait être lié à un homme cherokee du tournant des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles ? Sequoyah, né vers 1770 dans le Tennessee et devenu orfèvre en Alabama, fut fasciné par l’écriture après avoir observé un atelier d’imprimerie, alors même que sa communauté se méfiait de ces « feuilles parlantes ». D’abord tenté par un signe pour chaque mot, il comprit l’impasse et inventa un syllabaire, un signe par syllabe, soit 86 caractères. Raillé, parfois découragé, il parvint pourtant à démontrer l’efficacité de son système grâce à des exercices publics impliquant sa fille. Convaincue, la Nation cherokee adopta officiellement ce syllabaire en 1825, favorisant une alphabétisation rapide et la parution d’un journal bilingue. Une tradition veut qu’un botaniste européen ait ensuite donné le nom de « séquoia » à l’arbre en hommage à cet inventeur, même si l’étymologie reste discutée.Lire la suiteEcrire en cherokee

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Rongorongo

repère(s) :écriture

Le rongorongo est un système d’écriture énigmatique découvert sur Rapa Nui. Les inscriptions de rongorongo sont gravées sur des tablettes en bois avec des symboles complexes et stylisés. La signification de ce système d’écriture reste largement indéchiffrée, et peu d’informations sont disponibles sur la façon dont il était utilisé. Les tablettes de rongorongo sont rares et précieuses, représentant un mystère…Lire la suiteRongorongo

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Apprendre l’alphasyllabaire inuktitut…

repère(s) :écriture

Quelques sons scandés comme une litanie – « i pi ti ki… u pu tu ku… a pa ta ka… » – nous projettent dans l’univers linguistique de l’inuktitut et de son alphasyllabaire. Les langues inuites, appartenant à la famille eskimo-aléoute, sont parlées de l’Alaska au Canada, où l’inuktitut adopte au XIXe siècle un syllabaire ingénieux. Son origine remonte aux années 1830, lorsqu’un missionnaire élabora un système fondé sur quelques signes de base dont l’orientation indique la voyelle, formant ainsi des syllabes simples et efficaces. D’abord transmis sur écorce de bouleau à la suie, ce procédé circula ensuite chez différents peuples autochtones avant d’être adapté au monde inuit. Facile à apprendre, parfaitement ajusté aux sons de la langue, il contribua largement à l’alphabétisation et à la transmission des savoirs. Aujourd’hui encore, les Inuits utilisent ce syllabaire, nommé qaniujaaqpait, parallèlement à l’alphabet latin, appelé qaliujaaqpait, témoignant d’une remarquable rencontre entre invention graphique, adaptation culturelle et vitalité linguistique.Lire la suiteApprendre l’alphasyllabaire inuktitut…

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Le Magicien d’Oz

repère(s) :art

Le Magicien d’Oz est à la fois un conte initiatique, un récit symbolique et une fable morale, publié en 1900 par L. Frank Baum. Il raconte le voyage de Dorothy, une jeune fille emportée par un cyclone du Kansas vers le pays imaginaire d’Oz, monde merveilleux régi par des lois étranges et des figures allégoriques. Au fil de sa quête…Lire la suiteLe Magicien d’Oz

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bhodjpouri (lg)

repère(s) :

Le bhojpouri (bhodjpouri) est une langue indo-aryenne originaire du nord de l’Inde, principalement des régions du Bihar et de l’Uttar Pradesh. Elle est parlée par des millions de personnes en Inde ainsi que par les communautés issues de la diaspora indienne dans plusieurs pays, dont Maurice, le Suriname et les Fidji. Le bhojpouri est une langue vivante qui s’est transmise…Lire la suitebhodjpouri (lg)

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A la rencontre du portunhol…

repère(s) :langue

Le traité de Tordesillas, signé en 1494 entre l’Espagne et le Portugal sous l’égide pontificale, fixa une ligne de partage du monde à 370 lieues à l’ouest du Cap-Vert. Lorsque le Brésil fut atteint en 1500, il se retrouva du côté portugais, tandis que le reste de l’Amérique demeurait majoritairement sous domination espagnole. De cette division naquirent deux grandes aires linguistiques qui, au fil du temps, entrèrent en contact dans des zones frontalières, par les échanges et les mobilités. De ces rencontres est issue une variété hybride mêlant espagnol et portugais : le portuñol ou portunhol. Cette forme s’appuie sur une intercompréhension déjà élevée entre les deux langues et se développe surtout dans des contextes bilingues informels, parfois avec une forte créativité lexicale. Elle a même trouvé des expressions littéraires et populaires, intégrant parfois d’autres langues amérindiennes. Si certains y voient un enrichissement vivant et inventif, d’autres s’inquiètent d’une dilution possible des langues de référence. Entre crainte et fascination, le portuñol illustre ainsi la manière dont l’histoire, la géographie et les contacts humains façonnent des formes linguistiques nouvelles, dynamiques et profondément révélatrices des sociétés qui les portent.Lire la suiteA la rencontre du portunhol…

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Une série de phonèmes…

repère(s) :sens

Les langues sont des assemblages de sons, dont les plus petits identifiables sont les phonèmes, éléments sonores de base. Leur nombre varie considérablement : le français compterait 36 phonèmes, l’anglais 44, tandis que certaines langues comme le pirahã du Brésil n’en ont que 10 à 13 et le rotokas de Bougainville 11 à 12. Le tahitien, parlé en Polynésie française et classé parmi les langues austronésiennes, compte cinq voyelles et neuf consonnes, distinguant voyelles courtes et longues, comme pāto et pato signifiant « cueillir » et « éclater ». Cette économie phonémique contraste avec d’autres langues plus complexes. Une étude de Quentin Atkinson suggère que la diversité phonémique décroît avec la distance à l’Afrique, maximale sur ce continent, moindre en Asie et Europe, plus faible en Amérique et minimale en Océanie, thèse qui reste controversée.Lire la suiteUne série de phonèmes…

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Le Pays où l’on parle basque…

repère(s) :langue

Euskal Herria, le « Pays Basque », comprend sept provinces traditionnelles, trois côté français et quatre côté espagnol. Malgré ses dialectes variés, il se définit par la langue basque, Euskara, et son néologisme politique Euskadi. Le basque demeure un isolat, sans lien avéré avec d’autres familles linguistiques, malgré tentatives de rattachement aux langues indo-européennes ou caucasiennes. Sa vitalité se mesure aussi à sa diaspora, en particulier en Amérique, parfois considérée comme une « huitième province ». La langue a généré des pidgins comme le basco-islandais ou le basco-algonquin, issus du contact avec Islandais et populations amérindiennes, illustrant la circulation et l’adaptation de l’Euskara. Cette richesse interroge le lien entre langue, espace et histoire, et témoigne de l’énigme vivante que représente le basque en Europe et dans le monde.Lire la suiteLe Pays où l’on parle basque…

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Navajos, code talkers

repère(s) :

Chez les Navajos, le hogan est la maison traditionnelle et le centre de la vie spirituelle, hozho l’idéal d’harmonie auquel chacun doit tendre, et le hataalii un « chanteur » guérisseur. Cette culture plurimillénaire s’étend aujourd’hui entre l’Arizona, le Nouveau-Mexique et l’Utah, et sa langue appartient à la famille athapascane. Durant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci connut un usage inattendu avec les « code talkers ». Les communications militaires étant cruciales, une idée audacieuse vit le jour en 1942 : utiliser le navajo comme code afin d’échapper au décryptage japonais. Sur l’initiative de Philip Johnston, une trentaine de jeunes Navajos furent formés au Camp Pendleton. La complexité grammaticale, les intonations et la richesse lexicale de la langue rendaient le code quasiment indéchiffrable. Des mots imagés remplaçaient les termes militaires : « œufs » pour bombes, « grenouille » pour véhicule amphibie, « baleine » pour navire de guerre. Quand aucun mot ne convenait, l’épellation se faisait par associations symboliques. Jusqu’à 421 Navajos servirent ainsi dans le Pacifique. Longtemps tenue secrète, leur contribution ne fut reconnue qu’à partir des années 1960.Lire la suiteNavajos, code talkers