Le droit de vote a une riche histoire, surtout lorsqu’on le lit au prisme féminin. La Nouvelle-Zélande l’instaure en 1893, suivie de l’Australie en 1903, bien que les femmes aborigènes n’y soient incluses qu’en 1962. La Finlande en 1906 voit les premières femmes élues à l’Eduskunta, puis les États-Unis suivent, avec Washington en 1910, la Californie en 1911, l’Arizona, l’Arkansas, l’Alaska… Parmi celles qui ont mené ce combat, Emmeline Pankhurst, née Goulden en 1858 au Royaume-Uni, joue un rôle majeur. Initiée très tôt aux idées politiques, mariée à Richard Pankhurst, elle fonde en 1903 l’Union sociale et politique des femmes (WSPU). Face aux blocages, elle et ses filles se radicalisent, participant à des manifestations bruyantes et à des actions spectaculaires : bris de fenêtres, sabotage, incendies, ce qui leur vaut le surnom de « suffragettes ». Emmeline est emprisonnée à plusieurs reprises et milite pendant la Première Guerre mondiale pour soutenir l’effort national, ce qui favorise la reconnaissance de leur combat : en 1918, les femmes de plus de 30 ans obtiennent le droit de vote au Royaume-Uni. Elle meurt en 1928, un mois avant que le droit soit étendu aux femmes de plus de 21 ans.Lire la suiteEmmeline Pankhurst, suffragette
Pantopique : 02-espace
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Pendant la Seconde guerre mondiale, les communications codées furent cruciales, et c’est dans le Pacifique que les Navajos jouèrent un rôle unique. Appartenant aux langues athapascanes de la famille na-dené, leur langue fut utilisée par 421 « code talkers » pour créer un code impossible à déchiffrer pour les Japonais. Proposé par Philip Johnston en 1942, le projet exploitait la complexité grammaticale et phonétique du navajo. Deux techniques étaient employées : utiliser des mots entiers pour désigner des objets militaires, comme A-YE-SHI (« œufs ») pour « bombes » ou LO-TSO (« baleine ») pour « navire de guerre », ou épeler lettre par lettre avec des mots codés, par exemple A comme « Ant » → WOL-LA-CHEE. Cette innovation linguistique permit de sécuriser les communications et eut un impact stratégique majeur dans le théâtre du Pacifique.Lire la suiteLes « Code talkers » navajos…
Norvège, Suède, Finlande et péninsule de Kola en Russie… tels sont les pays où vivent traditionnellement les Samis, à ne pas appeler Lapons, même si l’une des appellations de leur territoire, la Laponie, y invite, car ce terme viendrait du suédois lapp, désignant des « porteurs de haillons ». Leurs langues appartiennent à la famille finno-ougrienne et plus largement ouralienne, réparties en neuf zones linguistiques. Venus vraisemblablement de l’est, des terres sibériennes, il y a environ 4000 ans, ils se sont implantés par vagues successives. Leurs activités anciennes de pêche et de chasse de rennes sauvages se transformèrent en élevage, menacées aujourd’hui par l’exploitation minière, la sylviculture, l’urbanisation et le réchauffement climatique. Leurs objets culturels, comme la kuksa, tasse en bois de bouleau, ou le gákti, vêtement coloré reflétant la nature, l’eau, le soleil et l’amour, témoignent d’un artisanat vivant, le duodji. À cela s’ajoutent le guksi, couteau traditionnel, le joik, chant associé à des personnes ou lieux, le luohti, poésie chantée, et le lávvu, tente temporaire pour l’élevage des rennes. Ces héritages ne sont pas des pièces de musée, mais l’expression d’une vie à respecter et défendre.Lire la suiteBienvenue chez les Samis
Amazigh, kabyle, zenaga, tamasheq, tachelhit, tamazight, tarifit ou chaouia désignent un vaste ensemble de langues dites berbères, rattachées à la famille afro-asiatique et réparties du Maroc à l’Égypte, du Sahel aux îles Canaries. Le terme « Berbère », souvent rejeté, dérive d’une désignation grecque associée à l’idée de barbarie, tandis que les Imazighen se définissent eux-mêmes comme des « hommes libres ». Leur histoire plonge dans la longue durée, avec des racines remontant au Paléolithique supérieur et des tribus attestées dès le Néolithique, vers 5000 avant notre ère. Au fil des millénaires, ces populations ont formé une identité commune, enrichie par des contacts avec Phéniciens, Carthaginois, Romains et royaumes arabes, donnant naissance à des entités majeures comme la Numidie ou aux dynasties almoravide et almohade. Cette profondeur historique se lit dans une culture foisonnante mêlant traditions orales, musiques, artisanats, greniers collectifs fortifiés, bijoux, rites, usage du tifinagh et célébration du Nouvel An amazigh, Yennayer, le 13 janvier, symbole d’un héritage toujours vivant.Lire la suiteLe chemin des Imazighen…
Samis, également appelés Lapons [terme néanmoins péjoratif] – Peuple finno-ougrien autochtone vivant principalement dans la région arctique du Sapmi, qui s’étend sur la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Ils ont une culture distincte, avec des langues same et des traditions ancestrales liées à l’élevage de rennes, à la pêche et à la chasse. Les Samis sont connus…Lire la suiteSamis
Leur nom est un véritable casse-tête. Par commodité, on parle souvent de « Roms », terme signifiant « homme » en romani, langue indo-aryenne, mais d’autres appellations coexistent : « Tsiganes », peut-être issu du grec atsinganos, « Gitans » ou « Gypsies », liés à une supposée « Petite Égypte », « Kalés » dans l’aire ibérique, « Sinti » ou « Manouches » en régions germanophones, ce dernier renvoyant au sanskrit manushya, « être humain ». Le mot « bohémien » serait lié à des lettres de protection médiévales, tandis que « romanichel » est aujourd’hui péjoratif. En France, « Gens du voyage » désigne une catégorie administrative plus large. Ces termes recouvrent près de 15 millions de personnes aux situations très diverses. L’hypothèse la plus admise situe leur origine dans le nord-ouest de l’Inde, d’où des migrations commencées il y a plus de mille ans les auraient conduits vers l’Europe.Lire la suiteOn les nomme Roms
Les Olmèques étaient une ancienne civilisation précolombienne qui a prospéré dans la région actuelle du Mexique, notamment dans les basses terres du golfe du Mexique, vers 1400 à 400 avant J.-C. Ils sont souvent considérés comme la culture-mère de la Mésoamérique en raison de leur influence précoce sur les civilisations ultérieures telles que les Aztèques et les Mayas. Les Olmèques…Lire la suiteOlmèques
Groupe ethnique autochtone d’Amérique du Sud, principalement concentré au Chili et en Argentine. Connus pour leur histoire riche et leur résistance tenace contre les colonisateurs espagnols, les Mapuche [dont le nom signifie « Peuple de la Terre »] ont une culture distincte, avec des traditions, une langue (le mapudungun) et une spiritualité propres. Historiquement organisés en communautés autonomes appelées « lof », ils ont…Lire la suiteMapuche
Le Popol Vuh, « livre du conseil » ou « livre de la natte », est rédigé en quiché (Kʼicheʼ), la langue la plus parlée du groupe maya guatémaltèque, issue d’une proto-langue vieille de 4000 ans et divisée en cinq groupes. Il débute en évoquant la racine de l’ancienne parole quiché et le commencement de tout ce qui fut créé dans le pays du peuple quiché. Son récit fonde la genèse du monde, détaillant les tentatives infructueuses de créer l’humanité à partir de boue ou de bois, avant d’aboutir au maïs, matériau idéal et origine du peuple maya. Il narre aussi les exploits des jumeaux Ixbalanque et Hunahpu et la création des êtres de maïs avec la limitation divine de leurs pouvoirs. Écrit au XVIe siècle en alphabet latin après la conquête espagnole, il témoigne de la destruction des textes mayas et de l’héritage préservé dans les codex de Dresde, Madrid, Paris et Mexico.Lire la suitePopol Vuh – Le livre du conseil
Le 25 août 1967, le guaraní, ou avañe’ẽ, est reconnu par la Constitution paraguayenne comme langue « nationale », puis déclaré langue « officielle » en 1992. La loi des langues de 2010 consacre enfin l’égalité complète entre le guaraní et l’espagnol. Parlée également en Argentine, Bolivie et Brésil, cette langue appartient avec le tupi à la famille tupi-guaraní, dont le nom rappelle la légende de deux frères séparés par une dispute, Guaraní prospérant au Paraguay. Sa transcription se fait dans l’alphabet achegety, validé au Congrès de Montevideo en 1950, comprenant 33 lettres et formé des trois premières lettres a‑che‑ge et du suffixe ty, « ensemble ». Malgré sa reconnaissance, le guaraní fait face aux menaces de modernisation, d’exode rural et d’érosion culturelle, mais il résiste grâce à des initiatives locales et reste porteur d’un héritage vivant, illustré par des mots désormais intégrés au vocabulaire mondial comme jaguar, acajou, ara, ananas, tapioca ou tapir. Rohayhu che ñe’e ! (« j’aime ma langue ») témoigne de cet attachement vibrant à la langue et à la culture guaraní.Lire la suiteJ’aime ma langue… guarani
Les Dogon sont un groupe ethnique indigène vivant principalement dans la région de Mopti, au Mali, en Afrique de l’Ouest, ayant une histoire remontant à plusieurs siècles. Leur société est organisée en clans et castes, avec des pratiques religieuses centrées sur des divinités telles qu’Amma, le dieu suprême. Les Dogon sont également connus pour leur architecture distinctive, des maisons en…Lire la suiteDogon
Les Haïdas sont un peuple autochtone vivant principalement sur la côte pacifique du Canada, en Colombie-Britannique, ainsi qu’en Alaska. Leur culture est riche et complexe, avec des clans matrilinéaires et une noblesse héréditaire. Ils sont célèbres pour leur art, notamment la sculpture sur bois et la gravure, aux motifs détaillés représentant animaux et êtres surnaturels, ainsi que pour leurs légendes, danses et cérémonies liées à la nature et aux esprits du milieu côtier. Les Haïdas ont également développé des savoirs en navigation et commerce avec d’autres peuples autochtones. Malgré la colonisation, la dépossession et les bouleversements historiques, ils préservent et revitalisent leur langue, leur culture et leurs pratiques artistiques, revendiquant leur identité et leurs droits territoriaux. Aujourd’hui, leur héritage unique continue d’être célébré et reconnu, témoignant de leur résilience et de la force de leurs traditions ancestrales.Lire la suiteHaïdas
La planète Terre précède et survivra aux humains, mais notre exploitation souvent aveugle de ses ressources invite à repenser notre relation à elle. Les Mapuche, « gens de la Terre », parlent le mapudungun, langue de la terre, et racontent que l’Univers commença par le Chrufken Ruka, « l’explosion de la chambre haute ». La maison traditionnelle, le ruka, construite collectivement, symbolise cette collaboration originelle. Leur drapeau illustre ces savoirs : le kultrun, percussion en demi-sphère, représente la Terre, le cercle l’infini, et y figurent les quatre points cardinaux, le soleil, la lune et les étoiles, autant de repères pour le machi, chaman qui lit les forces de l’univers transmises par Ngünechen, divinité de la vie. À l’instar des Mapuche, d’autres civilisations proposent des visions cosmogoniques et planétaires, révélant des équilibres entre mythes, arts et sciences. Cette sagesse invite à réfléchir à notre rapport à la Terre, à sa place dans l’univers, et à la responsabilité de préserver ses forces et cycles naturels, en commençant par questionner ce que sont réellement « planète » et « astre ».Lire la suiteGens et langue de la Terre…
Les Imazighen, présents de l’Égypte au Maroc et dans le Sahara, forment un ensemble diversifié dont les langues appartiennent à la famille afro-asiatique, incluant le chleuh, le rifain, le kabyle, le chaoui ou le touareg. Au Maroc, l’amazighe est langue officielle depuis 2011. Leurs origines font l’objet de débats depuis l’Antiquité, Hérodote, Salluste, Josèphe ou Ibn Khaldoun s’y étant intéressés, tandis que l’archéologie évoque la civilisation capsienne il y a 8000 ans. Leur écriture emblématique, le tifinagh, reste entourée d’hypothèses : étymologie phénicienne, signification « notre trouvaille » ou attribution au génie légendaire Anigouran. Des traces anciennes apparaissent sous Massinissa et Micipsa, dans une forme dite libyque. Aujourd’hui, les langues berbères peuvent s’écrire en tifinagh, en alphabet arabe ou en alphabet latin de 33 lettres, conservant ainsi la richesse et l’identité culturelle de ces peuples.Lire la suiteLes Imazighen – Langues & écriture…
Nous voici à Nibutani ニプタニ, près de Biratori ピラ・ウトゥル (平取町) sur l’île de Hokkaidō, au Japon, célèbre depuis 1992 pour son centre culturel aïnou. Les Aïnous, アィヌ, terme signifiant « humain » dans leur langue, sont un peuple ayant précédé les populations de Yamato, attaché à ses croyances, aux kamuy カムィ et au culte de l’ours, ainsi qu’à ses épopées, les yukar ユカㇻ, et parlant la langue aïnoue, isolat transcrit en version katakana. Nibutani rend hommage à Shigeru Kayano 萱野, dont le musée Kayano Shigeru Nibutani Ainu Museum 萱野茂二風谷アイヌ資料館 conserve des éléments de la culture aïnoue qu’il collectionna toute sa vie. Premier représentant aïnou au parlement japonais, il incarna le combat pour la pérennité des valeurs traditionnelles. Cette lutte souligne l’importance de la sauvegarde des langues : malgré un nombre conséquent de personnes d’ascendance aïnoue, les locuteurs de la langue sont extrêmement rares, plaçant celle-ci en situation critique et rappelant que préserver la langue est préserver l’âme d’un peuple.Lire la suiteAu contact des Aïnous…
Achuars « le peuple du palmier aguaje » – Les Achuar sont un peuple autochtone qui vit principalement dans la région amazonienne, à cheval sur l’Équateur et le Pérou. Leur mode de vie est étroitement lié à la forêt tropicale, où ils pratiquent l’agriculture, la chasse et la pêche. Les Achuar sont connus pour leur forte connexion spirituelle avec la…Lire la suiteAchuars
« Cent ans de solitude » est un chef-d’œuvre de Gabriel García Márquez publié en 1965, retraçant l’histoire de la famille Buendía sur sept générations dans le village fictif de Macondo. Alliant réalisme magique et critique sociale, le roman explore solitude, amour, fatalité et isolement, à travers des personnages emblématiques comme Ursula Iguarán, José Arcadio Buendía et Aureliano Buendía. La narration, non linéaire, mêle événements fantastiques et surréalistes, de la fondation de Macondo aux guerres civiles et aux amours interdites, avec un style poétique et sensoriel d’une grande richesse. Œuvre majeure du XXe siècle, elle a profondément influencé la littérature latino-américaine et mondiale, offrant une réflexion sur la condition humaine et l’impact du temps sur les individus et les communautés.Lire la suiteCent ans de solitude
Les Daces étaient un ancien peuple indo-européen qui habitait la région des Carpates et des Balkans pendant l’Antiquité. Connus principalement à travers les écrits des historiens romains, tels que Tacite, les Daces étaient réputés pour leur résistance face à l’expansion romaine. Sous le règne de l’empereur romain Trajan au début du IIe siècle, les Daces, dirigés par le roi Decebalus,…Lire la suiteDaces
Qu’est-ce qui distingue notre espèce des autres ? Mammifères primates du genre Homo, les humains se caractérisent par la bipédie, un cerveau proportionnellement plus développé, la complexité du langage, la fabrication d’outils, la transmission des savoirs et l’organisation sociale. Cette singularité résulte d’une longue évolution dont les fossiles sont les témoins. Parmi les plus anciens figure Toumaï, daté de 7 millions d’années, découvert au Tchad et objet de débats scientifiques. Un million d’années plus tard apparaît Orrorin tugenensis au Kenya, puis Ardipithecus ramidus en Éthiopie, âgé de 4,4 millions d’années. Dans la région de l’Afar, Australopithecus afarensis est illustré par Lucy, vieille de plus de 3 millions d’années. Viennent ensuite Homo habilis, premier fabricant d’outils, puis Homo erectus, grand voyageur hors d’Afrique. Homo sapiens apparaît il y a environ 300 000 ans, attesté par des sites en Afrique, au Proche-Orient, en Asie et en Europe. Enfin, l’Homme de Néandertal, longtemps marginalisé, est aujourd’hui reconnu comme une espèce humaine à part entière.Lire la suiteL’histoire d’une espèce…
Être humain ne se réduit pas à une appartenance biologique ou statistique, mais engage une responsabilité active envers soi, les autres et le vivant. Le concept d’ubuntu, issu des langues bantoues d’Afrique australe, éclaire cette exigence éthique en affirmant que l’humanité d’une personne se construit dans la relation. Souvent résumé par l’idée « je suis parce que nous sommes », il rappelle que nul n’existe isolément, que toute existence dépend d’un tissu de solidarités, visibles ou non. Cette vision a trouvé un écho particulier en Afrique du Sud, notamment après l’apartheid, comme horizon de réconciliation et de reconstruction collective. Être humain, dans cette perspective, signifie reconnaître que notre dignité est indissociable de celle des autres, et que nos actes contribuent soit à renforcer, soit à fragiliser ce lien commun. L’humanité n’est alors ni donnée une fois pour toutes ni acquise par naissance, mais à cultiver, à exercer, à incarner au quotidien. Elle suppose l’attention, le partage, la responsabilité et la capacité à se penser comme partie prenante d’un destin commun. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de « l’humanité » ?Lire la suiteUbuntu, je suis parce que nous sommes…




















