Après Milarepa, la transmission entre dans une nouvelle étape avec Gampopa (1079–1153), l’un des maîtres les plus importants de l’histoire du bouddhisme tibétain. Né au Tibet, Gampopa commence sa vie comme médecin et devient moine dans la tradition Kadampa, héritière des enseignements d’Atīśa. La mort de son épouse et de son enfant bouleverse profondément son existence. Il se tourne alors entièrement vers la pratique spirituelle et étudie les enseignements du bouddhisme tibétain. Mais sa rencontre avec Milarepa transforme radicalement son parcours. Il reçoit de lui les enseignements du Mahāmudrā et les pratiques tantriques héritées de Nāropa, tout en conservant sa formation monastique Kadampa. Gampopa accomplit ainsi une synthèse fondamentale. D’un côté, l’héritage de Milarepa privilégie l’expérience directe, la méditation et la vie ascétique du yogi ; de l’autre, la tradition Kadampa apporte une discipline monastique, une formation progressive et une organisation de l’enseignement. Leur rencontre donne naissance à une nouvelle manière de transmettre le Dharma. À partir de Gampopa, la transmission n’est donc plus seulement une succession de grands yogis. Elle devient une tradition structurée, capable de former des disciples, de transmettre des enseignements et de se prolonger à travers plusieurs lignées.
Gampopa fonde le monastère de Daglha, qui devient un centre majeur de cette nouvelle tradition. Il forme de nombreux disciples et établit les bases de ce qui deviendra la lignée Kagyu, l’une des principales écoles du bouddhisme tibétain.
Son œuvre la plus célèbre, Le Précieux Ornement de la Libération, présente le chemin spirituel comme une progression vers l’éveil et insiste sur la précieuse condition humaine, l’impermanence, le karma, la compassion, la bodhicitta et la réalisation de la nature de l’esprit.
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