Après Gampopa, la tradition Kagyu se développe à travers plusieurs lignées. L’une des plus importantes est fondée par Düsum Khyenpa (1110–1193), disciple de Gampopa et futur premier Karmapa. Son nom tibétain, Düsum Khyenpa, signifie « Celui qui connaît les trois temps » : le passé, le présent et le futur. Né au Tibet, Düsum Khyenpa étudie auprès de plusieurs maîtres avant de rencontrer Gampopa. Il reçoit de lui les enseignements de la tradition Kadampa ainsi que les pratiques du Mahāmudrā et les transmissions tantriques issues de Milarepa, Marpa, Nāropa et Tilopa. Après plusieurs années de pratique et de méditation, Düsum Khyenpa devient lui-même un maître reconnu. Il fonde en 1187 le monastère de Tsurphu, dans la vallée du Tolung, près de Lhassa. Tsurphu deviendra le siège traditionnel des Karmapas et l’un des grands centres de la tradition Karma Kagyu. Düsum Khyenpa est surtout important pour avoir organisé la transmission de Gampopa en une lignée durable. À sa mort, la tradition rapporte qu’il laisse des indications permettant d’identifier sa prochaine incarnation. C’est ainsi qu’apparaît progressivement un phénomène particulièrement original du bouddhisme tibétain : celui des maîtres réincarnés, ou tulkus, reconnus comme les continuateurs d’une même lignée spirituelle. Düsum Khyenpa devient ainsi le premier Karmapa. Son successeur, Karma Pakshi, sera reconnu comme sa réincarnation et deviendra le deuxième Karmapa.
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