Prenons place dans le véhicule du destin aux côtés de Nadia Murad, et plongeons dans son histoire, à la rencontre de l’Histoire. Une histoire que la folie humaine a piétinée, détournée de sa trajectoire familiale et aimante, arrachée à son berceau protecteur. À partir de 2014, une déferlante de violences extrêmes projette Nadia et les siens dans une succession d’épreuves abyssales, marquées par l’extermination, l’esclavage sexuel et la tentative d’anéantissement d’un peuple. Pourtant, cette histoire dit aussi, avec force, la persistance de la Vie, qui, malgré la volonté de la faire taire, poursuit son chemin. Ce chemin commence en 1993, avec la naissance de Nadia dans le village de Kojo, en Irak, près de Sinjar, cœur historique de la communauté yézidie aux racines ancestrales. Le yézidisme, tradition plurimillénaire fondée sur la croyance aux sept anges et notamment à Malek Taous, l’ange-paon, s’est transmis au fil des siècles sur les routes du Kurdistan et du Caucase, rythmé par les pèlerinages à Lalesh, les chants et les prières en kurmandji. Survivante devenue témoin, Nadia Murad transforme son histoire personnelle en combat universel en portant la voix des victimes de violences sexuelles et des communautés détruites. La reconnaissance internationale viendra saluer ce combat : Prix Nobel de la Paix en 2018…Lire la suiteNadia Murad… Un combat pour la justice
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À qui renvoie le « nous » lorsque l’on invoque la responsabilité humaine, la justice ou l’engagement envers la planète et les autres ? « Nous, les êtres humains », « nous, les générations actuelles » : ces formules semblent évidentes, mais quelle entité concrète désignent-elles réellement ? Ce « nous » est-il si aisément mobilisable dans la conscience et l’action ? De nombreuses langues rappellent pourtant que le « nous » n’est jamais neutre, japoanais, tuvaluan, etc. : il peut inclure ou exclure, rapprocher ou tenir à distance, selon qu’il associe l’interlocuteur ou non, qu’il soit intime, social ou plus abstrait. Ces distinctions, souvent négligées, interrogent la manière dont se construit le sentiment d’appartenance. Comment passer d’un « nous de proximité », tissé de liens familiaux ou amicaux, à un « nous de société » façonné par des appartenances politiques, culturelles ou économiques, puis à un « nous d’humanité » englobant l’ensemble des destinées humaines ? Sans interroger la force et la nature de cette agrégation, le « nous » risque de rester incantatoire. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « nous » ?Lire la suiteNous, ici, maintenant…
Cheval, musée, aïkido, vin, menuiserie, Danse, mémoire, récits de vie, patrimoine, Poésie, conte, sensorialité, couture, LSF, tapisserie, nage, vélo, IA, Histoire, photographie, théâtre, Chant, calligraphie, audiovisuel, Croyances, jeux, éducation, soin, Arts, ligne, feuillardier, cultures… En ce 12 mars 2026, plongeons dans un monde de rencontres, de découvertes & de croisements, Autant d’occasions d’en témoigner sur la fresque… … ou de…Lire la suiteFresque & Cabinet des Curieux.ses
Norvège, Suède, Finlande et péninsule de Kola en Russie… tels sont les pays où vivent traditionnellement les Samis, à ne pas appeler Lapons, même si l’une des appellations de leur territoire, la Laponie, y invite, car ce terme viendrait du suédois lapp, désignant des « porteurs de haillons ». Leurs langues appartiennent à la famille finno-ougrienne et plus largement ouralienne, réparties en neuf zones linguistiques. Venus vraisemblablement de l’est, des terres sibériennes, il y a environ 4000 ans, ils se sont implantés par vagues successives. Leurs activités anciennes de pêche et de chasse de rennes sauvages se transformèrent en élevage, menacées aujourd’hui par l’exploitation minière, la sylviculture, l’urbanisation et le réchauffement climatique. Leurs objets culturels, comme la kuksa, tasse en bois de bouleau, ou le gákti, vêtement coloré reflétant la nature, l’eau, le soleil et l’amour, témoignent d’un artisanat vivant, le duodji. À cela s’ajoutent le guksi, couteau traditionnel, le joik, chant associé à des personnes ou lieux, le luohti, poésie chantée, et le lávvu, tente temporaire pour l’élevage des rennes. Ces héritages ne sont pas des pièces de musée, mais l’expression d’une vie à respecter et défendre.Lire la suiteBienvenue chez les Samis
Pendant la Seconde guerre mondiale, les communications codées furent cruciales, et c’est dans le Pacifique que les Navajos jouèrent un rôle unique. Appartenant aux langues athapascanes de la famille na-dené, leur langue fut utilisée par 421 « code talkers » pour créer un code impossible à déchiffrer pour les Japonais. Proposé par Philip Johnston en 1942, le projet exploitait la complexité grammaticale et phonétique du navajo. Deux techniques étaient employées : utiliser des mots entiers pour désigner des objets militaires, comme A-YE-SHI (« œufs ») pour « bombes » ou LO-TSO (« baleine ») pour « navire de guerre », ou épeler lettre par lettre avec des mots codés, par exemple A comme « Ant » → WOL-LA-CHEE. Cette innovation linguistique permit de sécuriser les communications et eut un impact stratégique majeur dans le théâtre du Pacifique.Lire la suiteLes « Code talkers » navajos…
Amazigh, kabyle, zenaga, tamasheq, tachelhit, tamazight, tarifit ou chaouia désignent un vaste ensemble de langues dites berbères, rattachées à la famille afro-asiatique et réparties du Maroc à l’Égypte, du Sahel aux îles Canaries. Le terme « Berbère », souvent rejeté, dérive d’une désignation grecque associée à l’idée de barbarie, tandis que les Imazighen se définissent eux-mêmes comme des « hommes libres ». Leur histoire plonge dans la longue durée, avec des racines remontant au Paléolithique supérieur et des tribus attestées dès le Néolithique, vers 5000 avant notre ère. Au fil des millénaires, ces populations ont formé une identité commune, enrichie par des contacts avec Phéniciens, Carthaginois, Romains et royaumes arabes, donnant naissance à des entités majeures comme la Numidie ou aux dynasties almoravide et almohade. Cette profondeur historique se lit dans une culture foisonnante mêlant traditions orales, musiques, artisanats, greniers collectifs fortifiés, bijoux, rites, usage du tifinagh et célébration du Nouvel An amazigh, Yennayer, le 13 janvier, symbole d’un héritage toujours vivant.Lire la suiteLe chemin des Imazighen…
Leur nom est un véritable casse-tête. Par commodité, on parle souvent de « Roms », terme signifiant « homme » en romani, langue indo-aryenne, mais d’autres appellations coexistent : « Tsiganes », peut-être issu du grec atsinganos, « Gitans » ou « Gypsies », liés à une supposée « Petite Égypte », « Kalés » dans l’aire ibérique, « Sinti » ou « Manouches » en régions germanophones, ce dernier renvoyant au sanskrit manushya, « être humain ». Le mot « bohémien » serait lié à des lettres de protection médiévales, tandis que « romanichel » est aujourd’hui péjoratif. En France, « Gens du voyage » désigne une catégorie administrative plus large. Ces termes recouvrent près de 15 millions de personnes aux situations très diverses. L’hypothèse la plus admise situe leur origine dans le nord-ouest de l’Inde, d’où des migrations commencées il y a plus de mille ans les auraient conduits vers l’Europe.Lire la suiteOn les nomme Roms
Samis, également appelés Lapons [terme néanmoins péjoratif] – Peuple finno-ougrien autochtone vivant principalement dans la région arctique du Sapmi, qui s’étend sur la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Ils ont une culture distincte, avec des langues same et des traditions ancestrales liées à l’élevage de rennes, à la pêche et à la chasse. Les Samis sont connus…Lire la suiteSamis
Les Olmèques étaient une ancienne civilisation précolombienne qui a prospéré dans la région actuelle du Mexique, notamment dans les basses terres du golfe du Mexique, vers 1400 à 400 avant J.-C. Ils sont souvent considérés comme la culture-mère de la Mésoamérique en raison de leur influence précoce sur les civilisations ultérieures telles que les Aztèques et les Mayas. Les Olmèques…Lire la suiteOlmèques
Groupe ethnique autochtone d’Amérique du Sud, principalement concentré au Chili et en Argentine. Connus pour leur histoire riche et leur résistance tenace contre les colonisateurs espagnols, les Mapuche [dont le nom signifie « Peuple de la Terre »] ont une culture distincte, avec des traditions, une langue (le mapudungun) et une spiritualité propres. Historiquement organisés en communautés autonomes appelées « lof », ils ont…Lire la suiteMapuche
Le Popol Vuh, « livre du conseil » ou « livre de la natte », est rédigé en quiché (Kʼicheʼ), la langue la plus parlée du groupe maya guatémaltèque, issue d’une proto-langue vieille de 4000 ans et divisée en cinq groupes. Il débute en évoquant la racine de l’ancienne parole quiché et le commencement de tout ce qui fut créé dans le pays du peuple quiché. Son récit fonde la genèse du monde, détaillant les tentatives infructueuses de créer l’humanité à partir de boue ou de bois, avant d’aboutir au maïs, matériau idéal et origine du peuple maya. Il narre aussi les exploits des jumeaux Ixbalanque et Hunahpu et la création des êtres de maïs avec la limitation divine de leurs pouvoirs. Écrit au XVIe siècle en alphabet latin après la conquête espagnole, il témoigne de la destruction des textes mayas et de l’héritage préservé dans les codex de Dresde, Madrid, Paris et Mexico.Lire la suitePopol Vuh – Le livre du conseil
Le 25 août 1967, le guaraní, ou avañe’ẽ, est reconnu par la Constitution paraguayenne comme langue « nationale », puis déclaré langue « officielle » en 1992. La loi des langues de 2010 consacre enfin l’égalité complète entre le guaraní et l’espagnol. Parlée également en Argentine, Bolivie et Brésil, cette langue appartient avec le tupi à la famille tupi-guaraní, dont le nom rappelle la légende de deux frères séparés par une dispute, Guaraní prospérant au Paraguay. Sa transcription se fait dans l’alphabet achegety, validé au Congrès de Montevideo en 1950, comprenant 33 lettres et formé des trois premières lettres a‑che‑ge et du suffixe ty, « ensemble ». Malgré sa reconnaissance, le guaraní fait face aux menaces de modernisation, d’exode rural et d’érosion culturelle, mais il résiste grâce à des initiatives locales et reste porteur d’un héritage vivant, illustré par des mots désormais intégrés au vocabulaire mondial comme jaguar, acajou, ara, ananas, tapioca ou tapir. Rohayhu che ñe’e ! (« j’aime ma langue ») témoigne de cet attachement vibrant à la langue et à la culture guaraní.Lire la suiteJ’aime ma langue… guarani
Les Dogon sont un groupe ethnique indigène vivant principalement dans la région de Mopti, au Mali, en Afrique de l’Ouest, ayant une histoire remontant à plusieurs siècles. Leur société est organisée en clans et castes, avec des pratiques religieuses centrées sur des divinités telles qu’Amma, le dieu suprême. Les Dogon sont également connus pour leur architecture distinctive, des maisons en…Lire la suiteDogon
Les Haïdas sont un peuple autochtone vivant principalement sur la côte pacifique du Canada, en Colombie-Britannique, ainsi qu’en Alaska. Leur culture est riche et complexe, avec des clans matrilinéaires et une noblesse héréditaire. Ils sont célèbres pour leur art, notamment la sculpture sur bois et la gravure, aux motifs détaillés représentant animaux et êtres surnaturels, ainsi que pour leurs légendes, danses et cérémonies liées à la nature et aux esprits du milieu côtier. Les Haïdas ont également développé des savoirs en navigation et commerce avec d’autres peuples autochtones. Malgré la colonisation, la dépossession et les bouleversements historiques, ils préservent et revitalisent leur langue, leur culture et leurs pratiques artistiques, revendiquant leur identité et leurs droits territoriaux. Aujourd’hui, leur héritage unique continue d’être célébré et reconnu, témoignant de leur résilience et de la force de leurs traditions ancestrales.Lire la suiteHaïdas
La planète Terre précède et survivra aux humains, mais notre exploitation souvent aveugle de ses ressources invite à repenser notre relation à elle. Les Mapuche, « gens de la Terre », parlent le mapudungun, langue de la terre, et racontent que l’Univers commença par le Chrufken Ruka, « l’explosion de la chambre haute ». La maison traditionnelle, le ruka, construite collectivement, symbolise cette collaboration originelle. Leur drapeau illustre ces savoirs : le kultrun, percussion en demi-sphère, représente la Terre, le cercle l’infini, et y figurent les quatre points cardinaux, le soleil, la lune et les étoiles, autant de repères pour le machi, chaman qui lit les forces de l’univers transmises par Ngünechen, divinité de la vie. À l’instar des Mapuche, d’autres civilisations proposent des visions cosmogoniques et planétaires, révélant des équilibres entre mythes, arts et sciences. Cette sagesse invite à réfléchir à notre rapport à la Terre, à sa place dans l’univers, et à la responsabilité de préserver ses forces et cycles naturels, en commençant par questionner ce que sont réellement « planète » et « astre ».Lire la suiteGens et langue de la Terre…
Nous voici à Nibutani ニプタニ, près de Biratori ピラ・ウトゥル (平取町) sur l’île de Hokkaidō, au Japon, célèbre depuis 1992 pour son centre culturel aïnou. Les Aïnous, アィヌ, terme signifiant « humain » dans leur langue, sont un peuple ayant précédé les populations de Yamato, attaché à ses croyances, aux kamuy カムィ et au culte de l’ours, ainsi qu’à ses épopées, les yukar ユカㇻ, et parlant la langue aïnoue, isolat transcrit en version katakana. Nibutani rend hommage à Shigeru Kayano 萱野, dont le musée Kayano Shigeru Nibutani Ainu Museum 萱野茂二風谷アイヌ資料館 conserve des éléments de la culture aïnoue qu’il collectionna toute sa vie. Premier représentant aïnou au parlement japonais, il incarna le combat pour la pérennité des valeurs traditionnelles. Cette lutte souligne l’importance de la sauvegarde des langues : malgré un nombre conséquent de personnes d’ascendance aïnoue, les locuteurs de la langue sont extrêmement rares, plaçant celle-ci en situation critique et rappelant que préserver la langue est préserver l’âme d’un peuple.Lire la suiteAu contact des Aïnous…
Les Imazighen, présents de l’Égypte au Maroc et dans le Sahara, forment un ensemble diversifié dont les langues appartiennent à la famille afro-asiatique, incluant le chleuh, le rifain, le kabyle, le chaoui ou le touareg. Au Maroc, l’amazighe est langue officielle depuis 2011. Leurs origines font l’objet de débats depuis l’Antiquité, Hérodote, Salluste, Josèphe ou Ibn Khaldoun s’y étant intéressés, tandis que l’archéologie évoque la civilisation capsienne il y a 8000 ans. Leur écriture emblématique, le tifinagh, reste entourée d’hypothèses : étymologie phénicienne, signification « notre trouvaille » ou attribution au génie légendaire Anigouran. Des traces anciennes apparaissent sous Massinissa et Micipsa, dans une forme dite libyque. Aujourd’hui, les langues berbères peuvent s’écrire en tifinagh, en alphabet arabe ou en alphabet latin de 33 lettres, conservant ainsi la richesse et l’identité culturelle de ces peuples.Lire la suiteLes Imazighen – Langues & écriture…
Achuars « le peuple du palmier aguaje » – Les Achuar sont un peuple autochtone qui vit principalement dans la région amazonienne, à cheval sur l’Équateur et le Pérou. Leur mode de vie est étroitement lié à la forêt tropicale, où ils pratiquent l’agriculture, la chasse et la pêche. Les Achuar sont connus pour leur forte connexion spirituelle avec la…Lire la suiteAchuars
« Cent ans de solitude » est un chef-d’œuvre de Gabriel García Márquez publié en 1965, retraçant l’histoire de la famille Buendía sur sept générations dans le village fictif de Macondo. Alliant réalisme magique et critique sociale, le roman explore solitude, amour, fatalité et isolement, à travers des personnages emblématiques comme Ursula Iguarán, José Arcadio Buendía et Aureliano Buendía. La narration, non linéaire, mêle événements fantastiques et surréalistes, de la fondation de Macondo aux guerres civiles et aux amours interdites, avec un style poétique et sensoriel d’une grande richesse. Œuvre majeure du XXe siècle, elle a profondément influencé la littérature latino-américaine et mondiale, offrant une réflexion sur la condition humaine et l’impact du temps sur les individus et les communautés.Lire la suiteCent ans de solitude
Les Daces étaient un ancien peuple indo-européen qui habitait la région des Carpates et des Balkans pendant l’Antiquité. Connus principalement à travers les écrits des historiens romains, tels que Tacite, les Daces étaient réputés pour leur résistance face à l’expansion romaine. Sous le règne de l’empereur romain Trajan au début du IIe siècle, les Daces, dirigés par le roi Decebalus,…Lire la suiteDaces




















