Conquêtes et perte d’indépendance… Au XVIIᵉ siècle, le Ladakh est progressivement affaibli par des conflits militaires répétés, en particulier contre le Tibet, qui épuisent ses ressources et fragilisent son pouvoir. En 1684, la signature du traité de Temisgam met fin à ces affrontements mais limite fortement l’autonomie politique et commerciale du royaume, tout en maintenant une existence formelle du pouvoir…Lire la suitePetite Histoire du Ladakh [5]
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Le Ladakh, carrefour commercial… Du Moyen Âge jusqu’au XVIIᵉ siècle, le Ladakh connaît une période de prospérité largement fondée sur le commerce caravanier transhimalayen. Des marchands venus du Tibet, d’Asie centrale et du Cachemire transportent laine, sel, épices, pierres précieuses et soie à travers des cols de haute montagne dépassant souvent 5 000 mètres d’altitude. Cette intense activité commerciale fait…Lire la suitePetite Histoire du Ladakh [3]
L’âge d’or culturel et religieux… Aux XVᵉ et XVIᵉ siècles, le Ladakh connaît un véritable essor culturel et religieux, souvent considéré comme un âge d’or de son histoire. De grands monastères, tels que Hemis et Thiksey, sont fondés ou considérablement agrandis, tandis que d’autres, comme celui d’Alchi, plus ancien, sont entretenus et continuent de jouer un rôle majeur. Ces établissements…Lire la suitePetite Histoire du Ladakh [4]
Un pays de hautes terres… Le Ladakh est une région de haut plateau située à l’extrême nord de l’Inde actuelle, au cœur de l’Himalaya et du Karakoram. Souvent appelé le « petit Tibet », il se caractérise par des paysages arides, des montagnes vertigineuses et un climat rude, où la vie humaine a toujours été un défi. Dès la préhistoire,…Lire la suitePetite Histoire du Ladakh [1]
Aux origines du royaume ladakhi… À partir du premier millénaire de notre ère, le Ladakh s’intègre progressivement à l’aire culturelle tibétaine, notamment sous l’influence politique et linguistique du Tibet. Après l’effondrement de l’Empire tibétain au IXᵉ siècle, un prince tibétain, Nyima Gon, descendant de la dynastie impériale, établit son autorité sur une vaste région comprenant le Ladakh et le royaume…Lire la suitePetite Histoire du Ladakh [2]
Les Trente Glorieuses désignent la période de forte croissance économique et de transformations sociales qu’ont connue les pays occidentaux industrialisés entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le milieu des années 1970, expression forgée par l’économiste Jean Fourastié en 1979. Aux États-Unis et au Canada, elles correspondent à l’essor de la classe moyenne, à la consommation de masse, au développement des banlieues et des grandes infrastructures, dans un contexte de domination économique américaine. En Europe occidentale, la reconstruction, le plan Marshall et l’intervention de l’État favorisent une industrialisation rapide, le plein emploi et l’extension de l’État-providence. Partout, la hausse de la productivité et l’accès généralisé à l’automobile, au logement, à l’électroménager et aux loisirs transforment durablement les modes de vie. Cette prospérité masque cependant des inégalités sociales, des rapports de genre inégalitaires et une exploitation intensive des ressources naturelles. La période s’achève avec le choc pétrolier de 1973-1974, révélant les limites d’un modèle fondé sur la croissance continue.Lire la suiteTrente Glorieuses
La pollution plastique n’est qu’un visage parmi d’autres des catastrophes contemporaines, économiques, écologiques ou sociales, qui interrogent à la fois leurs causes, leurs enchaînements et nos capacités de réponse. À l’image de Cassandre, figure tragique condamnée à n’être pas crue, nombre de voix alertent aujourd’hui sur les dérèglements en cours, au risque d’être disqualifiées sous l’étiquette du catastrophisme. La collapsologie, en articulant l’effondrement de la biodiversité et la convergence des crises, prolonge ce constat en lui donnant une cohérence systémique. Face à cela, plusieurs attitudes s’offrent à nous : comptabiliser les désastres pour en objectiver l’ampleur, céder à une forme de fatalisme, relativiser par saturation de l’information, ou chercher à s’y préparer lucidement. Or le mot « catastrophe », issu du grec katastrophê, renvoie autant au bouleversement qu’au moment du jugement, là où l’erreur, l’ignorance ou l’aveuglement produisent le dénouement tragique. Peut-être est-ce là une clé : déplacer notre regard des seuls effets spectaculaires vers les cadres de pensée, les décisions et les renoncements qui les rendent possibles. Avant d’annoncer ou de subir la catastrophe, ne gagnerions-nous pas à interroger ce que nous mettons derrière ce mot, et surtout ce qu’il révèle de nos angles morts collectifs ?Lire la suiteLa catastrophe, le dénouement…
L’environnement est aujourd’hui marqué par le réchauffement climatique, dont les effets menacent les équilibres naturels et culturels. Prenons un instant en Éthiopie, à la fin de la saison des pluies, et considérons la Reine de Saba, célèbre souveraine mentionnée dans les Livres des Rois du VIᵉ siècle avant notre ère, qui visita Salomon à Jérusalem, le couvrant de cadeaux, avant de rentrer dans son royaume. Que ce royaume fût en Éthiopie ou dans le sud de l’Arabie demeure discuté, mais la légende se perpétue : le Kebra Nagast du XIVᵉ siècle raconte qu’elle eut un fils, Ménélik, à l’origine d’une dynastie, et que son retour donna lieu à un hommage appelé Enkutatash, jour de l’an éthiopien, symboliquement lié à la fin des pluies et à la floraison des marguerites jaunes. Cette fête illustre le lien intime entre nature et culture, entre climat et rythmes humains, rappelant combien nos calendriers et nos pratiques sont tributaires des équilibres naturels. Dans un contexte de bouleversements climatiques, ces traditions nous incitent à réfléchir à notre rapport au temps, au climat et aux ressources, et à questionner ce que signifie réellement « climat » pour l’humanité et la planète.Lire la suiteEnkutatash, à la fin des pluies…
La « crise » est devenue un mot-clé de notre époque, tant elle accompagne la succession des bouleversements géopolitiques, écologiques, économiques ou sanitaires. Définie comme un déséquilibre grave, un moment périlleux ou une aggravation subite, elle est le plus souvent perçue sous un angle négatif, associé à l’angoisse, à la précarité et à la violence. Pourtant, le terme porte en lui une autre lecture : issu du grec krisis, il signifie d’abord « décision ». Pour Hippocrate, la crise désigne l’instant critique où la maladie bascule vers la guérison ou l’aggravation. En chinois, le mot associe le danger à l’idée d’occasion ou de chance. Ainsi comprise, la crise n’est pas seulement une épreuve, mais aussi un moment de choix décisif, une invitation à repenser les modèles, à clarifier les priorités et à orienter l’action. Et si, au-delà de la souffrance qu’elle révèle, la crise nous obligeait à retrouver le sens du port vers lequel nous voulons naviguer ?Lire la suiteLe temps des crises…
Le Nouvel An chinois, également connu sous le nom de Fête du printemps 春节, est la plus importante fête traditionnelle chinoise. Elle marque le début du nouvel an lunaire, qui est basé sur le calendrier luni-solaire chinois. La date du Nouvel An chinois varie chaque année, entre le 21 janvier et le 20 février du calendrier grégorien. Les célébrations durent…Lire la suiteNouvel an chinois / janvier – février
Nous voici à Noradouz, sur les rives du lac Sevan, célèbre pour son cimetière où se dressent plus de 900 khatchkars, ces stèles arméniennes ornées d’entrelacs et de croix, dont certaines remontent à plus de 1500 ans et témoignent d’un art inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Parmi les motifs qui frappent, l’arevakhach, « croix-soleil », se déploie en huit branches entrelacées autour d’un centre, symbole d’éternité et de renaissance, évoquant dans l’Antiquité l’union des huit dieux du panthéon arménien. Ces croix se retrouvent sur les églises, tapis, vêtements ou bannières, signe de la force culturelle et spirituelle que leur communauté y place. Et nous, comment concevons-nous l’éternité, le temps, le cycle de la vie, de l’humanité, de l’univers ? Les cultures, mythes et sciences nous transmettent des savoirs précieux sur l’inscription de chaque existence dans le continuum du temps. Questionner notre perception du présent, du passé et de l’avenir devient alors un chemin pour mieux comprendre nos projections et engagements dans le monde.Lire la suiteArevakhach, un symbole d’éternité…
Symbole : Imix (Calendrier maya – Nom des jours : 01).Lire la suiteImix (glyphe)
La bouteille en plastique ne dure pas longtemps, et sa nature même l’y contraint ; mais qu’en est-il de notre rapport à la durée et au renouvellement du monde ? Comment trouver un équilibre face à l’impermanence ? Héraclite, natif d’Éphèse, nous rappelle que « nul ne se baigne deux fois dans le même fleuve », tandis que le bouddhisme souligne que l’attachement aux choses éphémères engendre la souffrance, concept nommé anicca en pāli ou anitya en sanskrit. Cette idée traverse notre réflexion sur le changement, qu’il s’agisse du monde, de l’environnement, de la justice ou du langage : que devons-nous changer, selon quels axes, que conserver ou revisiter ? Tout au long de la vie, tension entre attachement et remise en cause façonne nos équilibres, parfois fragiles, parfois durables. Dans un contexte de dérèglement climatique, de mutations numériques et d’évolution sociale, comprendre et vivre le changement devient essentiel. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du « changement » ?Lire la suiteDe l’impermanence…
Les Mayas utilisaient plusieurs calendriers : le Tzolk’in, rituel, combinant 20 jours à 13 nombres pour un cycle de 260 jours, et le Haab, solaire, avec 18 mois de 20 jours plus 5 jours funestes appelés Uayeb. Le « compte long » permettait de synchroniser les deux systèmes, ce qui alimenta les spéculations sur l’an 2012. D’autres calendriers existent, comme le musulman, lunaire, débutant en 622 avec l’Hégire, le hébreu, luni-solaire, débutant en 3761 av. J.-C., le chinois, également luni-solaire, créé en 2637 av. J.-C., et le grégorien, réformant le julien en 1582 pour ajuster le calendrier, supprimant 10 jours et laissant des traces dans les noms de mois, septembre à décembre conservant leur numérotation romaine malgré les ajouts de janvier et février. On trouve aussi le calendrier égyptien de 360 jours plus 5 jours épagomènes, le bouddhiste à partir de 543 av. J.-C., ainsi que les calendriers hindou, copte, zoroastrien, amazighe et républicain. Ainsi, fixer une date implique de considérer ces variations selon les sociétés et les époques, et le cinquième et sixième mois de l’ancien calendrier romain, Quintilis et Sextilis, devinrent juillet et août en hommage à César et Auguste.Lire la suiteIl était une fois les calendriers
Calendriers mayas – Un système de calendriers consistant en plusieurs cycles (comptes) de différentes longueurs avec le Tzolkin, un compte de 260 jours et le Haabʼ, un compte de 365 jours. Les deux forment un cycle synchronisé d’une durée de 52 Haab’. Utilisé en Méso-Amérique précolombienne ainsi que par des groupes contemporains figurant sur les hauts plateaux guatémaltèques.Lire la suiteCalendriers mayas
Pour Phil Stutz, le « labyrinthe intérieur » désigne l’espace mental et émotionnel où l’on se perd en cherchant à éviter souffrance, incertitude et effort. Composé de peurs, d’auto-sabotages, de pensées répétitives et de mécanismes de défense illusoires, il enferme l’individu qui tourne en rond en tentant des solutions intellectuelles à des problèmes existentiels. Alimenté par le besoin de contrôle, le perfectionnisme et l’attachement au confort ou à la validation, il s’aggrave lorsqu’on cherche à en sortir par l’analyse ou l’évitement. Le chemin de croissance, au contraire, implique d’accepter douleur, effort et incertitude, et de passer à l’action malgré tout, en utilisant discipline, engagement et responsabilité personnelle pour reconnecter l’individu à son énergie vitale. Le labyrinthe intérieur symbolise la stagnation psychique, le mouvement volontaire seule issue réelle.Lire la suiteLe labyrinthe intérieur
De l’antique Babylone du roi Hammourabi, 18 siècles avant notre ère, à la nouvelle Brasilia érigée en 1960 par Oscar Niemeyer et Lucio Costa, de la fermeture d’Angkor en 1431 à la découverte du site de Çatal Höyük en 1951 ou à l’expansion économique de Lagos et Shenzhen, l’histoire des cités humaines illustre le destin commun des humanités et leurs manières variées de l’organiser. Que ce soit pour gérer l’eau, la circulation, les déchets ou les lieux politiques, chaque cité témoigne de droits et devoirs encadrés par des systèmes politiques, juridiques, économiques, religieux. L’habitat humain, qu’il soit troglodytique, sur pilotis, en terre séchée ou en glace, s’est diversifié selon les lieux, matériaux et techniques, transmettant des savoirs affinés par les générations. Aujourd’hui, la créativité, l’ingéniosité et l’art s’y conjuguent aux inégalités, aux zones de non-droit et aux abandons, posant le défi de penser l’habitat comme facteur d’équilibre des humanités. Imaginer des villes durables, solidaires et participatives devient alors central. Le 1er lundi d’octobre, journée mondiale de l’habitat, invite à observer cette diversité culturelle universelle et à questionner notre définition de la « ville ».Lire la suiteÇatal Höyük, la cité sans rues…
Au XVIᵉ siècle, le chroniqueur espagnol Pedro Cieza de León s’émerveille devant la Route des Incas, qu’il décrit comme le chemin le plus grandiose jamais construit. Nommée en quechua Qhapaq Ñan, la « Route royale » traverse l’ancien empire inca de Quito à Santiago, reliant l’actuel Pérou, la Bolivie, l’Argentine et la Colombie. Déployé en deux axes majeurs, l’un andin culminant parfois à plus de 5 000 mètres, l’autre côtier le long du Pacifique, ce réseau était relié par de multiples voies transversales facilitant échanges, commerce, défense et administration. Son cœur était Cuzco, d’où partaient quatre routes vers les suyos, dont celle menant au Machu Picchu. Héritage de cultures andines antérieures, porté à son apogée au XVe siècle, le Qhapaq Ñan comptait des ponts suspendus, tunnels, et des relais fortifiés appelés tambos. Les messages impériaux y circulaient grâce aux chasquis, messagers courant de relais en relais, utilisant les quipus pour transmettre les données. En 2014, ce réseau exceptionnel a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnaissant son importance historique et appelant à sa préservation.Lire la suiteLa Route des Incas
« L’or du Nord », « l’or rouge », « les larmes des dieux », l’elektron des Grecs : l’ambre fascine depuis la nuit des temps. Résine fossile aux inclusions figées dans l’éternité, elle traverse mythes et civilisations : présente dans la tombe de Toutankhamon comme au sanctuaire de Delphes, liée au mythe de Phaéton dont les sœurs pleurent des larmes d’ambre, étudiée par Thalès pour ses propriétés électrostatiques, prisée à Rome pour ses vertus protectrices et esthétiques. Des rivages de la Baltique aux légendes lituaniennes de la déesse Juraté, l’ambre a nourri croyances et imaginaire. Moins connues que les routes de la soie, les routes de l’ambre ont pourtant structuré durant des siècles un commerce reliant la mer Baltique à la Méditerranée, sous l’égide de ports hanséatiques, de puissances militaires et de centres artistiques comme Venise. À cette histoire s’ajoutent d’autres gisements, de la République dominicaine au Chiapas, du Myanmar à l’Arctique.Lire la suiteLes routes de l’ambre
« Aux frontières de la Grande Arménie (…) il y a une fontaine d’où sourd une liqueur semblable à l’huile (…) point n’est bonne à manger, mais bonne à brûler et à soigner hommes et animaux… » : cette description étonnamment précise d’un gisement de pétrole nous vient d’un prisonnier peu ordinaire, le marchand et explorateur vénitien Marco Polo (1254-1324). Elle est extraite de son célèbre Livre des Merveilles, témoignage foisonnant des prodiges du monde à la fin du XIIIᵉ siècle. Avant lui, son père et son oncle avaient déjà voyagé vers l’Orient et rencontré Kubilaï Khan, souverain de l’Empire mongol, qui leur demanda de revenir avec cent prêtres et de l’huile du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Mais la chrétienté était alors sans pape après la mort de Clément IV ; ils repartirent finalement avec le jeune Marco, âgé de dix-sept ans. Ils empruntèrent les routes de la soie jusqu’à la cour impériale. Séduit par l’intelligence du jeune Vénitien, Kubilaï Khan en fit l’un de ses émissaires. Durant près de dix-sept ans, Marco parcourut l’Asie, de Zhangye à Hangzhou, de la Birmanie à l’Inde, avant de rentrer à Venise en 1295. Engagé dans la guerre contre Gênes, il fut capturé et emprisonné, dictant ses récits à Rustichello de Pise & donnant naissance à un immense succès médiéval.Lire la suiteMarco Polo et le Livre des merveilles
















