Le plastique fut longtemps perçu comme un progrès majeur, synonyme de confort, d’hygiène et d’accessibilité, avant que le temps n’en révèle les effets délétères. Cette trajectoire invite à interroger ce que nous appelons « progrès » et la manière dont nous le jugeons. L’histoire montre que toute innovation, de l’imprimerie au numérique, a suscité espoirs et résistances, souvent fondées sur la crainte légitime de pertes sociales, culturelles ou symboliques. Faute d’instance universelle capable d’en évaluer les effets à long terme, l’humanité avance par essais, erreurs et ajustements, découvrant parfois trop tard le coût réel de ses choix. Dès lors, peut-on penser un progrès responsable, orienté vers la justice économique et sociale, attentif aux conséquences humaines et environnementales ? À l’heure des crises multiples, la question n’est peut-être plus de savoir ce qui est techniquement possible, mais ce qui est souhaitable, partageable et soutenable. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du progrès ?Lire la suiteLe progrès à tout prix ?
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Stephen Karpman a créé en 1968 le Triangle dramatique, un modèle des dynamiques relationnelles dysfonctionnelles impliquant trois rôles : Victime, Persécuteur et Sauveur. Ces positions, adoptées inconsciemment, ne sont pas fixes : la Victime se sent impuissante, le Persécuteur critique et contrôle, le Sauveur intervient sans y être sollicité, renforçant la dépendance. Dans ces interactions, les rôles changent, maintenant le conflit et bloquant la résolution. Le triangle montre comment ces jeux psychologiques évitent responsabilité et communication authentique. Prendre conscience de ces mécanismes permet de sortir du drame en adoptant des postures adultes fondées sur responsabilité, assertivité et coopération. Ce modèle est largement utilisé en psychologie, coaching et développement personnel pour améliorer relations et conscience de soi.Lire la suiteStephen Karpman
« ABCD » est une œuvre dadaïste emblématique créée par l’artiste autrichien Raoul Hausmann en 1923. Cette œuvre se présente sous la forme d’un photomontage, où Hausmann a assemblé des lettres de l’alphabet découpées à partir de diverses sources typographiques et les a disposées de manière non conventionnelle sur un fond de papier. Chaque lettre est accompagnée d’éléments visuels déconstruits et réarrangés,…Lire la suiteABCD – Raoul Hausmann
Face aux troubles et aux espérances de notre temps, la question de la responsabilité s’impose comme un défi central. De nombreuses cultures ont inscrit cette exigence dans des rites de passage marquant l’entrée dans l’âge adulte : assumer ses actes, répondre de soi devant les autres, s’engager dans la continuité du collectif. Qu’il s’agisse de rituels religieux, par ex. juifs, ou de cérémonies initiatiques, par ex. masais, ces seuils symbolisent l’accès à une responsabilité élargie, qui dépasse l’individu pour l’inscrire dans une communauté humaine. L’étymologie même du terme responsabilité renvoie à l’idée de promesse et d’engagement, de capacité à répondre et à se lier. Or, aujourd’hui, cette notion semble fragmentée : certains se revendiquent responsables de tout, d’autres se sentent écrasés par des fautes qui ne sont pas les leurs, tandis que beaucoup peinent déjà à répondre de leur propre existence. Où se situe alors l’équilibre entre responsabilité individuelle et responsabilité collective, entre héritage, solidarité et engagement choisi ? Comment transformer la responsabilité en un acte quotidien vivant, assumé, partagé, plutôt qu’en un fardeau abstrait ou un slogan moral ? Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de la « responsabilité »Lire la suiteResponsabilité, se promettre…
Eli Pariser (1980-), activiste américain et auteur, est surtout connu pour avoir popularisé le concept de bulle de filtres dans son livre The Filter Bubble: What the Internet is Hiding from You (2011). Cofondateur de l’organisation politique en ligne MoveOn.org et de la plateforme d’information Upworthy, il s’est engagé à transformer la manière dont les informations sont partagées et consommées…Lire la suiteEli Pariser
The Oz Principle, créé par Roger Connors, Tom Smith et Craig Hickman, est un modèle de leadership basé sur la responsabilité individuelle et collective. Inspiré du Magicien d’Oz, il invite chacun à « sortir de sa place » et à cesser de chercher excuses ou coupables. Le modèle distingue deux postures : au-dessus de la ligne, où l’on assume ses résultats, reconnaît sa contribution aux problèmes et agit pour trouver des solutions, et au-dessous de la ligne, marqué par déni, justification, reproche ou victimisation. Il repose sur quatre actions clés : voir la réalité, s’approprier les résultats, trouver des solutions et agir avec détermination. Cette approche favorise une culture de confiance, d’engagement et de performance durable, considérant la responsabilité comme un levier de pouvoir et de transformation.Lire la suiteThe Oz Principle
Les 15 Commitments of Conscious Leadership, élaborés par Jim Dethmer, Diana Chapman et Kaley Klemp, proposent un cadre pour développer un leadership conscient et responsable. La qualité du leadership dépend du niveau de conscience du leader, capable d’observer ses réactions, croyances et émotions sans s’y identifier. Les engagements opposent l’ego, lié à peur, contrôle et besoin d’avoir raison, au leadership conscient, fondé sur curiosité, ouverture, responsabilité et collaboration. Ils encouragent à choisir responsabilité plutôt que victimisation, curiosité plutôt que jugement, transparence plutôt que dissimulation, et à pratiquer communication authentique, gestion consciente des conflits et alignement corps-esprit-émotions. Ces principes favorisent des cultures de confiance, créativité, résilience et performance durable.Lire la suiteThe 15 Commitments of Conscious Leadership
Dans la mythologie coréenne, Hwanin, maître du ciel, autorise son fils Hwanung à descendre sur Terre, où celui-ci fonde Shin-Si, la « cité divine », et enseigne aux humains les arts, la médecine et l’agriculture. Un ours et un tigre, désireux de devenir humains, sont alors mis à l’épreuve : se nourrir uniquement d’ail et d’armoise durant cent jours dans une grotte. Le tigre renonce, mais l’ours persévère et se transforme en femme, Ungnyeo, qui épouse Hwanung. De leur union naît Dangun, fondateur en 2333 av. J.-C. du royaume de Gojoseon, considéré comme l’origine de la Corée. Selon le Samguk yusa, compilé au XIIIᵉ siècle, Dangun établit sa capitale à Asadal, institua des lois, développa la sériciculture et rendit un culte régulier aux cieux. Le 3 octobre, fête de Gaecheonjeol, commémore cette fondation, tandis que le royaume de Gojoseon disparaît en 108 av. J.-C. En 1994, la Corée du Nord a inauguré près de Pyongyang un site présenté comme la tombe de Dangun. Une légende fondatrice où épreuve, transformation et naissance d’un peuple se confondent.Lire la suiteDangun, le fondateur
L’agriculture, au cœur des équilibres alimentaires, concentre nos contradictions collectives. On l’exalte pour son rôle vital, on la dénigre pour certaines dérives productivistes, tout en exigeant toujours plus, toujours moins cher, sans en assumer les conséquences. Comment en sommes-nous arrivés à oublier celles et ceux dont dépend notre subsistance ? Une éducation réelle à la terre, impliquant un temps long auprès des paysans, permettrait sans doute de renouer avec les lois du vivant et le respect qu’elles imposent. À travers des contextes très contraints, des réponses inventives ont pourtant émergé. À Cuba, la pénurie alimentaire liée à l’embargo et à l’effondrement du soutien soviétique a favorisé le développement des organopónicos : des systèmes de cultures urbaines surélevées, enrichies en matière organique, portées par des habitants devenus producteurs. Ces espaces, à la fois lieux de production, de lien social et d’expérimentation, ont contribué à la résilience alimentaire locale. Des innovations modestes, nées de la contrainte, rappellent que l’agriculture n’est pas qu’une technique mais un rapport fondamental à la terre et au collectif. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition de l’agriculture ?Lire la suiteOrganopónicos, au cœur de la cité…
« A Line Made by Walking » est une œuvre emblématique de l’artiste britannique Richard Long, créée en 1967. Pour cette performance artistique, Long a marché à plusieurs reprises le long d’un chemin dans un champ de gazon, créant ainsi une ligne sinueuse dans l’herbe. La ligne résultante, bien que subtile, est devenue une intervention sculpturale dans le paysage naturel. Cette œuvre…Lire la suiteA Line Made by Walking
Un Brésil faisant la part belle à la langue portugaise… Cuba, le Venezuela ou le Chili lui préférant le castillan… derrière cette géographie linguistique se cache une ligne tracée il y a plus de cinq siècles. Le traité de Tordesillas, signé le 7 juin 1494, fixa une ligne imaginaire de partage à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap-Vert, séparant les zones d’influence des deux puissances ibériques : tout ce qui était découvert à l’est revenait au Portugal, tout ce qui était à l’ouest à la Couronne de Castille. Cette démarcation, voulue pour apaiser les rivalités nées des grandes explorations, permit au Portugal de revendiquer la côte orientale du continent sud-américain après que Pedro Álvares Cabral y eut débarqué en 1500, donnant naissance à ce qui deviendrait le Brésil, tandis que les Espagnols développaient leurs empires dans les Caraïbes et sur les vastes terrains à l’ouest de la ligne. D’autres puissances coloniales comme la France, l’Angleterre ou les Provinces-Unies rejetèrent progressivement cette division, ouvrant la course à la colonisation mondiale.Lire la suiteLe Traité de Tordesillas
« Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse résident notre croissance et notre liberté. » – Victor Frankl ‘Man’s Search for Meaning’ (‘Découvrir un sens à sa vie’) Cet espace n’est jamais acquis. La peur le referme. L’appréciation le rend habitable. Éduquer, c’est…Lire la suiteVictor Frankl [Ligne]
En-dessous de la ligne, les relations peuvent se figer dans le triangle dramatique décrit par Stephen Karpman. Victime : « Ce n’est pas ma faute. » Persécuteur : « C’est ta faute. » Sauveur : « Laisse, je vais m’en occuper. » Ces rôles sont des réactions. Ils naissent souvent de la peur et entretiennent le blocage. Au-dessus de la…Lire la suiteTriangles [Ligne]
La sécurité psychologique désigne un climat dans lequel chacun peut parler, questionner, essayer, se tromper sans crainte d’être humilié ou puni.
Décrite par Amy Edmondson et rendue concrète par Kim Scott à travers la candeur radicale, elle n’est pas une question de confort, mais de courage rendu possible.
Sans sécurité, la peur domine et les réactions prennent le dessus.
Avec suffisamment de sécurité, l’appréciation peut émerger : écouter, apprendre, répondre.
Éduquer, diriger, coopérer commencent par là.
La sécurité est ce qui permet de passer la ligne, pas par effort individuel mais par un environnement qui soutient
La ligne n’est plus seulement intérieure, elle devient collective et contextuelle.
Références :
Amy Edmondson – The Fearless Organization
Kim Scott – Radical Candor
– SOCIETE – Groupe – Confiance
– PSYCHOLOGIE – Sécurité – Peur
– EDUCATION – Apprentissage – Erreur
– TRAVAIL – Management – Coopération
– ETHIQUE – Respect – ResponsabilitéLire la suiteSécurité psychologique [Ligne]
Les livres ‘The Oz Principle’ et ‘The 15 Commitments of Conscious Leadership’ proposent une même distinction essentielle : rester en-dessous de la ligne ou passer au-dessus de la ligne. En-dessous : blâmer, se justifier, se défendre, réagir depuis la peur. Au-dessus : assumer, apprendre, résoudre, répondre depuis l’appréciation. Cette ligne n’est pas morale. Elle rend visible un choix possible. La…Lire la suiteResponsabilité [ligne]
« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur les choses. » – Épictète ‘Manuel’ (‘Enchiridion’) Philosophe stoïcien de l’Antiquité, né esclave et devenu enseignant à Rome, Épictète a consacré sa vie à l’art de vivre avec justesse. Le stoïcisme invite à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui…Lire la suiteÉpictète [Ligne]
Sortir du labyrinthe ou du puits de jugement commence rarement par une solution.
Cela commence par une prise de conscience, souvent à travers le langage.
Marshall Rosenberg, avec la communication non violente, nous rappelle que les mots que nous utilisons façonnent l’espace relationnel.
Ils révèlent où nous nous situons : blâme, certitude, généralisation, ou curiosité, question, possibilité.
Changer de langage ne nie pas la peur, mais ouvre un espace.
C’est souvent là que commence le passage au-dessus de la ligne.
Une question sincère vaut parfois mieux qu’une bonne réponse.
Le langage devient ici :
– le premier geste observable
– la porte de sortie du labyrinthe
– un acte de responsabilité relationnelle
Référence :
Marshall Rosenberg – Nonviolent Communication
– LANGAGE – Parole – Sens
– PSYCHOLOGIE – Conscience – Peur
– EDUCATION – Apprentissage – Question
– ETHIQUE – Responsabilité – Choix
– SOCIETE – Dialogue – CoopérationLire la suiteLa sortie [Ligne]
Lorsque nous restons en-dessous de la ligne, nous pouvons nous retrouver enfermés dans ce que Phil Stutz nomme un labyrinthe intérieur : peur, rumination, justification, énergie qui tourne en rond. Marilee Adams évoque un puits de jugement : un espace où l’on juge, où l’on se juge, où l’on cherche des coupables plutôt que des possibilités. Dans ces espaces, la…Lire la suiteEn dessous de la ligne
L’appréciation n’est pas l’absence de peur. C’est la capacité à s’intéresser à ce qui est là, même quand la situation est incertaine. Elle ouvre la curiosité : regarder plutôt que juger, questionner plutôt que conclure, explorer plutôt que se défendre. L’appréciation ne résout pas immédiatement. Elle rend l’apprentissage possible. Souvent, un simple élan de curiosité suffit à passer au-dessus de…Lire la suiteAppréciation [Ligne]
Quelle taille faites-vous ? Selon l’époque ou la société, vous pourriez répondre en « pieds ». Mais qu’est-ce qu’un pied ? Le pied anglais mesure 30,48 cm, tandis que le « pied du roi », étalon attribué à Charlemagne, atteignait 32,4 cm. Divisé en douze pouces, il s’inscrivait dans un système foisonnant où la toise valait six pieds, la coudée vingt-quatre doigts ou six palmes, le doigt correspondant lui-même à six grains d’orge côte à côte. Autant dire que les variations étaient nombreuses et sources de confusion, d’autant plus que les unités changeaient selon les régions, pour les longueurs comme pour les surfaces ou les poids. À la fin du XVIIIe siècle, dans le contexte révolutionnaire français, les cahiers de doléances réclament une unification. En 1791, une nouvelle unité est définie : le mètre, égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. Entre 1792 et 1799, des mesures sont menées entre Dunkerque et Barcelone pour en fixer la valeur. De là naît le système métrique, adopté en France en 1837 puis internationalisé avec la Convention du Mètre de 1875. Morale de l’histoire : omniprésente dans nos vies quotidiennes, la mesure rappelle l’importance centrale de la métrologie, une aventure scientifique toujours en cours et célébrée chaque 20 mai.Lire la suiteA tous les hommes et à tous les temps











