Le monastère est également un lieu d’étude. Les jeunes moines y apprennent la philosophie bouddhique, la logique, les textes sacrés, les rituels, la musique liturgique et parfois la médecine traditionnelle. Comme beaucoup de dgon pa, Hemis demeure une institution vivante où la transmission du savoir continue chaque jour.
Sur la rive sud de l’Indus, dissimulé au fond d’une vallée latérale pour le protéger des anciens envahisseurs, s’élève le ཧེ་མིས་དགོན་པ་ (He mis dgon pa), le monastère de Hemis. Plus grand monastère du Ladakh et principal siège de l’école འབྲུག་པ་བཀའ་བརྒྱུད་ (‘Brug pa Bka’ brgyud, Drukpa Kagyu), il constitue depuis près de quatre siècles l’un des grands centres spirituels de l’Himalaya occidental. Le monastère actuel fut largement développé au XVIIᵉ siècle sous le règne du roi སེང་གེ་རྣམ་རྒྱལ་ (Sengge Namgyal), qui fit de Hemis un symbole du rayonnement religieux et politique du royaume ladakhi. Son implantation à l’écart des grandes routes n’était pas anodine : cette position discrète permit de préserver le monastère de plusieurs destructions qui touchèrent d’autres établissements de la région. Dès l’entrée, la vaste cour centrale impressionne par son harmonie. C’est ici que se déroule chaque année le célèbre festival de Hemis, consacré à གུ་རུ་པདྨ་འབྱུང་གནས་ (Guru Padma ‘byung gnas). Les moines y exécutent les danses sacrées (Cham) devant des milliers de fidèles et de visiteurs, perpétuant une tradition vieille de plusieurs siècles. À l’intérieur, Hemis abrite une remarquable collection de thangkas, de statues, de manuscrits et d’objets rituels. Son immense thangka de Guru Rinpoché, déployé seulement lors de certaines grandes célébrations, figure parmi les plus vastes du monde himalayen. Sa présentation constitue un événement exceptionnel qui attire des pèlerins venus de tout le Tibet culturel.
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