Issu d’un matériau longtemps omniprésent dans la vie quotidienne, le lexique du bois irrigue encore largement les expressions françaises. On touche du bois pour conjurer le mauvais sort, on fait feu de tout bois pour utiliser tous les moyens disponibles, et l’on se chauffe au même bois pour souligner une ressemblance de caractère. Quelqu’un peut avoir la tête de bois ou être dur comme le bois, tandis qu’un discours faisant usage de la langue de bois dissimule la vérité sous des formules creuses. On voit la paille dans l’œil du voisin sans remarquer la poutre dans le sien, image héritée du vocabulaire de la charpente, et l’on plie sans rompre, à l’image du bois souple mais résistant. Certaines relations ne tiennent qu’à un fil de bois vermoulu, quand d’autres reposent sur des bases solides. Être taillé dans le même bois prolonge également cet imaginaire forestier. Ainsi le bois demeure-t-il une matière symbolique essentielle, associée à la solidité, à la rudesse ou à la dissimulation, et continue de structurer la langue par ses images.
Pantopique(s) lié(s) :
boisexpressionlg français
