Vers 1830, Hokusai s’empare de la montagne sacrée, associée à une divinité du feu, et refuge de sanctuaires shintoïstes. À l’égal d’un dieu, il l’approche, en état de grâce et de méditation, lui rendant un véritable culte. Trois ans plus tard, de cette fervente et poétique intimité naît le chef-d’œuvre, les Trente six vues du mont Fuji, qui place le…Lire la suiteHokusai s’empare de la montagne sacrée
Repère : art
Les arts. Dans toute la diversité de leur succession, de leurs transmissions, des figures illustres, mais aussi quantité d’œuvres anonymes dont la trace demeure. Les arts qui racontent un des plus riches récits de la condition humaine, souvent confrontée à ses contradictions, ses abimes, son agonie… Les arts, dont les repères entretiennent un dialogue universel dont nous captons parfois l’écho…
J’ai utilisé mon corps comme un moyen d’exprimer mes états intérieurs et mes pensées à l’extérieur. Au début, j’ai commencé à utiliser des biocapteurs pour visualiser des signaux biologiques invisibles afin d’apprendre à me connaître. L’idée que j’ai tirée de l’utilisation des capteurs de biofeedback est d’accepter les changements dans mes sentiments plutôt que de les contrôler. [L’installation est composée…Lire la suiteEunoia II – Lisa Parks
Connu dans sa traduction française sous le titre L’aveuglement, Ensaio sobre a ceguiera (1995) du romancier portugais José Saramago est une œuvre dont il faudrait traduire le titre par Essai sur la cécité. D’emblée, le choix d’un tel titre soulève la question du genre et, avec elle, celle des enjeux de l’œuvre. Certes, on ne saurait la considérer comme un…Lire la suiteEnsaio sobre a ceguiera
L’Encyclopédie Universalis en donne la définition suivante : « En Grèce, l’ekphrasis, description littéraire d’une œuvre d’art – réelle ou imaginaire – au sein de la fiction, se présente elle-même comme un art en concurrence avec la peinture. Son but, comme dans la description du bouclier d’Achille au chant XVIII de L’Iliade (env. VIIIe siècle av. J.-C.) d’Homère, est de rivaliser avec les arts de l’image. » Pour résumer, il s’agit de produire la vision au moyen de l’ouïe. Voici celle de William Carlos Williams à propos du tableau du « Paysage avec la chute d’Icare » (Pieter Brueghel l’Ancien, XVIe siècle). Brueghel a choisi de mettre au premier plan un paysan anonyme labourant un champ reléguant la chute d’Icare à l’arrière-plan.
Selon Bruegel
lorsque Icare chuta
c’était le printemps
un fermier labourait
son champ
réveillée l’année (…)Lire la suiteEkphrasis ou la description comme art
Je m’appelle DL Williams et je suis poète, écrivain et consultant sourd en langue des signes britannique, basé près de Bristol. Je m’intéresse beaucoup à la traduction et à la manière dont mon travail peut être rendu accessible à tous les publics. Je me suis produit dans tout le Royaume-Uni, notamment à l’Edinburgh Fringe et à l’Albert Hall, ainsi qu’en Amérique et au Brésil. Plusieurs de mes poèmes ont été publiés, le plus récemment dans Stairs and Whispers : Deaf and Disabled Poets Write Back et dans le numéro 69 du magazine Magma. Mes poèmes couvrent de nombreux thèmes, du bilinguisme à l’identité, en passant par mes chats bien-aimés. Ayant toujours aimé la science-fiction, je suis profondément intéressée par les questions concernant l’avenir, en particulier l’essor de la recherche génétique et de la technologie médicale, et l’impact que cela peut avoir sur les personnes sourdes et handicapées. J’ai obtenu ma maîtrise en éthique et philosophie sociale à l’université de Cardiff en 2012, avec une thèse qui soutenait que la clause 14 de la loi sur la fertilisation humaine et l’embryologie (« un embryon présentant un défaut connu ne doit pas être préféré… ») était eugénique (…)Lire la suiteDL Williams
Le 4 août 1897, on découvrait à l’Alcudia, site de l’antique Illici, sur la commune d’Elche (Alicante), un buste d’époque ibérique connu aujourd’hui sous le nom de Dame d’Elche. Notre propos n’est pas d’étudier sa « première vie », celle qui va de la création de cette sculpture à son abandon, mais les changements de valeur et de statut qui…Lire la suiteDes fonctions symboliques et sociales différentes
L’enlèvement de Jemima, la fille du colon Daniel Boone, est transformé en activité d’une patrouille frontalière. Comme le fait remarquer Enrique Chagoya, « aujourd’hui, certains politiciens appellent les réfugiés d’Amérique centrale et d’autres pays des ‘étrangers illégaux’, mais pour moi, ils ne sont pas différents des pèlerins ou de la fille de Daniel Boone ». Chagoya a brouillé les identités des personnages,…Lire la suiteDetention at the Border of Language
Sans le sou, l’étudiant Raskolnikov assassine une usurière dans un immeuble de Saint-Pétersbourg. Ainsi s’ouvre « Crime et châtiment » l’un des sommets de la littérature universelle. Au moment où le roman paraît, en 1866, il y a cent cinquante ans exactement, Tchaïkovksi, pris dans l’étau infernal de l’été pétersbourgeois, celui-là même où se débat l’âme torturée de Raskolnikov, rêve…Lire la suiteCrime et châtiment
C’est un arbre de banian surréaliste fait d’un tronc et de racines en acier inoxydable, son feuillage et ses fruits sont sous la forme d’ustensiles de tailles variées, eux aussi en acier inoxydable. «Dada» signifie «Grand-père» en Hindi. Cela symbolise l’héritage indien ainsi que les liens familiaux. D’après l’artiste Subodh Gupta, « L’arbre est son titre« Dada », le mot…Lire la suiteDada – Grand-père…
Cette statuette anthropomorphe en terre cuite a été façonnée il y a environ 5500 ans, plus ‘précisément’ durant la période prédynastique appelée Nagada II qui est datée de 3700 à 3400 avant J.-C. « La culture nagadienne se subdivise en 3 phases (Nag. I-II-III). Elle s’étend au fur et à mesure de son développement. À l’origine, à Nagada I, elle ne…Lire la suiteDame oiseau
Comment une IA peut-elle créer des œuvres originales dans un style précis et avec une aussi grande précision ? Dans l’objectif d’imiter l’intelligence humaine, les intelligences artificielles emmagasinent des informations, et grâce à une méthode « d’apprentissage profond », peuvent produire ce qu’on leur demande. Une IA peut créer de l’art notamment grâce à un réseau de neurones génératifs appelés…Lire la suiteCréer des œuvres originales ?
Comment se fait-il que le gangsta rap – si dystopique que Jay-Z, aspirant rappeur de Brooklyn et future superstar, l’a qualifié d' »exagéré » – soit né à Los Angeles, la patrie d’Hollywood, du surf et du soleil ? À l’époque de Reagan, le hip-hop était considéré comme la musique des quartiers défavorisés et, à de rares exceptions près, de New York. Le rap était considéré comme la poésie de la rue, et l’on pensait qu’il naissait dans des quartiers étroits, dans des immeubles délabrés, des cités infestées de criminels et des wagons de métro couverts de graffitis. Pour de nombreux acteurs de l’industrie, Los Angeles n’était certainement pas assez dur et urbain pour générer un hip-hop authentique ; une nouvelle marque de musique rebelle noire ne pourrait jamais venir de La-La Land. Mais c’est ce qui s’est passé. Dans To Live and Defy in LA, Felicia Viator raconte l’histoire des jeunes hommes noirs qui ont construit le gangsta rap et changé Los Angeles et le monde. Elle emmène ses lecteurs dans South Central, Compton, Long Beach et Watts, deux décennies après le long été chaud de 1965. (…)Lire la suiteComment le gangsta rap a changé l’Amérique
Pourquoi chanter ? Pourquoi danser ?
On dit que l’on chante quand on ne peut plus parler.
Lorsque nous ne pouvons plus chanter, nous avons alors besoin de danser.
À travers le temps, l’espace, la culture et les croyances, l’expérience partagée du chant et de la danse a une résonance importante. Nous partageons le langage universel de la musique et du mouvement.
(…)
La vague douce et subtile du mouvement de la main d’un danseur japonais.
Le rythme martelant et la vitesse métallique d’une chaussure de danseur de Flamenco qui monte sur scène.
Le rythme soutenu d’un pied nu indien et le symbolique Patakas (gestes de la main) qui nous parle avec clarté.
La joie des villageois vêtus de couleurs péruviennes qui se baladent en cercles et en motifs.
Les artistes de ballet les plus compétents et les plus parfaits qui tournent, sautent et trouvent l’équilibre suspendu que nous recherchons dans toute notre vie.
Pourquoi chanter ? Pourquoi danser ?
Enfant, j’adorais un petit poème : « Un oiseau ne chante pas parce qu’il a une réponse, il chante parce qu’il a une chanson. »Lire la suiteChanson et danse
(ou bol chantant) Il n’existe pas de traces écrites de l’origine des bols chantants. Il y a plus de 5000 ans, sur les plateaux de Mongolie, les nomades martelaient des bols en cuivre, pour faire la cuisine… Quelques milliers d’années plus tard, en expérimentant les alliages de différents métaux, le laiton a supplanté le cuivre pour le même usage culinaire.…Lire la suitebol tibétain
Épopée au long cours qui entrecroise la beauté à la violence, Adieu ma concubine explore la relation fusionnelle qui unit deux grands comédiens de l’Opéra de Pékin à travers les soubresauts de l’histoire chinoise du XXe siècle. Dans cette reconstitution historique virtuose transcendée par un trio d’acteurs exceptionnels, le réalisateur Chen Kaige (Terre jaune) dépeint avec panache cette période mouvementée qui emporte dans la tourmente les trois héros. Il livre au passage une critique à peine voilée des pratiques liberticides mises en place depuis la Révolution culturelle par le gouvernement chinois. [Palme d’or au Festival de Cannes – ex-aequo avec La Leçon de piano de Jane Campion]
Pékin, 1924. Douzi entre à l’académie de maître Guan pour apprendre l’art de l’opéra chinois. Très vite, il se lie d’amitié avec le jeune Shitou. Devenus adolescents, les deux garçons obtiennent les rôles principaux de l’opéra « Adieu ma concubine », ceux du roi Chu et de sa maîtresse Yu. Ce grand classique de la culture chinoise les mènera vers la gloire (…)Lire la suiteAdieu ma concubine
La musique est l’art d’accommoder les sons de manière agréable à l’oreille…Lire la suiteAccommoder les sons de manière agréable…
Le 12 mai 2019, une photo lugubre dépeignant une enfilade de pièces au papier peint jaune et aux néons blafards est mise en ligne sur le forum 4chan, dans un fil consacré aux images « liminaires » : c’est l’acte de naissance des Backrooms. « Le liminaire, ça désigne tous ces endroits où on sent qu’il y a eu de…Lire la suiteActe de naissance des Backrooms
La normalisation de la hauteur des sons (fréquence) ne date que du milieu du XXe siècle. Durant l’Antiquité, la musique était adiastématique, c’est-à-dire qu’on ne s’intéressait pas à reproduire d’une représentation à l’autre un même son de référence. Pour le musicologue Romain Estorc, « il faut attendre le début du XIe siècle de notre ère pour que Gui d’Arezzo, dans son ouvrage Micrologus, aux alentours de 1026, développe la théorie de la solmisation, avec les noms que l’on connaît (do ré mi fa sol la si) et avance l’idée d’une note égale en tout temps à une même hauteur ».
« Pour la musique du XVIe siècle, on utilise le la 466 Hz, pour le baroque vénitien (du temps de Vivaldi), c’est le la 440 Hz, pour le baroque allemand (du temps de Telemann, de Jean-Sébastien Bach…), c’est le la 415 Hz, pour le baroque français (Couperin, Marais, Charpentier…) on s’accorde sur le la 392 Hz! Il existe différents diapasons comme le diapason Haendel, 423 Hz, le diapason Mozart 422 Hz, celui de l’opéra de Paris, dit Berlioz, 449 Hz, celui des pianos Steinway aux USA, 457 Hz.» [Romain Estorc] (…)Lire la suite432 ou 440 Hz ?
Le geet gawai est une cérémonie précédant le mariage mêlant des rituels, des prières, des chants, de la musique et des danses. Elle concerne principalement les communautés bhojpuriphone d’origine indienne de Maurice. La cérémonie est traditionnellement pratiquée par les femmes de la famille et des voisines chez le futur marié ou la future mariée. Cinq femmes mariées placent du curcuma, du riz, de l’herbe et de l’argent dans un morceau de tissu tandis que les femmes autour d’elles chantent pour honorer les dieux et déesses hindous. Après que le lieu d’exécution ait été sanctifié, la mère du futur marié ou de la future mariée accompagnée d’un(e) percussionniste honorent les instruments de musique utilisés pendant la cérémonie, comme le dholak (tambour à deux têtes). Des chants réconfortants sont interprétés et tout le monde se met à danser. Le geet gawai est une expression de l’identité des communautés et de la mémoire culturelle collective. Il confère également aux participants un sentiment de fierté et contribue au renforcement de la cohésion sociale, en abolissant le système de classes et de castes… (…)Lire la suiteLe geetgawai, chants populaires en bhojpuri à Maurice
La stratégie de formation des futures générations de marionnettistes du Fujian
[chin. 福建木偶戏后继人才培养计划 Fújiàn mù'ǒu xì hòujì réncái péiyǎng jìhuà]
Le théâtre de marionnettes du Fujian est un art du spectacle chinois qui utilise essentiellement les marionnettes à gaines et à fils. Les marionnettistes de la province du Fujian, dans le sud-est de la Chine, ont développé un ensemble de techniques de fabrication et de représentation caractéristiques de marionnettes, ainsi qu’un répertoire de pièces et de musique. Cependant, depuis les années 1980, le nombre de jeunes qui apprennent l’art des marionnettes a diminué, d’une part à cause des mutations socioéconomiques qui ont transformé leur mode de vie et, d’autre part, en raison de la longue période de formation requise pour maîtriser les techniques sophistiquées de représentation. Devant cette situation, les communautés, les groupes et les détenteurs concernés ont formulé la Stratégie 2008-2020 pour la formation des futures générations de marionnettistes du Fujian. Ses objectifs majeurs sont de sauvegarder la transmission de l’art des marionnettistes du Fujian et de renforcer sa viabilité par la formation professionnelle afin de créer une nouvelle génération de praticiens ; la compilation de matériels pédagogiques ; la création de salles de spectacles, d’instituts de formation et de salles d’exposition…(…)Lire la suiteLa stratégie de formation des futures générations de marionnettistes du Fujian




















