La bouteille plastique est avant tout un objet parmi les myriades produites par l’humanité, un objet qui interroge sa conception, ses usages et son cycle de vie, et qui renvoie en creux à la place qu’ont pu tenir d’autres objets dans l’équilibre du quotidien. Parmi eux, la kuksa, tasse traditionnelle des Sami, offre un contraste éclairant. Fabriquée lentement à partir d’un seul bloc de bois, souvent un broussin de bouleau, elle relève du duodji, artisanat où chaque objet est pensé pour durer et accompagner son propriétaire toute une vie. Façonnée autrefois au couteau, la kuksa devient un compagnon fidèle, accroché à l’équipement, prêt à contenir eau, café, soupe ou eau-de-vie selon les circonstances. Comme tant d’objets traditionnels, elle se distingue par sa sobriété, sa fonctionnalité et sa durabilité, loin de l’obsolescence programmée. À l’heure où prolifèrent des milliards d’objets éphémères et connectés, ne faudrait-il pas réinterroger la durée de vie, l’impact et le sens de ce que nous produisons ? Peut-on substituer à l’accumulation et au renouvellement incessant une intelligence de conception attentive aux usages, aux ressources et à l’environnement ? Et si tout commençait par une redéfinition de ce qu’est réellement un « objet » ? …Lire la suiteAccrochée à une lanière, la kuksa…