« À c’qui paraît » est un manuscrit clandestin rédigé à Bordeaux sous l’Occupation allemande et longtemps dissimulé dans un matelas. Son titre renvoie aux rumeurs qui circulaient alors dans la ville occupée, et l’ouvrage rassemble dessins, anecdotes, satires et observations du quotidien en temps de guerre. Il est l’œuvre de deux figures complémentaires : Daniel Diétlin, adolescent de quinze ans, élève au lycée Montaigne, qui use de l’humour et du dessin pour ridiculiser l’occupant et dénoncer la violence nazie et collaborationniste ; et Jacques Grenié, commerçant, qui fait de ce recueil un véritable acte de résistance culturelle, affirmant un refus de la soumission malgré la censure et les risques extrêmes. Ce manuscrit montre comment la satire et la créativité pouvaient devenir des formes de contre-pouvoir dans un contexte de répression. Engagé dans la Résistance, Daniel Diétlin sera tué à dix-neuf ans lors du massacre de la ferme de Richemont, conférant à l’œuvre une portée tragique et mémorielle. Redécouvert, ce témoignage rare éclaire l’état d’esprit des Bordelais sous l’Occupation et rappelle l’importance de transmettre ces récits, engagement poursuivi notamment par Loïc Rojouan, petit-fils de Jacques Grenié.Lire la suiteÀ c’qui paraît
Pantopique : France
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Gérard Philipe (né le 4 décembre 1922 à Cannes et mort le 25 novembre 1959 à Paris) fut un acteur français dont la carrière fulgurante et la mort précoce ont fait une figure mythique du théâtre et du cinéma d’après-guerre. Formé au Conservatoire national d’art dramatique, il s’impose dès les années 1940 par une présence à la fois lumineuse et…Lire la suiteGérard Philipe
La « sape » évoque d’abord le vêtement, mais elle désigne surtout un mouvement culturel emblématique né des deux côtés du fleuve Congo, à Brazzaville et à Kinshasa : la SAPE, acronyme de « Société des Créateurs d’Ambiance et des Personnes Élégantes ». Bienvenue dans l’univers des sapeurs, reconnaissables à leurs tenues éclatantes et à l’usage assumé de marques prestigieuses. Leurs origines remonteraient à plus d’un siècle, dans le sillage de la présence coloniale française et des échanges entre Afrique et Europe. D’abord fondée sur des vêtements de seconde main, la sape s’est affirmée comme un véritable enjeu de mode, de dignité et de représentation sociale. Elle permet de résister symboliquement à la pauvreté, de retrouver fierté et confiance en soi. Avec le temps, le mouvement s’est structuré, rassemblant aujourd’hui des milliers d’adeptes issus de tous les milieux : chauffeurs de taxi, forestiers, cadres, maçons, informaticiens, femmes au foyer… Les femmes y occupent désormais leur place, sous le nom de « sapeuses ». Mais la sape ne se réduit pas aux marques : elle est un art du comportement, une élégance morale. Le sapeur se veut gentleman, guidé par des règles quasi spirituelles, faisant de la SAPE une véritable philosophie de vie, porteuse de paix, d’esthétique et de respect.Lire la suiteLes Sapeurs
L’État de la Cité du Vatican, enclavé dans Rome, naît le 11 février 1929 avec les accords du Latran et forme avec le Saint-Siège l’entité communément appelée Vatican, dirigée par le pape. Parmi ses édifices majeurs, la place Saint-Pierre donne accès à la basilique voulue par l’empereur Constantin Ier comme haut lieu de pèlerinage chrétien. Mais un élément singulier retient l’attention : des soldats en tenue chamarrée, armés de hallebardes, connus sous le nom de Gardes suisses. Leur présence s’explique par une tradition européenne ancienne, les cours faisant appel à des troupes suisses réputées pour leur loyauté. Les rois de France y eurent recours dès le XVe siècle. Dans ce contexte, le pape Jules II demanda en 1505 l’envoi de soldats suisses, et la Garde suisse pontificale fut officiellement fondée à Rome le 22 janvier 1506. Son fait d’armes le plus célèbre survint le 6 mai 1527, lorsque 147 gardes périrent en protégeant la fuite du pape Clément VII lors du sac de Rome. Cette date marque encore le serment annuel des recrues. Si la hallebarde relève aujourd’hui du cérémonial, la garde demeure opérationnelle. Présente depuis plus de cinq siècles, forte de 135 hommes triés sur le volet, elle reste un symbole vivant de fidélité et de continuité.Lire la suiteLes Gardes suisses…
Publié en 1748 à Genève, De l’Esprit des lois est l’ouvrage fondamental de Montesquieu, écrit dans sa demeure du château de La Brède et nourri de ses observations au Parlement de Bordeaux et de ses voyages à travers l’Europe. L’ouvrage propose une analyse comparée des formes de gouvernement à travers l’histoire et les cultures : monarchie, république, despotisme. Montesquieu y…Lire la suiteL’Esprit des lois
Marguerite de Valois (1553–1615) est une princesse française, fille d’Henri II et de Catherine de Médicis, reine de Navarre par son mariage avec Henri de Bourbon. Sa vie se déroule au cœur des guerres de Religion, dans un climat de violences confessionnelles, d’intrigues de cour et de rivalités dynastiques. Dotée d’une solide culture humaniste, elle protège les arts et les…Lire la suiteMarguerite de Valois
Jean Bodin (1530–1596) est un juriste, philosophe et économiste français. Né à Angers, mort à Laon. Auteur des Six Livres de la République, Bodin est l’un des premiers théoriciens modernes de la souveraineté. Dans un contexte de guerres civiles et religieuses, il cherche à penser un pouvoir fort, centralisé et légal, capable de garantir l’ordre et la paix. Sa réflexion…Lire la suiteJean Bodin
Henri IV (1553–1610) est roi de France et de Navarre – né à Pau, assassiné à Paris. Chef protestant devenu roi catholique, il incarne un pragmatisme politique assumé. Son règne vise à reconstruire un royaume ravagé par des décennies de guerre civile. Par l’édit de Nantes (1598), il instaure une coexistence confessionnelle relative, fondée sur la tolérance et l’intérêt de…Lire la suiteHenri IV
Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, est un philosophe et écrivain français né en 1689 au château de La Brède, près de Bordeaux. Il est l’un des penseurs majeurs du siècle des Lumières. Son œuvre la plus célèbre, « De l’esprit des lois » (1748), propose une analyse des systèmes politiques et introduit la théorie de…Lire la suiteMontesquieu
Le plastique fut longtemps perçu comme un progrès majeur, synonyme de confort, d’hygiène et d’accessibilité, avant que le temps n’en révèle les effets délétères. Cette trajectoire invite à interroger ce que nous appelons « progrès » et la manière dont nous le jugeons. L’histoire montre que toute innovation, de l’imprimerie au numérique, a suscité espoirs et résistances, souvent fondées sur la crainte légitime de pertes sociales, culturelles ou symboliques. Faute d’instance universelle capable d’en évaluer les effets à long terme, l’humanité avance par essais, erreurs et ajustements, découvrant parfois trop tard le coût réel de ses choix. Dès lors, peut-on penser un progrès responsable, orienté vers la justice économique et sociale, attentif aux conséquences humaines et environnementales ? À l’heure des crises multiples, la question n’est peut-être plus de savoir ce qui est techniquement possible, mais ce qui est souhaitable, partageable et soutenable. Et si l’on commençait par questionner notre indéfinition du progrès ?Lire la suiteLe progrès à tout prix ?
Quelle taille faites-vous ? Selon l’époque ou la société, vous pourriez répondre en « pieds ». Mais qu’est-ce qu’un pied ? Le pied anglais mesure 30,48 cm, tandis que le « pied du roi », étalon attribué à Charlemagne, atteignait 32,4 cm. Divisé en douze pouces, il s’inscrivait dans un système foisonnant où la toise valait six pieds, la coudée vingt-quatre doigts ou six palmes, le doigt correspondant lui-même à six grains d’orge côte à côte. Autant dire que les variations étaient nombreuses et sources de confusion, d’autant plus que les unités changeaient selon les régions, pour les longueurs comme pour les surfaces ou les poids. À la fin du XVIIIe siècle, dans le contexte révolutionnaire français, les cahiers de doléances réclament une unification. En 1791, une nouvelle unité est définie : le mètre, égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. Entre 1792 et 1799, des mesures sont menées entre Dunkerque et Barcelone pour en fixer la valeur. De là naît le système métrique, adopté en France en 1837 puis internationalisé avec la Convention du Mètre de 1875. Morale de l’histoire : omniprésente dans nos vies quotidiennes, la mesure rappelle l’importance centrale de la métrologie, une aventure scientifique toujours en cours et célébrée chaque 20 mai.Lire la suiteA tous les hommes et à tous les temps
Et si l’on partait à la rencontre des hiéroglyphes égyptiens ? Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, alors âgé d’une trentaine d’années, provoque un véritable séisme intellectuel en présentant devant l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sa lettre exposant le principe des hiéroglyphes phonétiques. Il met ainsi un terme à une énigme vieille de plus d’un millénaire, car l’écriture égyptienne, apparue plus de 3000 ans avant notre ère, avait été interdite en 391 et progressivement oubliée. La clé du déchiffrement résidait dans une pierre découverte en 1799 à Rosette, portant un même décret gravé en grec, en hiéroglyphes et en démotique. De nombreux savants s’y étaient essayés, mais Champollion comprit l’essentiel : l’écriture égyptienne est à la fois figurative, symbolique et phonétique. Son Précis du système hiéroglyphique paraît en 1824, ouvrant définitivement l’accès à la civilisation des pharaons. Conservateur au Louvre, voyageur en Italie puis en Égypte, il meurt en 1832, laissant un héritage scientifique majeur.Lire la suiteJe tiens mon affaire
Comment aborder le monde des langues et de la lecture sans la vue ? Dès le 14ᵉ siècle, le savant arabe non-voyant Zayn al-Din ‘Ali ibn Ahmad al-Amidi invente une méthode à partir de noyaux de fruits pour identifier et résumer des livres. Aux 18ᵉ et 19ᵉ siècles, Denis Diderot insiste sur le toucher dans sa Lettre sur les aveugles, Valentin Haüy fonde l’Institut des Jeunes Aveugles et Charles-Michel de L’Epée développe un code gestuel pour les sourds-muets. Louis Braille, aveugle dès l’âge de cinq ans, conçoit un système de lecture fondé sur six points en relief ou creux, inspiré d’un code militaire de Barbier de La Serre. Publié en 1829, son système sera adopté plus largement en 1854, et adapté aux langues du monde : japonais, espagnol, vietnamien, chinois… Pour ce dernier, aux dizaines de milliers de caractères, chaque syllabe est décomposée en braille selon son initiale, sa finale et son ton, ainsi la syllabe zǎo « tôt, matin » se note par « z » « ao » et le troisième ton, ouvrant ainsi la lecture universelle aux non-voyants.Lire la suiteEcrire en braille…
L’avènement de l’imprimerie occidentale au XVe siècle ne se fit pas sans heurts. Bien que Gutenberg soit crédité de l’invention des caractères métalliques mobiles, sa vie fut marquée par les difficultés financières, procès et perte de son atelier après l’impression de la Bible à quarante-deux lignes. Les copistes, menacés dans leur activité, virent d’emblée dans la presse un outil suspect, voire diabolique. En France, François Ier alla jusqu’à interdire l’imprimerie en 1535, après l’Affaire des placards, avant de lever l’interdiction tout en instaurant une censure durable. Le monde islamique resta lui aussi longtemps réticent, comme en témoignent encore au XVIIIe siècle les protestations de calligraphes à Istanbul. Pourtant, l’imprimerie bouleversa durablement la diffusion du savoir : éditions fondatrices des textes antiques, grandes dynasties d’imprimeurs, normalisation des caractères, puis miniaturisation des ouvrages aux XVIIe et XVIIIe siècles, rendant livres et dictionnaires plus accessibles. Morale de l’histoire : les révolutions techniques qui transforment le savoir rencontrent toujours résistances et peurs, mais elles redessinent en profondeur nos manières de penser, de lire et de transmettre.Lire la suiteAlors vint l’imprimerie…
Le bhojpouri (bhodjpouri) est une langue indo-aryenne originaire du nord de l’Inde, principalement des régions du Bihar et de l’Uttar Pradesh. Elle est parlée par des millions de personnes en Inde ainsi que par les communautés issues de la diaspora indienne dans plusieurs pays, dont Maurice, le Suriname et les Fidji. Le bhojpouri est une langue vivante qui s’est transmise…Lire la suitebhodjpouri (lg)
Louis-Lazare Zamenhof (1859–1917), né à Białystok dans la Pologne alors sous domination russe, fut l’initiateur d’un rêve universel : créer une langue capable de rapprocher les peuples et de pacifier leurs différends. Issu d’une ville multilingue mais marquée par les tensions culturelles, il devint ophtalmologue, tout en nourrissant un projet plus ambitieux. En 1887, il publie « Lingvo Internacia », sous le pseudonyme Doktoro Esperanto (« celui qui espère »), posant les bases d’une langue neutre et simple à apprendre. Le premier congrès universel d’espéranto se tient en 1905 à Boulogne-sur-Mer, réunissant près de 700 participants de 20 pays. Il y est acté que l’espéranto n’appartiendra à personne et ne servira aucune idéologie ni religion. Trois ans plus tard, l’Association universelle d’espéranto est fondée. Des scissions apparaissent, comme l’ido, mais l’espéranto demeure la langue construite la plus répandue, avec plusieurs millions de locuteurs dans le monde. La famille Zamenhof connut également des tragédies : leurs enfants, Adam, Zofia et Lidia, furent victimes des persécutions nazies pendant la Seconde Guerre mondiale.Lire la suiteDoktoro Esperanto…
Un pidgin est une langue véhiculaire simplifiée, née du contact entre populations ne partageant pas la même langue, souvent à partir d’une langue dominante (anglais, français, espagnol…). Le terme viendrait de business. Lorsqu’un pidgin se stabilise, s’enrichit et devient langue maternelle d’une communauté, on parle alors de créole. Il existe des créoles fondés sur des langues européennes, mais aussi sur l’arabe, le malais ou le chinois. Parmi les plus connus figurent le tok pisin (Papouasie-Nouvelle-Guinée), le bichelamar (Vanuatu), le pijin des Salomon ; le créole haïtien est celui qui compte le plus de locuteurs. On appelle sabir un pidgin extrêmement réduit. Le créole mauricien, parlé à l’Île Maurice, dérive d’un proto-créole bourbonnais issu de la période esclavagiste, puis s’est transformé au contact de populations africaines, malgaches, indiennes, chinoises et européennes. Le passage de la domination française à britannique a également marqué son évolution. Particularité singulière : l’usage symbolique des nombres, comme 4 pour la mort (influence chinoise) ou 31 pour « être bien habillé » (écho français). Langue vivante et inventive, le créole mauricien témoigne de l’histoire mêlée des peuples et invite, naturellement, à être appris.Lire la suiteMo anvi aprann inpe creole
Euskal Herria, le « Pays Basque », comprend sept provinces traditionnelles, trois côté français et quatre côté espagnol. Malgré ses dialectes variés, il se définit par la langue basque, Euskara, et son néologisme politique Euskadi. Le basque demeure un isolat, sans lien avéré avec d’autres familles linguistiques, malgré tentatives de rattachement aux langues indo-européennes ou caucasiennes. Sa vitalité se mesure aussi à sa diaspora, en particulier en Amérique, parfois considérée comme une « huitième province ». La langue a généré des pidgins comme le basco-islandais ou le basco-algonquin, issus du contact avec Islandais et populations amérindiennes, illustrant la circulation et l’adaptation de l’Euskara. Cette richesse interroge le lien entre langue, espace et histoire, et témoigne de l’énigme vivante que représente le basque en Europe et dans le monde.Lire la suiteLe Pays où l’on parle basque…
Les Serments de Strasbourg (Sacramenta Argentariæ) signent le 14 février 842 l’alliance entre deux des trois petits-fils de Charlemagne, et fils de Louis le Pieux, Charles le Chauve et Louis le Germanique, et ce contre leur frère aîné, Lothaire Ier. Louis le Germanique prononce son serment en langue romane pour être compris des soldats de Charles le Chauve lequel le…Lire la suiteLes Serments de Strasbourg & la naissance de la langue française / 14 février
Maaya Wakasugi est un calligraphe japonais formé dès l’enfance aux écritures traditionnelles, dont la pratique s’enracine dans une connaissance approfondie des caractères anciens et de la littérature chinoise. Installé en France, il développe une carrière internationale mêlant expositions, performances et collaborations artistiques. Son travail se distingue par une tension féconde entre tradition et contemporanéité, où la rigueur calligraphique rencontre une gestuelle libre, presque chorégraphique. La critique souligne la puissance expressive de son trait, la dimension corporelle de son geste et la profondeur spirituelle de son approche. Engagé dans l’éducation artistique, notamment à la Philomathique de Bordeaux, il anime des ateliers ouverts à différents publics. Au-delà de l’écriture, Maaya Wakasugi explore la calligraphie comme un langage vivant, capable de relier Orient et Occident, héritage et innovation, dans une recherche esthétique et sensible du mouvement, de l’équilibre et du sens.Lire la suiteMaaya Wakasugi
















