« À c’qui paraît » est un manuscrit clandestin rédigé à Bordeaux sous l’Occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, qui fut longtemps caché dans un matelas. Son titre fait référence aux ragots et commentaires populaires [« à c’qui paraît »] qui circulaient dans la ville occupée, et l’ouvrage compile dessins, anecdotes, satires et observations de la vie quotidienne en temps de guerre. Ses deux protagonistes en sont Daniel Diétlin, un jeune Bordelais d’à peine 15 ans, élève du lycée Montaigne, utilisant l’humour et le dessin afin de tourner en dérision les autorités d’occupation et dénoncer les violences du régime nazi et de ses collaborateurs ; et Jacques Grenié, commerçant, qui transformera cet ouvrage en un acte de résistance culturelle, y exprimant, malgré la censure et la répression, un esprit de révolte et de refus face à la soumission. Cet ouvrage illustre la façon dont la créativité et la satire peuvent servir de contre-pouvoir dans un contexte où de telles formes d’expression libres étaient dangereuses et les risques encourus extrêmes. Daniel Diétlin, engagé dans la Résistance, sera tué à 19 ans dans le massacre de la ferme de Richemont, l’un des épisodes les plus noirs de la collaboration bordelaise, ce qui confèrera à cette œuvre une dimension tragique et mémorielle. La redécouverte de ce manuscrit offre ainsi un témoignage unique de l’état d’esprit des Bordelais sous l’Occupation, entre humour, critique sociale et courage, constituant aujourd’hui une source précieuse pour les historiens, tout en rappelant l’importance de transmettre ces récits aux générations futures, ce à quoi s’est particulièrement engagé Loïc Rojouan, petit-fils de Jacques Grenié et homme de théâtre.
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