La tradition de la calligraphie a toujours été associée à l’histoire de l’écriture en Iran. Même lorsque ceux qui la pratiquaient n’avaient qu’un niveau d’alphabétisation réduit, calligraphie et écriture restaient étroitement liées. Cependant, avec l’avènement de l’imprimerie et l’émergence des programmes informatiques et des polices de caractères numériques, cet art a décliné petit à petit et l’importance de la lisibilité pure l’a emporté sur l’alliance entre lisibilité et esthétique. Il en a résulté un déclin de l’appréciation de la calligraphie parmi les jeunes générations. La sauvegarde de la tradition de la calligraphie iranienne est devenue un enjeu majeur dans les années 1980 et un programme national a été développé à cet effet par des organisations non gouvernementales en collaboration avec le gouvernement (…).Lire la suiteL’art traditionnel de la calligraphie en Iran
Pantopique : calligraphie
Pratique à la fois graphique, gestuelle et symbolique, la calligraphie traverse les cultures comme un art de l’écriture incarnée, où le signe naît du mouvement du corps et du rapport au temps. Du tracé des caractères chinois au pinceau aux pleins et déliés de la calligraphie latine, des entrelacs arabes aux manuscrits hébraïques, des sutras bouddhiques aux actes administratifs médiévaux, elle engage des outils précis, calame, pinceau, plume, encre, papier, parchemin, et des postures d’apprentissage fondées sur la répétition, la lenteur et la maîtrise du geste. Comment l’écriture devient-elle image, rythme et espace ? Dans quelles traditions la calligraphie a-t-elle été investie de valeurs spirituelles, politiques ou identitaires, jusqu’à devenir support du sacré ou marque de pouvoir ? Loin d’être un simple ornement, elle transmet des savoirs techniques, linguistiques et esthétiques, tout en révélant une relation singulière au corps, au silence et à la discipline. Sa pratique contemporaine, entre préservation des traditions, hybridations artistiques et explorations numériques, interroge aujourd’hui la place du geste écrit dans des sociétés de plus en plus dématérialisées.
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Le Hüsn-i hat est une pratique séculaire qui consiste à tracer des lettres d’origine arabe de manière mesurée et proportionnelle tout en tenant compte de certaines valeurs esthétiques. Elle se pratique à l’aide d’outils traditionnels, tels qu’un type spécifique de papier glacé fabriqué à partir de substances organiques, un calame, des couteaux à calame, une dalle spéciale pour tailler les calames, un encrier, de l’encre de suie et un étui à calame. La plupart des calligraphes, ou hattats, fabriquent leurs propres outils et jouent un rôle important dans la perpétuation de la tradition du Hüsn-i hat (…) Le Hüsn-i hat peut être rédigé sur du papier ou du cuir, mais aussi sur des surfaces telles que la pierre, le marbre, le verre et le bois, entre autres. Le Hüsn-i Hat se décline dans de nombreux styles différents, mais cette pratique était utilisée à l’origine pour écrire le Coran, les hadiths (citations du prophète Mahomet) et des poèmes. Elle concernait aussi les correspondances officielles, comme les édits et mandats impériaux, et décorait les bâtiments religieux et publics… (…)Lire la suiteHüsn-i Hat, la calligraphie traditionnelle dans l’art islamique en Turquie
La calligraphie mongole est une technique d’écriture consistant à relier verticalement des traits continus pour former des mots. L’alphabet de l’écriture classique mongole compte quatre-vingt-dix lettres, formées à partir de six traits principaux respectivement nommés « tête », « dent », « tige », « estomac », « arc » et « queue ». Cette écriture méticuleuse est utilisée pour les lettres et les invitations officielles, la correspondance diplomatique et les lettres d’amour ; une forme abrégée est employée comme méthode de sténographie ; et on l’utilise sous forme « pliée » pour les emblèmes, les logos, les pièces de monnaie et les timbres. Les mentors sélectionnent traditionnellement les meilleurs élèves et les forment pendant cinq à huit ans pour en faire des calligraphes. Élèves et professeurs se lient pour la vie et continuent à améliorer mutuellement leur art et leur talent. L’intensification de la transition sociale, l’urbanisation et la mondialisation ont entraîné une baisse importante du nombre de jeunes calligraphes… (…)Lire la suiteLa calligraphie mongole
La calligraphie arabe désigne la pratique artistique consistant à retranscrire l’écriture arabe manuscrite avec fluidité, afin d’exprimer harmonie, grâce et beauté. Cette pratique, qui peut être transmise tant par l’éducation formelle et informelle, utilise les vingt-huit lettres de l’alphabet arabe, rédigé en écriture cursive de droite à gauche. Conçue à l’origine pour rendre l’écriture claire et lisible, elle s’est progressivement transformée en un art arabe islamique utilisé dans les œuvres traditionnelles et modernes (…) Les techniques traditionnelles utilisent des matériaux naturels, tels que des tiges de roseau et de bambou pour le calame, un outil d’écriture. L’encre est fabriquée à partir d’ingrédients naturels tels que le miel, la suie et le safran. Le papier est fabriqué à la main et enduit d’amidon, de blanc d’œuf et d’alun. La calligraphie moderne utilise fréquemment des marqueurs et des peintures synthétiques et de la peinture en bombe spray est utilisée pour les calligraffiti peints sur les murs, les panneaux et les bâtiments…(…)Lire la suiteLa calligraphie arabe : connaissances, compétences et pratiques
La calligraphie chinoise a toujours été beaucoup plus qu’un simple outil de communication, intégrant une dimension artistique qui lui vaut d’être encore prisée à l’âge du stylo à bille et de l’ordinateur. De fait, la calligraphie n’est plus l’outil de base des intellectuels et des hauts responsables, mais est devenue le domaine exclusif d’artisans et d’amateurs enthousiastes. Qu’ils consignent des informations ou créent simplement de belles formes, les pinceaux du calligraphe servent à tracer cinq styles différents d’écriture : « sigillaire », « chancellerie », « cursif », « semi-cursif » et « régulier ». Cet art, qui peut apparaître sur n’importe quel support d’écriture (même les parois rocheuses d’une falaise), est plus spécialement fréquent sur les lettres, les manuscrits, les œuvres littéraires et les éventails. De nos jours, en plus de la formation traditionnelle maître-apprenti, la calligraphie est également enseignée à l’école. De nombreuses cérémonies destinées à marquer des célébrations nationales et des rites religieux incluent cette pratique et on a constaté que la calligraphie avait une grande influence sur l’art, l’architecture et le design contemporains… (…)Lire la suiteLa calligraphie chinoise
Symbole: Rub El Hizb (symbole musulman de l’alphabet arabe). Il est constitué de deux carrés identiques, l’un étant incliné à 45 degrés. Au centre du symbole se trouve un cercle. Utilisé en calligraphie arabe pour marquer une fin de chapitre, il renvoie à la récitation du Coran en un mois lequel est divisé en trente parties appelées juz’, chacune divisée…Lire la suiteRub El Hizb (symbole)
La calligraphie vietnamienne, ou Thư pháp, est un art de l’écriture qui reflète l’histoire linguistique et culturelle singulière du Vietnam. Elle se caractérise par la coexistence et l’entrelacement de plusieurs systèmes graphiques, témoignant des influences chinoises, locales et occidentales. Traditionnellement, la calligraphie vietnamienne s’appuyait sur les caractères chinois (Hán tự) et sur le Chữ Nôm, système d’écriture sino-vietnamien permettant de…Lire la suiteLa calligraphie vietnamienne
Maaya Wakasugi est un calligraphe japonais formé dès l’enfance aux écritures traditionnelles, dont la pratique s’enracine dans une connaissance approfondie des caractères anciens et de la littérature chinoise. Installé en France, il développe une carrière internationale mêlant expositions, performances et collaborations artistiques. Son travail se distingue par une tension féconde entre tradition et contemporanéité, où la rigueur calligraphique rencontre une gestuelle libre, presque chorégraphique. La critique souligne la puissance expressive de son trait, la dimension corporelle de son geste et la profondeur spirituelle de son approche. Engagé dans l’éducation artistique, notamment à la Philomathique de Bordeaux, il anime des ateliers ouverts à différents publics. Au-delà de l’écriture, Maaya Wakasugi explore la calligraphie comme un langage vivant, capable de relier Orient et Occident, héritage et innovation, dans une recherche esthétique et sensible du mouvement, de l’équilibre et du sens.Lire la suiteMaaya Wakasugi
Abu ʿAli Muhammad Ibn ʿAli Ibn Muqla, plus connu sous le nom d’Ibn Muqla, est l’un des grands théoriciens de la calligraphie arabe classique. Né à Bagdad en 886 et mort en 940, il fut à la fois calligraphe, mathématicien et haut fonctionnaire du califat abbasside. Son apport fondamental réside dans la formalisation des proportions de l’écriture arabe. Il élabore…Lire la suiteIbn Muqla
Wáng Xīzhī 王羲之 est considéré comme le plus grand calligraphe de l’histoire chinoise. Actif au IVᵉ siècle, il est célèbre pour la Préface au Pavillon des Orchidées (Lántíng Jí Xù), rédigée en 353 lors d’un rassemblement de lettrés. Ce texte, écrit dans un style semi-cursif, est admiré pour son équilibre parfait entre fluidité et structure. Wáng Xīzhī y exprime une…Lire la suiteWang Xizhi
Hassan Massoudy (1944-) est un calligraphe contemporain irakien reconnu pour avoir introduit une expressivité nouvelle dans la calligraphie arabe. Formé à Bagdad puis à Paris, il fusionne tradition classique et influences de l’art moderne occidental. Son travail se distingue par des compositions amples, colorées et gestuelles. Massoudy accorde une grande importance au sens des textes qu’il calligraphie, souvent poétiques ou…Lire la suiteHassan Massoudy
Les Quatre Trésors du lettré désignent l’ensemble des outils fondamentaux de la calligraphie et de la peinture lettrée chinoises. Ils sont : le pinceau (笔 bǐ), l’encre (墨 mò), le papier (纸 zhǐ) et la pierre à encre (砚 yàn). Ces objets ne sont pas de simples instruments utilitaires, mais des éléments chargés de valeurs culturelles et symboliques. Leur qualité…Lire la suiteQuatre Trésors du lettré
Nja Mahdaoui est un plasticien-calligraphe tunisien né en 1937, reconnu pour avoir profondément renouvelé le rapport entre calligraphie arabe et art contemporain. Formé à Tunis puis à Rome et à Paris, il s’éloigne très tôt de la calligraphie strictement lisible pour explorer la lettre comme forme plastique autonome. Ses œuvres ne cherchent pas à transmettre un texte, mais à évoquer…Lire la suiteNja Mahdaoui
Mǐ Fú est l’un des plus grands calligraphes chinois de la dynastie Song, actif au XIe siècle. Personnalité excentrique et érudit raffiné, il considérait la calligraphie comme l’expression directe du tempérament. Son style se distingue par une écriture fluide, énergique et parfois volontairement désordonnée. Il privilégiait l’élan du geste et la spontanéité plutôt que la stricte conformité aux modèles anciens.…Lire la suiteMi Fu
Qu’est-ce que la calligraphie ? Comment est-elle née et s’est-elle développée dans différentes civilisations, et quelles relations singulières entretient-elle avec l’écriture, la langue et le sacré ? Comment les traditions calligraphiques, chinoise, arabe, latine, hébraïque, japonaise ou autres, ont-elles exprimé des visions du monde, des rapports au temps, au corps et au sens ? Que nous apprennent l’histoire, l’esthétique et…Lire la suiteÉduquer à la calligraphie
Le pinceau est l’outil emblématique de la calligraphie en Extrême-Orient, en particulier en Chine, au Japon et en Corée. Composé d’un manche (souvent en bambou ou en bois précieux) et d’une touffe de poils animaux, il permet une grande variété de traits, du plus fin au plus ample. Sa souplesse autorise des variations continues d’épaisseur, rendant visible le rythme du…Lire la suitepinceau [2]
La plume, souvent issue d’une plume d’oiseau taillée, puis plus tard remplacée par des plumes métalliques, est un instrument central de l’histoire de l’écriture occidentale. Elle a été largement utilisée du Moyen Âge jusqu’au XIXᵉ siècle pour la copie des manuscrits et des documents officiels. Sa pointe fendue permet une modulation du trait selon la pression exercée. La plume favorise…Lire la suiteplume
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Le calame est un instrument d’écriture ancien, généralement taillé dans un roseau ou une tige végétale rigide. Utilisé dans l’Antiquité et dans le monde islamique, il est particulièrement associé à la calligraphie arabe. Sa pointe, coupée en biseau, permet des traits nets, contrastés et anguleux. Le calame impose une écriture structurée, fondée sur l’équilibre des pleins et des déliés. Sa…Lire la suitecalame
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Le zhuànshū (篆书), ou écriture sigillaire, est l’une des formes les plus anciennes de l’écriture chinoise encore pratiquées aujourd’hui. Ses origines remontent aux inscriptions gravées sur os oraculaires, bronzes rituels et sceaux impériaux. Elle se distingue par des traits continus, réguliers et arrondis, ainsi qu’une structure très symétrique des caractères. À l’origine, le zhuànshū avait une fonction rituelle et symbolique,…Lire la suitezhuanshu
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Le xíngshū (行书), ou écriture semi-cursive, occupe une position intermédiaire entre l’écriture régulière (kǎishū) et l’écriture cursive (cǎoshū). Conçue pour concilier lisibilité et rapidité, elle permet une plus grande fluidité du geste sans sacrifier la reconnaissance des caractères. Les traits peuvent s’enchaîner, s’alléger ou se simplifier, tout en conservant une structure claire. Le xíngshū est souvent perçu comme l’écriture du…Lire la suitexingshu
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