Ne forçons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grâce :
Jamais un lourdaud, quoi qu’il fasse,
Ne saurait passer pour galant.
Peu de gens, que le Ciel chérit et gratifie,
Ont le don d’agréer infus avec la vie.
C’est un point qu’il leur faut laisser,
Et ne pas ressembler à l’Ane de la Fable,
Qui pour se rendre plus aimable
Et plus cher à son maître, alla le caresser.
« Comment ? disait-il en son âme,
Ce Chien, parce qu’il est mignon,
Vivra de pair à compagnon
Avec Monsieur, avec Madame ;
Et j’aurai des coups de bâton ?
Que fait-il ? il donne la patte ;
Puis aussitôt il est baisé :
S’il en faut faire autant afin que l’on me flatte,
Cela n’est pas bien malaisé. »
Dans cette admirable pensée,
Voyant son Maître en joie, il s’en vient lourdement,
Lève une corne toute usée,
La lui porte au menton fort amoureusement,
Non sans accompagner, pour plus grand ornement,
De son chant gracieux cette action hardie.
(…)Lire la suiteL’âne et le petit chien
Pantopique : art
Présents dans toutes les sociétés humaines, les arts prennent des formes multiples et changeantes, de la peinture rupestre aux installations contemporaines, des chants rituels aux œuvres numériques, de l’architecture monumentale aux pratiques performatives les plus éphémères. Peindre, sculpter, danser, jouer, écrire, filmer : autant de gestes concrets, inscrits dans des matériaux, des corps, des espaces et des techniques, qui traduisent des manières de voir, de ressentir et de penser le monde. Comment les arts se sont-ils articulés aux fonctions religieuses, politiques ou sociales, célébrer, transmettre, contester, commémorer ? Quelles conventions, quels apprentissages et quels métiers ont porté aux pratiques artistiques, de l’atelier à la scène, du mécénat aux institutions culturelles ? Les arts mobilisent des savoirs sensibles et techniques, mais aussi des cadres symboliques, esthétiques et théoriques qui varient selon les époques et les cultures. Leur diffusion contemporaine, entre mondialisation, hybridations, marchés, musées et espaces alternatifs, interroge enfin leur rôle dans la construction des identités, des récits collectifs et des formes de sens partagées.
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
Katajjaq ᑲᑕᔮᒃ – qui gagnera ? Deux femmes se font face Et se livrent à une joute palpitante Des sons se succèdent Chant de gorge diphonique traditionnel Chez les Inuits Ainsi va le katajjaq Qui selon les régions peut être Lirngaaq, qiarvaaqtuq… Il se conclura Par la victoire de l’une des deux protagonistes Qui aura su conserver son sérieux… ou…Lire la suitekatajjaq – qui va gagner ?
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ; J’ai chaud extrême en endurant froidure : La vie m’est et trop molle et trop dure. J’ai grands ennuis entremêlés de joie. Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j’endure ; Mon bien s’en va, et à jamais il dure…Lire la suiteJe vis, je meurs ; je me brûle et me noie
Vers 1830, Hokusai s’empare de la montagne sacrée, associée à une divinité du feu, et refuge de sanctuaires shintoïstes. À l’égal d’un dieu, il l’approche, en état de grâce et de méditation, lui rendant un véritable culte. Trois ans plus tard, de cette fervente et poétique intimité naît le chef-d’œuvre, les Trente six vues du mont Fuji, qui place le…Lire la suiteHokusai s’empare de la montagne sacrée
J’ai utilisé mon corps comme un moyen d’exprimer mes états intérieurs et mes pensées à l’extérieur. Au début, j’ai commencé à utiliser des biocapteurs pour visualiser des signaux biologiques invisibles afin d’apprendre à me connaître. L’idée que j’ai tirée de l’utilisation des capteurs de biofeedback est d’accepter les changements dans mes sentiments plutôt que de les contrôler. [L’installation est composée…Lire la suiteEunoia II – Lisa Parks
Si j’ai du goût, ce n’est guère
Que pour la terre et les pierres.
Je déjeune toujours d’air,
De roc, de charbons, de fer.
Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons.
Attirez le gai venin
Des liserons.
Mangez les cailloux qu’on brise,
Les vieilles pierres d’églises ;
Les galets des vieux déluges,
Pains semés dans les vallées grises.
***
Le loup criait sous les feuilles
En crachant les belles plumes
De son repas de volailles :
Comme lui je me consume.
Les salades, les fruits
N’attendent que la cueillette ;
Mais l’araignée de la haie
Ne mange que des violettes.
(…)Lire la suiteFaim
Connu dans sa traduction française sous le titre L’aveuglement, Ensaio sobre a ceguiera (1995) du romancier portugais José Saramago est une œuvre dont il faudrait traduire le titre par Essai sur la cécité. D’emblée, le choix d’un tel titre soulève la question du genre et, avec elle, celle des enjeux de l’œuvre. Certes, on ne saurait la considérer comme un…Lire la suiteEnsaio sobre a ceguiera
L’Encyclopédie Universalis en donne la définition suivante : « En Grèce, l’ekphrasis, description littéraire d’une œuvre d’art – réelle ou imaginaire – au sein de la fiction, se présente elle-même comme un art en concurrence avec la peinture. Son but, comme dans la description du bouclier d’Achille au chant XVIII de L’Iliade (env. VIIIe siècle av. J.-C.) d’Homère, est de rivaliser avec les arts de l’image. » Pour résumer, il s’agit de produire la vision au moyen de l’ouïe. Voici celle de William Carlos Williams à propos du tableau du « Paysage avec la chute d’Icare » (Pieter Brueghel l’Ancien, XVIe siècle). Brueghel a choisi de mettre au premier plan un paysan anonyme labourant un champ reléguant la chute d’Icare à l’arrière-plan.
Selon Bruegel
lorsque Icare chuta
c’était le printemps
un fermier labourait
son champ
réveillée l’année (…)Lire la suiteEkphrasis ou la description comme art
Donnez-moi une cruche de vin rouge, un livre de poèmes, une miche de pain et un peu d’oisiveté. Si, avec un tel trésor, je pouvais m’asseoir à vos côtés dans un endroit isolé, je me considérerais plus heureux qu’un roi dans son royaume.Lire la suiteDonnez-moi une cruche de vin rouge
Bois du vin. C’est la vie éternelle. C’est tout ce que la jeunesse t’offrira. C’est la saison du vin, des roses et des amis ivres. Sois heureux de cet instant. Cet instant, c’est ta vie.Lire la suiteDu vin, des roses et des amis ivres
Je m’appelle DL Williams et je suis poète, écrivain et consultant sourd en langue des signes britannique, basé près de Bristol. Je m’intéresse beaucoup à la traduction et à la manière dont mon travail peut être rendu accessible à tous les publics. Je me suis produit dans tout le Royaume-Uni, notamment à l’Edinburgh Fringe et à l’Albert Hall, ainsi qu’en Amérique et au Brésil. Plusieurs de mes poèmes ont été publiés, le plus récemment dans Stairs and Whispers : Deaf and Disabled Poets Write Back et dans le numéro 69 du magazine Magma. Mes poèmes couvrent de nombreux thèmes, du bilinguisme à l’identité, en passant par mes chats bien-aimés. Ayant toujours aimé la science-fiction, je suis profondément intéressée par les questions concernant l’avenir, en particulier l’essor de la recherche génétique et de la technologie médicale, et l’impact que cela peut avoir sur les personnes sourdes et handicapées. J’ai obtenu ma maîtrise en éthique et philosophie sociale à l’université de Cardiff en 2012, avec une thèse qui soutenait que la clause 14 de la loi sur la fertilisation humaine et l’embryologie (« un embryon présentant un défaut connu ne doit pas être préféré… ») était eugénique (…)Lire la suiteDL Williams
Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée ! Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée, Par le verre brûlé d’aromates et d’or, Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor L’aurore se jeta sur la lampe angélique, Palmes ! et quand elle a montré cette relique À ce père essayant un sourire ennemi, La solitude bleue et stérile a frémi. Ô…Lire la suiteDon du Poème
Le 4 août 1897, on découvrait à l’Alcudia, site de l’antique Illici, sur la commune d’Elche (Alicante), un buste d’époque ibérique connu aujourd’hui sous le nom de Dame d’Elche. Notre propos n’est pas d’étudier sa « première vie », celle qui va de la création de cette sculpture à son abandon, mais les changements de valeur et de statut qui…Lire la suiteDes fonctions symboliques et sociales différentes
L’enlèvement de Jemima, la fille du colon Daniel Boone, est transformé en activité d’une patrouille frontalière. Comme le fait remarquer Enrique Chagoya, « aujourd’hui, certains politiciens appellent les réfugiés d’Amérique centrale et d’autres pays des ‘étrangers illégaux’, mais pour moi, ils ne sont pas différents des pèlerins ou de la fille de Daniel Boone ». Chagoya a brouillé les identités des personnages,…Lire la suiteDetention at the Border of Language
La « chose » désigne une réalité brute, indépendante d’une fabrication humaine. C’est une présence sans intention qui ne renvoie à rien d’autre qu’à sa propre réalité physique. Une pierre trouvée dans un champ, une feuille morte ou une source d’eau sont des choses : elles existent en soi, dans un réseau de relations spontanées entre l’humain et son environnement.…Lire la suiteDe la chose à l’objet
Sans le sou, l’étudiant Raskolnikov assassine une usurière dans un immeuble de Saint-Pétersbourg. Ainsi s’ouvre « Crime et châtiment » l’un des sommets de la littérature universelle. Au moment où le roman paraît, en 1866, il y a cent cinquante ans exactement, Tchaïkovksi, pris dans l’étau infernal de l’été pétersbourgeois, celui-là même où se débat l’âme torturée de Raskolnikov, rêve…Lire la suiteCrime et châtiment
C’est un arbre de banian surréaliste fait d’un tronc et de racines en acier inoxydable, son feuillage et ses fruits sont sous la forme d’ustensiles de tailles variées, eux aussi en acier inoxydable. «Dada» signifie «Grand-père» en Hindi. Cela symbolise l’héritage indien ainsi que les liens familiaux. D’après l’artiste Subodh Gupta, « L’arbre est son titre« Dada », le mot…Lire la suiteDada – Grand-père…
Cette statuette anthropomorphe en terre cuite a été façonnée il y a environ 5500 ans, plus ‘précisément’ durant la période prédynastique appelée Nagada II qui est datée de 3700 à 3400 avant J.-C. « La culture nagadienne se subdivise en 3 phases (Nag. I-II-III). Elle s’étend au fur et à mesure de son développement. À l’origine, à Nagada I, elle ne…Lire la suiteDame oiseau
Comment une IA peut-elle créer des œuvres originales dans un style précis et avec une aussi grande précision ? Dans l’objectif d’imiter l’intelligence humaine, les intelligences artificielles emmagasinent des informations, et grâce à une méthode « d’apprentissage profond », peuvent produire ce qu’on leur demande. Une IA peut créer de l’art notamment grâce à un réseau de neurones génératifs appelés…Lire la suiteCréer des œuvres originales ?
Comment se fait-il que le gangsta rap – si dystopique que Jay-Z, aspirant rappeur de Brooklyn et future superstar, l’a qualifié d' »exagéré » – soit né à Los Angeles, la patrie d’Hollywood, du surf et du soleil ? À l’époque de Reagan, le hip-hop était considéré comme la musique des quartiers défavorisés et, à de rares exceptions près, de New York. Le rap était considéré comme la poésie de la rue, et l’on pensait qu’il naissait dans des quartiers étroits, dans des immeubles délabrés, des cités infestées de criminels et des wagons de métro couverts de graffitis. Pour de nombreux acteurs de l’industrie, Los Angeles n’était certainement pas assez dur et urbain pour générer un hip-hop authentique ; une nouvelle marque de musique rebelle noire ne pourrait jamais venir de La-La Land. Mais c’est ce qui s’est passé. Dans To Live and Defy in LA, Felicia Viator raconte l’histoire des jeunes hommes noirs qui ont construit le gangsta rap et changé Los Angeles et le monde. Elle emmène ses lecteurs dans South Central, Compton, Long Beach et Watts, deux décennies après le long été chaud de 1965. (…)Lire la suiteComment le gangsta rap a changé l’Amérique














