Au Tibet et au Ladakh, l’année ne commence pas le 1ᵉʳ janvier. Elle s’ouvre avec ལོ་གསར་ (Lo gsar), littéralement « l’année nouvelle ». Plus qu’un simple changement de calendrier, le Losar marque un temps de renaissance où les familles renouvellent les liens qui les unissent, où les monastères célèbrent la continuité des enseignements et où chacun formule le vœu d’entrer dans un nouveau cycle avec un esprit plus clair. Dans les hautes vallées himalayennes, cette fête est l’un des moments les plus attendus de l’année. Le Losar est fixé selon le calendrier luni-solaire tibétain. Sa date varie d’une année à l’autre dans le calendrier occidental, mais il survient toujours à la fin de l’hiver, lorsque les jours commencent lentement à s’allonger. Après plusieurs mois de froid intense, il annonce symboliquement le retour de la lumière et l’espérance d’une nouvelle saison agricole. Les préparatifs commencent bien avant les festivités. Les maisons sont soigneusement nettoyées afin d’éloigner les influences négatives accumulées durant l’année écoulée. Les murs sont blanchis à la chaux, les autels domestiques sont décorés de nouvelles offrandes et les lampes à beurre sont allumées en signe d’auspice favorable. Ce nettoyage possède autant une dimension spirituelle que matérielle : il s’agit de faire de la place au renouveau. Les familles confectionnent des mets réservés à cette période particulière. Les tables se couvrent de gâteaux frits, de fruits secs, de beurre sculpté et de farine d’orge grillée. Les visiteurs sont accueillis avec du gur gur cha, le thé au beurre, ou parfois avec une coupe de chang, selon les traditions locales. Offrir à boire et à manger devient une manière de souhaiter prospérité et abondance à ceux qui franchissent le seuil de la maison. Dans les monastères, les cérémonies se succèdent pendant plusieurs jours. Les longues trompes དུང་ཆེན་ (dung chen), les conques blanches དུང་དཀར་ (dung dkar) et les cymbales accompagnent les prières destinées à ouvrir favorablement la nouvelle année. Les moines récitent des textes de protection et accomplissent des rituels destinés à dissiper les obstacles des mois à venir.
Les vêtements traditionnels sont portés avec fierté. Les femmes revêtent leurs plus belles parures, les hommes leurs manteaux de laine, et chacun veille à présenter une apparence soignée. Non par vanité, mais parce que commencer une nouvelle année dans l’harmonie est considéré comme un présage favorable.
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