Le français était riche de mots venus du latin fama, la renommée, qui pouvait être bonne (bona fama) ou suspecte (dubia fama). Au XVIe siècle, il offrait les mots « fame » (voix publique, bruit qui court, renommée) ; « famé » (renommé, réputé, fameux, célèbre) ; « infamation » (honte) ; « infamé » (déshonoré) ; « infâmement » ; « infamer » (rendre infâme, déshonorer, flétrir) ; « infameté » (mauvaise réputation) ; « infamie » (faire infamie à) ; « infamié » (ayant une mauvaise réputation).
Source : peren-revues.fr | Edmond Huguet, Dictionnaire de la langue française au seizième siècle - 1973
Être frappé d’infamie signifie subir une atteinte grave et durable à son honneur, impliquant une condamnation morale publique qui discrédite profondément une personne aux yeux de la société. Le terme infamie vient du latin infamia, composé de in- (négation, privation) et fama (réputation, renommée), et désigne littéralement la perte de la bonne réputation. Dans l’Antiquité romaine, l’infamia était une sanction juridique officielle infligée à ceux dont la conduite était jugée indigne (parjure, corruption, certaines professions), entraînant l’exclusion de la vie civique et la perte de droits. Cette notion s’est prolongée au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, où l’infamie pouvait résulter d’une peine judiciaire, d’un châtiment public ou d’une condamnation religieuse, marquant durablement l’individu et parfois sa lignée. Aujourd’hui, l’expression a perdu sa valeur juridique stricte mais conserve une forte portée symbolique et morale : être frappé d’infamie, c’est être associé à une faute jugée honteuse, dont le discrédit dépasse l’acte lui-même pour atteindre l’identité et la mémoire de la personne.
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