« On a grand tort de peindre la philosophie inaccessible aux enfants, et sous un visage renfrogné, sourcilleux et terrible : qui me l’a masquée de ce faux visage pâle et hideux ? Il n’est rien de plus gai, de plus gaillard, de plus enjoué, et peu s’en faut que je ne dise folâtre. Elle ne prêche que fête et…Lire la suiteElle ne prêche que fête et bon temps !
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Eva Schmitz raconte qu’elle a aussi déjà donné des cours à des femmes. C’est d’autant plus utile, que nombre d’entre elles n’ont jamais utilisé un vélo pour rentrer chez elle. « D’une certain façon, ce cours leur a permis de s’émanciper, » explique-t-elle. « Elles sont plus libres, elles peuvent se promener à vélo et ne sont plus contraintes de rester chez elles ».Lire la suiteElles n’ont jamais utilisé un vélo
L’école Gelugpa est la dernière grande école émergente du bouddhisme tantrique tibétain. Au cours du XVe siècle, elle s’est fortement répandue et a rapidement devancé les autres branches. Elle est actuellement la plus grande école du bouddhisme tibétain. Le fondateur de l’école Gelugpa fut maître Tsongkhapa (1357–1419). Il visait les laxismes qui apparaissaient dans le milieu bouddhiste tibétain de l’époque tels que la vie dissipée des moines, le relâchement de la discipline bouddhiste, la négligence de la voie des Sutras. Maître Tsongkhapa réforma alors le bouddhisme tibétain en soulignant fortement la nécessité d’une discipline monastique, le respect de l’enseignement des Sutras, et en prônant le célibat. Il utilisait le bonnet jaune pour symboliser l’importance de la discipline. Ainsi, l’école Gelugpa fut-elle également nommée l’ « école des coiffes jaunes ». Tsongkhapa avait suivi un grand nombre de maîtres en commençant d’abord par les enseignements du Paramitayana puis ceux du Vajrayana (…)Lire la suiteEcole Gelugpa – Dernière grande école du bouddhisme tantrique tibétain
À la demande du souverain [Songtsen Gampo], Sambhota part étudier en Inde à une époque où le prestige de ce pays est déjà grand, et où de hautes figures effectuent leur pèlerinage à la rencontre des savoirs notamment bouddhiques. Ainsi du moine chinois Xuánzàng (602 / 664) qui nous est bien connu grâce à l’épopée du Voyage en Occident. Thonmi Sambhota lors de son séjour s’intéresse à la religion, aux langues, et à l’écriture, s’inspirant des influences indiennes. Quant aux sons propres au tibétain et inexistant en Inde (le tibétain appartient non aux langues indo-européennes mais à la famille des langues tibéto-birmanes) on dit que Sambhota les y accueillera en songe grâce à « un homme blanc aux sandales métallisées qui au cours d’un dialogue en rêve lui aurait suggéré les lettres ».
La « paix » s’écrit ཞི་བདེ། zhi-bde en tibétain. On y remarquera qu’on sépare les syllabes en utilisant un point. Il existe deux formes, l’une dite uchen, soit « avec tête » réservée aux documents imprimés, l’autre umê, soit « sans tête », manuscrite et cursive (on la repère aisément à l’absence de ligne horizontale au-dessus des lettres). (…)Lire la suiteécriture tibétaine
L’Encyclopédie Universalis en donne la définition suivante : « En Grèce, l’ekphrasis, description littéraire d’une œuvre d’art – réelle ou imaginaire – au sein de la fiction, se présente elle-même comme un art en concurrence avec la peinture. Son but, comme dans la description du bouclier d’Achille au chant XVIII de L’Iliade (env. VIIIe siècle av. J.-C.) d’Homère, est de rivaliser avec les arts de l’image. » Pour résumer, il s’agit de produire la vision au moyen de l’ouïe. Voici celle de William Carlos Williams à propos du tableau du « Paysage avec la chute d’Icare » (Pieter Brueghel l’Ancien, XVIe siècle). Brueghel a choisi de mettre au premier plan un paysan anonyme labourant un champ reléguant la chute d’Icare à l’arrière-plan.
Selon Bruegel
lorsque Icare chuta
c’était le printemps
un fermier labourait
son champ
réveillée l’année (…)Lire la suiteEkphrasis ou la description comme art
« Quelles métamorphoses vois-je s’opérer chez nombre de mes connaissances, du fait de la vieillesse ! C’est une redoutable maladie, qui se répand en nous naturellement, imperceptiblement. Il faut prendre de grandes précautions et faire de constants efforts pour se prémunir contre les imperfections dont elle nous accable, ou au moins en atténuer le progrès. Je sens bien que malgré…Lire la suiteDu fait de la vieillesse
Donnez-moi une cruche de vin rouge, un livre de poèmes, une miche de pain et un peu d’oisiveté. Si, avec un tel trésor, je pouvais m’asseoir à vos côtés dans un endroit isolé, je me considérerais plus heureux qu’un roi dans son royaume.Lire la suiteDonnez-moi une cruche de vin rouge
Bois du vin. C’est la vie éternelle. C’est tout ce que la jeunesse t’offrira. C’est la saison du vin, des roses et des amis ivres. Sois heureux de cet instant. Cet instant, c’est ta vie.Lire la suiteDu vin, des roses et des amis ivres
Je m’appelle DL Williams et je suis poète, écrivain et consultant sourd en langue des signes britannique, basé près de Bristol. Je m’intéresse beaucoup à la traduction et à la manière dont mon travail peut être rendu accessible à tous les publics. Je me suis produit dans tout le Royaume-Uni, notamment à l’Edinburgh Fringe et à l’Albert Hall, ainsi qu’en Amérique et au Brésil. Plusieurs de mes poèmes ont été publiés, le plus récemment dans Stairs and Whispers : Deaf and Disabled Poets Write Back et dans le numéro 69 du magazine Magma. Mes poèmes couvrent de nombreux thèmes, du bilinguisme à l’identité, en passant par mes chats bien-aimés. Ayant toujours aimé la science-fiction, je suis profondément intéressée par les questions concernant l’avenir, en particulier l’essor de la recherche génétique et de la technologie médicale, et l’impact que cela peut avoir sur les personnes sourdes et handicapées. J’ai obtenu ma maîtrise en éthique et philosophie sociale à l’université de Cardiff en 2012, avec une thèse qui soutenait que la clause 14 de la loi sur la fertilisation humaine et l’embryologie (« un embryon présentant un défaut connu ne doit pas être préféré… ») était eugénique (…)Lire la suiteDL Williams
La justice est l’habitus par lequel on donne, d’une perpétuelle et constante volonté, son droit à chacunLire la suiteDonner son droit à chacun…
Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée ! Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée, Par le verre brûlé d’aromates et d’or, Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor L’aurore se jeta sur la lampe angélique, Palmes ! et quand elle a montré cette relique À ce père essayant un sourire ennemi, La solitude bleue et stérile a frémi. Ô…Lire la suiteDon du Poème
Le 4 août 1897, on découvrait à l’Alcudia, site de l’antique Illici, sur la commune d’Elche (Alicante), un buste d’époque ibérique connu aujourd’hui sous le nom de Dame d’Elche. Notre propos n’est pas d’étudier sa « première vie », celle qui va de la création de cette sculpture à son abandon, mais les changements de valeur et de statut qui…Lire la suiteDes fonctions symboliques et sociales différentes
L’enlèvement de Jemima, la fille du colon Daniel Boone, est transformé en activité d’une patrouille frontalière. Comme le fait remarquer Enrique Chagoya, « aujourd’hui, certains politiciens appellent les réfugiés d’Amérique centrale et d’autres pays des ‘étrangers illégaux’, mais pour moi, ils ne sont pas différents des pèlerins ou de la fille de Daniel Boone ». Chagoya a brouillé les identités des personnages,…Lire la suiteDetention at the Border of Language
La toge pouvait être utilisée pour différencier les rôles des citoyens et même leurs réalisations. L’un des symboles de la progression d’un jeune homme vers la citoyenneté à part entière était le droit de porter la toge simple, la toga virilis. Pendant ce temps, la toge candida des candidats politiques était blanchie à l’aide de soufre pour la rendre beaucoup plus blanche que la version crème habituelle. Le mot « candida » est à l’origine du mot moderne « candide », car ces candidats étaient censés être honnêtes et sincères. À l’autre extrême, la toga pulla était teintée d’une couleur sombre et portée pendant les périodes de deuil. La toga picta était la plus frappante de toutes les toges. Entièrement teinte en pourpre et ornée d’une bordure dorée, elle était réservée aux généraux lorsqu’ils célébraient un triomphe romain et, à la fin de la période impériale, aux empereurs. La toge que la plupart des hommes romains convoitaient était la toga praetexta, avec une bande violette. Cette toge indiquait que le porteur était un sénateur, un magistrat ou qu’il avait un statut rituel particulier (…)Lire la suiteDifférents types de toges à Rome
« Il faut s’y préparer bien plus tôt. S’il s’agissait d’un ennemi qui se pût éviter, je conseillerais d’employer les armes de la couardise, mais puisque c’est impossible, puisqu’il vous attrape fuyant et poltron aussi bien qu’honnête homme et que nulle trempe de cuirasse ne vous protège, apprenons donc à le soutenir de pied ferme et à le combattre. Et pour commencer à lui ôter son plus grand avantage contre nous, prenons une voie toute contraire à la commune. Ôtons-lui l’étrangeté, pratiquons-le, accoutumons-le, n’ayons si souvent dans la tête que la mort. À tout instant, représentons la mort à notre imagination et sous tous ses visages. Au broncher d’un cheval, à la chute d’une tuile, à la moindre piqûre d’épingle, répétons : « Eh bien ! Et bien quand ce serait la mort même ? » et là-dessus, raidissons-nous et faisons un effort sur nous mêmes. Parmi les fêtes et la joie, ayons toujours ce refrain de nous ressouvenir de notre condition. Ainsi faisaient les Egyptiens qui, au milieu de leurs festins et parmi leur meilleure chère, faisaient apporter l’anatomie séchée d’un homme pour servir d’avertissement aux convives.Lire la suiteDe la mort [2]
« Tout ce que vous vivez, vous le dérobez à la vie ; c’est à ses dépens. Le continuel ouvrage de votre vie, c’est de bâtir la mort. Vous êtes dans la mort pendant que vous êtes en vie, car vous êtes après la mort quand vous n’êtes plus en vie. Ou, si vous l’aimez mieux ainsi : vous êtes…Lire la suiteDe la mort [3]
« La vie n’est en soi ni bien, ni mal. Le bien et le mal y ont la place que vous leur y faites. Il n’est rien dont je m’informe aussi volontiers que de la mort des gens : quelle parole ils ont proférée, quel visage et quelle contenance ils y ont eu. Dans ces dernières répliques échangées entre la…Lire la suiteDe la mort [4]
1. Une valise. Un homme debout sur un quai de gare et une valise. Plus tard, dans un centre pour immigrants. Il ouvre sa valise et en sort des vêtements, des photos et d’autres objets. Puis il laisse la valise vide dans un coin. Vide ? Cette valise, compagne d’exil, est autre chose qu’un assemblage de lattes et de faux…Lire la suiteDans son pays, l’homme n’utilisait pas sa valise…
« Tous les jours vont à la mort. Le dernier y arrive… Le but de notre carrière, c’est la mort, c’est l’objet nécessaire de notre visée : si elle nous effraye, comment est-il possible d’aller un pas en avant sans fièvre ? Le remède du vulgaire, c’est de n’y penser pas. Mais de quelle brutale stupidité lui peut venir un…Lire la suiteDe la mort
La « chose » désigne une réalité brute, indépendante d’une fabrication humaine. C’est une présence sans intention qui ne renvoie à rien d’autre qu’à sa propre réalité physique. Une pierre trouvée dans un champ, une feuille morte ou une source d’eau sont des choses : elles existent en soi, dans un réseau de relations spontanées entre l’humain et son environnement.…Lire la suiteDe la chose à l’objet










