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L’arrivée de l’électricité et des minoteries modernes a progressivement réduit leur usage quotidien. Pourtant, plusieurs moulins continuent d’être entretenus, parfois remis en service lors de démonstrations ou de fêtes locales. Ils témoignent d’un patrimoine technique qui impressionne encore par son efficacité et sa sobriété énergétique.

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Le bruit est discret, presque régulier. Une roue tourne lentement, entraînée par le courant d’un canal de montagne. À l’intérieur d’un petit bâtiment de pierre et de terre, deux meules écrasent patiemment les grains d’orge. Ces moulins traditionnels, appelés འཐག་ཁང་ (‘thag khang), littéralement « maison où l’on moud », ont longtemps constitué l’un des cœurs économiques des villages ladakhis. Leur principe est d’une remarquable ingéniosité. Une partie de l’eau d’irrigation est dérivée vers une conduite étroite qui augmente la vitesse du courant avant d’actionner une roue horizontale en bois. L’énergie hydraulique est ainsi transformée en mouvement rotatif, sans autre combustible que la force de la gravité. Dans une région où chaque ressource est précieuse, cette simplicité représente une véritable prouesse d’adaptation. Les moulins servaient principalement à produire la རྩམ་པ་ (rtsam pa, tsampa), la farine d’orge grillée qui demeure l’aliment de base de nombreuses familles himalayennes. Chaque foyer apportait sa récolte, attendait son tour et repartait avec une farine fraîchement moulue. Le moulin devenait naturellement un lieu de rencontre où circulaient les nouvelles, les conseils agricoles et les récits du village. Les ‘thag khang étaient souvent entretenus collectivement. Les habitants participaient à la réparation des canaux, au remplacement des pièces de bois usées ou au nettoyage des mécanismes après les crues. Comme pour l’irrigation, leur fonctionnement reposait moins sur la technologie que sur la coopération. Chaque moulin possédait ses particularités. Certains fonctionnaient toute l’année, d’autres uniquement durant la belle saison lorsque les canaux étaient alimentés. Les meules, souvent taillées dans une pierre particulièrement résistante, pouvaient servir pendant plusieurs générations.

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