En 2007 fut lancée une initiative mondiale visant à revisiter le concept des « Sept merveilles du monde », constatant que parmi les merveilles antiques, seule la pyramide de Khéops subsiste encore aujourd’hui. Les autres ont disparu au fil des siècles, victimes d’incendies, de pillages, de séismes ou du temps : la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, le temple d’Artémis à Éphèse, les énigmatiques jardins suspendus de Babylone, le mausolée d’Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie. Le vote planétaire de 2007 a ainsi consacré sept nouveaux sites emblématiques : le Colisée de Rome, le Taj Mahal, la Grande Muraille, Pétra, Chichén Itzá, le Machu Picchu et le Christ Rédempteur de Rio. Cette liste, forcément subjective, rappelle surtout l’extraordinaire richesse du patrimoine mondial et la difficulté de le réduire à quelques symboles.Lire la suiteLes sept merveilles…
Pantopique : Historia
Un pantopique correspond à la réunion de quelques repères, plus ou moins nombreux, que vous pouvez commenter, compléter, étendre, selon vos propres champs d’expériences, de savoirs, d’enquêtes… - contact@21dialogues21.org
En 1859, le naturaliste français Henri Mouhot s’enfonce dans la jungle cambodgienne et découvre, au fil d’une végétation dense, d’imposantes ruines de pierre : l’ancienne cité d’Angkor. Salué comme son « redécouvreur », il n’en fut pourtant ni le premier ni le seul témoin, car le site n’avait jamais totalement disparu de la mémoire locale. Capitale de l’empire khmer du IXe au XVe siècle, Angkor connut cinq siècles d’essor avant sa chute en 1431 face au royaume d’Ayutthaya. Son architecture remarquable se distingue par les temples-montagnes, pyramides symbolisant le mont Meru, centre de l’univers dans l’hindouisme, tandis que le bouddhisme y laissa aussi son empreinte, notamment avec les visages souriants et compassionnels du Bayon. La puissance d’Angkor reposait enfin sur une maîtrise exceptionnelle de l’eau, grâce à d’immenses réservoirs et canaux exploitant la mousson. Si centrale pour l’identité khmère, Angkor Vat figure encore aujourd’hui sur le drapeau du Cambodge. Morale de l’histoire : en observant les grandes cités du passé, nous trouvons souvent des clés précieuses pour penser nos propres défis urbains.Lire la suiteAngkor et les temples-montagnes
Le Burj Khalifa est une imposante tour située à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Conçu par l’architecte Adrian Smith de Skidmore, Owings & Merrill, sa construction a débuté en 2004 et s’est achevée en 2010, avec une inauguration officielle le 4 janvier 2010. Avec une hauteur totale de 828 mètres, le Burj Khalifa est à sa création le plus haut…Lire la suiteBurj Khalifa
Ella Maillart (1903-1997) – Aventurière, écrivaine et photographe suisse renommée. Connue pour ses voyages intrépides à travers l’Asie et d’autres régions du monde, elle a acquis une renommée particulière pour son périple en 1935-1936 en Asie centrale, qu’elle a documenté dans son livre « Oasis interdites ». Maillart était également une navigatrice accomplie et a participé à deux reprises à la Transat…Lire la suiteElla Maillart
Alexandra David-Néel (1868 – 1969) – Exploratrice, écrivaine, orientaliste et bouddhiste française. Elle est surtout connue pour ses voyages en Asie centrale et au Tibet, ainsi que pour être la première femme occidentale à avoir pénétré dans la cité interdite de Lhassa au Tibet en 1924. David-Néel a écrit de nombreux livres sur ses voyages, ses études bouddhistes et ses…Lire la suiteAlexandra David-Néel
Que serait notre monde sans son histoire migratoire, depuis les origines d’Homo sapiens sortant d’Afrique de l’Est pour peupler la Terre ? Les migrations n’ont jamais cessé, malgré les conditions changeantes qui les ont favorisées ou entravées. Aujourd’hui, plusieurs centaines de millions de migrants traversent le monde, chacun portant une histoire singulière. Ellis Island, dans la baie de New York près de la Statue de la Liberté, fut l’une des portes d’entrée des flux migratoires américains de 1892 à 1954. L’Immigration Museum y relate les parcours éprouvants de celles et ceux fuyant famine, oppression, pogromes ou pauvreté, en quête d’une vie nouvelle. Baptisée « île aux Mouettes » par les Algonquins, elle devint « Gibbet Island » avant d’être rachetée par Samuel Ellis. Les immigrants passaient l’inspection sanitaire, et les rejetés étaient renvoyés ; les autres rejoignaient New York pour y commencer leur vie américaine. Au plus fort, plus de 10 000 personnes y transitaient chaque jour. Des figures célèbres, réelles ou fictionnelles, y ont fait escale, de Charlie Chaplin à Vito Corleone. Morale : face aux migrations actuelles liées au climat, aux conflits ou aux crises économiques, l’humanité saura-t-elle affronter ce défi renouvelé ? Aujourd’hui, environ un tiers des citoyens américains ont au moins un ancêtre passé par Ellis Island.Lire la suiteEllis Island
« Polynésie », « Mélanésie » et « Micronésie » sont des termes forgés au XIXe siècle et toujours employés. Quant à l’origine des peuples polynésiens, plusieurs hypothèses existent, la principale les reliant aux cultures de Lapita, connues pour leurs poteries décorées et attestées il y a environ 3500 ans, de la Nouvelle-Guinée aux Samoa. Le triangle polynésien relie Hawaï, la Nouvelle-Zélande et Rapa Nui. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’aventure du Kon-Tiki menée en 1947 par Thor Heyerdahl, convaincu que la Polynésie aurait aussi pu être peuplée depuis les côtes américaines. Pour le prouver, il construit avec cinq compagnons un radeau de balsa inspiré des Incas et traverse le Pacifique malgré le scepticisme général. Entre avaries, poissons volants, rencontres marines et nuits d’angoisse, l’expédition atteint après trois mois et près de 8000 km un récif des Tuamotu, démontrant la faisabilité du voyage. Le nom Kon-Tiki unirait Kon, dieu inca, et Tiki, ancêtre divin polynésien.Lire la suiteL’aventure du Kon-Tiki
Fernand de Magellan (1480-1521) – Explorateur portugais au service de l’Espagne. Il est célèbre pour avoir dirigé la première expédition maritime qui a accompli le tour du globe, bien qu’il n’ait pas survécu à l’ensemble du voyage. Parti en 1519 avec une flotte de cinq navires, Magellan a traversé le détroit qui porte aujourd’hui son nom, reliant l’océan Atlantique à…Lire la suiteFerdinand Magellan
La « Roue de bicyclette » est une œuvre d’art conceptuelle créée par l’artiste français Marcel Duchamp en 1913. Elle consiste en une roue de bicyclette montée sur un tabouret en bois. Duchamp a créé cette œuvre en tant que ready-made, un objet ordinaire choisi par l’artiste et présenté comme une œuvre d’art. Avec cette pièce, Duchamp remet en question les notions…Lire la suiteRoue de bicyclette
Depuis l’Antiquité, l’eau rythme la vie des sociétés, tantôt ressource vitale, tantôt menace, et c’est à elle que répond la cérémonie du Kuomboka, mot lozi signifiant « sortir de l’eau ». Chaque année, à l’extrême ouest de la Zambie, le peuple lozi quitte la plaine inondable de Barotse pour rejoindre Limulunga, sur des terres plus élevées, en remontant le fleuve Zambèze. À la fin de la saison des pluies, le roi, le litunga, fixe la date du départ, annoncée par les puissants tambours maoma. Les canoës sont préparés, les pagayeurs royaux – sélectionnés lors de tournois – se rassemblent, et le souverain embarque sur la majestueuse Nalikwanda, surmontée d’un éléphant, tandis que son épouse prend place sur la Nalwange. Au son des tambours et des salimbas, la procession fluviale s’élance pour près de six heures, portée par les valeurs ancestrales de toute une communauté. En cours de route, le roi revêt un uniforme d’amiral britannique, souvenir des accords conclus en 1902 avec Édouard VII. Six mois plus tard, le trajet inverse, le Kufuluhela, ramène la cour à Lealui, lorsque les eaux se retirent.Lire la suiteKuomboka
Cette rétrospective de la performance retrace la carrière prolifique de Marina Abramović (Yougoslave, née en 1946) avec une cinquantaine d’œuvres couvrant plus de quatre décennies de ses premières interventions et pièces sonores, œuvres vidéo, installations, photographies, performances en solo et performances réalisées en collaboration avec Ulay (Uwe Laysiepen). Dans le but de transmettre la présence de l’artiste et de rendre ses performances historiques accessibles à un public plus large, l’exposition comprend les premières réinterprétations en direct des œuvres d’Abramović par d’autres personnes jamais réalisées dans le cadre d’un musée. En outre, une nouvelle œuvre originale interprétée par Abramović marquera la plus longue période pendant laquelle elle a interprété une seule pièce en solo. (Toutes les performances, dont l’une implique la participation du spectateur, se dérouleront pendant toute la durée de l’exposition, depuis l’ouverture du musée jusqu’à sa fermeture, afin de permettre aux visiteurs de ressentir l’intemporalité des œuvres.Lire la suiteThe Artist is present
Carte en T ou en TO (pour orbis terrarum) – Carte antique proposée par Isidore de Séville (c. 560 – 636) d’abord dans ‘De Natura Rerum’ puis dans ses ‘Etymologiae’. Il mentionne les trois continents connus associés aux descendants de Sem (Asie), Japheth (Europe) et Cham (Afrique), dont les noms ont été ajoutés plus tard. Ces cartes sont également connues…Lire la suiteCarte en T ou en TO
Sir Walter Raleigh, poète, courtisan et explorateur anglais, fut l’un de ces hommes saisis par le rêve d’Eldorado : après une expédition infructueuse en 1595 et un passage en prison, il repartit en 1617 à la recherche de la mythique Cité d’or, avant d’être arrêté à son retour pour avoir attaqué des possessions espagnoles et décapité à la Tour de Londres en 1618. Cette obsession s’inscrit dans une longue histoire nourrie de récits et de confusions, depuis Francisco de Orellana, explorant l’immense fleuve Amazone à la recherche d’or et de cannelle, jusqu’aux témoignages évoquant des guerrières rappelant les Amazones grecques. Mais où situer Eldorado : près de l’Amazone, de l’Orénoque, au Brésil, au Venezuela, au Guyana ou en Colombie ? Un récit chibcha, ou muisca, joua un rôle décisif : celui d’un roi, le zipa de Bacatá, qui se couvrait d’or et jetait offrandes et trésors dans le lac Guatavita lors de cérémonies fastueuses. Reprise par les Conquistadores, cette légende alimenta des tentatives hasardeuses d’assèchement du lac, au prix de lourdes pertes humaines. Ainsi, de siècle en siècle, la soif d’or transforma un rite symbolique en mirage obsédant, jusqu’à faire d’Eldorado un mythe persistant, révélateur des excès et des rêves de l’humanité.Lire la suiteL’Eldorado
Selon la légende, Midas, roi de Phrygie, reçut de Dionysos le don de transformer en or tout ce qu’il touchait, faveur qui se révéla une malédiction puisqu’il ne pouvait plus ni manger ni boire. Libéré après s’être baigné dans le fleuve Pactole, celui-ci aurait dès lors charié de l’or, enrichissant la Lydie et son roi Crésus au VIe siècle av. J.-C. Rendu vaniteux par sa fortune, Crésus interrogea le sage Solon sur le plus heureux des hommes ; celui-ci répondit que seul le temps permettait d’en juger. Offensé, Crésus le congédia. Les années confirmèrent pourtant l’avertissement : son fils Atys mourut à la chasse, puis la Lydie entra en guerre contre la Perse de Cyrus. Malgré des oracles jugés favorables, Sardes tomba et Crésus fut capturé. Sa fin demeure incertaine : exécuté selon certains, épargné selon d’autres après avoir invoqué le nom de Solon, devenant même conseiller de Cyrus. Crésus fut le dernier roi de la dynastie des Mermnades.Lire la suiteRiche comme Crésus
La Pierre de Rosette est une stèle inscrite datant de l’Égypte antique, découverte en 1799 à Rosette (Rashid), en Égypte, par les troupes françaises de Napoléon Bonaparte. Datant de 196 av. J.-C., la pierre comporte le même texte en trois écritures : égyptien hiéroglyphique, démotique et grec ancien. Cette découverte a été cruciale pour la compréhension des hiéroglyphes égyptiens, car…Lire la suitePierre de Rosette
Peut-on dire que ce fut jadis un paradis terrestre ? Oui. Peut-on dire que la chute fut brutale ? Hélas, oui. Le lieu où nous mènent aujourd’hui nos pas se nomme Nauru, minuscule pays du Pacifique, proche de l’équateur, aux origines de peuplement incertaines et structuré autour de douze tribus. Longtemps, cocotiers, bananiers et takamakas ont façonné son environnement. Puis vinrent les Européens et, en 1900, la découverte de vastes gisements de phosphate, engrais convoité, bouleversa le destin de l’île. Disputée au cours du XXe siècle, la ressource passa finalement sous contrôle australien. À l’indépendance, en 1968, le phosphate propulsa Nauru vers une richesse fulgurante : revenus records, société de consommation, investissements immobiliers, compagnie aérienne et aéroport international. Mais cette prospérité eut un coût : bouleversement alimentaire, maladies, obésité massive. Lorsque les cours chutèrent, que les réserves s’épuisèrent et que les placements échouèrent, la chute fut sévère. Comme le rappelait Hérodote, la félicité humaine ne dure jamais. Il reste à souhaiter aux générations futures de préserver un capital plus durable : la culture, l’esprit et les traditions.Lire la suiteLe tragique destin de Nauru…
Le cinéma muet est une période de l’histoire du cinéma caractérisée par des films qui n’avaient pas de bande sonore synchronisée avec l’image projetée. Cette époque a principalement débuté à la fin du XIXe siècle avec les premières expériences de cinéma et s’est poursuivie jusqu’aux années 1920, lorsque le cinéma parlant est devenu largement répandu. Les films muets étaient généralement…Lire la suitecinéma muet
« Ballad of Sexual Dependency » est une série de photographies réalisée par l’artiste américaine Nan Goldin dans les années 1980. Cette série documentaire présente des instantanés de la vie quotidienne, des relations intimes, des moments de fête et des périodes de crise, capturant ainsi l’essence de la vie urbaine et underground à New York dans les années 1980. Les photographies sont…Lire la suiteBallad of Sexual Dependency
La Barrique d’amontillado d’Edgar Allan Poe (1846) explore vengeance, mort et psychologie dans un huis clos oppressant. Montresor attire son ennemi Fortunato dans les catacombes sous prétexte de lui faire goûter un amontillado rare. Le vin n’est pas décor mais moteur du récit : passion de Fortunato et vanité le rendent vulnérable. L’amontillado devient leurre et promesse de reconnaissance, exploitée cruellement. Les catacombes, à la fois cave et tombeau, symbolisent le lien entre valeur et mort. Le vin, symbole de savoir et de civilisation, se transforme en instrument de damnation, révélant hiérarchies sociales, ego et fragilité du connaisseur. Poe montre que la passion œnologique peut devenir une faille intime et que le rituel de la dégustation, associé au plaisir, peut conduire à l’anéantissement.Lire la suiteLa Barrique d’amontillado
Le XIXe siècle Au XIXe siècle, les vins français atteignent des niveaux de notoriété et de prix inédits. À l’occasion de l’Exposition universelle de 1855, Napoléon III commande un classement officiel des vins de Bordeaux, destiné à guider les acheteurs et à hiérarchiser les crus. Mais ce siècle est également marqué par la plus grave crise de l’histoire de la…Lire la suitePetite histoire du vin [9]




















