Le mot sanskrit maṇḍala signifie simplement « cercle ». Pourtant, dans le bouddhisme vajrayāna, il désigne bien davantage qu’une figure géométrique. Le mandala est une représentation de l’univers tel qu’il est perçu par un esprit éveillé. Chaque élément possède une fonction précise : les murs symbolisent la protection contre l’ignorance, les portes invitent à franchir les limites de l’ego, tandis que le centre accueille la divinité principale, expression d’une qualité intérieure comme la compassion, la sagesse ou la lucidité. D’emblée, ces compositions semblent d’une grande complexité. Rien n’y est laissé au hasard. Les couleurs répondent à une symbolique précise : le blanc évoque la pureté, le bleu l’immensité de l’espace, le rouge l’énergie de la compassion, le vert l’action juste, le jaune la stabilité de la terre. Les directions cardinales, les animaux, les fleurs de lotus, les vajra, les cloches ou les flammes constituent autant de repères destinés à guider la méditation. À première vue, le mandala fascine par la perfection de sa géométrie. Cercles concentriques, carrés emboîtés, portes orientées vers les quatre points cardinaux, palais richement ornés et divinités disposées selon un ordre immuable composent un univers d’une extraordinaire harmonie. Au Ladakh, où les mandalas sont omniprésents dans les peintures murales, les thangkas et certains rituels, ils portent le nom tibétain de དཀྱིལ་འཁོར་ (dkyil ‘khor). Ce terme signifie littéralement « le centre et la périphérie », une expression qui résume à elle seule leur profonde portée symbolique : tout l’univers s’organise autour d’un principe central, comme l’esprit humain autour de sa véritable nature.
Pantopique(s) lié(s) :
bouddhismecerclelg sanskritpeintureunivers
Vous pouvez compléter, modifier, améliorer cette indéfinition ou en proposer une autre au regard de vos savoirs, langages, pratiques, histoire… qu’elle soit formulée sur un mode scientifique, culturel, poétique… contact@21dialogues21.org
