La loi du talion désigne un principe juridique ancien selon lequel la peine doit être strictement proportionnelle au tort subi, résumé par la formule célèbre « œil pour œil, dent pour dent ». Le mot talion vient du latin talio, talionis, dérivé de talis (« tel, semblable »), et signifie littéralement une rétribution équivalente à l’offense commise. Ce principe apparaît très tôt dans l’histoire du droit, notamment dans le Code d’Hammourabi (XVIIIᵉ siècle av. J.-C.), où il vise à limiter l’escalade de la vengeance privée en fixant une mesure précise à la sanction. On le retrouve également dans la Bible hébraïque, notamment dans l’Exode, le Lévitique et le Deutéronome, où il s’inscrit dans un cadre légal destiné à encadrer la justice et non à encourager la violence. Contrairement à une idée reçue, la loi du talion n’avait pas pour fonction première de légitimer la cruauté, mais d’instaurer une égalité punitive, empêchant qu’un dommage mineur ne donne lieu à une revanche excessive. Dans la pratique, elle fut souvent remplacée par des compensations financières ou symboliques, surtout à mesure que les sociétés se sont complexifiées. Avec l’évolution du droit pénal et l’affirmation de l’État comme détenteur de la justice, la loi du talion a progressivement perdu son application concrète, mais elle demeure une référence morale et historique. Aujourd’hui, l’expression est surtout employée de façon critique ou métaphorique pour dénoncer une logique de représailles mécaniques, jugée incompatible avec les idéaux modernes de justice, de réhabilitation et de proportionnalité raisonnée.
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2000-1500Babyloneexpressionjudaïsme
