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Indéfinition

intelligence de l’esprit

Forme articulée, exploratoire et réflexive de mise en relation du monde avec soi, l’intelligence de l’esprit désigne notre capacité plurielle à comprendre, à relier, à questionner voire, pour certains, à transcender. Elle s’exerce à la fois dans la rigueur de la pensée logique, dans l’ouverture de la conscience aux grandes interrogations existentielles, mais aussi dans la faculté de s’orienter dans la complexité du réel. Elle réunit ainsi deux approches complémentaires : celle de l’intellect, qui analyse, structure, évalue, et celle du spirituel, qui peut relier, élargir, élever. Dans sa dimension intellectuelle, cette intelligence mobilise des capacités de raisonnement, d’abstraction, de mémorisation, de mise en perspective critique, mais aussi d’imagination théorique. Elle n’est pas la simple accumulation de savoirs, mais la faculté d’en faire sens, de les organiser, les mettre en dialogue au sein d’une « culture générale » dynamique et renouvelée. Elle requiert un goût pour l’inconnu, une capacité à nous méfier de nos certitudes, souvent à suspendre notre jugement, constamment à interroger les fondements de nos pensées. Elle se déploie dans l’éducation, la recherche, la transmission, mais aussi dans des contextes quotidiens où penser, ce n’est pas seulement savoir, mais savoir interroger ce que l’on croit savoir. Dans sa dimension spirituelle, l’intelligence de l’esprit désigne une aspiration à relier les expériences de vie à des horizons plus vastes de sens. Elle suppose une capacité d’émerveillement, d’attention au mystère, une quête intérieure, une confrontation avec le silence, l’absurde ou le sacré. Elle peut s’exprimer dans des traditions religieuses, philosophiques, poétiques, ou encore dans des formes de méditation et de contemplation du monde. Cette intelligence à double foyer questionne pleinement l’exigence de vérité (intellectuelle ou spirituelle). Elle s’enrichit par ailleurs du dialogue entre les cultures, les disciplines, les générations, et se donne à travers des pratiques autant que des discours. Elle peut être cependant étouffée par des dogmatismes, des systèmes clos, ou des formes d’utilitarisme immédiat, tout en survivant parfois en marge, dans les interstices, les résonances inattendues. Comme les autres formes d’intelligence, elle ne se développe pas seule : elle a besoin d’un environnement stimulant, de temps, de liberté intérieure. Elle requiert aussi une éthique : penser avec rigueur sans écraser, croire sans imposer, dialoguer sans dominer. Diversement holistique [selon la trajectoire que nous avons connue], et fortement heuristique, elle suppose également une humilité, une reconnaissance des limites de ce que l’on peut savoir, et une hospitalité envers ce que l’on ne peut que pressentir. Indissociable de l’intelligence du corps et des émotions, l’intelligence de l’esprit forme une assise essentielle pour affronter les enjeux du monde contemporain. Elle permet de ne pas céder à la confusion, à l’agitation, au vide de sens.

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